La retraite à 70 ans, dernier coup de vice des baby-boomers

Les soixante-huitards s’accrochent !

Publié le 08 novembre 2008 à 8:00 dans Économie

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Il y a dix-huit ans, en 1990, une consœur journaliste et néanmoins amie, Jacqueline Remy, publiait aux éditions du Seuil un essai prémonitoire et injustement oublié intitulé Nous sommes irrésistibles, critique d’une génération abusive. Elle y défendait la thèse que les “baby-boomers”, c’est-à-dire les gens nés entre 1945 et 1955, s’étaient emparé des leviers de commande de la société française dans le sillage de mai 68, et en avaient profité pour réorganiser à leur profit les structures politiques, économiques et sociales de notre pays. Selon elle, ils sont parvenus à fermer à la génération suivante l’entrée sur le marché du travail et l’accès aux postes de pouvoir, à orienter les systèmes de redistribution (retraites, santé etc..) dans un sens qui leur était favorable, et à monopoliser les postes-clés dans la haute administration, les médias, et les entreprises du CAC40.

Cette intuition géniale allait être reprise, une quinzaine d’années plus tard par des très sérieux universitaires comme Louis Chauvel, qui développe la théorie d’une “fracture générationnelle” qui se superposerait à la fracture sociale. Celle-ci provoquerait des frustrations spécifiques au sein d’une jeunesse à laquelle il ne resterait plus qu’à payer la note des frasques financières de leurs ascendants, en terme d’allongement du temps de travail au cours de la vie, de hausse des prélèvements obligatoires, de charges de remboursement de la dette publique.

Déjà, l’Insee constate que le revenu moyen des retraités est supérieur à celui des actifs, et la Cour des comptes vient tout juste de rendre public un rapport établissant que les plus de soixante-cinq ans contribuent moins à la solidarité nationale (cotisation sécu, RDS, etc.) que leurs cadets.

Il restait quelques dernières barrières à faire sauter pour que cette génération puisse se maintenir encore quelque temps aux manettes et dans une confortable aisance financière: la loi qui permet à un employeur de mettre d’office à la retraite ses salariés âgés de plus de soixante-cinq ans, et celle qui plafonne le cumul des revenus emploi-retraite au montant du dernier salaire perçu en activité.

L’affaire est désormais sur les rails, grâce à un amendement à la Loi de finances déposé fin octobre par le député UMP de la 2e circonscription de la Moselle, Didier Jacquat, né en 1944 et exerçant, quand il ne fait pas le député, la profession de médecin oto-rhino-laryngologiste. La mention de tous ces détails me paraît nécessaire, car il est à prévoir que “l’amendement Jacquat” va faire sortir son auteur de l’anonymat qui est le lot de la plupart des parlementaires, bien connus dans leur circonscription, mais ignorés par le reste de la population. Comme le ministre du Travail, l’ambitieux Xavier Bertrand, ne s’est pas opposé à cet amendement, l’Assemblée l’a adopté derechef, et on ne voit pas le Sénat, vu sa composition politique et générationnelle, y faire obstacle.

La gauche, toujours à coté de la plaque, est montée au créneau sur le thème “On va forcer les pauv’ travailleurs déjà épuisés par une vie de galérien à bosser jusqu’à 70 balais, car on vous voit venir, vous dites que cela se fera sur la base du volontariat, mais on connait les méthodes des patrons…”

En fait, les experts de la chose sociale prévoient que ces mesures pourraient produire des effets aux deux extrémités de l’échelle sociale: chez les travailleurs précaires et mal payés qui vont en allongeant leur durée de cotisations arrondir une maigre pension, et chez les cadres supérieurs qui appréhendent d’être obligés quitter leurs postes prestigieux, confortables et bien rémunérés le lendemain de leur soixante-cinquième anniversaire.

C’est cette dernière catégorie, composée aujourd’hui de baby-boomers bien décidés à s’agripper au cocotier, qui se frotte les mains, et les quadras et quinquas qui vont se trouver bloqués dans leurs espoirs de promotion pour un bon bout de temps.

Il y a dans la situation ainsi créée tous les ingrédients qui peuvent nourrir une nouvelle révolution “bourgeoise” contre les nouveaux privilégiés à cheveux gris, avec bronzage permanent pour les messieurs, lifting annuel pour les dames. Les “bataillons de la jeunesse” célébrés par Aragon pendant sa période stalinienne vont-ils à nouveau surgir, prendre les armes et pendre Jacquat à la lanterne ? Du haut de mes soixante-cinq balais, je brandis d’ores et déjà le drapeau blanc de la reddition !

