La palme de la démagogie
Retour sur le film “Entre les murs”
Sean Penn souhaitait récompenser un “film politique”. Politique, le film de Laurent Cantet l’est assurément. Une ambition dont nous ne saurions contester la légitimité, tant l’école de la République est au cœur des enjeux qui traversent la société française. L’unanimité des éloges – jusqu’à ceux du ministre Xavier Darcos – atteste pourtant d’un profond malentendu. Cantet a ainsi déclaré à L’Humanité que “le débat sur l’Ecole est suffisamment idéologisé pour que nous nous soyons montrés très vigilants à ce qu’aucun discours idéologique ne se glisse dans le film”. Louable neutralité, propre, se dit-on, au documentaire mais aussi au “réalisme social” dont son cinéma se revendique. Mais Cantet ajoute : “Mes positions politiques transparaissent à travers ma vision de l’école, c’est certain” (magazine du distributeur UGC). Voici donc un film politique qui réussit le tour de force de se soustraire à toute idéologie.
Or, idéologique, son film l’est incontestablement : il exprime son “désir d’une école plus ouverte à la réalité qui nous entoure, plus ouverte au langage, à la diversité, à la transmission, au fait de vivre ensemble, d’une école qui ne soit pas un sanctuaire où les élèves pourraient se débarrasser de ce qu’ils vivent et de ce qu’ils sont” (magazine UGC). Des propositions exprimées dans une phraséologie aussi vague que répandue – depuis le racolage publicitaire jusqu’à la communication politique – relevant d’un désordre intellectuel et langagier. Pour commencer, il faudra bien se pencher un jour sur cet usage omniprésent du terme “diversité”. Présentée comme le remède à tous les maux de la société française, la diversité se substitue à l’égalitarisme républicain jusqu’à devenir une fin en soi. Mais de quoi s’agit-il au juste ? Pour Laurent Cantet, c’est la “diversité de profils dans la classe [qui] en fait la richesse. J’ai passé ma scolarité dans une petite ville de province. Nous étions entre “petits blancs”, de la classe moyenne, parce que le collège unique n’existait pas encore. (…) Mes enfants me semblent beaucoup plus ouverts sur le monde en allant au collège à Bagnolet, dans une classe ressemblant à celle que je décris, que moi à leur âge”, confie-t-il à Libération. De tels propos entretiennent une confusion malvenue entre la mission de brassage social de l’école et une vision ethniciste de la société. Les jeunes français issus de l’immigration sont enfermés dans le rôle d’éléments “exotiques” d’une civilisation mondiale fantasmée dont l’école serait le microcosme. Dans cet esprit, les termes “diversité”, “métissage”, “multiculturalisme” ou “mixité” sont employés indifféremment, sans jamais être explicités, privilégiant une conception esthétique de la société au détriment d’une véritable critique sociale.
Refusant d’offrir des références communes aux élèves, l’école de Cantet met l’accent sur leur personnalité et leur “créativité”. Comme le réalisateur le dit lui-même, “beaucoup de profs seront d’accord avec cette idée que les élèves n’apprennent rien si ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent l’apprendre et que sans un certain plaisir à être à l’école, on n’apprend pas grand-chose. Le plaisir réside dans ces échanges, cette “tchatche”, ces passes d’armes – les gamins aiment être dans l’opposition” (Regards). Il suffirait donc de “jouer le jeu de la confrontation, de la délibération, afin qu’une parole juste des élèves puisse surgir” (Télérama). Ce qui se traduit dans le film par des scènes de “stimulantes joutes verbales” où ni la “tchatche” des collégiens, ni la répartie du professeur ne parviennent à nous convaincre qu’il s’agit là d’un réel apprentissage. L’école ne sort pas grandie de la mise en scène appuyée de ce qui n’est qu’un pugilat verbal. Marin, le professeur du film, dialogue en effet, mais avec cinq ou six personnalités marquantes, et non pas avec l’ensemble de la classe. C’est la parole de ceux-ci qui est “libérée”, et elle seule, écrasant celle de la majorité silencieuse réduite au rôle de spectatrice du conflit de prestige engagé entre ses camarades et l’enseignant. Pour que son cours se fasse au bénéfice de tous, il lui faudrait limiter cette parole intempestive, et donc établir son autorité. S’il ne le fait pas, c’est parce qu’il refuse d’endosser la légitimité de sa fonction.
