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La domination émasculée

Harcèlement législatif contre la vie commune

Publié le 12 juillet 2010 à 6:00 dans Société

Peter Paul Rubens, Samson et Dalila, 1609

Peter Paul Rubens, Samson et Dalila, 1609.

En ce temps troublé de scandales politiques, de morosité économique et de Bérézina footballistique, la nation a trop peu goûté un rare moment d’union nationale : le 29 juin 2010 l’assemblée adoptait à l’unanimité un projet de loi qui tirait des cris de joie de la classe politique tout entière.

Pour que le gouvernement parvienne à désarmer les préventions fascistophobes de la gauche, il fallait du lourd, du très lourd. Par exemple de quoi satisfaire pour quelques semaines au moins notre insatiable envie du pénal. Il s’agit en l’occurrence d’un tout nouveau délit de “violences psychologiques entre conjoints” dont le modèle explicite est le délit réprimé par la loi sur la prévention du “harcèlement moral” dans le travail. La notion juridique de harcèlement moral ne se limitera donc plus à la sphère professionnelle mais gagnera la sphère autrefois strictement privée de la famille. On traquera dorénavant le harcèlement jusque dans des recoins de vie quotidienne. Harcelons les harceleurs !

Le couple ou l’alliance d’une victime et d’un bourreau

La définition d’un délit de harcèlement moral entre un homme et une femme dans le cadre familial sous-entend qu’une femme serait au fond dans le même rapport avec son mari qu’un employé vis-à-vis de son patron. Cette loi, réclamée à corps et à cris par les associations féministes après le meurtre atroce d’une femme par son ex-conjoint en février 2010, procède implicitement d’une vision du mariage héritée d’une vulgate sociologisante à la Bourdieu, selon laquelle il y aurait nécessairement, dans tout lien social, d’un côté un dominant, en l’occurrence le mari, et de l’autre un dominé, l’épouse. L’intitulé de ce texte de loi qui vise à “la prévention et la répression des violences faites aux femmes” situe d’emblée le problème : pour le législateur unanime il y a dans les couples une victime, avérée ou potentielle, et un bourreau, lui aussi avéré ou seulement potentiel. Notons au passage que cette même loi institutionnalise, dans le cadre pénal, une journée de “sensibilisation à la violence faite aux femmes”, le 25 novembre.

Lorsque tous nous serons bien “sensibilisés” aux violences faites aux femmes, en particulier dans la sphère conjugale, que restera-t-il des hommes, du couple et du monde commun? Dans son roman Comment j’ai liquidé le siècle, Flore Vasseur met en scène un as de la finance qui un jour d’énervement manque de s’en prendre physiquement à sa famille : terrifié par sa propre violence, il divorce et abandonne sa progéniture pour se consacrer pleinement à l’univers rassurant des équations financières, jusqu’à l’apocalypse finale.

En comprenant essentiellement les rapports entre maris et femmes comme des rapports de domination, on pulvérise au passage le vieux rêve occidental de l’égalité homme-femme dans le mariage. Au nom de la défense des victimes, le législateur procède à la liquidation d’une vieille institution, le mariage chrétien et sa version laïcisée “à la mairie”, qui avait jusqu’à présent plutôt protégé les femmes de la violence du monde. Alors que l’Occident s’est progressivement efforcé depuis de longs siècles, notamment grâce à l’instauration du consentement des deux époux dans le mariage par le IVe Concile du Latran en 1215 (consentement qui constituait une novation absolue), d’établir une stricte égalité de droits et de devoirs entre époux, la loi procède ici à une rupture de cette égalité stricte en établissant implicitement qu’il existe structurellement au sein du couple une partie dominante et une autre dominée. Plus encore, cette vision, en tant qu’elle est implicitement critique du couple, procède à un travail de dénonciation des liens conjugaux, nécessairement aliénant pour le plus faible, par axiome toujours la femme. Que le législateur puisse imaginer qu’un homme puisse couramment passer - sans solution de continuité- du dénigrement de son épouse aux insultes puis aux coups, et enfin au meurtre suffit à montrer à quel point, pour le législateur unanime, le couple est une institution criminogène. Il ne faut pas s’étonner, dès lors, que l’autre mesure-phare de cette loi soit une mesure visant à éloigner les conjoints violents du foyer conjugal grâce à un mouchard attaché au poignet des époux ou ex-époux supposés violents. Cet éloignement technologico-pénal du mari est une forme d’aveu du législateur : le couple nuit à la santé des femmes.