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  • 14 November 2008 à 17h01

    valence dit

    Ils sont forts à la Cour des comptes: dire que les retraités ne versent pas la même la contribution que les salariés!!!
    Sur l’âge de la retraire “libre”: allez, estimez, ou mieux, recherchez le nombre de personnes qui travaillent audelà de 60/65 ans: beaucoup d’élus, de hauts fonctionnaires(c’est statutaire!!) d’artistes , d’artisans, de professions libérales…Ah, mais quelle injustice, cette liberté!!!

  • 10 November 2008 à 13h43

    Robert Marchenoir dit

    @Rotil:

    “Retraite par capitalisation ? Avec le fiasco économique et financier auquel on assiste ? Bien… Je capitalise pendant que je bosse. Arrive ma retraite. A supposer que mon capital n’ait pas fondu comme neige au soleil à l’occasion d’abbérations bancaires, je préfère quoi ? Que 10 euros capitalisés m’en rapportent 1, ou bien 15 ?”

    Houlala. Quel pastis. Reprenons dans l’ordre.

    En quoi “le fiasco économique et financier auquel on assiste” condamne-t-il la retraite par capitalisation? Nous sommes au début d’une récession qui va peut-être se transformer en déflation. Bien. Ca va durer deux ans, peut-être cinq, dix à tout casser. Et alors? Une retraite ne se construit pas sur dix ans, mais sur quarante ou cinquante ans.

    Se laisser emporter par la panique face à une morosité temporaire n’est pas une base saine pour décider d’options aussi fondamentales. L’économie connaît des phases d’expansion et d’autres de contraction. C’est banal. Il en sera toujours ainsi. On l’a un peu oublié parce qu’on sort d’une longue phase de croissance. Mais il ne faut pas être myope face à l’histoire.

    Autre chose: une dépression affecte, bien entendu, le rendement d’un placement destiné à la retraite par capitalisation. Mais ce que vous omettez de prendre en compte, c’est qu’elle affecte aussi la capacité de financement d’un système de retraite par répartition.

    Quand les salaires stagnent ou baissent, quand le chômage augmente, les cotisations de retraite diminuent aussi.

    Simplement, vous ne le voyez pas, parce que ce n’est pas vous qui les payez: votre retraite est financée par les autres. Les retraités tapent dans la caisse commune et s’imaginent que cette caisse est sans fond. Mais c’est naturellement faux.

    Les retraites actuelles ne sont pas provisionnées dans le budget de l’Etat. Le moteur financier de la retraite par répartition alimente en permanence le gonflement de la dette publique (aucun budget à l’équilibre depuis plus de 30 ans), mais cela n’est même pas inscrit dans les chiffres, déjà catastrophiques!

    Vous dites: “Je préfère quoi ? Que 10 euros capitalisés m’en rapportent 1, ou bien 15 ?”

    Et donc? Vous vous imaginez que la retraite par répartition va vous rapporter 15, alors que la retraite par capitalisation va vous rapporter 1? C’est tout le contraire.

    Qu’entendez-vous par “10 euros capitalisés qui vous en rapportent 1″, d’ailleurs? Que le rendement annuel de votre placement serait de 1 euro? Ce serait alors un excellent placement, puisqu’il vous rapporterait 10% d’intérêt par an. S’il vous rapportait 15 euros, vous bénéficierez d’un intérêt de 150% par an, ce qui est totalement impossible.

    Il y a trois différences fondamentales entre la retraite par répartition et la retraite par capitalisation.

    La première est que dans la retraite par capitalisation, chacun est maître de sa retraite, et la constitue lui-même tout au long de sa vie, en fonction de ses propres décisions. Il peut donc prévoir, planifier, aménager sa retraite (et sa vie professionnelle) en fonction de ses besoins.

    Dans la retraite par répartion, ce sont les autres qui payent votre retraite, la totalité des autres salariés, selon des modalités définies par l’Etat. Vous n’avez donc aucune voix au chapitre. Vous êtes obligé d’accepter ce qu’on vous donne.

    Pire: vous n’avez absolument aucune idée de ce que sera votre retraite quand vous la prendrez. Vous connaissez certes les modalités de la retraite aujourd’hui (x% du salaire moyen des x meilleures années, par exemple), mais absolument rien ne vous garantit que ces modalités resteront identiques dans quarante, trente ou dix ans, quand vous-même prendrez votre retraite.

