La Tiers-mondialisation de l’Europe | Causeur

La Tiers-mondialisation de l’Europe

Entretien avec Bernard Conte

Auteur

Coralie Delaume

Coralie Delaume
est blogueuse (L'arène nue)

Publié le 20 décembre 2011 / Économie

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Canal St Martin, Paris. Photo : Arslan.

Coralie Delaume. Vous êtes l’inventeur du concept de « Tiers-Mondialisation », qui lie « Tiers-Monde » et « mondialisation ». De quoi s’agit-il ?

Bernard Conte1. Ce qu’Alfred Sauvy appela le Tiers-Monde dans les années 1950 présente des caractéristiques spécifiques : domination externe, soumission à l’échange inégal, structure sociale fortement polarisée entre quelques très riches et l’immense majorité de pauvres…
Ce dualisme sociétal s’estompe pendant la parenthèse de régulation étatique, concomitante aux Trente glorieuses, qui se fait jour dans les pays du Sud. Celle-ci suscite notamment l’apparition d’embryons de classes moyennes, autorisé par un partage plus « égalitaire » de la richesse produite, c’est-à-dire de la valeur ajoutée et/ou de la rente (agricole, pétrolière, minière…). C’est ainsi qu’on qualifie de « miracles » le décollage économique de certains pays du Sud.
La crise du capitalisme des années 1970 va changer la donne. Pour tenter de rétablir des profits en diminution, il est nécessaire de revenir sur les conditions antérieures du partage de la richesse. Cela sera fait par le biais de la mondialisation néolibérale qui étend à l’ensemble de la planète la concurrence entre les individus et les institutions.

La mondialisation ne concerne-t-elle pas essentiellement les pays développés ou les grands « émergents » ?

Disons qu’elle sera imposée aux pays du Sud à l’occasion de la crise de leur dette souveraine du début des années 1980. Les institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale…) vont « sauver » les pays surendettés en leur accordant des prêts pour rembourser les banques créancières qui avaient mal « apprécié » les risques. L’octroi de cette aide est, bien entendu, conditionnée par l’adoption, par les pays bénéficiaires, de politiques de rigueur, les PAS : programmes d’ajustement structurel.
L’ajustement néolibéral procyclique se traduit alors par une profonde régression ramenant les pays concernés au stade du Tiers-Monde d’avant les « miracles ». Outre l’exploitation accrue, voire le pillage des richesses des pays du Sud, ce processus régressif de « Tiers-Mondialisation » entraîne le laminage des classes moyennes constituées pendant les « miracles » et rétablit la structure sociale dualiste typique des pays sous-développés.

« Crise de la dette », « plans de sauvetage », « laminage des classes moyennes »…on croirait vous entendre parler de l’Europe actuelle ! Existe-t-il un risque de « Tiers-Mondialisation » de l’Europe ?

Hélas, oui ! Avec la crise de sa dette souveraine, l’Europe est en train de suivre le même chemin. Les pays bénéficiant de mesures de « sauvetage » sont tenus de mettre en œuvre les mêmes programmes que ceux qui ont conduit à la Tiers-Mondialisation (ou re-Tiers Mondisation) des pays du Sud. Dans ces conditions, la même thérapie produira inévitablement les mêmes effets. L’austérité exigée en contrepartie d’une « aide » financière, c’est la stratégie du pompier pyromane. En phase de récession, l’austérité a des effets procycliques. Elle ne peut donc qu’aggraver la situation.

On entend parfois parler de crise « de la dette », mais aussi de « crise de l’euro ». Certains vont jusqu’à contester que l’endettement public soit un problème. Est-ce votre cas ?

Pas à proprement parler. Je pense que nous vivons une crise de la dette. C’est indéniable. A ce propos, la crise de la dette du Tiers-Monde, débutée en 1982, peut fournir une grille de lecture intéressante. Tout d’abord, cette crise a été présentée comme un problème temporaire, de liquidité. Or il s’agissait en fait d’une crise structurelle, de solvabilité. Cela signifiait qu’une proportion importante des débiteurs ne pourrait jamais rembourser, ce qui est bien plus grave.