Rejetant la mise à distance (l’école “n’est ni une forteresse, ni un sanctuaire”, dit-il à La Croix), le professeur adopte une approche compassionnelle qui relègue au second plan la transmission des connaissances. Qu’enseigner en effet lorsqu’il s’agit d’abord “d’accepter une remise en question du savoir par les élèves” ? Bégaudeau se refuse à s’associer au rôle salutaire d’une école dont les murs devraient faire écran entre les difficultés quotidiennes des enfants et leur découverte des savoirs. Ainsi, flattant les petites individualités – la sienne y compris –, il adopte une pédagogie de la séduction qui révèle un désir de fusionner avec une éternelle adolescence qu’incarneraient ses élèves. François Bégaudeau revendique lui-même une certaine immaturité : “Je ne suis pas né prof et je suis assez peu adulte. Or, un prof se doit d’être un “suradulte”. J’ai toujours eu du mal à dire à un élève : “Il faut penser à ton avenir”, alors que je n’aime rien tant que les jeunes qui s’en foutent” (Première). Cet esprit de démission s’explique par le souhait d’instaurer un rapport d’égalité entre le professeur et ses élèves. De toute façon, “aucun prof ne peut prétendre être un bon prof”. Sa mission, dès lors ? “Se mettre à leur niveau”, “aller les chercher”, “négocier avec la classe”. Avant même d’enseigner quoi que ce soit, les “prérequis” de la transmission des connaissances sont eux-mêmes discutés (silence, discipline, autorité – rien ne va de soi). Or, l’enseignement est une activité inégalitaire par essence, le savoir et la responsabilité étant d’un côté et pas de l’autre. Ceux qui n’assument pas cette position se justifient souvent à la manière de Cantet lorsque celui-ci dit, par exemple, que l’école serait “un terrain d’expérimentation de la démocratie, de la citoyenneté”. C’est une “école d’après l’école” qui est ainsi décrite, recherchant désespérément l’égalité, elle ne la trouve que dans la médiocrité pour tous ; une post-école qui favorise l’exclusion qu’elle prétend combattre.
Quoi qu’en dise Laurent Cantet, Entre les murs est donc un film à forte charge idéologique. S’il s’en défend, c’est pour mieux contredire le “fantasme actuel de la faillite scolaire” (Télérama) et couper court à toute critique en la disqualifiant. Comme chacun sait, l’idéologue, c’est toujours l’adversaire. Ainsi, neutre mais engagé, dans le confort de ses idées vagues, il célèbre les manifestations du désastre éducatif. Le bilan que tire François Bégaudeau de vingt ans de dérives pédagogiques se passe de tout commentaire : “Moi, je crois à l’évolution des choses, que ce soit dans le langage, le corps, les mœurs… Je pense que l’on gagne là où l’on perd. Depuis une dizaine d’années, on a affaire à une génération de jeunes beaucoup plus doués physiquement. Le corps bouge mieux. On a sans doute gagné en énergie ce que l’on a perdu en culture classique ou en qualités argumentatives.”












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Patrick dit
Bouik écrit :
«Il se trouve que dans les périodes de crise, des gens instruits de tous les pays se mettent à ressembler (de manière très inquiétante) aux Français, sans pour autant être français.»
Mais, il n’y a là rien d’inquiétant. Il faudra vraiment s’interroger lorsque les incultes du monde entier voudront nous copier…
Pour le reste, état-nation, empire, peuple, colonie, pardonnez-moi, mais je n’ai ni le temps ni l’espace.
Je vous salue et je me réjouis d’avoir retrouvé sous votre plume un peu de cet esprit moqueur qui vous a caractérisé : («Comme Toussaint Louverture a voulu ressembler à Bonaparte. Les effets, sans doute, d’un certain cocktail entre Révolution et Empire»).
Mais il faudra encore travailler !
BOUIK dit
Au fait, j’ai parlé des latinos qui peuvent exprimer les idées comme je les exprime : normal : Bolivar, par exemple, s’est inspiré de la Révolution française.