Cette loi est la dernière en date de la cohorte des lois consacrées à l’amélioration de la sécurité des Français. Il s’agit selon le député UMP Chantal Brunel “d’une mesure préventive  car les violences psychologiques précèdent toujours  les coups”. Parallèlement à la dénonciation de la domination, la notion de prévention ne cesse de s’étendre dans un pays ravagé par la peur : la généralisation de la “vidéo-protection”, l’introduction de la possibilité de la castration chimique, sans parler de l’application indiscriminée d’un pseudo “principe de précaution” banalisent en France et dans d’autres pays européens l’idée selon laquelle on doit prévenir le mal par le mal, idée mise en avant par Georges Bush lors de l’invasion de l’Irak qui fut faite préventivement, au nom du droit à la sécurité des paisibles et innocents citoyens du monde.

Foin des aléas de la vie en commun !

Peut-être pourrait-on objecter à Chantal Brunel qu’il y a beaucoup de choses dans un couple qui précèdent les coups, par exemple le coït parfois, au cours duquel je me suis laissé dire qu’il peut arriver que des insultes soient prononcées, parfois même pour le plaisir des deux protagonistes. En effet, au-delà de Bourdieu, c’est peut-être Sade qui hante l’imaginaire de nos gouvernants puisqu’il y a implicitement dans la loi, un peu comme dans les jeux SM un “dominant” violent et un “dominé” qui accepte les insultes et les coups sans broncher, avec une mine soumise et éthérée de martyr chrétien1. C’est une vision parfaitement fantaisiste et infantile des aléas de la vie en commun. S’il existe sans doute des monstres qui insultent et battent leurs femmes par pur sadisme -personnellement je n’en ai jamais rencontré mais je n’ai aucune raison de nier que cela puisse exister- le cas le plus banal se présente sous la forme d’une dispute qui dégénère en échange d’injures, qui peut lui-même mener à l’échange de coups. Le déséquilibre (un rapport de un à quatre environ) dans le nombre de meurtres dus aux hommes et celui des meurtres dus aux femmes s’explique bien sûr par le déséquilibre des forces physiques en présence. À cet égard, il pourrait même paraître légitime que les hommes aient une responsabilité supplémentaire du fait de leur plus grande dangerosité. Mais il n’en reste pas moins que dans le couple comme ailleurs, les “violences psychologiques” et même physiques sont souvent réciproques. Faudra-t-il, si l’on veut appliquer la loi de façon stricte, interner des familles entières?

Qu’on me comprenne bien : je suis bien sûr favorable à ce que l’on protège, lorsque le cas se présente, les femmes de la violence des hommes. Mais ce que je tente de décrire ici est un processus global juridique et sociétal sous-tendu par une vision des relations homme-femme qui implique à la fois un rapport phobique au conflit et une dévalorisation idéologique du couple et, partant, de la vie de famille dans son ensemble. Si l’on suit la logique de cette loi jusqu’à son terme, idéalement l’Etat ne devrait avoir à faire qu’à des individus atomisés, seuls face à leurs écrans. Même à l’école, on est tenté de résoudre les délicats problèmes liés à l’éducation de nos enfants par le remplacement généralisé des professeurs par des écrans d’ordinateurs. On liquiderait sans doute ainsi préventivement toute forme de domination sociale et de conflits potentiels. Faudra-t-il que nous devenions tous des esclaves numériques pour nous affranchir des contraintes de la vie commune ?

  1. Spéciale dédicace à Alain Jugnon
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  • 17 Juillet 2010 à 23h47

    D.H. dit

    P. S.: je faisais bien référence à Dany-Robert Dufour: D.-R. donc, et non D.-H Dufour. Je ne retiens jamais son prénom, et lui substitue toujours mes propres initiales: une “projection” certainement.