Pourquoi cette première lecture volontairement erronée ?

Pour gagner du temps ! En effet, les banques voulaient assainir leur bilan comptable en se défaussant le plus possible de leurs actifs pourris sur les États, sur les Banques centrales… et en provisionnant leurs créances douteuses, voire irrécouvrables. Une fois les banques « sauvées », il est devenu possible de reconnaître officiellement que les débiteurs s’avéraient (au moins partiellement) insolvables, car le fardeau de la dette était insoutenable. Les banques ont alors accepté une décote sur une partie de leurs créances en contrepartie d’une « sécurisation » des remboursements futurs (plan Brady) comprenant, notamment, la poursuite des politiques de rigueur.

Cette expérience vécue par les pays du Tiers-Monde est-elle transposable ? Les pays d’Europe semblent tout de même plus solides !

Peut-être, mais cet exemple constitue malgré tout un scénario possible de l’évolution de notre présente crise. S’il se réalise, encore une fois, le sauvetage prioritaire des financiers aura primé, au prix de la paupérisation du plus grand nombre. Ceci dit, vous avez raison, « notre » crise n’est pas simplement une crise de la dette. C’est une crise systémique : financière, économique, sociale et politique.

Vous affirmez que l’Europe, sous la houlette de Berlin, a troqué le vieux libéralisme contre l’un de ses avatars : l’ordolibéralisme. En quoi consiste cette évolution ?

La source d’inspiration de la construction européenne se situe dans l’ordolibéralisme qui trouve son origine en Allemagne, au sein de l’Ecole de Fribourg. Largement influencé par la pensée luthéro-catholique, l’ordolibéralisme tente de concilier les valeurs chrétiennes et libérales en se démarquant de la « pureté » scientifique du monétarisme d’un Milton Friedman, ou de l’ordre spontané ultralibéral d’un Friedrich Hayek. La traduction de l’ordolibéralisme dans la pratique est l’économie sociale de marché.
Les ordolibéraux considèrent qu’il existe un ordre naturel dont le respect implique une société consensuelle, apaisée et ordonnée, œuvrant pour le bien commun dans le cadre d’une économie de marché. Ils mettent en avant les vertus du marché, dont l’efficience est assurée par la concurrence « pure et parfaite ». Mais celle-ci, pourtant, ne s’établit pas spontanément dans un contexte de pur « laisser-faire », car certains acteurs sont tentés de « fausser » les règles de la concurrence (monopole) pour en profiter.

N’y a-t-il pas un paradoxe à vouloir organiser ce qui est supposé être « pur et parfait » ? Les « ordo » sont-ils encore des libéraux ?

Ils se démarquent justement des autres libéraux en mettant en lumière certains dysfonctionnements du marché. Pour eux, il s’agit de « construire » le bon fonctionnement du marché en assurant la concurrence « libre et non faussée », seule à même de garantir la liberté et la justice sociale. Ce constructivisme explique la raison pour laquelle le capitalisme rhénan est souvent opposé au capitalisme anglo-saxon, considéré comme plus « sauvage ». L’idée centrale de l’ordolibéralisme est de graver dans le droit et, mieux encore, dans la Loi fondamentale, les règles (économiques, sociales) que doivent respecter les agents publics et privés.

Voilà qui explique en partie l’appétence allemande pour la constitutionnalisation de la « règle d’or »…

Tout à fait. Pour les ordolibéraux, la mission principale de l’Etat est de fournir le cadre juridique de la libre concurrence, puis de faire respecter ce cadre. L’intervention de l’État dans l’économie est essentiellement normative, et reste limitée. Par exemple, il ne peut utiliser la politique monétaire car la monnaie est neutralisée, avec une banque centrale indépendante. Celle-ci a pour objectif principal, voire unique, de lutter contre l’inflation.

