La vista, tu l’as ou tu l’as pas

Georgios Anastassopoulos aurait pu faire une carrière…

Publié le 25 mai 2009 à 7:00 dans Brèves

Georgios Anastassopoulos aurait pu faire une carrière assez honorable dans Les aventures de Tintin, s’il n’avait déjà trouvé un boulot en politique. Député de Nea Dimokratia (conservateurs grecs) au Parlement européen, il rédigea en 1998 un rapport préconisant de créer des circonscriptions électorales dans les pays de plus de vingt millions d’habitants. Résultat : en 2003, le Premier ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffarin, créa huit circonscriptions pour élire les députés européens. À dire vrai, il ne s’agissait pas en France de suivre à la lettre les recommandations du Parlement de Strasbourg, mais bien de lutter contre la dispersion des voix générée par la multiplication des “petites listes”. Rendez-vous compte : en 1999, vingt listes, dont certaines assez bizarroïdes, se présentaient aux européennes ! Grâce à l’initiative de Jean-Pierre Raffarin – la vista, tu l’as ou tu l’as pas –, ce ne sont pas moins de 161 listes qui sont en lice en 2009. Si l’on s’avisait de rapporter ce chiffre à la situation de 1999, quand existait la circonscription unique, on s’apercevrait que Jean-Pierre Raffarin a réussi son coup : en moyenne, un Français aura en 2009 le choix entre vingt listes différentes, alors que vingt se présentaient à son suffrage dix ans auparavant. Si Jean-Pierre Raffarin n’existait pas, eh bien on se demande parfois si. Enfin, non, on ne se demande rien.

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  • 26 May 2009 à 6h47

    Eureka dit

    161 listes cela fait beaucoup pour choisir. De plus, hier je suis tombée (Aie ça m’a fait mal) sur les clips de la campagne officielle : Pas de liste PRG (plus de sous) , certains demandent que les bulletins soient imprimés depuis Internet (pas de sous non plus). Quand on sait le coût d’une campagne, on peut s’interroger du retour sur investissement.

    La démocratie risque d’en partir ; l’absentionniste va faire un bond en avant.

    Mais j’irai voter car c’est trop important.

    Mais ne pourrait-on revenir à une liste nationale (donc une seule circonscription) ce qui aurait pour avantage de rendre le résultat plus lisible.

    Hélàs, la proportionnelle intégrale est le meilleur mode de scrutin mais il est ingérable au niveau du résultat (Cf la IVè République)

  • 25 May 2009 à 21h23

    Ludovic Lefebvre dit

    Demain, il y aura des figurantes aux charmes de starlettes chez Taddeï d’où mon dernier post et son intention.

  • 25 May 2009 à 21h22

    Ludovic Lefebvre dit

    Laissez les articles, même les brèves, de coté et allez vous coiffer, repasser une chemise, vénérable François !

  • 25 May 2009 à 18h44

    David Desgouilles dit

    Pas besoin de politologues.
    Nous avons 340 manières de faire du fromage quand la plupart des autres pays se limitent à 4 ou 5.
    Cela devrait suffire comme explication, non ?
    Cela a des inconvénients mais cela comporte aussi des avantages.

  • 25 May 2009 à 18h33

    Gaétan Brunoy dit

    Merci des précisions, mais on n’a toujours pas l’explication de la persistance de cette atomisation électorale. Folklore politique français attisé par l’unique scrutin proportionnel direct de France ? Si un politologue passe par ici…

  • 25 May 2009 à 17h31

    David Desgouilles dit

    Précision sur mon dernier commentaire :
    c’est le traumatisme qui a eu lieu en 1999 et pas la transformation du RPR en UMP (2002).
    Pas de malentendus entre nous…

  • 25 May 2009 à 17h29

    David Desgouilles dit

    Il s’agit d’un accord entre Raffarin (et son ministre de l’Intérieur de l’époque) et le PS.
    Objectif, éviter que des listes dissidentes menées par des forts en gueule ne viennent troubler le jeu électoral habituel.
    PS traumatisé par Tapie en 1994 (14%, deux points seulement derrière la liste PS menée par Rocard)
    Traumatisme du RPR devenu UMP en 1999 (liste Sarkozy RPR-DL devancée par la liste Pasqua)

    En créant plusieurs circos, les deux grands partis se favorisent forcément car ils jouent de leur seule étiquette. Les “dissidents” ne disposant en général qu’une voire deux têtes de proue au niveau national.
    Le Rapport de ce monsieur grec tombait bien pour éviter des autres traumatismes.

  • 25 May 2009 à 16h31

    François Miclo dit

    @ Gaétan Brunoy. L’intérêt n’est nullement financier… Contrairement aux élections nationales, les européennes n’ouvrent pas au financement des partis qui présentent des élus, sauf s’ils ont des élus… Aujourd’hui, neuf partis européens (PPE, PSE, etc.) se répartissent une dizaine de millions d’euros annuellement…

  • 25 May 2009 à 15h40

    Gaétan Brunoy dit

    Marrant, mais pourriez-vous nous expliquez pourquoi y a-t-il cette permanence de l’atomisation de l’offre électorale aux européennes ?

    Sachant que toutes ces nouvelles petites listes n’ont aucune chance d’avoir un élu, je soupçonne des conditions de financement des partis favorables à la dispersion.

    Il y a forcément une explications plus rationnelle que la faute à Raffarin.

  • 25 May 2009 à 10h01

    T-Rex dit

    Asta la Vista Baby!