Ça laisse des traces un peu partout, les empires et les révolutions ! Tout le monde baigne là-dedans.
Et ils s’expriment aussi de manière parfois émotive, parfois poétique, parfois rationnelle : comme Agathon, vous ou moi.
Pourquoi votre colère aurait-elle droit de s’exprimer et pas celle d’Agathon ou celle des Latinos en révolte contre leurs élites pillardes, comme nous, mais aussi contre les décideurs des grandes organisations FMI, OTAN, OMC, et tout le toutim, dont font aussi partie les financiers-politiciens français?
Expliquez-moi donc : pourquoi l’émotion serait-elle acceptable d’un côté et non de l’autre?
BOUIK dit
Ludovic, je vous en prie : ne la ramenez pas constamment en vous abritant derrière Alain Finkielkraut.
Les intellectuels, si on les prend, séparément, ont chacun leurs limites.
Il y a des “angles morts”. Et c’est ceux qui conduisent ou prétendent conduire, parfois, ne les voient pas.
Je ne dirais pas qu’Alain Finkeilkraut est un crétin, l’intelligence n’étant pas le problème.
Ludovic Lefebvre dit
Adam Pollo,
Vous avez dit quelques posts plus tôt : “ce crétin de Finkielkraut”. Même ses pires détracteurs respectent son intelligence, c’est après tout possible que vous soyez nettement au dessus du philosophe pour forcément le qualifier ainsi.
Pouvez-vous, s’il vous plait, nous démontrer sa crétinerie et votre lumière ?
Parce que “je pisse dans les bênitiers”, votre seule pensée émise ne me semble pas le faîte du courage, de la prose, de l’intense réflexion.
Que proposez-vous en équivalence ou contradiction de l’altérité émise par Alain Finkielkraut ?
Finkielkraut qui n’a pas le niveau maintenant, c’est vrai qu’ils osent tout et que c’est à cela qu’on les reconnaît.
BOUIK dit
Émilie
Tu écris :
“Les textes sur la colonisation sont très intéressants surtout pour ceux qui n’ont que les livres pour la connaitre. Mais il reste des témoins , ceux qui l’ont vécue et qui nous disent que , oui , bien sûr ce n’était pas le paradis , ça ne l’était pour personne , mais que c’était beaucoup moins simpliste et schématique que ce qu’en disent les ” leçons ” officielles , en tout cas du côté du petit peuple des pieds -noirs”
Ah ! Tu vois : je suis à nouveau d’accord avec toi!
Les témoignages vécus sont très importants, même ceux des illettrés, qui racontent ce qu’ils ont vécu, dans leur village, à leurs proches, qui vont raconter à leur tour. Et tout cela finira par se retrouver dans un livre. Des livres. “Transformé mais réel”.
Ils racontent ce qui leur est arrivé à eux. Comment ils ont vu les événements.
C’est pour cela qu’il est toujours intéressant d’écouter ceux qui témoignent, même s’ils n’ont pas l’agrégation. Et c’est ce que font les tribunaux tous les jours. Ils rapprochent les faits, les indices matériels et les témoignages. Pas facile.
Et je suis encore d’accord : la transmission, l’héritage ne passent seulement par la lecture : ces témoignages dont tu parles et dont tu reconnais la valeur sont forcément transmis à la maison, et ne correspondent pas toujours à ce qui est écrit dans les livres. Ou pas encore écrit.
Il y a aussi ce que les historiens écrivent de “chaque côté de la barricade”, lorsqu’il y a un conflit, les grandes divergences qui peuvent existent entre eux même s’ils sont apparemment du même côté.
Les contradictions gigantesques qui existent, chez un même historien.
Les choses qu’ils n’a pas vues. Pas pu voir. Pas osé ou pas voulu dire.
Les consensus plus ou moins établis et soudain remis en cause, les jeux d’intérêts croisés.
BOUIK dit
Bravo Émilie!
Tu te souviens très bien du contenu, mais pas de la méthode (car ils parlent de faire les choses graduellement, rogner ici, enlever là, par là, faire ceci rapidement, cela pas trop vite, pour que les profs ne se révoltent pas franchement, juste un peu et de manière contrôlée et ne lâchent les lycéens dans les rues, tellement ils en ont marre : tu te rends compte si les gamins du 93 allaient sonner chez Alain Finkielkraut pour lui demander quoi faire ensuite? )
Tout cela en favorisant la création d’espaces protégés mais payants pour les classes moyennes qui peuvent encore le faire.