  • 17 Juillet 2010 à 23h05

    Minos dit

    Joëlle dit :
    17 juillet 2010 à 15:57

    Mais je suis de votre avis sur la loi. Je ne réagissais pas à cela.

  • 17 Juillet 2010 à 22h44

    Dōseikon dit

    J’ai pu noter que l’un de vos penseurs de référence est Gérard Leclerc, vers des articles duquel vous avez indiqué plusieurs liens. Alors juste une citation de ce petit monsieur :
    « Benoît XVI est considéré, à juste titre, comme un théologien, et donc comme un intellectuel profond. »
    Rien de plus platement bête que cette phrase ! S’il suffisait d’être théologien pour être intelligent ou profond, ça se saurait. Tout le reste est à l’avenant…

    Allez, encore le même : dans l’article que vous signalez le 13/07 à 21 h 25, cette autre phrase : « Depuis Maritain, les chrétiens ont renoncé à affronter les fondements du politique. »
    Ah ? En tous cas, les intentions d’ingérence de l’Église dans la politique sont pourtant faciles à trouver :

  • 17 Juillet 2010 à 22h44

    Dōseikon dit

    rackam, la mouche du coche, aujourd’hui à 8 h 50 :
    « ce dont vous parlez est un mixed grill de rancœurs biliaires, d’à-peu-près et d’invectives. ».

    • S’il est bien un lieu où la rancœur biliaire est érigée en loi (mais, curieusement, ça ne paraît pas vous indigner), c’est bien ce lieu, déversoir d’aigres nostalgies : le maaaaaaître Muray et ses subalternes causants sont empreints d’une récrimination constante contre l’époque, et tous leurs poussifs propos peuvent in fine être condensés en : C’était mieux avant, tout fout le camp.
    L’article de ce fil n’y échappe évidemment pas, comme aucune des productions de F. Piffard en général.

    • Pour ce qui est des à-peu-près, vous n’êtes pas le mieux placé pour donner des leçons, car vous-même n’argumentez jamais sur rien. Vous commentez les allées et venues des uns et des autres, dispensez — avec un brin de fantaisie parfois — des poèmes impromptus à une petite bande de groupies écervelées, et aussi quelques pirouettes plus ou moins inspirées, distillez chichement des opinions générales çà et là.
    Mais quoi d’autre ?
    Vous ne risquez pas de commettre des à-peu-près, vous ne parlez jamais de rien.

  • 17 Juillet 2010 à 20h00

    thierry bruno dit

    Fin de séries, Doseikon, je vais admettre ma dyslexie, ça me fera des vacances. J’ai été ravi d’apprendre que j’étais capable d’être “jésuitique”, qualificatif qui ne m’est jamais attribué, il m’a même été reproché d’être janséniste. Pour le reste, je vous laisse à vos certitudes.

  • 17 Juillet 2010 à 18h42

    D.H. dit

    Merci pour vos indications de lectures, Alpin.
    je note qu’il s’agit encore de logique et de mathématiques, sinon de sciences dures comme à propos des neurones-miroir.
    Mais savez-vous que R. Girard, pour revenir à lui, considère que son “modèle” est mathématisable, et que d’autre part le travail qui a été donné à certains, par leur Direction, consiste maintenant à réconcilier Foi et Raison?

  • 17 Juillet 2010 à 16h15

    Alpin dit

    Erratum,

    “…des pouvoirs publics…”

  • 17 Juillet 2010 à 16h12

    Alpin dit

    @D.H,

    Votre prosélytisme est très mesuré ,il suffit de le comparer à l ‘activisme de celui
    d’Aymenon pour en être assuré.
    Par ailleurs la prise en compte des visions du monde des grandes religions est pour moi
    très importante dans le domaine de la réflexion ,y compris pour la philosophie
    politique.
    Ceci à la seule condition que dans le domaine des pouvoirs publique et de la représentation nationale on soit d’une rigueur à la C De Gaulle pour séparer
    “Dieu et César”, la foi de la loi (ceci sans naïveté ,car les contorsions et les sophismes
    de plus en plus élaborés de la mouvance “Frères musulmans” ou de l’islam politique,
    sont très présentes).

