La mondialisation? Non coupable | Causeur

La mondialisation? Non coupable

Elle crée de l’emploi, pas du chômage

Auteur

Georges Kaplan

Georges Kaplan
est libéral.

Publié le 12 juillet 2011 / Économie

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Début 2010, la fermeture de l’usine Continental de Clairoix dans l’Oise a laissé 1 113 salariés sur le carreau. Depuis, la lutte des « contis » symbolise le combat désespéré de tous les ouvriers qui cherchent à protéger leur emploi face aux prétendus méfaits de la mondialisation.
Un millier de tragédies personnelles à Clairoix ont donc polarisé l’intérêt des journaux, qui firent la part belle aux discours imputant la responsabilité de la désindustrialisation à la mondialisation des échanges.

C’est faire bien peu de cas de la situation industrielle hexagonale. Entendons-nous bien : je ne minimiserai pas la douleur des « contis ». Etant doué d’empathie, je mesure le drame humain que représente la perte d’un emploi, a fortiori dans un contexte de chômage structurel qui démontre l’échec de nos gouvernements successifs.

Mais d’après l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII), pendant que l’usine Continental fermait ses portes l’an dernier, les entreprises étrangères ont créé 25 403 emplois en France et en ont sauvé 6 412 en reprenant des sociétés françaises en difficulté1. De 2000 à 2010, la même mondialisation qui a mis les « contis » au chômage a ainsi généré ou préservé 30 816 emplois par an. De cela, vous n’avez certainement jamais entendu parler ! De même, le nom d’Enercon GmbH ne vous dit très probablement rien. Cette société allemande vient de poser la première pierre de sa future usine de mâts d’éoliennes à Longueil-Sainte-Marie, une commune située dans le même département que les contis (l’Oise). D’ici l’été 2012, elle y emploiera 90 salariés. A quelques centaines de kilomètres de là, l’équipementier automobile canadien Magna International investit 18 millions d’euros sur son site lorrain d’Henriville et s’apprête à y embaucher 75 personnes supplémentaires.

Je pourrais multiplier les exemples d’entreprises étrangères installées en France dont vous ignorez jusqu’à l’existence. Pour la seule année 2010, l’AFII a en effet recensé 782 projets créateurs d’emplois initiés par des sociétés étrangères. Prises individuellement, ces créations d’emplois paraissent anecdotiques mais, en termes d’embauche globale, équivalent à 28 usines Continental de Clairoix par an. Selon les données d’Ernst & Young 2, la France constitue le deuxième marché européen le plus attractif en matière d’investissements étrangers, derrière le Royaume Uni. Fin 2008, l’Insee recensait près de 20 000 filiales de groupes étrangers installées en France, ce qui représente plus de deux millions d’emplois.
Notez d’ailleurs que Continental AG, qui avait créé des emplois à Clairoix, est une entreprise allemande .

Certes, certaines industries comme le textile ou l’électroménager ont massivement délocalisé leur production vers des pays à bas salaires mais ce phénomène ne forme que la partie visible de l’iceberg. La plupart du temps, la mondialisation permet à des entreprises étrangères de s’installer en France, soit pour y trouver des compétences dont elles ne disposent pas chez elles (par exemple, dans le domaine de la recherche et développement), soit pour accéder au marché français et européen (à l’instar d’Enercon GmbH). Et s’il reste extrêmement difficile d’évaluer précisément la création nette d’emplois liés à la mondialisation, ce chiffre est vraisemblablement très positif.

Ajoutons que l’internationalisation et l’augmentation de la taille des marchés ont fait spectaculairement baisser les prix des produits textiles et des appareils électroniques, sans parler des autres biens de consommation. Partant, nous devons nos gains de pouvoir d’achat à la mondialisation.

A l’heure où nombre de nos concitoyens se laissent bercer par le chant des sirènes protectionnistes de quelques politiciens aux discours simplistes, rappelons enfin cet aphorisme de Frédéric Bastiat : « si les marchandises ne traversent pas les frontières, les soldats le feront ».

  1. Agence française pour les investissements internationaux, Bilan 2010.
  2. Ernst & Young, Baromètre Attractivité du site France 2010.

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    • 14 Juillet 2011 à 9h53

      Naif dit

      @Saul,
      désolé de vous répondre si tard mais j’avais beaucoup de travail, alors si vous souhaitez reprendre cette conversation, ce qui n’est pas certains compte tenu du média. Je vous dirais que l’exemple de renault et de pas mal de fabricant est très intéressant  parce que justement c’est un comportement anti mondialiste. Je m’explique: lorsque vous n’aviez que des produits Français à acheter qu’ils soit bon ou mauvais cela ne changeait rien de toute façon vous n’aviez pas le choix. Nos bon et intelligents fabricants l’avaient bien compris puisque dans les années 70 ils ont mis en place une stratégie commerciale qui consistait a faire de la m….., et vous faire passer chez le concessionnaire ou la garagiste pour acheter à prix d’or leur pièce détachées. Sauf que la mondialisation venant par là ils on du changer de politique, mais pour faire des produits de qualité encore faut il écouté ses clients, ce qui n’a jamais été le point fort des patrons français.
      Pragmatisme? Connaissent pas !
      On ne peut pas demander à des élites élitiste d’écouter la populace, ou irait t-on mon bon monsieur si cela se faisait en France ?
      Ils ont quand même tenter tant bien que mal de remédier au problème et dans les années 90 ils avaient réussi à refaire une bonne partie de leur retard. Mais voilà t-y pas qu’au environs des années 2000 la comission européenne, mais de quoi elle se mèle celle là, décide de faire jouer la concurrence et que l’on pourra vendre des voitures de toutes les marques dans un seul point de vente. Je ne sais pas si vous souvenez du scandale que cela a déclenché ? Au nom des intérêts de la France bien sûr ! 
      Bien évidemment les constructeurs se sont entendu pour ne pas que cette horreur, cette idée saugrenue ne prolifère. et pour courronner le tout il fallait aussi se débarrassé des garagiste encore indépendants, autre incongruité pour nos énarques que le monde nous envie. La meilleur des solutions fut d’intégrer l’électronique dans les éléments mécanique, de cette façon vous ne pouvez plus changer un éléments sans changer l’électronique et l’électronique cela se configure se contrôle, mais avec quoi mon bon monsieur ? Mais evidemment avec des outils de diagnostic Renault !
      Et comment ont fait pour avoir des outils de diagnostic, qu’il faut mettre à jour régulièrement d’ailleurs, Renault, et bien on les achète à prix d’amis, comme les amis sont par nature très cher, je vous épargne le montant de la facture. Si vous multipliez se montant par le nombre de constructeurs vous comprendrez pour quoi il y a de moins en moins de garagiste indépendants, de plus en plus de concessionnaires et de plus en plus de client qui préfère acheter une mécanique sans électronique que l’on peut faire réparer n’importe où ou presque à un prix honnête.
      Tout cela pour vous dire que si nos cher politicien, Enarque et polytechnicien ou grands écoliers jouaient réellement le jeu de la mondialisation nous serions moins dans l’embarras vous et moi  

    • 14 Juillet 2011 à 0h24

      Sophie dit

      Mon aînée, elle glandouille à l’ULB mais a déclaré que les profs y sont nettement moins cons qu’en secondaire.

      A leur place, je serais ravis de remporter une telle victoire!