Cela semble accréditer la thèse d’une Banque Centrale Européenne dont le fonctionnement serait calqué sur celui de la Bundesbank…

Absolument. Par ailleurs, sur le plan social, l’Etat doit fournir un système de couverture sociale qui n’entrave pas le fonctionnement de l’économie de marché. Pour garantir l’ordre social, l’ordolibéralisme se révèle pragmatique. Dans certains cas exceptionnels, définis de façon précise (mouvements cumulatifs de dépression ou de surchauffe de l’économie), à la différence des autres courants du néolibéralisme, l’ordolibéralisme envisage la possibilité d’une action conjoncturelle de l’État, budgétaire ou réglementaire, à condition qu’elle s’avère limitée dans le temps. Le reste du temps, le domaine du politique doit être réduit et isolé. La définition du bien commun ainsi que les moyens pour l’assurer doit revenir à des « experts » et sa réalisation doit être contrôlée par des juges.

Quel lien faites vous avec l’économie sociale de marché, dont vous parliez à l’instant ?

Disons qu’elle est la traduction pratique de la théorie ordolibérale. En Allemagne, de 1966 à 1982, l’économie sociale de marché a connu des adjonctions keynésiennes sous l’influence du parti social démocrate (Willy Brandt, Helmut Schmidt). Le retour progressif aux principes ordolibéraux et à l’économie sociale de marché « purifiée » se fera avec Helmut Kohl et ses successeurs.
Sous l’impulsion de l’Allemagne, la construction européenne se conforme à la doctrine ordolibérale en mettant en place une économie sociale de marché purifiée. Le traité de Maastricht, le traité de Lisbonne, le nouveau traité en projet, les institutions (Banque centrale indépendante notamment) en attestent. Si la domination allemande se pérennise, l’avenir de l’Union sera forcément ordolibéral.

N’est-ce pas là le bon choix ? Après tout, l’Allemagne semble pâtir de la crise moins que les autres. Ses performances économiques ont de quoi faire pâlir d’envie…

Dans le cadre de la construction européenne, la libéralisation des échanges au sein du « grand marché » a permis à l’Allemagne de bonifier ses avantages comparatifs pour aboutir à une spécialisation profitable. Hélas, la dynamique allemande s’est révélée prédatrice pour ses partenaires en imposant une division du travail intra-européenne à son profit exclusif.

Une économie de prédation, non sans ressemblances avec le modèle chinois. C’est en effet la thèse de Jean-Michel Quatrepoint, notamment….

Oui, mais le problème est que cela s’accompagne de la désindustrialisation de certains pays, et de la spécialisation d’autres dans les productions à faibles coûts salariaux, ce qui les condamne tous à une spécialisation « appauvrissante » : sous-traitance, agriculture, tourisme… Ainsi, grâce au processus d’intégration régionale, l’Allemagne, pays central, a progressivement structuré son environnement européen pour construire une sorte de « périphérie » exploitée et dépendante.
Le problème est qu’aujourd’hui, les partenaires européens de l’Allemagne absorbent plus des trois quarts de ses exportations. La crise et les plans de rigueur imposés vont se traduire par une baisse de la demande d’exportations allemandes. Ainsi le succès économique de l’Allemagne n’est-il pas éternel. Si vous me permettez une image, lorsque les gazelles meurent, tôt ou tard, le lion affamé subit le même sort…

  1. Bernard Conte est économiste. Il est l’auteur de La Tiers-Mondialisation de la planète, PU Bordeaux, 2009 et milite au sein de l’association Manifeste pour un débat sur le libre-échange.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 20 Décembre 2011 à 14h51

      Patrick dit

      L’Allemagne n’est pas un pays laïc. Il y a des religions officielles : le judaïsme et le christianisme qui se décline en catholicisme et protestantisme (Evangelische Kirche in Deutschland). Les autres confessions chrétiennes sont dites “libre” et existent sous forme d’associations comme en France.
      Il y a des Länder plutôt catholiques, d’autres plutôt protestants, ce qui signifie notamment que les fériés religieux ne sont pas les mêmes selon la confession dominante. Il n’est donc pas aberrant qu’il y ait alors des crucifix dans des écoles.
      Par ailleurs, le contribuable allemand paie l’impôt ecclésiastique (Kirchensteuer). Il peut en être dispensé s’il le demande, ce qui permet à ceux qui ne sont pas rattachés aux cultes reconnus.
      Beaucoup de jardins d’enfants (il n’y a pas d’école maternelle comme en France) sont confessionnels.