    En fait, vous avez, aujourd’hui, la quasi-certitude que ces modalités seront différentes (et, hélas, moins avantageuses), vu le déséquilibre structurel du système.

    La deuxième différence est que la retraite par répartition équivaut à ne pouvoir transfuser du sang à un blessé qu’à condition de disposer d’un donneur au même moment, parce qu’on doit impérativement relier les deux par un tuyau. Impossible de solliciter des dons du sang de façon préventive, et de les stocker en prévision d’une catastrophe ou d’une guerre.

    Les retraites versées en novembre proviennent des cotisations versées par les salariés en octobre. (Je ne garantis pas le délai exact, ne connaissant pas les détails techniques du système; mais, en pratique, perception des cotisations et versement des retraites sont simultanés, et c’est cela qui est fondamental.)

    On voit bien le danger énorme inhérent à ce système: si jamais, pour x raisons, il n’y a pas assez de salariés à un instant donné pour payer les pensions de ceux qui touchent leur retraite à ce même moment, la retraite par répartition s’écroule… à moins de la financer par l’emprunt, générant ainsi des coûts et une dette supplémentaires pour l’Etat, c’est à dire pour tous les citoyens!

    La retraite par capitalisation, elle, est conforme à la logique naturelle d’un système de retraite: la pension que vous touchez est le fruit accumulé, retardé, de ce que vous avez mis de côté petit à petit, durant une vie entière de travail. C’est conforme à la sagesse millénaire des peuples: l’homme prévoyant profite de sa jeunesse, des années où il est fort et capable, pour accumuler les moyens et les réserves (maison, enfants, épargne…) qui lui permettront de survivre quand il sera vieux, faible et malade.

    La troisième différence découle de la seconde: la retraite par capitalisation est beaucoup plus avantageuse pour le retraité, parce qu’elle permet de profiter du jeu des intérêts composés sur la durée. En comparaison, la retraite par répartition est une véritable escroquerie, que les Français avalent tout rond au nom d’une prétendue (et fausse) solidarité, dont les a convaincus la propagande étatique depuis un demi-siècle.

    Si vous mettez de côté un pourcentage modeste de vos gains, régulièrement, pendant toute une vie, et que vous les placez à un taux modéré, votre capital, au moment de votre retraite, sera démultiplié de façon très importante, parce que les intérêts que vous touchez chaque année viennent gonfler votre capital, et portent eux-même intérêt.

    Si vous vous amusez à faire le calcul comparatif de ce que vous coûtent et de ce que vous rapportent une retraite par capitalisation et par répartition, sur toute la durée de votre vie, vous verrez à quel point le système actuel est une arnaque sans nom: vous cotisez réellement à fonds perdus. On ne lit jamais ce calcul dans les grands médias. Cerrtains l’ont fait. Il est édifiant. Vous pouvez vous amuser à le modifier en personnalisant les paramètres.

    http://www.claudereichman.com/articles/lettreouverte.htm

    http://www.wikiberal.org/wiki/Retraite

    http://caccomo.blogspot.com/2007/11/retraites-limpasse.html

    On notera qu’avec un système de retraite par capitalisation, il est possible d’envisager une pension nettement supérieure au salaire d’activité, alors que notre retraite “de gauche” actuelle, prétendument sociale, est considérée comme généreuse dès lors qu’elle verse une pension pas trop inférieure au salaire d’activité!

    Cela étant dit, la constitution d’une retraite par capitalisation performante dépend, comme toute stratégie d’épargne, de choix prudents et raisonnables. Il est évident que si vous placez toute votre épargne en actions, vous courez un risque en cas de choc boursier. Des plans de retraite par capitalisation, financés par certaines entreprises, à l’étranger, en actions de leur propre entreprise, ont soumis les salariés à des risques inacceptables.

    Tout cela relève de choix techniques secondaires et d’une régulation raisonnable.

    Ce n’est pas parce qu’il est possible d’avoir des stratégies de placement dangereuses que le principe même de la retraite par capitalisation doit être rejeté. Personne ne réclame l’interdiction de la voiture au prétexte que si vous conduisez ivre, drogué et sans permis, vous avez de bonnes chances de vous tuer.

