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La vie derrière soi

Retraites : la démographie ne manifeste pas

Publié le 07 septembre 2010 à 11:00 dans Société

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On aura beau manifester. On aura beau protester. On aura beau chantonner, sur tous les tons, les plus beaux slogans du monde, les reprendre en leitmotiv, défendre la veuve de 120 berges et l’orphelin de 60 ans. On aura beau être beau, c’est-à-dire être vain, précaire et inutile : rien ne changera tant que s’imposera à nous l’implacable réalité. L’impératif marxiste, fixé très tôt dans les Thèses sur Feuerbach, n’y peut rien : transformer le monde n’inclut pas de faire passer ses rêves pour la réalité ni de prendre des vessies pour des lanternes.

Autant le dire d’emblée, comme l’a avoué récemment un improbable arc rocardo-sarkozyste : le problème des retraites n’est pas un problème financier. 35 milliards de déficits annuels, ça fait tout juste de quoi payer les apéricubes aux banquets du système bancaire international auprès duquel notre système social emprunte. Le problème des retraites n’est pas même un problème social – le propre de la “retraite” étant précisément de s’éloigner, de s’abstenir voire de se retirer de la vie sociale. Le problème des retraites n’est pas le problème du gouvernement actuel, mais de tous les gouvernements qui ont laissé pourrir la situation depuis 1975, suivant précautionneusement la doctrine de Henri Queuille : “Il n’est aucun problème assez urgent en politique qu’une absence de décision ne puisse résoudre.”

Le problème des retraites : un problème de vieux

Le problème des retraites est le problème des vieux. Sont trop nombreux : 1 Français sur 5 a, aujourd’hui, plus de 60 ans. Seront à l’avenir (car l’avenir leur appartient aussi, c’est leur principal fonds de pension) encore plus nombreux. Bonjour l’ambiance ! L’INSEE (qui est à la France ce que Paris-Turf est au tiercé) pronostique qu’en 2050 1 Français sur 3 aura plus de 60 ans.

Epidémie de vieux ? Oui, peut-être. On ne saurait dire. La Faculté ne s’est pas encore prononcé là-dessus. Enfin, elle a essayé. Elle parle depuis 1975, c’est-à-dire depuis la parution de La Vie devant soi, de “vieillissement prévisible de la population”, “d’allongement de l’espérance de vie”, mais ne tranche jamais dans le vif du sujet : les vieux sont-ils trop nombreux ? Comment s’en séparer ?

Se séparer d’un vieux. C’est assez simple pourtant. La recette est connue. L’arsenic est la méthode la plus lente, mais éprouvée, à Loundun, chez Marie Besnard. Le cyanure est plus rapide mais n’a pas le charme des vieilles dentelles. Le meilleur est encore l’abandon, chez lui, à domicile, du vieillard ou de la vieillarde, assoiffé en temps de canicule. Privé de relations sociales, le vieux crève. Et il le fait plutôt bien. On se presse à manifester, dans la rue, pour le maintien du départ du roulant de la SNCF à 50 ans, mais pour aller, un jour par semaine, aller visiter l’ancêtre qui se fait sous lui au point de puer l’ammoniaque, il n’y a plus personne. Faut pas pousser ! Se faire sur soi n’est pas un avantage acquis.

C’est bien, pourtant, de cela qu’il s’agit. Régis Debray a, sous la forme du pastiche, écrit, il y a quelques années, un beau petit texte à ce sujet : Le Plan vermeil. Mais le pastiche est, parfois, une façon de faire dans des violons qui sonnent faux. La vérité est qu’en 60 ans à peine, nous avons pris 15 ans dans la vue. De 1950 à aujourd’hui, les Français ont gagné 15 années d’espérance de vie supplémentaires. Financer les pensions de gens qui passaient l’arme à gauche sitôt les 70 berges passées ne posaient pas de gros problème. Promettre, en 1983, la retraite à 60 ans à des gens qui avaient cinq ans plus tard rendez-vous chez Borniol n’était pas insurmontable. La difficulté est que nos vieux ont vieilli et que, la médecine aidant, ils ont retardé l’heure où nous allions en chœur tenir les cordons du poêle. Le vieux met un peu de réticence à se laisser vite enterrer : là est le problème.