      • 20 Décembre 2011 à 14h53

        Patrick dit

        “… ce qui permet à ceux qui ne sont pas rattachés aux cultes reconnus”
        Je voulais rajouter : “de ne plus avoir à le payer comme autrefois”.

      • 21 Décembre 2011 à 8h19

        Fiorino dit

        E l’islam enseigné dans les écoles. Dans le landërs de Berlin en tout cas les signes réligieux sont interdits pour le personnel.

    • 20 Décembre 2011 à 14h44

      ylx dit

      Pour ceux qui veulent en savoir plus la référence est celle de l’Arret de la Cour Constitutionnelle allemande sur le Traité de Lisbonne du 30 Juin 2009 d’où il ressort notamment ceci
       ”Dans l’arrêt du 30 juin 2009 la Cour constitutionnelle allemande a examiné le traité de manière approfondie et sans préjugé, en insistant surtout sur la relation entre l’Etat national et l’Union européenne à la lumière de la Loi fondamentale allemande. La Cour a statué que certains droits souverains ne peuvent être transférés à l’Union européenne. Ces droits souverains relèvent des domaines centraux qui touchent à l’épanouissement des personnes et au développement de la société. Il s’agit du droit pénal, des décisions fondamentales en matière fiscale, des dépenses publiques, de l’intervention structurante des mesures sociales de l’Etat sur les conditions de vie, des décisions importantes qui touchent au droit de la famille, aux systèmes scolaires et de formation et aux relations avec les communautés religieuses.  
      La Cour estime que certaines décisions doivent continuer de relever du Bundestag. Elle cite comme exemple l’engagement de troupes allemandes dans le cadre d’un système de sécurité collective, un engagement qui ne pourrait avoir lieu automatiquement selon un principe supranational, mais seulement avec l’aval du Bundestag. Jugeant qu’un “renforcement de l’intégration pourra être contraire à la Constitution, si le niveau de légitimation démocratique ne tient pas le pas avec l’ampleur et le poids de la puissance supranationale à qui des pouvoirs sont transmis” (262), la Cour a estimé que le traité de Lisbonne ne pourra être ratifié en Allemagne que quand les droits du parlement national auront été élargis et renforcés pour ce qui touche à l’Union européenne.
       La Cour allemande exige ainsi que le Bundestag n’ait pas, comme c’est actuellement le cas, le droit de refuser a posteriori une décision du Conseil de l’UE dans des domaines où l’on passera de la règle de l’unanimité à la règle de la majorité qualifiée, mais qu’il soit l’instance qui donne en amont l’autorisation au gouvernement de voter d’une manière ou d’une autre. Pour la Cour allemande, ce sont les Parlements nationaux, et pas le Parlement européen, qui constituent le cœur de la légitimation démocratique, y compris pour les affaires qui touchent à l’intégration européenne. Autre aspect qui aura des conséquences sur la discussion concernant les pouvoirs du Parlement européen : bien que des pouvoirs aient été transférés et soient transférés à l’Union européenne, elle n’est pas pour la Cour allemande un Etat, et le Parlement européen n’a donc pas, selon elle, comme les Parlements nationaux, le même type de légitimité et des attributs analogues à ceux d’un Parlement d’un Etat. Un projet de loi, en conformité avec les exigences de la Cours de Karlsruhe, devrait renforcer les pouvoirs du Bundestag en matière européenne aux termes duquel le gouvernement fédéral devra informer le Bundestag de manière exhaustive sur tout projet d’acte législatif européen transmis, et ce au plus tard deux semaines après cette transmission, pour que le Bundestag, qui doit, comme tout Parlement national, pouvoir statuer dans les huit semaines si un tel projet est conforme au principe de subsidiarité, puisse le faire en connaissance de cause. 

