La « démondialisation », retour vers le passé
Réponse à Arnaud Montebourg
Publié le 08 juin 2011 à 16:21 dans Économie
Mots-clés : Arnaud Montebourg, démondialisation

Devinez où se trouve cet immeuble. photo : Tilemahos Efthimiadis
Dans sa recension du livre-programme d’Arnaud Montebourg, Daoud Boughezala affirme, sondages à l’appui, que les « élites mondialisées » constituent le « dernier bastion des défenseurs de la mondialisation ». Je conteste cette allégation. Sans appartenir à ces fameuses élites mondialisées, je suis un fervent défenseur de la mondialisation et du libre-échange. Voici pourquoi.
La désindustrialisation est un progrès
L’idée selon laquelle la mondialisation « désindustrialise » la France est un mythe entretenu par certains discours politiques. Si la part relative de l’industrie dans notre économie a bel et bien reculé – de 22% du PIB en 1970 à 11% en 2010 –, cette évolution n’est pas due à la baisse de notre production industrielle – qui n’a jamais été aussi élevée que ces dernières années1 – mais à une croissance plus rapide des activités de services.
Montebourg et Boughezala, qui montrent la mondialisation du doigt, devraient se demander pourquoi on observe la même tendance aux quatre coins du monde. À l’échelle globale, la part de l’industrie dans le Produit Mondial Brut est en effet passée de près de 27% en 1970 à moins de 17% aujourd’hui. Sur la même période en Allemagne, l’industrie a chuté de 32 % à 17 % du PIB. En l’absence de délocalisations sur Mars, comment s’explique cette inflexion mondiale ? Faudrait-il, pour les chantres du protectionnisme, déplorer la réduction du poids de l’agriculture dans notre économie et en accuser la mondialisation ? Soyons sérieux : combien d’exploitations agricoles ont été délocalisées en Chine ces dernières années ?
Ce que Montebourg et Boughezala appellent « désindustrialisation » résulte, pour l’essentiel, de deux phénomènes concomitants :
- L’externalisation de certains métiers – comme le nettoyage des sites de production –, autrefois considérés comme des emplois industriels, qui sont aujourd’hui comptabilisés dans les « services aux entreprises ».
- Le progrès technologique. Les gains de productivité industriels et agricoles sont tels que « fabriquer des choses » est devenue une activité à faible valeur ajoutée, laquelle utilise infiniment moins de main d’œuvre qu’il y vingt, trente ou cinquante ans. Autrement dit, la valeur réelle des biens industriels baisse, ce qui permet à nos concitoyens –à commencer par les moins fortunés – de bénéficier d’un pouvoir d’achat plus élevé que jamais 2.
Le protectionnisme : un jeu perdant-perdant
Pour nous « protéger » de cette « désindustrialisation », on nous propose de mettre en place des politiques protectionnistes. L’Etat devra donc taxer les produits d’importation afin de pénaliser les entreprises étrangères qui ont le culot de nous vendre des produits bon marché. But de la manœuvre : favoriser les entreprises françaises qui nous vendent des produits plus onéreux.
Si le protectionnisme a une conséquence inévitable, c’est bien l’augmentation des prix des produits de consommation – qu’ils soient importés et surtaxés ou made in France à l’abri de la concurrence étrangère. Dans tous les cas, que vous soyez millionnaire ou pauvre comme Job, vous verrez votre pouvoir d’achat chuter.
« Cela créera des emplois en France », m’objectera-t-on. Taxés sur leurs produits importés, les industriels qui souhaitent nous vendre des chemises seront, si on suit ce raisonnement, incités à relocaliser leur production en France, donc à embaucher une main d’œuvre française. N’ayant plus à craindre la « concurrence déloyale » des Chinois, Tunisiens et autres Turcs, ils vendront leurs chemises plus cher. Seulement, ce qu’oublient les protectionnistes, c’est qu’il y a de fortes probabilités pour que nous achetions moins de chemises. Les industries textiles relocalisées en France, subissant une baisse de la demande, seront sans doute amenées à licencier. Et on reviendra à la case départ avec, en prime, l’effondrement du pouvoir d’achat. L’industrie française nouvellement « démondialisée » sortira nécessairement affaiblie de ce jeu « perdant-perdant ».