Très très bien vu, d’ailleurs, ces projets.
Donc, foin de la théorie du complot ! Tous ces plans sont élaborés par des gens, bien vivants. Pas par des invertébrés gazeux.
Alors, si ces plans sont élaborés par des créatures terrestres, pourquoi ne pas faire connaître leurs noms et et publier les textes de ces projets un peu partout?
Et voir, ce qui, reformulé dans les plans décidés par les hauts fonctionnaires des ministères, ressemble de très près ou de moins près à ce qui est écrit dans ces projets.
Travail à faire sur ces 20 dernières années. Cela demande du temps!
Qui va s’en occuper?
Emilie dit
Régis , je crois qu’on se connait et reconnait . N’était-ce pas à propos de la burka , avant l’été ?
Merci pour ce que je prends comme un compliment : éduc-pop , envers et contre tout . Ce qui explique ma rage et ma desespérance devant ce qu’il est advenu de l’école , en 30 ans . Mais c’est épuisant d’avoir choisi un métier que d’autres s’acharnent à démolir . Je plains les tous jeunes professeurs, ceux qui viennent d’arriver et ceux qui viendront . Depuis 20 ans on a de plus en plus de mal à instruire , mais bientôt , ni le mot , ni la fonction n’existeront plus .
Quant aux textes de l’ OCDE , je renvoie la question à Bouik . Je me rappelle seulement les avoir lus , mais je n’en ai pas gardé de traces . Pour les amateurs de la théorie du complot , il y a là de quoi se régaler . Pour résumer, l’idée est de niveler par le bas , de déculturer , en somme , afin d’avoir des populations taillables et corvéables à merci ..Un crime contre l’humanité , à l’insu de notre plein gré !
Et vous voyez , ça fonctionne bien jusque là , puisqu’on a même réussi à convaincre nos élèves que connaître La Princesse de Clèves , ça ne sert à rien !
L’histoire va disparaitre aussi des programmes . Là , on choisit l’amputation de la mémoire et l’avènement des barbares . Les années à venir vont être terribles , je le crains .
Régis dit
à Emilie, sur ses propos du 6.10 1:13
et du 7.10 20:20
Je ne vous cache pas mon étonnement de partager certaines de vos vues.
Dire que je vous voyais comme l’un(e) de ces profs – vous savez, agrégé(e), hautain(e), suffisant(e), enseignant-dans-un-de-ces-établissements-prestigieux-de-centre-ville-aux-allures-de-cloître une matière tellement noble et tellement belle; ne se mélangeant pas aux “autres” subalternes du régime académique. (Mais ne me faites pas dire que tous les cons soient agrégés, à moins que ce ne soit l’inverse… ce n’est tout simplement pas mon propos; je veux juste dire que les plus carriéristes d’entre eux semblaient, il y a dix ou quinze ans, assez indifférents aux réformes qui annonçaient ce que vous décriiez le 6.10 – je trouvais déjà assez incompréhensible d’en subir une tous les deux ans de réforme…)
Finalement (si j’avais peur de vous offenser cordialement je ne vous dirai pas que) je vous trouve assez éduc-pop’ dans l’fond.
En revanche, je rejoins assez Bouik lorsqu’il demande:
“tu reconnais que cette destruction est programmée. Par qui? Sois plus précise : “Qui est l’ennemi de qui?”
BOUIK dit
Mettez vos lunettes : il est temps.
Étonnante découverte, Patrick ! Je parle français et je suis français.
Mais que voulez-vous dire : les États, pour vous, seraient-ils toujours des empires? Expliquez-nous cela plus clairement.
Par ailleurs, j’ai fortement l’impression, à vous lire, que vous n’avez pas suffisamment de contacts avec l’extérieur, que vous ne parlez pas suffisamment de langues étrangères, ou en tous cas, pas suffisamment pour lire les blogues intellos des étrangers, pour décider si oui ou non, un latino-américain instruit peut ou non dire les choses d’une manière très proche de la manière dont je les exprime. .