    • 20 Décembre 2011 à 14h29

      kacyj dit

      Schneider,

      Avec un pseudo pareil, on vous attendrait plutôt du côté de l’Allemagne :)

      Le modèle allemand n’a pas émergé ces 10 dernières années. Le modèle allemande est né sur les ruines du troisième Reich, avec ne l’oublions pas tout le savoir faire industriel développé entre Bismark (il a juste oublié de nous en parler le coq de Pulvar) et la seconde guerre mondiale. Dans 5 ans, le modèle allemand sera toujours là.

      “et pour rejoindre l’idée de Schneider, un voisin de l’Allemagne qui renonce à produire lui même et à son savoir faire industriel, devient du coup un marché potentiel pour écouler la production allemande..”

      Vous faîtes bien de préciser Saul “qui renonce à produire lui même”. Cela montre si certains en doutent que les Allemands ont fait d’autres choix, et pas seulement en matière de production industrielle, qui se sont avérés plus efficaces et plus payants que ceux du voisin.  

      • 20 Décembre 2011 à 14h38

        Fiorino dit

        Je pense que c’est une question de culture et de travail, le nord-est de l’Italie a été gouverné par les autrichiens et c’est le boulot, le boulot et encore le boulot. Les autres européens n’ont pas envie de vivre comme eux c’est un fait. D’ailleurs on ne peut pas dire que l’Allemagne soit veritablement envahi par les jeunes européenns des autres pays contrairement à ce qui se passe pour la France qui reste tout de même une des destinations les plus prisée par les jeunes d’Europe occidentale.

        • 20 Décembre 2011 à 14h51

          kacyj dit

          Certes mais le débat n’est pas sur les lieux de vie les plus agréables mais sur le lien entre euro et situation de l’économie européenne. 
          Je n’ai aucune envie de me transformer en  Allemand mais introduire un peu de rigueur et atténuer un peu beaucoup l’influence de l’ensemble des déclinologues de gauche comme de droite ne nous ferait pas de mal. Et surtout, assumer ses choix, ce que ne veulent pas faire les gens du sud comme les Grecs ainsi que les gens chez nous.

      • 20 Décembre 2011 à 16h41

        Saul dit

        tout à fait, la France s’est tiré une balle dans le pied toute seule comme une grande. Ce qui a arrangé aussi les affaires de nos voisins d’outre Rhin qui ont en effet opté pour une voie plus éfficace mais aussi tout ce qu’il y a de plus sensée (le choix français est d’une telle ineptie, qu’il sera l’objet de vastes critiques dans le futur à mon avis). mais ils n’en sont pas la cause, ils n’ont fait que profiter de la situation (ce dont ils auraient eu bien tort de se priver)

    • 20 Décembre 2011 à 14h15

      ylx dit

      “En Allemagne la prééminence des traités et réglementations européennes sur la législation allemande n’est pas reconnue”.
      Mon exemple est bien mal choisi. Mais sur la prééminence je pourrais sans doute retrouver la source d’une caractéristique   qu je citais “comme source de réflexion” à destination des souverainistes. 

    • 20 Décembre 2011 à 14h09

      Saul dit

      Steed,vous dites :

      “la fuite de nos emplois industriels ont bénéficié en partie à l’europe de l’est, l’afrique du nord et surtout la chine. Pas vraiment à l’allemagne.”

      un p’tit peu quand même non ? ça fait un concurrent “producteur” en moins dans la zone euro…
      et pour rejoindre l’idée de Schneider, un voisin de l’Allemagne qui renonce à produire lui même et à son savoir faire industriel, devient du coup un marché potentiel pour écouler la production allemande..