Dès lors, le système actuel de répartition est intenable, à moins de paupériser les vieillards, de déposséder des fruits de leur labeur les actifs ou de faire reposer sur les générations futures, comme nous le faisons aujourd’hui, notre propre inconséquence. Comme disait le camarade Lénine, que faire ?

Que faire des retraites ? Non, là n’est pas la question. Que faire des vieux et de l’allongement de la vie ? Que faire de la rotation plus lente du parc locatif, des transmissions moins rapides du patrimoine, de l’augmentation des dépenses de santé liées au grand âge ? Que faire de nos politiques publiques qui seront, de plus en plus, hypothéquées sur la vieillesse ? Moins de crèches, plus d’unités Alzheimer ! Car la France y passera dans les prochaines décennies – elle a déjà commencé : elle conduira des politiques de vieux, faites pour les vieux et par les vieux.

Lorsqu’en 2050, 1 Français sur trois aura plus de soixante ans, le système de répartition ne tiendra plus. Préparons-nous y donc, dès à présent. Le péril vieux menace : c’est Al Quaïda dans nos hospices. Ne les poussez pas discrètement sur les rails du métro comme un instinct naturel pourrait vous y forcer. Contentez-vous de leur servir, chaque semaine, le porto du dimanche, le plus malthusien de nos apéritifs. Les triglycérides ne leur pardonneront pas. Mais ils auront vécu. Morts, bourrés et vaincus.


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  • 11 September 2010 à 10h00

    lorymequa dit

    fatback,

    Nul procès d’intention, je ne vous connais pas. Il n’y a pas là opposition de personne, sauf à le croire.

    Puisqu’il en est ainsi je réagirai aux propos en ignorant les auteurs, je ne suis pas là pour chercher des connivences ou des adversaires pour me faire mousser.

    Apparemment Buffet est un dieu et moi un imbécile. Après ça on ricane sur l’idéologie des gauchistes – avec qui je n’ai rien à voir. Chacun son idole.
    Que voulez vous on cours à la catastrophe, la finance mondiale porte une énorme responsabilité si non toute la responsabilité. Les politiques sont des pantins sans véritable pouvoir, vous le savez très bien. Mais ce sont eux qui endossent toutes les critiques.
    Tout cela est bien confortable, et je remarque au passage que ça procède du même manichéisme que ceux d’en face. Existeriez vous les uns sans les autres?

    Je corrige, toute la responsabilité.

  • 10 September 2010 à 22h53

    fatback dit

    lorymequa,
    Ce que dit Buffet dans l’interview ne me dérange absolument pas. Bien au contraire je suis parfaitement d’accord avec lui. Par contre ce que vous lui faites dire me dérange profondément. Mais ce qui ne dérange encore plus c’est votre malhonnêteté : non seulement vous vous faites prendre en flag mais en plus vous trouvez le moyen de la ramener…
    .
    « La justice ou l’injustice ne sont pas un jugement, cela se constate dans les faits. »
    Hein ???
    .
    Et votre procès d’intention (22:20) est tout simplement minable.

  • 10 September 2010 à 22h20

    lorymequa dit

    fatback,

    “La justice, lorymequa, est un jugement humain variable dans le temps et d’un individu à un autre. Il fût une époque, lorymequa, où il était juste de torturer et de faire brûler des gens sur des bûcher quand on les suspectait d’être hérétiques. Il y a des gens qui trouveraient tout à fait juste que nous fermions nos frontière pour protéger notre pognon et notre modèle social quitte à laisser 1.5 milliards de chinois crever la dalle.”