Il se trouve que dans les périodes de crise, des gens instruits de tous les pays se mettent à ressembler (de manière très inquiétante) aux Français, sans pour autant être français.
Comme Toussaint Louverture a voulu ressembler à Bonaparte.
Les effets, sans doute, d’un certain cocktail entre Révolution et Empire …
BOUIK dit
Ensuite Émilie : tu reconnais que cette destruction est programmée.
Par qui? Sois plus précise : “Qui est l’ennemi de qui?”
Patrick dit
Agathon,
Votre dernier message est navrant. Il ne vous ressemble plus. Avez-vous jusque là masqué votre propos, attendiez-vous quelque chose pour révéler cette part navrante d’une personnalité en apparence si différente ? Vous étiez vif, ironique, moqueur, provocant, vous voici agressif, simpliste, conformiste. Que s’est-il passé ?
Bouik;
Les états ne sont pas tous des «poussières d’Empire». Les états-nations n’ont pas dit leur dernier mot. Quant à vous, quoi que vous en pensiez, je vous trouve définitivement français.
BOUIK dit
Emilie : je ne crache par sur les profs.
Je crache sur ceux qui disent que l’école est un lieu mort.
Je comprends qu’ils le disent, ils ont parfaitement le droit, mais mais à partir du moment où ils en sont convaincus, ils doivent en sortir et cesser de toucher leur paye.
Les autres, ceux qui y croient encore, ont tout de même une raison compréhensible pour y rester : ils y croient encore.
Et il y a ceux qui font semblant, sans doute.
Mais vous ne valez pas mieux qu’eux à partir du moment où vous continuez à toucher le chèque. Vous faites la même chose.
Agathon dit
Interpellé deux fois dans ce “salon”,je me sens dan l’obligation de dire quelques mots.
D’abord,mes excuses auprès de Ours auquel je n’ai pa répondu.
Je n’ai jamais esquivé les questions qui m’étaient posées.
J’ai été très scandalisé des allégations et autres crachats de certains “causeurs”.
Ma colère s’adressait peut-être à une minorité.
Les échanges me semblaient pertients et nos interrogations étaint légitimes.
Mais au fil des jours,l’expression d’un néo-racisme,très snobinard et intellectuel,commençait à avoir une odeur insupportable.
On nous parle aujourd’hui dans ce même site de Dreyfus.
Mais aujourd’hui?.
Les stigmatisations des différences culturelles(hier le même discours).La génétique,la biologie,aujourd’hui la Culture.
Ce discours de cette nouvelle droite est un cancer.
Ce même racisme demeure:les aabes,les musulmans,l’Islam est-il soluble dans la républqiue et la démocratie.Que de raccourcis.
Qui tient aujourd’hui ce discours?.
Ces traces,ses vestiges ordinaires d’un racisme qui se réactualise de façon sournoise me fait dire;que l’on se trompe d’ennemi.
Je suis musulman et arabe et mon intrusion a été vecu par certains comme un outrage.
Ce racisme différentialiste a des relents xénophobes et dangereux.
Et au nom de quoi,ce néo-racisme est justifié aujourd’hui?.
L’argumentaire est simpliste:il ne fonctionne que sur l’exclusion des autres,les pauvres,les nouveaux pauvres de culture et de pratiques différentes.
J’au lu ce qu’on disait des juifs hier:inassimilables dans la société française,catholique et étrangère aux moeurs des sémites.
Bref,pas de leçon à faire.
Mais ça suffit c’est tout.
Bien à vous tous.
Agathon
Emilie dit
Bouik , je connais les circulaires de l’OCDE et je sais très bien que la destruction de l’école est programmée depuis longtemps , avec la complicité de la gauche ET de la droite . Aujourd’hui les objectifs sont , semble-t-il , atteints . Vous ne m’apprenez rien .
Arrêtez de cracher sur les profs que l’on a aussi consciencieusement démolis ( certains se suicident ) dans l’opinion avec la complicité des parents , trop contents de trouver en eux des boucs émissaires , pour justifier leur démission ou leur désarroi , ou les deux !