    Quand on évoque le krach boursier actuel pour rejeter la retraite par capitalisation, on pense exclusivement aux actions. Mais les actions ne sont pas le seul placement financier possible. Il existe quantité de placements très sûrs (obligations, bons du Trésor…) qui sont, d’ailleurs, systématiquement utilisés en assurance-vie.

    Même le recours aux actions perd beaucoup de son risque, à partir du moment où elles sont employées intelligemment dans une stratégie d’épargne-retraite. En effet, c’est la durée qui permet d’éliminer le risque. La longueur de la vie humaine permet d’augmenter la part des actions quand on est jeune, et de la réduire au fur et à mesure qu’on avance en âge. On peut ainsi, au fur et à mesure que l’on vieillit, sécuriser les gains et amortir les pertes. Les gestionnaires de patrimoine font ça tous les jours.

    Par ailleurs, les personnes qui vont prendre leur retraite d’ici peu (dix ans, quinze ans…) ont évidemment moins de latitude d’action que ceux qui démarrent leur vie professionnelle. Toute réforme des retraites allant vers la capitalisation doit comporter une stratégie de transition pour tenir compte de ce fait. Mais il s’agit là de modalités techniques parfaitement maîtrisables, sur lequelles de nombreux experts ont d’ores et déjà fait des propositions détaillées.

    Les travaux d’un économiste spécialiste des retaites:

    http://www.bichot.net/TravauxProtectionSociale.htm

  • 9 November 2008 à 15h33

    Un Fan dit

    @Béret vert:

    Moi-même externe de 6ème année, je tiens à pondérer vos propos: la liberté d’installation c’est bien beau et en ce qui me concerne il est hors de question d’aller m’installer dans le “9-3″ sous un fumeux prétexte d’intérêt national supérieur (les “ploucs” de ma région valent très largement les pauv’malheureux de là-bas), mais il ne faudra pas gueuler le jour où l’on ne trouvera plus de médecins généralistes qu’à proximité des hopitaux, très peu nombreux dans certains départements (aucun en Ile-de-France certes).

  • 9 November 2008 à 8h05

    L’Ours dit

    Quitte à radoter, je reste convaincu qu’il faut changer la façon de calculer les charges des entreprises en les basant sur un ratio inversement proportionnel CA, bénéfices/nombre d’employés!
    C’est pour moi la seule façon de sauver, la sécu, les retraites etc. ça ne fait que 25 ans que je l’ai écrit.
    http://serlal.e-monsite.com/rubrique,le-paradoxe-economique,1007310.html

    La part capitalisation et répartition doit exister, mais en faible incidence!

    C’est même, pour moi, la seule façon à la fois de sauver l’économie de marcher et de d’équilibrer avec justesse pour ne pas dire justice la libre concurrence!

  • 9 November 2008 à 0h06

    Rotil dit

    @ Robert Marchenoir,

    Retraite par capitalisation ?
    Avec le fiasco économique et financier auquel on assiste ?

    Bien… Je capitalise pendant que je bosse.
    Arrive ma retraite. A supposer que mon capital n’ait pas fondu comme neige au soleil à l’occasion d’abbérations bancaires, je préfère quoi ? Que 10 euros capitalisés m’en rapportent 1, ou bien 15 ?

    Comme vous – je suppose – je préférerai qu’ils m’en rapportent 15 plutôt qu’1.

    Et ensuite, ma gamine vient me voir, flanquée de mon gendre et ma petite-fille:

    “Papa, nos entreprises ont délocalisé, on n’a pas un rond”.

    Que fais-je ?
    La mettre à la porte, c’est pas cool. Et j’aime ma fille.
    Alors je paie pour elle.

    Donc, j’ai payé 2 fois: le capital que j’ai investi, puis la bouffe, le logis et tout ce qu’il faut pour ma fille, mon gendre, et la petiote qui vient d’avoir 10 ans.

    J’opine que la retraite par capitalisation est au mieux une billevesée, au pire une escoquerie majeure.

    Pour le reste de votre post, je ne suis pas éloigné de l’idée selon laquelle oui, les “vieux”, en travaillant plus tard, cotisent et donc allègent les charges des jeunes.