Nos apprentis-sorciers semblent aussi oublier qu’une part considérable des biens et services que nous consommons aujourd’hui nous est devenue accessible grâce à la mondialisation. Fermez les frontières et leur production ne sera pas relocalisée en France mais disparaîtra purement et simplement. Car personne n’aura plus les moyens de se les payer. Avec les chemises bon marché produites en Chine, disparaîtront les emplois qu’elles ont créés en France (transporteurs, stylistes, vendeuses en boutique…). Ajoutez à cela les inévitables mesures de rétorsion du gouvernement chinois et des entreprises comme L’Oréal, Legrand ou nos producteurs de Cognac3 s’écrouleront à leur tour.
Un égoïsme moyen-âgeux
Finalement, Daoud Boughezala reproche à Arnaud Montebourg de se raccrocher « à l’illusion d’un intérêt général européen ». En somme, Montebourg postule l’existence d’un intérêt général européen en contradiction avec celui des non-Européens tandis que Boughezala lui oppose un intérêt général français incompatible avec celui des étrangers. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? N’existe-t-il pas un intérêt général provençal distinct de celui des non- provençaux ? Quid de l’intérêt général des Marseillais ? Est-il compatible avec celui des non-marseillais ? Messieurs Montebourg et Boughezala peuvent-ils m’expliquer en quoi l’intérêt général de ma petite famille est incompatible avec celui de mes voisins ?
La conception égoïste d’un « intérêt général » indépendant de nos intérêts individuels constitue le premier fondement de l’Etat totalitaire. La conclusion logique de cette irréductible divergence d’intérêts entre Français et Allemands devrait nous conduire, comme l’écrit Daoud Boughezala, à « envoyer nos chars Leclerc à Baden-Baden ».
Un monde violent où l’on produit et consomme localement, on a déjà essayé : cela s’appelle le Moyen Âge.
*La photo a été prise à Glyfada, un quartier du sud d’Athènes
- Ajustée de l’inflation, la production industrielle française (900 milliards d’euros) était 114% plus élevée en 2010 qu’en 1970. Dans le même temps, sa valeur ajoutée (215 milliards d’euros) a doublé (source : Insee) ↩
- Un exemple : en 1972, un smicard devait travailler 2 265 heures pour s’offrir une Renault 5 ; aujourd’hui, 1 000 heures suffisent pour acquérir une Twingo ↩
- Pour information, 95% de la production de Cognac française est exportée – notamment en Chine (troisième marché mondial) – et cette industrie fait vivre environ 50 000 personnes et leurs familles ↩
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L'auteur
Georges Kaplan est libéral.
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morsang dit
il y aura toujours un “de Villiers” pour nous faire rire avec son nez rouge imaginaire.Montebourg semble avoir repris le rôle
Pour ce qui est du phénomène planétaire connu sous le nom de mondialisation il n’y a sans doute que les français pour s’imaginer qu’ils ont le choix de l’accepter ou le refuser.Le fait que trop d’entre eux ne soient jamais sortis de leur village et croient ainsi être le centre du monde y est peut-être pour quelque chose.Il faudrait un peu les détromper.