Il faut enseigner et savoir ce qu’est une classe AUJOURD’HUI , pour se permettre de parler ! Que ce soit dans les quartiers sensibles ou dans les autres , on observe que l’élève de base , conditionné par ses parents et les medias , a tendance à mépriser le savoir et ceux qui l’incarnent , à prendre ces derniers pour des domestiques , et à croire que le monde a commencé le jour de sa naissance !
Voilà ce qui a changé et qui modifie notre rapport aux élèves . La classe est un ring . La tête et les jambes et les nerfs à toute épreuve !
BOUIK dit
Sans même parler de l’Empire français, vous souvenez-vous, parfois, que l’Empire britannique a dominé 85 pour cent de la planète jusqu’au siècle dernier et a fini par être réduit peu à peu à une peau de chagrin et par disparaître?
Les empires ont été forcées, l’un après l’autre, à s’incliner devant les élites des pays conquis, qui ont intégré le modèle étatique.
Sérieusement, que diable avons-nous à faire de ces discours sans fin, qui ne mènent à rien, n’ont aucune raison d’être, ne sont fondés sur rien de sérieux, et qui ne font qu’humilier des gens?
Et les Indiens, les Chinois? Pourquoi n’en parlez-vous jamais? Ils n’existent pas? Plus de deux milliards de personnes qui ont remercié les missionnaires et les administrateurs coloniaux : cela ne vous suffit pas pour croire que l’Empire est un modèle mort et enterré?
Il serait peut-être temps de remonter votre montre et de redescendre sur terre. Vous comprendrez alors peut-être que vous êtes, chacun d’entre vous, très très petit.
Agathon, moi, nous tous.
BOUIK dit
Émilie : les États sont des “poussières” d’Empire. Des choses fragiles, aussi.
Et le modèle État, en s’exportant, contenait la mort du modèle Empire.
Je suis désolé que vous ne parveniez pas à le comprendre, mais je n’ai pas le temps d’entrer dans les détails.
La Chine, la Russie, l’Inde frappent à la porte. Et La France est ridiculement petite.
Il serait peut-être temps d’en prendre conscience.
Nous sommes dans un contexte de crise systémique, mondiale, généralisée, sous la direction de gens qui volent et pillent sans aucune vergogne, et qui ont la capacité de voler beaucoup plus et de manière bien plus organisée que toutes les élites qui les ont précédées dans l’histoire. Et qui sont totalement corrompues.
Le poisson pourrit toujours par la tête.
Des élites d’un type totalement nouveau, en état d’ivresse chronique, qui ont perdu complètement les pédales, qui ne savent plus comment “nous expliquer” les choses et nous faire suivre, qui créent le chaos, organisent une provocation ici, rattrapent les dégats ailleurs, recollent les morceaux, remettent ça, avancent, reculent, et ainsi de suite. Mais des élites qui sont d’accord sur une chose, comme toutes les élites de l’histoire : garder le gouvernail, au prix de toutes les contorsions idéologiques possibles en saupoudrant le tout de happenings télévésisuels qui répondent au goût de toutes les autres classes.
Et ces élites médiatico-financières ne sont PAS intéressées à promouvoir le savoir. Pas le moins du monde.
Leur but unique est d’éviter des affrontements qu’ils ne contrôlent pas, de provoquer des affrontements qu’ils pensent pouvoir maîtriser à l’infini, et d’éviter que les classes intermédiaires, menacées, malmenées, se révoltent elles aussi, et qu’elles finissent par rejoindre les quartiers populaires.
Ce n’est pas la peine de chercher plus loin : le massacre de l’école est voulu. Mais pas par ceux que vous pointez systématiquement du doigt : le “bobo de gauche”, créature médiatique virtuelle créée à votre intention de bobo de droite par les Superbobos.
Les Superbobos : ceux qui se prélassent au Maroc dans des domaines ultraluxueux, avec vue sur la mer, en téléphonant aux patrons de presse et de télévision, d’un côté, et à leur courtiers en placement de l’autre sur toutes les bourses du monde.
Vous devriez lire les circulaires de l’OCDE rédigées il y a déjà 10 ou 15 ans à l’intention des grands gestionnaires de tous les États européens. Le projet de destruction de l ‘école était là : ÉCRIT EN TOUTES LETTRES.