  • 8 November 2008 à 22h32

    nuage dit

    Salut,
    c’est une analyse qui joint le grotesque à la débilité.
    Quelques personnes issues du baby-boom s’en sont très bien sorties, contrôlent les lieux de pouvoir, et en tirent un profit maximum.
    Mais est-ce vraiment toute la génération, j’ai un doute…
    Il me semble que ceci sert à dissimuler des responsabilités individuelles derrière de pseudo responsabilités collectives.
    Pour faire bref c’est du genre antisémite rouge brun, en plus acceptable socialement.
    On désigne une vaste population comme coupable des vols de quelques de ses membres.
    Mais ce genre de facilité est l’essence même de la pensée moderne, donc tout à fait à sa place ici.
    La prochaine fois, avant d’écrire des c… essayez d’appliquer le rasoir d’Occam.

  • 8 November 2008 à 18h58

    robespierre dit

    désolé : “je suis Né en 62″

  • 8 November 2008 à 18h35

    robespierre dit

    “La France est une sorte d’Union Soviétique qui n’a pas totalement réussi” (ou échoué). Citation à peu près exacte de Jacques Lesourne. Sur le sujet de la gérontocratie, elle serait bien partie pour connaitre un éclatant succès.

    Ceci dit, cher Saint-Luc, à l’approche du couronnement de Reims (maintenant on dit congrés du PS) et selon la formule consacrée, “il ne suffit pas de dire que des têtes vont tomber mais de dire lesquelles”. Bref balancez nous des faux-Kundera soixantehuitards français : BHL, Lang, Kouchner, Cohn Bendit, Hollande, Royal, July, Plewnel, Rocard ? Peu à droite finalement depuis la retraite de Chirac…….. Une grande liste de comiques troupiers sur le tard. Je suis d’accord. Heureusement que le Pen est vieux donc discrédité car dans la situation actuelle de faillite de cette génération, je redouterais le pire.

    (je suis en 62 avec l’Algérie….démocratique )

  • 8 November 2008 à 18h28

    Béret vert dit

    Erratum: les manifestations de résistance des étudiants EN MEDECINE

  • 8 November 2008 à 18h26

    Béret vert dit

    A Luc Rosenweig: Avez-vous notez également qu’en échange d’augmentation tarifaires, les syndicats de médecins et les infirmières libérales déjà installés ont accepté lors de négociations une restriction des choix géographiques pour l’installation: un sale coup pour les futurs professionnels qui n’ont pas manqué de le faire savoir. je crois que cette réforme est entérinée pour les infirmiers libéraux mais que les manifestations de résistance des étudiants ont payées.
    Ce pays de vieux est perclu de corporatisme.

  • 8 November 2008 à 15h20

    Robert Marchenoir dit

    Oui, enfin il y a un petit problème avec cette analyse, c’est qu’elle recycle le mythe des 35 heures: celui du travail, gâteau limité dont on ne pourrait que répartir les parts, et non le faire grossir.

    Si les vieux partent à la retraite plus tard, ça fera moins de travail pour les jeunes, parce que “les places” ne seront pas “libérées”.

    Ce genre de raisonnement, basé sur le malthusianisme et la jalousie sociale (ôte-toi de là que je m’y mette, file-moi ton gros salaire, etc) est idiot. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. On ne crée pas des emplois en obligeant à partir à la retraite des salariés expérimentés et motivés. On ne crée pas des emplois en affaiblissant les entreprises. Cette vérité de base a beaucoup de mal à passer en France.

    Je signale tout de même que des conducteurs de trains français (fonctionnaires), des pilotes d’avion français (employés du privé), vont travailler à l’étranger parce qu’on les force à prendre leur retraite à un âge où ils sont en pleine possession de leurs moyens et tout à fait désireux de travailler.

    Il faudra m’expliquer en quoi c’est malin, social, généreux ou même de gauche. C’est juste terminalement con.

    Surtout au moment où les jeunes gauchistes hurlent que les vieux les obligent à payer leur retraite. Pour une fois que vous avez des vieux qui préfèrent cotiser (cher, puisqu’en fin de carrière) que de toucher une retraite payée par les jeunes, ces derniers devraient en profiter…

    Et puis ils pourraient aussi réfléchir à l’intérêt de la retraite par capitalisation, seul moyen de ne dépendre que de son propre travail et de sa propre prévoyance, sans risquer de subir l’impéritie des autres.

  • 8 November 2008 à 13h35

    Ludovic Lefebvre dit

    Les psychanalystes pensent que nous ne pouvons tuer notre père qu’en devenant adulte, en adoptant cette thèse, nous voici marri. Car tuer son meilleur ami, même son faux meilleur ami est autrement compliqué. Comment se rebeller contre ce copain, ce père noêl qui drague nos copines, qui nous a émancipé à 18 ans au lieu de 21 ans, mais qui nous garde chez lui en dépendance jusque nos 40 ans, car nos stages non renouvellés et nos CDDs ne nous permettent pas les crédits devenus indispensables à l’autonomie ?