    • 20 Décembre 2011 à 14h09

      ylx dit

      Schneider dit “L’austérité attend tout le monde, et le “modèle allemand” ira rejoindre le “modèle japonais” et le “modèle anglais” au cimetière des chimères étrangères qui auront été la lubbie des droites européennes pendant quelques saisons.  ”
      Vous êtes vous posé la question “Qui entretient toutes ces lubies ” dont on abreuve quotidiennement les Français. Toujours les mêmes.
      Par ailleurs il est évident que l’Allemagne comme presque tous les pays du monde est partie prenante de l’économie mondiale et si l’Europe plonge dans le marasme (quand plutôt que si) l’Allemagne n’y échappera pas. Les règles du jeu sont les mêmes pour tous les joueurs mais à la fin de partie il y a toujours des gagnants et des perdants. 

      • 20 Décembre 2011 à 14h13

        Fiorino dit

        Schneider a tout à fait raison, pendant la campagne présidentielle on nous a bassiné avec le million des jeunes français à Londres (chiffre totalement bidon) pour nous expliquer que le modèle français c’était de la merde et l’Angleterre l’île de toutes les délices. La campagne se rapproche il faut bien trouver un autre pays de substitution, pour s’infliger la haïne se soi qui ne vient pas seulement des islamogauchistes.

    • 20 Décembre 2011 à 13h58

      Fiorino dit

      @ ylx
      “comme celui qui vouait imposer en Italie le retrait des crucifix dans les salles de classe”

      D’abord je me doute que en Allemagne les décisions de la cour européenne des droits de l’homme ne soient pas recconue si elle est signataire. Mais le jugement dont vous parlez ne voulait pas imposer le retrait du crucifix, mais dedommager une mère athée d’origine protestante qui ne voulait pas de crucifix dans la classe de ses enfants. En Allemagne il y a des lois dans certains landërs qui donnent la possibilité au parents de demander le retrait du crucifix. Je ne considère pas que ce soit la bataille du siècle, mais je ne vois vraiment l’opportunité d’exposer un crucifix dans un endroit public. Les juifs italiens ont toujours plaidé pour le retraits du crucifix dans les écoles, même s’il n’ont jamais utilisé des méthodes procèdurieres, mais dans ma classe par exemple pas de crucifix. Sur l’Allemagne je ne sais pas vraiment quoi dire mais bon je me rappelle tout de même qu’à chaque fois on nous bassine avec en exemple etranger et quand il se casse la geuele (comme l’irlande ou l’espagne) silence radio.

    • 20 Décembre 2011 à 13h56

      ylx dit

      Un exemple vécu “Une grande entreprise française nationalisée exerçant son activité principalement au plan international, dirigée par un énarque âgé, fraichement débarqué d’un cabinet ministériel et recasé là sans ne rien connaître au métier (ni à rien d’autres à part les courtisaneries ) , et devant négocier des accords de coopération stratégique et commerciale avec son homologue allemand :un jeune blond de 45 ans issu de la voie de promotion à l’allemande, cad ayant commencé à travailler comme apprenti dans cette même société à 14 ans, ayant par conséquent 30 ans d’expérience professionnelle, parlant couramment 2 langues outre allemand, connaissant le monde entier et son métier sur le bout du doigt ! Cette entreprise allemande est aujourd’hui la deuxième mondiale. Sa “concurrente” française a disparu depuis longtemps. C’est sans doute la faute de “l’esprit allemand de prédation” !

    • 20 Décembre 2011 à 13h49

      Impat1 dit

      Kacyj,….”Je pense que c’est le sens que lui donnait Impat”…
      Vous pensez bien ! 

    • 20 Décembre 2011 à 13h48

      schneider dit

      @ kacyj

      “Austérité préventive” signifie que les allemands, les travailleurs allemands, les contribuables allemands, ont fait des sacrifices. Je pense que c’est le sens que lui donnait Impat, son sens premier tout simplement. Cela signifie que les Allemands ont accepté de travailler plus pour gagner moins (en réel) et non qu’ils se sont défaussé sur leurs voisins, lesquels battaient le pavé à la moindre tentative de réformette.”

      Cher kacyj, c’est précisément le problème. Etant donné les “sacrifices” que les allemands ont fait (ce qui est déjà une supercherie, ce sont les travailleurs allemands qui ont fait des sacrifices, tout va très bien pour la rente et la rémunération du capital), comment croyez-vous qu’ils comptaient écouler leurs demandes?
      Quel était le calcul de départ, selon vous, si ce n’est de compter sur les voisins pour écouler la production?
      Si tout le monde avait fait pareil, que se serait-il passé? Remarquez, vous allez sans doute avoir la réponse.