    Pour ce qui est du banc de poissons,vous avez tout à fait raison,mais mon point est
    que non ne pouvons accéder qu’à un optimum et non un” idéal” ou un absolu
    dans le domaine politique ou économique.
    La foi ( du moins dans son expression juive ou chrétienne) a tout à y gagner ou
    à préserver sans retomber ou accepter le fanatisme de véritable hérésies que sont
    les religions séculières.

    Je vous conseille la lecture la lecture du magnifique travail de jean Largeault
    en particulier ses compléments sur cette notion d’agrégat:
    “Enquête sur le nominalisme” (épuisé),
    qui est un superbe exemple de ce qu’est vraiment la philosophie moderne en dehors
    des pantalonnades de certains sur ce site:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Largeault

  • 17 Juillet 2010 à 15h57

    Joëlle dit

    à Michel M et Minos,
    Je vous trouve tous les 2 bien méprisants dans votre expression. “basta”, me dit l’un, “encore heureux”, me dit l’autre. Je ne comprends pas ce qui cause votre véhémence. Excusez-moi si je ne suis pas aveuglée par la clarté de vos démonstrations.
    Je n’ai pas étudié le problème du harcèlement de longue date, j’ai juste réagi au texte en donnant mon opinion. Je trouve que cette loi est excessive, j’ai déjà dit pourquoi. Je la trouve “doucereuse”, “compatissante” dans son libellé mais “méchante”, “mesquine”, dans le fond.
    Si elle correspond à un principe de précaution poussé à l’extrême, pourquoi ne pas décliner ce principe à toute situation dangereuse? Potentiellement, il y en a plein. Interdisons les piscines privées, par exemple : vous frémirez sans doute d’apprendre le nombre d’enfants noyés, à la fin de l’été, on pourrait s’éviter cela, non?

  • 17 Juillet 2010 à 15h50

    D.H. dit

    Alpin,

    Je vous remercie de me donner l’occasion de préciser ma pensée. Vous dites : « Le marché n’est pas un sujet ».
    En fait, dans une démocratie libérale, la société acquiert une autonomie en tant que telle, à l’instant même où l’individu acquiert la sienne (ce qui la distingue des sociétés traditionnelles ou de celles dont rêvent les communistes). Chacun concourt à l’ensemble, qui lui échappe : c’est la fameuse image du banc de poissons si prisée de nos libéraux, qui ne se rendent pas compte qu’elle dévoile involontairement le caractère erratique des mouvements de foule que peut prendre le Marché (dans les paniques ou les euphories boursières). En tant que lecteur de Canetti, vos devez comprendre ce dont il s’agit.
    Pour revenir au problème de la violence, je viens de songer que pour un chrétien, la démocratie libérale pourrait tenir le milieu, qu’elle pourrait être un passage entre la société religieuse ancienne fondée sur l’interdit et la Loi, et la Cité de Dieu, placée sous le régime de la Grâce.
    En démocratie libérale, il n’y a plus vraiment d’interdits, mais des normes et des lois sans majuscules et des contrôles par la technologie, et que tout cela s’intensifie et devient profliférant parce que nous ne voulons pas « sauter le pas ».
    Excusez-moi pour ce prosélytisme qui me reprend.

  • 17 Juillet 2010 à 15h05

    Michel Michemiche dit

    @ Joëlle :
    Comme avec Alpin, un dernier effort de ma part, et ensuite basta, c’est trop lassant.

    1. S’il “suffisait de partir”, les 150 et quelques mortes de 2008 seraient encore en vie. Si vous arrêtiez un peu de penser abstrait, théorique, “y-a-qu’-à”, cela vous semblerait aussi évident qu’à moi.

    2. J’ai écrit, avant vous, que l’applicabilité de cette loi était discutable ! Mais ce n’est pas du tout ce qui pose problème aux “Piffard & co” ici, et c’est à leur posture que je m’attaque. Encore fois, je ne suis pas particulièrement partisan de cette loi. Si elle ne marche pas, tant pis. Mais jugeons sur pièces, voulez-vous ?