    J’ai entendu Daniel Picouli se vanter de cet état de fait quant à la pérénité du temps de travail et du refus de céder la place lors d’une conférence. S’il ne faisait ce genre d’émission et de livres, ce serait déjà quelque peu indigeste. Je pense que l’attachement à leur fonction est une raison, mais pas la seule. Il y a aussi un désir ardent d’instauration d’une classe surprivilégiée, d’un retour aux conditions de travail et de droits de l’ère industrielle, souvenez vous lorsque la marchandise homme était usée jusque la corde, jusque la mort. Aussi, je rejoins le post de Jérôme !

  • 8 November 2008 à 13h11

    pat dit

    je suis le 68ard typique: 18 ans en 68 . Un bon diplome , une bonne situation.
    Vous rêvez du plein emploi je l’ai vécu jusqu’en 1974 apres ça n’a pas cessé de se dégrader avec une année noire: 1993. Dans le privé, j’ai serré les fesse plus d’une fois de rachat de boite en licenciement économique ou pour délit d’incompatibilité….je m’en suis sorti; maintenant je souhaiterais partir le plus tôt possible et je vis chaque report de l’age de la retraite avec tristesse.
    Mon argent (ce qu’il en reste après divorce) je l’investis en grande partie pour donner une situation correcte a mes enfants.
    Je laisse volontiers ma place a celui qui la voudra pour avoir trente ans de moins, même avec un salaire divisé par deux.

  • 8 November 2008 à 11h18

    Winston W. dit

    Le travail précaire est désormais quasiment généralisé de partout. Les soissantuitards s’en foutent comme de leur premier pavé. Il n’y a quasiment jamais de manifs pour les salariés précaires et quand ceux-ci arrivent à en organiser une, on n’en parle pas. On cause de ceux qui ont un statut. A commencer dans la fonction publique où l’état se comporte avec les contractuels comme le pire des DRH actuels. Dans le privé, un DRH de ce genre et c’est la révolte immédiate, dans le public, tout le monde s’en fout et attend la manne des heures sup’.

  • 8 November 2008 à 10h29

    D.H. dit

    Je me demande plutôt si ce n’est pas une mesure qui accompagne, et anticipe une généralisation du travail précaire. Le type de société qui se dessine serait alors celle où il y aurait une majorité de précaires, les uns très mal, les autres très bien payés, avec étranglement progressif de la partie médiane (modèle dit “en sablier”).

  • 8 November 2008 à 10h28

    Jérôme Leroy dit

    On aura beau dire, la génération lyrique des soixante-huitards se sera livrée au plus grand hold-up générationnel du siècle: trente ans de plein emploi, de liberation sexuelle, d’occupation des postes de décisions pendant des décennies et ils lèguent quoi: le sida, le chômage de masse, la précarité et, le plus pervers, la désillusion révolutionnaire teintée de paternalisme: ” Le communisme, petit, allez, j’ai essayé pour toi ça ne marche pas. Alors va reprendre ton CCD à vie payé 1200 euros sinon je te vire. Tu remarqueras que je te tutoie, c’est moins douloureux d’être viré en tutoyant… Tu pourras pas dire qu’on a n’as pas humanisé et dépoussiéré tout ça.”
    S’ils veulent pas lâcher la rampe, les septuas, y a pas trente six solutions, un Nuremberg pour tout le monde avec July en tête d’affiche. Vous vous sentez prêts à travailler jusqu’à 70 ans et plus, parce que vous avez la pèche? Alors c’est que vous encore assez de santé pour aller au gnouf. Allez, fissa, les immortels, les demi-dieux, les salariés à six-chiffres…Mitard… Cul de basse fosse…Oubliettes… Qu’on respire enfin… Entre jeunes. En même temps si les vieux sont des salauds, les jeunes sont des cons. On est cerné. Vite, un billet pour Anchorage!

  • 8 November 2008 à 10h26

    candide dit

    65 ans dans la fonction publique ..et 70 dans le privé ?Quelqu’un peut-il m’expliquer ce distinguo subtil ?42 ans dans le privé , moyenne75 heures par semaine ,jamais malade c’est sans doute en se basant sur ce rythme qu’ils ont décidé d’appliquer ce barême !