      L’austérité attend tout le monde, et le “modèle allemand” ira rejoindre le “modèle japonais” et le “modèle anglais” au cimetière des chimères étrangères qui auront été la lubbie des droites européennes pendant quelques saisons.

      Prenez tous les commentaires à la gloire de l’Allemagne, fourmi consciencieuse, travailleuse, pragmatique. Dans 5 ans, ça vous fera un beau bêtisier.

    • 20 Décembre 2011 à 13h39

      ylx dit

      “Une économie de prédation”.
      Un ami allemand, dirigeant de sa PME personnelle prend tous les ans 4 semaines de congés, sans aucune inquiétude…Ses employés se sont donné comme consigne de produire plus et mieux pendant ses vacances. Je ne pense pas que ce patron allemand se lève chaque matin en se demandant comment il pourrait par son action contribuer à la prédation allemande. Il faut ne jamais avoir mis les pieds dans une entreprise “libérale” pour tenir de tels propos

    • 20 Décembre 2011 à 13h31

      ylx dit

      Autres sujets de réflexion :
      En Allemagne la prééminence des traités et réglementations européennes sur la législation allemande n’est pas reconnue. Je serai curieux de savoir comment serait reçue en Allemagne des jugements de la Cour européenne de justice (comme celui qui vouait imposer en Italie le retrait des crucifix dans les salles de classe).
      La Chancelière allemande : une femme, luthérienne pratiquante, fille de pasteur, de formation scientifique, née et élevée dans la frugalité est-allemande, parlant couramment russe. On mesure à cet exemple le gouffre qui sépare l’Allemagne de la France. tellemnt è 

    • 20 Décembre 2011 à 13h20

      ylx dit

      L’article cité de LR dans Causeur était intitulé “Maltraitance de sous-traitants” . Actionner le Recherche de Causeur.

    • 20 Décembre 2011 à 13h18

      kacyj dit

      schneider

      “Austérité préventive” signifie que les allemands, les travailleurs allemands, les contribuables allemands, ont fait des sacrifices. Je pense que c’est le sens que lui donnait Impat, son sens premier tout simplement. Cela signifie que les Allemands ont accepté de travailler plus pour gagner moins (en réel) et non qu’ils se sont défaussé sur leurs voisins, lesquels battaient le pavé à la moindre tentative de réformette.

    • 20 Décembre 2011 à 13h13

      kacyj dit

      Ylx,

      Vous avez bien résumé la situation allemande et les éléments qu’il convient de comparer si l’on veut expliquer les véritables déterminants économiques, ce qui n’est manifestement pas l’objectif de ce vendeur de soupe et fabriquant de “nouveaux” concepts.
      J’attends également de voir fin 2012, ce que David Cameron va faire lorsque la situation de son pays, isolé par sa désastreuse décision populiste au récent sommet européen, va se retrouver sur le grill des marchés en lieu et place des pays de la zone euro, actuellement sous le feu de l’actualité.

    • 20 Décembre 2011 à 12h19

      schneider dit

      @ Impat 1

      “L’Allemagne prédatrice, et les autres des proies. C’est une pensée si confortable, si rassurante. Nos problèmes sont dus à la méchante prédatrice ! Et les dix années d’austérité préventive que se sont imposés les Allemands sous l’impulsion de Schröder, on les oublie ?”

      Impat1, ce que vous appelez austérité préventive et ce que l’auteur appelle stratégie prédatrice de l’Allemagne sont une seule et même chose.
      Qu’est-ce que votre “austérité préventive” sinon la défausse sur ses voisin dès lors qu’il s’agit d’assurer une demande permettant l’écoulement de la production?

