La « règle d’or », nouveau veau d’or ?
Le PS rassure les marchés et oublie les Français
Publié le 09 septembre 2011 à 13:45 dans Politique
Mots-clés : PS, règle d'or

Selon l’humeur du moment, les prétendants socialistes vont être amenés à s’embrasser, s’ignorer ou s’insulter. Mais quoi qu’ils fassent, ils le feront avec les mains attachées dans le dos : ils sont tous, ou au moins les favoris, enserrés dans la nasse de la « règle d’or ». Pour être plus précis, disons que ce joli piège tendu par le Président de la République va leur serrer le kiki petit à petit jusqu’à les étouffer : c’est très affaibli que le vainqueur ou la vainqueure des primaires affrontera Sarkozy au premier tour. Quant au second…
Un piège ? Oui, un piège. Mais on peut plus banalement appeler ça « faire de la politique ». Et après quatre ans de guérilla niveau bac à sable, le Président s’est souvenu que, quand il faisait de la politique, eh bien ça marchait. C’est même comme ça qu’il est devenu Président. C’est donc peut-être en élevant le niveau qu’il pourrait le rester.
Reprenons le fil de la manœuvre : confronté aux risques de contagion monétaire venus du flanc sud de l’euro, Nicolas Sarkozy, tout fraîchement converti à l’orthodoxie budgétaire, annonce qu’il proposera avant la présidentielle l’inscription dans la Constitution d’une « règle d’or » qui limitera progressivement le déficit public à 3 % du PIB. À charge ensuite pour les élus du peuple de faire entrer les budgets dans ce moule à gâteau trop petit.
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 39Septembre 2011

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L'auteur
Marc Cohen est rédacteur en chef brèves de Causeur.
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9Alpheratz51 dit
Les candidats à la primaire socialiste lisent-ils Causeur ?
Si non, ils devraient.
livia dit
.. je me suis trompée je le refais pour Fiorino sur le bon fil.
livia dit
.. je me suis trompée de fil
livia dit
Merci Fiorino pour le lien:
Il me semble que les moins antisémites par culture (et par intelligence ? ) au monde sont les ritals sauf les Papous et d’autres ;-) mais cela ce discute of course !
Mangouste1 dit
Merci, M. Cohen, votre analyse m’a tout l’air de toucher juste.
livia dit
Très chouette article .
Pour la fin pour moi aussi c’est “tant mieux pour nous !”
samuel_ dit
Pour moi qui suis d’accord avec vous sur toute la ligne, ce sera Melenchon, par confiance pour le secretaire a l’economie de son parti, Jacques Genereux, qui promet de faire des choses vraiment energiques pour la croissance (protectionnisme, politique monetaire keynesienne, reglementation de la finance…), au mepris des traites européens auxquels il prevoit de contrevenir allègrement. Pourquoi pas Chevenement ou Dupont-Aignan, me direz vous ? Parceque je veux que le candidat pour lequel je vote soit élu, or le poids electoral de Melenchon est quand meme autre chose que celui des deux autres. Preparons nous donc a vivre sous le regne de la gauche radicale ! Ce sera beaucoup plus rigolo en tout cas que l’UMPS ou le FN.
RRF-Peypinois dit
Jubilatoire cet article, Marc Cohen, merci !
J’aurais juste deux bémols à formuler :
- 1) A propos des marchés vous écrivez “Leur voracité, mais aussi leur oubli de leur fonction sociale, on n’ose pas dire morale.” Et là, moi qui croyais à un autre trait d’humour quand je vous vois dire à deux reprises que vous êtes de gauche, je m’arrête et me dis : mais c’est qu’il ne plaisantait pas ! A ma décharge, n’ayant que quelques mois de lecture de Causeur à mon actif, je n’avais jusqu’à présent lu que vos désopilantes brèves…et je vous avoue que je n’y percevait pas les propos d’un homme de gauche ! Il faut dire que l’auto-critique à gauche ayant été sanglantement abolie depuis près d’un siècle, on ne s’attend plus à autant de témérité…mais pardon, je m’égare. Ainsi donc les marchés, comme les banques oublieraient leur fonction sociale, voire morale ! En voilà une qu’elle est bonne ! Il va falloir quand même qu’un jour, même à gauche, on intègre que les marchés, les banques, comme les entreprises qui ne sont pas là pour créer de l’emploi (ceux qui vous disent le contraire vous mentent…!), n’ont de raison d’exister que par et pour réaliser des profits : faire de l’argent avec de l’argent, un peu comme au poker, et plus rapidement et davantage que dans le cadre d’une activité de production industrielle dont les profits réalisés proviendraient de la vente de biens manufacturés…! De la même manière qu’il ne faut pas demander aux Etats de faire ce qui ne doit pas relever de leur rôle, nous protéger de tout, assumer collectivement ce que nous sommes incapables de gérer et d’assumer individuellement, il ne faut pas demander aux banques et aux marchés d’endosser une dimension sociale ou morale.
- 2) Tout à la fin de votre savoureux papier, après “Or, il perdra au contraire parce qu’il aura accepté de s’y conformer. Bien fait pour lui. Tant pis pour nous…” Le bien fait pour lui était suffisant ou alors j’aurais bien vu quelque chose comme : Tant MIEUX pour nous…!
Au plaisir de vous lire bientôt !
Impat1 dit
C’était (surement) une faute de frappe. Lisez “tant mieux pour nous”. -:^)