    On compare pas les époques, c’est un non sens. La justice ou l’injustice ne sont pas un jugement, cela se constate dans les faits. D’ailleurs vous le faites très bien dés qu’il s’agit de la Chine, abscons ici concret là. Buffet son pogon il est à lui, mais dés qu’il s’agit du peuple, de son pognon ( comique), et de son modèle social, ha! surtout pas. Il doit s’ouvrir à tous les vents, se mettre à genoux, au niveau du bol de riz.. Mais vous plaisantez ou quoi. Vous qui êtes un défenseur de la propriété, de l’arriviste arrivé. Pour les autres tout devrait donc être sans cesse remis en question selon votre catéchisme. Parce que une bande de cinglés devraient décider de tout et dans un seul intérêt celui du plus fort.
    Vous ne croyez tout de même pas convaincre ceux qui subissent tout cela du bien fondé de votre raisonnement mathématique.

  • 10 September 2010 à 22h01

    lorymequa dit

    fatback,

    Je n’ai rien tronqué, c’est vous qui pinaillez . Que W. Buffet ait eu un interlocuteur ne change rien à son propos. J’aurais du ajouter qu’il ( W.B ), en portant cette affirmation, déplorait qu’il en fut ainsi. Ça me semblait évident, mais puis qu’il faut le préciser.
    Ce qu’il a dit dérange plus les gens comme vous, les libéraux, et c’est pourquoi vous tentez d’en réduire la portée, si non de falsifier son propos.

    “Il y a des gens qui trouveraient tout à fait juste que nous fermions nos frontière pour protéger notre pognon et notre modèle social quitte à laisser 1.5 milliards de chinois crever la dalle.”

    Notre modèle social il se réduit chaque jour, et l’ensemble du monde s’enfonce dans le “moins disant”. Je ne suis pas pour la fermeture, mais cette ouverture dont il résulte notre propre mise à sac je la condamne avec force. Dites donc, les têtes d’œuf qui instaure ces lois d’airain, de quel droit ? Eux qui s’en tiennent à l’écart. Vous ne voyez donc pas que ça régresse, votre exemple de la chine est une sacrée entourloupe, en quoi son développement devrait il se traduire par un retour en arrière ici. Totalement absurde.
    .

  • 10 September 2010 à 21h23

    fatback dit

    Vos définitions de l’injustice se limitant manifestement à quelque chose sous lequel le monde croule (11:50) ou qui crève l’écran (19:30), j’en conclue comme prévu que vous brandissez un concept comme un étendard sans être même capable d’en donner ne serais-ce que la plus basique définition.
    .
    La justice, lorymequa, est un jugement humain variable dans le temps et d’un individu à un autre. Il fût une époque, lorymequa, où il était juste de torturer et de faire brûler des gens sur des bûcher quand on les suspectait d’être hérétiques. Il y a des gens qui trouveraient tout à fait juste que nous fermions nos frontière pour protéger notre pognon et notre modèle social quitte à laisser 1.5 milliards de chinois crever la dalle.
    .
    Votre justice naturelle et transcendante, lorymequa, n’est en réalité rien d’autre que votre opinion que vous habillez d’un habit trop grand.

  • 10 September 2010 à 21h09

    fatback dit

    « Par contre vous vous y êtes abonné. »
    Quand j’emplois des citations, je mets un point d’honneur à ne jamais en altérer le sens ni en modifier la structure. Quand, pour gagner de la place ou faciliter la lecture, je tronque une partie de d’une citation, j’utile le signe […] pour signaler clairement est sans ambigüité qu’une partie de la phrase manque.
    C’est de l’honnêteté intellectuelle. Chose dont vous êtes manifestement dépourvu.

  • 10 September 2010 à 21h03

    fatback dit

    Enfin, « [mais] » que vous (ou un autre falsificateur) traduisez par « et » permet de donner le sentiment que Buffet se réjouit de ce qu’il ne raconte pas.
    .
    Et vous avez le front de me demander « comment peut-on la tronquer celle-là ? ». Mais comme vous l’avez fait mon petit lory.