      La désinflation compétitive, c’est l’équivalent de la dévaluation sauvage mais sous autorité monétaire indépendante.
      La grosse différence, c’est que la désinflation compétitive est favorable à la rente quand la dévaluation lui était favorable. CQFO (ce qu’il fallait obtenir)

      • 20 Décembre 2011 à 12h34

        schneider dit

        La grosse différence, c’est que la désinflation compétitive est favorable à la rente quand la dévaluation lui était DEfavorable. CQFO (ce qu’il fallait obtenir)

    • 20 Décembre 2011 à 12h18

      ylx dit

      Notre médiocratie médiatico-politique s’est trouvé un nouveau bouc émissaire. Que c’est commode ! De l’Allemagne ils ne retiennent que des solutions miracles, comme si l’Allemand était du genre à croire aux miracles. 
      Ce sujet a été régulièrement abordé ici, voir en particulier un article de Luc Rosenzweig consacré à son ami imprimeur confronté à la concurrence allemande. Et puisque, enfin , on s’intéresse à l’Allemagne que nous journalistes enquêtent sur leurs système d’éducation, de santé, de négociation salariale, , de contrôle de l’immigration (simple mais efficace), d’attribution des permis de construire, de promotion professionnelle au sein des entreprises, de la fiscalité etc
      Un exemple parmi mille, sans même se déplacer, il suffit d’entrer en France dans un grand magasin d’électro-ménager où sont massivement représentées les marques allemandes : Miele, Siemens, Bosch. En regardant de plus près vous notez que ces machines sont toutes fabriquées dans les pays de l’Est, à une portée d’autoroute de l’Allemagne, une délocalisation “près de chez vous” qui permet à ces entreprises de produire à bas coût mais de vendre au prix fort et même très fort ! Chapeau les Teutons.
      On nous rebat les oreilles en France sur l’Euro fort qui serait un handicap. Observons que l’Allemagne exporte beaucoup en Europe (cf l’exemple cité) mais énormément en dehors de la zone Euro  La suprême élégance de nos intellectuels c’est de dire, certes mais leur natalité est très faible et ils sont condamnés à terme. Peut-être bien mais “nous serons déjàtous morts”. 

      • 20 Décembre 2011 à 14h04

        Fiorino dit

        Le contrôle de l’immigration simple mais efficace?
        Je n’ai pas l’impression qu’en Allemagne il y ait vraiment une politique de contrôle de l’immigration d’autant plus que celle-ci ne s’assimile vraiment pas, décidemment moins qu’en France.

        • 20 Décembre 2011 à 14h47

          ylx dit

          Je n’ai pas parlé de “politique” mais de “contrôle” Eh bien renseignez-vous , c’est l’occasion !

    • 20 Décembre 2011 à 11h05

      laborie dit

      Nonobstant l’avis de Nietzsche à travers le Gai Savoir j’abonde du coté de Herbert Spencer et son darwinisme me convient parfaitement.

    • 20 Décembre 2011 à 10h59

      steed59 dit

      jamais vu autant de préfixes accolés au mot “liberalisme”. Il ne manque plus que “l’ethnolibéralisme” cher à JL

    • 20 Décembre 2011 à 10h35

      Impat1 dit

      L’Allemagne prédatrice, et les autres des proies. C’est une pensée si confortable, si rassurante. Nos problèmes sont dus à la méchante prédatrice ! Et les dix années d’austérité préventive que se sont imposés les Allemands sous l’impulsion de Schröder, on les oublie ? 

      • 20 Décembre 2011 à 11h04

        steed59 dit

        Je plussoie avec vous. L’obsession allemande en économie devient assez pesant. Cet idiot utile a oublié que la fuite de nos emplois industriels ont bénéficié en partie à l’europe de l’est, l’afrique du nord et surtout la chine. Pas vraiment à l’allemagne. Le maintien de l’activité industrielle en allemagne vient du fait que ce pays bénéficie d’une excellente compétitivité qui fait que le niveau de qualification de ses salariés justifie le haut niveau de revenus. Sans oublier qu’ils ont de vrais syndicats responsables, une fiscalité d’entreprises valorisante pour l’emploi, et un enseignement technique performant.