    3. “Qu’est-ce que vous proposez pour toutes les autres situations à risque auxquelles on doit faire face dans sa vie privée?”
    (…)
    Vous parlez de quoi, là ? Je ne comprends même pas le sens de votre question, tant elle me paraît incongrue. Je crois qu’il est déjà interdit par la loi de mettre son bébé au congélateur, de brûler son chien à l’essence à briquet, ou encore de passer le chat au micro-ondes. Comme de violer son ou sa compagne, ou encore de lui arracher les ongles avec une pince rouillée.
    Si vous souhaitez réellement une réponse de ma part, veuillez développer les “autres situations à risque”, SVP, merci.
    Mais sinon, arrêtons-nous là.

  • 17 Juillet 2010 à 14h27

    Alpin dit

    @D.H,

    Non pas la possibilité (comme hypothèse),mais le passage d’une corrélation à un
    lien de causalité que vous faites ou que vous acceptez sans mise à l’épreuve.

    Par expérience je dirais que c’est une erreur en puissance dans ce cas.
    Le “marché n’est pas un “sujet ” (une subjectivité agissante et consciente) mais un agrégat de désirs et de choix,il ne peut donc comploter ou être le calculateur d’une conjuration.

    Pour mon compte,je suis aussi limité par les 1500 (1400) signes pour expliquer.

    Je cite Chesnais pour 2 raisons:
    -1) Il est un des premiers et des seuls à avoir produit un travail scientique sur ce
    sujet.
    -2)On y voit clairement qu’en Europe à l’age classique la violence moyenne était
    nettement plus grande qu’aujourd’hui même avec la crise (jusqu’à présent).
    Notamment pour le cas des homicides ou des viols.

  • 17 Juillet 2010 à 13h30

    D.H. dit

    Bonjour Alpin,
    Je ne comprends pas bien vos objections.
    Je n’ai pas vraiment parlé d’augmentation de la violence physique, si c’est cela que vous avez en tête. Ce qui peut se déduire de mon message, sous ce rapport est simplement la substitution d’un «encadrement» technologique de la violence, à un corset symbolique religieux. Ou aussi bien, à une compensation par des contraintes sur le corps au libre-cours donné aux «pulsions» (comme les appelle D.H. Dufour).
    Je ne comprends pas ce que vous voulez démontrer par la comparaison entre les pays latins et les pays anglo-saxons.
    Pour ce qui est de la relation entre la violence conjugale et la vie professionnelle du trader, c’est suggéré par le texte même de F. Piffard, non ? Si je vais « trop vite », c’est que je n’ai que 1400 et quelques signes…
    Mais peut-être contestez-vous le fait que la violence peut se détourner de son objet pour se reporter dans une activité professionnelle ?

  • 17 Juillet 2010 à 11h46

    Alpin dit

    @D.H,

    Bonjour,

    Le vraisemblable est il vérifié?

    Vous allez trop vite de ce qui n’est qu’une hypothèse, à une conclusion.
    Du lien entre spéculateur et violence domestique il y a un certain pas ,pas univoque.

    De plus vous ne cherchez pas à comparer les époques pour tester votre jugement
    sur les niveaux de violence relatifs.
    Hors ceci a largement été fait ,surtout dans le domaine des homicides.
    Voyez notamment le remarquable :
    “Histoire de la violence” de J-Claude Chesnais .

    Ou l’on voit que contrairement aux préjugés le nombres des homicides/million
    d’ha est très inférieur dans les pays latin à celui de la GB et de l’Allemagne par exemple.

  • 17 Juillet 2010 à 11h30

    D.H. dit

    (…)

    « L’envie de pénal », la « cohorte des lois consacrées à l’amélioration de la sécurité des Français… », décrivent l’autre versant, juridique, de ce type de société toute entière dominée par l’économique : la démocratie libérale.
    Si le souci sécuritaire va jusqu’à « la généralisation de la « vidéo-protection », l’introduction de la possibilité de la castration chimique… », c’est peut-être que la nouvelle religion (le «divin» marché), qui détourne la violence vers le monde physique, et vers les objets, ayant détruit pour cela les interdits symboliques du religieux, doit assurer le contrôle de la violence qu’elle n’arrive plus à « contenir » (voir post précédent) au niveau même des corps par la pharmacie ou la vidéo-surveillance (cf B. H. Dufour).
    (à creuser)

  • 17 Juillet 2010 à 11h29

    D.H. dit

    Pour raccorder la question du libéralisme à votre texte, F. Piffard, quelques réflexions me viennent à l’esprit.