Dans le même ordre d’idées voir une partie de la gauche invoquer les mânnes du Conseil National de la Résistance pour justifier des immobilismes d’un autre âge est assez accablant(et ce serait insultant à l’égard de la Résistance si ce n’était dérisoire)
Comme disait le regretté Edgar Faure,:”l’immobilisme est en marche,rien ne l’arrêtera”
morsang dit
Une bonne partie de la gauche déteste la construction européenne(demandez à Mélanchon). ne serait-ce que parce qu’elle est avant tout et inévitablement marchande. Hors l’Europe l’a toujours été(voir les ligues hanséatiques et même la république de Venise) (même si cette condition cela ne suffit pas)
Et puis surtout,le “gimmik” de la protection du valeureux gaulois contre tous les méchants étrangers ça marche toujours parce que ces derniers sont censés être à l’origine de tous nos maux
.La période électorale qui s’ouvre verra donc sévir une pléiade de bateleurs d’autant plus audibles qu’ils “surfent” sur les poncifs de café du commerce pour en faire des propositions apparemment politiques
Les renvoyer à leurs “études”en faisant apparaitre leur bouffonnerie est oeuvre de salut public
Il ne manque que l’inévitable sondage du genre:”voulez-vous qu’il n’y ait plus que des produits uniquement fabriqués dans l’hexagone et garantissant l’excellente qualité francouaise?
réponse oui à 80 pour cent
Marie dit
@éclair
Mais qui fait la guerre aux labos français?
eclair dit
je ne comprends pas le sens de votre question.
J’y vois plusieurs sens possible. Vous pourriez préciser votre interrogation?
pirate dit
Je lis ici quelques réponses à notre fier libéral qui tentent, sans succès, de démontrer de l’ineptie hypocrite des allégations de notre champion, qui tôt ou tard, finira bien par se faire tatouer les portraits conjoints de Reagan et Thatcher dans le creux des reins. Allons on doit se rendre à l’évidence, l’agriculture n’a pas été délocalisée, et grâce à la merveilleuse compétition le pouvoir d’achat a augmenté !!! Le taux de suicide en augmentation chez les agriculteurs ? Allons un point de détail qu’on doit sûrement au collectivisme.
C’est vrai.
Le libéralisme a réinventé le collectivisme. Regardons la seule industrie du disque, trois groupes détiennent la totalité de cette seule industrie. La grande distribution ? 27 familles de sang détiennent la totalité de ce marché, dans le monde. Et si les agriculteurs se suicident… eh bien c’est la faute à pas de chance. Pas le moins du monde au fait que les uns décident des prix en fonction de leurs actionnaires, ni que faute de pouvoir délocaliser un champs, on importera massivement, ni non plus du fait d’une agriculture industrialisée, non seulement inadapté aux besoins réels mais qui détruit les sols.
Et peu importe après tout. Kaplan le sait. Tout ceux qui tiennennt un discours inverse du sien sont trop nul en économie pour comprendre les évidences du progrès libéral, et les autres… eh bien les autres, ils sont simplement dans l’erreur, ce pourquoi entre deux saillies à l’encontre des anti libéraux, notre camarade donne des cours de rééducation politique.
La différence entre un libéral intégriste et un stalinien ? Les seconds préféraient la police et les camps de travail, les autres préfèrent les OPA hostiles et les camps de travail.
eclair dit
tiens kaplan un autre bienfait de la mondialisation
http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/chimie-pharmacie/20110610trib000628726/faut-il-craindre-une-penurie-de-medicaments-en-france-.html
La Chine et l’Inde contrôlent 80 % de la production de principes actifs. Une dépendance qui pose la question de la qualité et de la disponibilité des traitements. Y aura-t-il bientôt une pénurie de médicaments dans les pharmacies françaises ? L’idée semble saugrenue. Elle se fait pourtant progressivement jour parmi les professionnels de santé. « Au premier semestre 2011, l’Afssaps [Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, NDLR] a lancé 31 bulletins d’alerte pour des ruptures de stocks de médicaments ou des risques de ruptures de stocks. Il n’y en avait eu que quatre sur la même période de 2010 et deux en 2009 », souligne David Simonnet, le président d’Axyntis, l’un des cinq derniers producteurs français de principes actifs – le « coeur » d’un médicament, qui lui confère ses propriétés thérapeutiques.