  • 10 September 2010 à 21h02

    fatback dit

    La véritable citation de Buffet est « Il y a une lutte des classe, [d’accord], [mais] c’est ma classe, la classe des riches, [qui fait la guerre] et nous sommes en train de gagner ». Entre crochet, j’ai mis l’accent sur les termes qui ont mystérieusement disparu de votre version de la citation. On pourrait penser à une traduction approximative… mais ça va beaucoup plus loin que ça : c’est tout le sens de cette phrase qui s’en trouvé altéré. Et cette altération est, de toute évidence, volontaire.
    « [d’accord] » laisse à penser que quelqu’un d’autre lui a parlé de lutte des classes dans la discussion (et c’est en effet, Ben Stein, le journaliste qui lance le sujet). Il était manifestement plus opportun pour le falsificateur de faire en sorte que cette phrase apparaisse comme une affirmation de but en blanc de Buffet.
    « [qui fait la guerre] » qui disparait purement est simplement altère totalement le sens de la phrase de Buffet. En substance, Buffet dit qu’il n’y a que les riches qui font la guerre aux pauvres (ce qui est, de toute évidence une image) tandis que votre traduction laisse accroire que Buffet valide les thèses marxistes.
    […]

  • 10 September 2010 à 21h01

    fatback dit

    Warren Buffet est un type absolument remarquable. Ancien élève de Ben Graham, l’élève a dépassé le maître pour devenir l’investisseur le plus génial que cette terre ait jamais porté. Par ailleurs, Buffet est un type d’une honnêteté et d’une générosité proverbiale. Il est l’opposé parfait d’un Ségéla : du géni et pas de bling-bling.
    Quand j’ai lu votre citation, j’ai d’abord pensé à un fake inventé par vous ou pompé sur je ne sais quel site altermondialiste. Buffet affirmant qu’il existe une lutte des classes et lui, riche parmi les riches, se félicitant d’être dans la classe des vainqueurs ? Ridicule.
    Alors j’ai cherché votre source et, de fil en aiguille, j’ai fini par trouver cette interview du NYT et la citation dans son état original.
    Vous avez cité (sur ce même fil, aujourd’hui à 10:44) « Il y a une lutte des classes et c’est ma classe celle des riches qui est en train de la gagner ». Phrase qui laisse à penser que Buffet, salopard de capitaliste, croit en la lutte des classes marxiste et se réjouit de la victoire des riches.
    [...]

  • 10 September 2010 à 19h20

    lorymequa dit

    fatback,

    Pour les citations c’est la première fois que j’en emploie, je vous défie d’en trouver une avant. Par contre vous vous y êtes abonné.

    Quand à dire que la citation de Buffet est tronquée, c’est vous qui êtes malhonnête. Comment peut-on la tronquer celle-là ? Et Rockfeller, il est sorti de son contexte ?

    Quand à la définition de la justice, vous vous moquez de qui ? L’injustice qui crève l’écran ne vous suffit pas pour la définir ? Le système que vous défendez, mais dont vous ne savez rien des ravages qu’il engendre est la source même de l’injustice et de ses nombreuses victimes.
    Il suffit de naître là ou là, dans tel millieux ou tel autre pour avoir toutes les chances de la réusitte ou de l’échec avec soi – L’exception confirmant la règle, mais bien sur toujours mise en avant par les thuriféraires de ce système inique.
    Vous devriez sortir de votre cadre fusse t-il le lieu d’exercice d’une belle mécanique intellectuelle…qui pédale dans le vide.

  • 10 September 2010 à 17h40

    fatback dit

    lorymequa,
    Où en sommes nous sur votre définition de la justice ?

  • 10 September 2010 à 17h21

    fatback dit

    lorymequa,
    .
    Citation de Buffet incomplète.
    .
    Cette citation est extraite d’un article du New York Times en date du 26 novembre 2006. La citation exacte et complète est “There’s class warfare, all right, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning.” ce que l’on peut traduire par “Il y a une lutte des classe, d’accord, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui fait la guerre et nous sommes en train de gagner”.
    .
    Comme vous pourrez le constater en lisant l’article, Buffet dénonce le fait que les riches américains payent proportionnellement moins d’impôts que les américains modestes.
    .
    Revenons en donc à votre usage d’une citation tronquée et sortie de son contexte. Je ne vois que 3 explications : (i) vous postez tout et n’importe quoi sans jamais vérifier vos sources pourvu que cela semble corroborer vos apriori (ii) vous êtes d’une malhonnêteté intellectuelle confondante (iii) vous ne parlez par anglais. Je veux bien vous laisser le bénéfice du doute.