La politique du croche-pied
Nos énarques rejouent la guerre des boutons
Publié le 16 décembre 2011 à 17:30 dans Politique
Mots-clés : Arnaud Montebourg, François Hollande, Martine Aubry, Nicolas Sarkozy

Bataille d'éléphants de mer. Photo : mikebaird.
Je ne sais pas si nous sommes « au bord du précipice », comme l’a affirmé le Président de la République, mais ces jours-ci, nos dirigeants et ceux qui aspirent à le devenir évoquent plus une bande de galopins que des adultes responsables soucieux de conduire le pays dans la tempête. L’actualité ressemble à la chronique d’une cour de récré – et pas au collège, à l’école maternelle. Tricheur ! Menteur ! Cafteur ! Fayot ! Je vais le dire à la maîtresse ! Je vais t’en coller une ! M’dame, il a piqué des bonbons !
Chez les Verts, on avait l’habitude de ces bagarres. Alors cette fois, ils ont choisi la maitresse comme déléguée de classe et elle n’est pas commode. Résultat, ils passent leur temps à dire des vacheries sur elle, mais devant, ils filent doux et on les comprend. Moi quand je vois Eva Joly, j’ai l’impression d’être mise en examen.
Vous me direz qu’au PS aussi, la joyeuse ambiance de cour d’école ne date pas d’hier. Mais enfin, ça faisait longtemps qu’ils n’en étaient pas venus aux mains. Sur la photo de classe prise le soir des primaires, ils avaient tous l’air de gentils enfants sages. Et puis, ils avaient juré de ne plus recommencer et de se comporter en bons camarades. Et voilà que c’est reparti. Arnaud accuse Jack d’avoir mis les doigts dans la confiture, Jack, en guise de réponse, lui promet une bonne paire de claques. Du coup, la maitresse fiche Jack au piquet : privé de dessert électoral le petit, de toute façon on ne va pas le faire redoubler éternellement celui-là. Mais en même temps, Martine colle un zéro à Arnaud pour avoir semé la pagaille. « C’est celle qui dit qu’y est », réplique Arnaud. C’est dire si Martine « tient » sa classe.
À l’école UMP, ce n’est pas plus glorieux. Rachida se permet de donner une leçon de morale à François, qui est pourtant prof principal. « Même pas cap de te faire élire en zone difficile, c’est nul », qu’elle lui balance. Du coup, elle frôle l’exclusion mais François et le surgé Jean-François décident de lui laisser une chance. Pendant ce temps, le petit Luc se paye la tête de Dominique, vous savez le grand blond qui se la joue quand il récite des poèmes. Et Dominique, il n’aime pas, mais pas du tout, qu’on se foute de lui. Surtout un minot qui est encore en classe tétine alors que Dominique, lui, est passé chez les grands. Et il chope Luc à la sortie : « Eh dis donc, toi, un peu de respect pour les aînés, quand même ! »
Alors d’accord, on s’amuse bien. Mais pendant ce temps on ne fait pas le programme et les examens approchent. Je sais bien que le dirlo est très occupé et qu’il voyage beaucoup avec sa nouvelle copine Angela, parce que les cancres européens, ce n’est pas de la tarte non plus, mais il ne faudrait pas qu’il en oublie sa petite école française. Quant à François, celui qui essaie de lui piquer la place, on ne l’entend pas beaucoup. Il parait qu’il est au-dessus de tout ça, tant mieux pour lui. En attendant, nous on est toujours au bord du précipice et si ça se trouve on est tombés dedans sans s’en rendre compte. Il est peut-être temps de siffler la fin de la récré.
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L'auteur
Elisabeth Lévy est journaliste et essayiste.
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abelcribier dit
La démarche de François Asselineau semble intéréssante …. u-p-r.fr
yannB dit
encore un petit effort élisabeth lévy,voilà depuis un moment déja lors des différents scrutins électoraux,déçu par le personnel(plutôt l’impersonnel d’ailleurs)politique,mon objectif était de glisser dans l’urne démocratique, des bulletins avec le nom des figures les plus emblématiques de l’histoire des indiens d’amérique(cochise,sitting bull,chef joseph etc),mais ayant épuisé ce filon,je pense que c’est votre nom qui apparaitra lors de la prchaine élection dans mon bureau de vote.ce sera alors à vous de me dire si cela sera perçu comme iconoclaste ou blasphématoire.
RRF-Peypinois dit
Bien d’accord avec vous sur votre conclusion, Elisabeth : “Il est peut-être temps de siffler la fin de la récré.”
Ce n’est pas le tout d’être clairvoyant ou de vouloir l’être, encore faut-il passer aux travaux pratiques…
pirate dit
Eh oui madame Levy, il était temps de se rendre compte que ça dure depuis toujours ces chamailleries de cours de récré. Oui on sait c’est la fin du monde et personne n’a encore sifflé la rentrée des classes, mais donc ça fait des lustres que les marmots se tabassent dans la cours, et des lustres aussi que c’est la crise. Les magasins sont pleins, les pistes de ski seront pleines si l’hivers se prend pas pour un mois de mars, ça va se goberger en pleurnichant que le foie gras est devenue hors de prix… un peuple de marmots, “gouverné” par des morveux.
laborie dit
Rigolo cet article……mais le Rigolo c’était aussi un cataplasme…
l’oiseau bleu dit
SUL fondo Del mare
l’oiseau bleu dit
Depuis le temps que je répète que nous sommes à Byzance discutant du sexe des anges
La nave va …. S’il fondo Del mare
skyhigh dit
Tellement horriblement çà !!
Marie dit
Ha la France des petites phrases…. on est au bord du gouffre certes mais pensez on est surtout depuis la rentrée au bas mot en période préélectorale. demandez donc à vos affidés qui nous bassinent depuis bientôt 7 ans!
Le programme nous l’auront dit on en temps voulu , lequel nul ne le sait mais en général les politiques sont interrogés sur les rumeurs et les petites phrases!