Alors, vos pinailleries de salle de profs, vos diverses citations dégoulinantes de nostalgie sur l’Empire chrétien multiculrel, nos braves missionnaires- soldats, tout cela est tellement déplacé, tellement décalé, tellement hors sujet, que cela en est risible et même pathétique.
Ours : OUI : je trouve méprisables des gens qui touchent leur chèque de paie dans les quartiers populaires et tiennent des discours comme ceux qui se répandent ici. RIEN me les oblige à rester dans ces écoles, à tromper les jeunes tous les jours en leur faisant croire qu’ils croient en leur métier, alors qu’ils y croient, mais avec les enfants sages et nettement plus riches, et pas avec ces jeunes-là.
Qu’ils dégagent ! S’ils “aiment enseigner” là où c’est plus facile : qu’ils aillent dans le privé : cela clarifiera les choses.
Sinon qu’ils pointent au chômage. Personne ne les regrettera dans les écoles publiques des quartiers populaires ! Personne !
De toutes façons, le problème n’est PAS scolaire ou ne l’est plus depuis longtemps.
Adam Pollo dit
Ben alors Emilie, c’est compulsif chez vous aussi, de poster le même texte partout sur causeur pour parler de moi?
Trollisme aigü? ça ne se soigne pas…
Odilon dit
@ Enrico-salah
J’ai quelques doutes sur l’authenticité d’une partie de ce texte. Le début du discours est cité dans un livre de Jean-Philippe Omotunde “La traite négrière européenne: vérité et mensonges” tome 3 (page 143), d’ailleurs sans référence précise. La suite, à partir de “Pour ce faire”, n’y est pas. On se demande pourquoi l’auteur aurait renoncé à citer cette suite, si merveilleusement explicite. Ça ne m’étonnerait pas qu’elle soit due à la généreuse contribution d’un militant imaginatif.
Emilie dit
Enrico , Bouik
Les textes sur la colonisation sont très intéressants surtout pour ceux qui n’ont que les livres pour la connaitre . Mais il reste des témoins , ceux qui l’ont vécue et qui nous disent que , oui , bien sûr ce n’était pas le paradis , ça ne l’était pour personne , mais que c’était beaucoup moins simpliste et schématique que ce qu’en disent les ” leçons ” officielles , en tout cas du côté du petit peuple des pieds -noirs .
Le discours de Jules Renquin est en effet édifiant . Il me ramène à la question lancinante posée ici et ailleurs : l’islam est-il soluble dans la république ?
Elle a été posée aux spécialistes qui campaient ici pour nous expliquer que la colonisation est un crime contre l’humanité , une atteinte à l’identité culturelle d’un peuple , arguant du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ( en gros , chacun chez soi et Dieu pour tous ).
Entièrement d’accord . Nostra maxima culpa !
Et ceci expliquant sans doute cela , notre question est restée sans réponse . Agathon , a préféré s’esquiver après avoir révélé son vrai visage , et nous voilà bien marris !
Dont acte : cette absence de réponse , ce silence assourdissant , sont en soi des réponses riches pour nous d’enseignements subliminaux .
Je relis donc le texte de Jules Renquin qui évoque non sans cynisme , les leçons de lavage de cerveaux , les conditionnements et réflexes méthodiquement appliqués à tuer dans l’oeuf toute velleité de révolte chez les colonisés .
Allez savoir pourquoi ces trois paragraphes ont soudain réveillé en moi le démon de l’analogie !
Jules Renquin écrit :
” Les contenir pour éviter qu’il ne se révoltent. Les administratifs ainsi que les industriels se verront obligés de temps en temps, pour se faire craindre, de recourir à la violence (injurier, battre…). Il ne faudrait pas que les Nègres ripostent ou nourrissent des sentiments de vengeance. Pour cela, vous leur enseignerez de tout supporter. Vous commenterez et les inviterez à suivre l’exemple de tous les saints qui ont tendu la deuxième joue, qui ont pardonné les offenses, qui ont reçu sans tressaillir les crachats et les insultes.
. Les détacher et les faire mépriser tout ce qui pourrait leur donner du courage de nous affronter. Je songe ici spécialement à leurs nombreux fétiches de guerre qu’ils prétendent les rendre invulnérables. Etant donné que les vieux n’entendraient point les abandonner, car ils vont bientôt disparaître, votre action doit porter essentiellement sur les jeunes.