    « Dans son roman (…), Flore Vasseur met en scène un as de la finance qui un jour d’énervement manque de s’en prendre physiquement à sa famille : terrifié par sa propre violence, il divorce et abandonne sa progéniture pour se consacrer pleinement à l’univers rassurant des équations financières, jusqu’à l’apocalypse finale ».
    Ce passage montre bien le lien entre la violence et notre système économique. Le Marché «contient» la violence, aux deux sens du terme (cf. J.-P. Dupuy) : et l’univers des équations financières a cette fonction pour le trader décrit par F. Vasseur.
    C’est que le libéralisme a en effet remplacé les anciennes religions dans la «gestion» de l’envie et de la conflictualité : c’est un nouveau système sacrificiel, qui est peut-être en voie d’épuisement, comme le montre l’issue de la triste histoire contée par F. Vasseur : «l’apocalypse finale».
    Ce passage montre aussi que la violence est toujours prête à passer d’une sphère (privée) à l’autre (professionnelle) ; mais il faudrait préciser que c’est également vrai dans l’autre sens (cf D. Cohen, expliquant je crois, en lien là aussi avec les dernières évolutions du système économique, le repli partiel de la violence sur la sphère privée – à vérifier).

  • 17 Juillet 2010 à 8h50

    rackam dit

    Non, Doseikon, on ne peut pas parler de tout!
    Déjà ce dont vous parlez est un mixed grill de rancoeurs biliaires, d’à-peu-près et d’invectives.
    Alors on peine à imaginer ce que vous pouvez donner sur le reste. Si donner fait partie de votre vocabulaire. Pas au sens “dénoncer” bien sûr….

  • 17 Juillet 2010 à 0h57

    Dōseikon dit

    Ainsi, si le catholicisme voulait bien se contenter de célébrer ses rites avec ses fidèles, dans ses églises et temples (entretenus aux frais du contribauble, au passage…), et foutre un peu la paix aux autres, je ne doute pas qu’il jouirait d’une considération identique à celle dont jouit le bouddhisme.

    Pour conclure (provisoirement ?), je mets grosso modo dans le même sac le catholicisme et toutes les autres formes de christianisme (les protestants, les évangélistes, les orthodoxes, etc.).
    Quant à l’Islam, c’est kif-kif bourricot en dix fois pire (mais on ne peut pas parler de tout non plus) !

  • 17 Juillet 2010 à 0h55

    Dōseikon dit

    Ensuite vous écrivez : « […] ce n’est pas parce que l’Eglise n’a pas en charge le temporel (Rendons à César ce qui est à César) qu’elle doit nécessairement se taire sur des sujets de société […] ».

    Ce que nommez, en termes doucereux et jésuitiques, ne pas se taire c’est que j’appelle s’ingérer dans les affaires civiles et attenter au libre exercice par chacun de sa liberté.
    Non, la Vérité de l’Église n’est pas vérité pour tous, la morale de l’Église n’est pas la morale de tous, et ses menées pour imposer à tous un système de valeurs qui n’est que particulier sont donc illégitimes. Cette démangeaison qui ne l’a jamais quittée d’influencer la politique montre bien qu’elle n’a aucun respect de la laïcité ou de la neutralité en général. Les quatre exemples que j’ai cités sont particulièrement significatifs à cet égard.

    Pourquoi croyez-vous que l’on n’entende quasiment jamais de critiques du bouddhisme par exemple ? Il est pourtant présent en France et il a pignon sur rue. Certes, le faible nombre de ses adeptes y est pour beaucoup, mais pas seulement ; je suis convaincu que, dans la mesure où les bouddhistes vivent leur religion tranquillement et sans chercher à imposer à quiconque leur système de valeurs, personne ne songe à combattre leurs idées. (Et je précise que je ne suis pas bouddhiste moi-même…)