. Insister particulièrement sur la soumission et l’obéissance aveugles. Cette vertu se pratique mieux quand il y a absence d’esprit critique. Onc évitez de développer l’esprit critique dans vos écoles. Apprenez-leur à croire et non à raisonner. Instituez pour eux un système de confession qui fera de vous de bons détectives pour dénoncer tout noir ayant une prise de conscience et qui revendiquerait l’indépendance nationale.”
Si on transpose et qu’on remplace ” nègres” par “européens” , n’avons-nous pas sous les yeux un tableau saisissant de vérité , mais en décalé , de ce que nous vivons en ce moment , en 2008 ?
Mêmes injonctions à faire taire les rebelles , mêmes procédés de neutralisation des consciences ! N’est-ce pas troublant , en effet :
“Apprendre à tendre l’autre joue et à supporter les crachats et les insultes ”
“Apprenez leur à croire et non à raisonner ”
“Evitez de développer l’esprit critique dans les écoles ”
“Dénoncer tout ( le texte dit “noir” , mais là on remplace par “français ou européen” ) ayant une prise de conscience et qui revendiquerait l’indépendance nationale ”
Tout y est : la propagande pro-immigration , les mensonges , la politique éducative et le service d’ordre , police de la pensée , chargée des dénonciations ( Halde , SOS racisme etc..si habiles à transformer l’exaspération populaire légitime en racisme qui rappelle les heures les plus sombres etc.. ) .
Les temps ont changé mais la leçon reste universelle et a été retenue : le colonisé n’a toujours qu’un seul droit , celui de se taire !
L’histoire se répète à l’envers .
Nous avons la réponse à notre question .
Merci Enrico .
Emilie dit
LO EST PARMI NOUS , QU’ON SE LE DISE !
Patrick , sur un autre fil , je viens de découvrir votre message que je m’empresse de citer . Il ne fait aucun doute que Pollo est bien LO . Je regrette d’avoir raté ce moment et de ne pouvoir suivre tous les fils à la fois !
Fine lame , vous frappez d’estoc et de taille :
” Adam Pollo
Le moment est venu, Pollo, d’abattre mes cartes et de révéler aux yeux du monde ce que je crois être votre «identité» (je place ce mot entre guillemets, car enfin tout cela demeure numérisé). Quelque chose me dit que, derrière votre signature «leclézienne», se dissimule un formidable (au sens de «qui prend une forme effrayante») troll, bien connu des causeurs. Et pour faire durer le plaisir, j’en appelle aux souvenirs de notre charmant poète, Ludovic Lefebvre, à ceux d’Émilie (sa remarquable intervention sur les pieds noirs m’a impressionné), et à quelques autres compagnons de ce site. Je les mets sur la piste, et j’attends leurs propositions, afin de vérifier mon pressentiment : chers amis, ôtez Adam Pol d’Adam Pollo, que (ou qui) reste-t-il ? ”
Que de RIRES en perspective !
Et un autre , tout aussi savoureux :
Patrick • 04.10.08 à 21:10
” Et soudain, comme une vision de jeune vierge façon Bernadette Soubirous, Pollo Adam me rappelle quelqu’un, un troll balourd qui inondait de sa prose épaisse et souvent énervée ce site, il y a encore quelques mois. Un savant à la Molière, qui croyait mordicus que deux et deux sont quatre et voulait en persuader le monde entier.
Allez, Pollo, je vous ai reconnu !
Note : pour ce qui est du déduit, quitte à être déniaiser, mieux vaut encore passer entre les mains d’un Monsignore parfumé qu’entre celles d’une brute à l’haleine de morue. ”
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Cher Patrick , hier je faisais la même remarque sur ce fil , où pourtant Adam pollo s’est efforcé un temps de rester correct . Mais …SOUDAIN , comme vous , j’ai VU.. LO dissimulé derrière Adam PolLO : sa fatuité , son acharnement a prouver que lui seul détient la vérité , ses insultes , ses arguments ad hominem , sa famille parfaite , son ineffable autosatisfaction … Bon sang , c’était bien sûr , LO , l’impayable LO était de retour !
Vite , un exorciste !