Pour l’heure, les difficultés concernent surtout des traitements hospitaliers peu connus du grand public, tels des produits de diagnostic (Technétium 99) ou des anticancéreux (Caryolysine). Mais à terme, la menace sur les officines est réelle. En cause, des problèmes de gestion des stocks de la part des labos, mais surtout la réduction et la concentration croissante des sources d’approvisionnement dans les pays émergents.
C’est le constat dressé par l’Académie nationale de pharmacie, qui a réuni récemment autorités de santé et industriels à ce sujet. « Aujourd’hui, 80 % des principes actifs de médicaments sont fabriqués en Chine et en Inde, contre à peine 20 % il y a trente ans », résume David Simonnet. Symbole de cette situation, le paracétamol, l’antidouleur le plus utilisé dans le monde, qui n’est plus produit en Europe depuis la fermeture de la dernière usine française de Rhodia en 2008.
Les génériques en question
Environ un millier de producteurs indiens et chinois se partagent ce secteur en plein essor. En 2009, sur un marché mondial évalué à 76 milliards de dollars, près de 60 % (45 milliards) étaient générés par des industriels, qui ne fabriquent que la matière active, les labos occidentaux ne prenant en charge que la « formulation » du médicament (transformation en gélule, en injectable…). « Ces délocalisations se font pour des raisons évidentes de coûts mais aussi sous la pression des pouvoirs publics qui, en promouvant l’utilisation des génériques depuis une quinzaine d’année, ont attiré les acteurs indiens et chinois sur ces marchés de volumes », accuse David Simonnet. « La Chine concentre à elle seule 40 à 50 % de la production de principes actifs génériques du marché européen », relève le président de l’Académie nationale de pharmacie, Henri-Philippe Husson. Avec à la clé un risque de dépendance accru vis-à-vis des pays producteurs, mais aussi des risques sur la qualité (lire ci-contre).
Il y a des exceptions : Sanofi produit encore la moitié de ses principes actifs en Europe. D’autres « relocalisent » une partie de leur production pour prévenir les risques. « De plus en plus de clients font appel à nous en back-up pour 30 % de leur production. Ils sont prêts à payer un surcoût (15 % environ) pour disposer d’un producteur national », indique David Simonnet. Une aubaine pour Axyntis, dont le chiffre d’affaires devrait bondir de 50 % cette année, à 75 millions d’euros.
eclair dit
C’est bien la mondialisation on abouti à des ruptures de stocks pour certains médicament et on est plus sûr de la fiabilité des médicaments.
Pierre Jolibert dit
Passionnant. Merci.
Au fait, j’ai été très convaincu par votre constat sur l’action du soleil plus forte que d’habitude en avril. Il me semble que j’ai pu observer la même chose, rougeur et pelade inhabituelles en cette saison, sur Moitié.
eclair dit
de rien, mais on a trop tendance à montrer le sommet de l’iceberg en en parlant que du textile sans voir le reste.
->C’est pas simplement une constatation empirique. Pour le soleil, l’OMS avait émis une note pronant de se proteger du soleil en ce début d’année à cause justement de la faiblesse de la couche d’ozone. Cela n’avait fait qu’un entrefilet dans les journaux écrit.
Pierre Jolibert dit
Je sais, croyez bien que j’avais suivi toutes vos interventions là-dessus.
Pierre Jolibert dit
Jean Gimpel, “La Révolution industrielle du Moyen Âge” (dommage), 1975.
“Dans l’économie de l’Occident médiéval, la laine fut la matière première la plus importante. Les grandes entreprises de l’industrie lainière, déjà capitaliste, implantées en Flandres et à Florence, absorbaient plus de dix millions de toisons par an. Leur existence même dépendait de la livraison régulière de cette énorme quantité de laine. Quand le producteur principal, l’Angleterre, menaçait de couper l’approvisionnement, l’industrie de la laine était pratiquement réduite au chômage. C’est ce qui arriva, en 1297, en Flandres, où le manque de laine engendra misère et famine. Le pays se vida parce que “les gens ne recevait plus les laines d’Angleterre” [phrase extrapolée à partir de quel exemple précis ?]”
(…) “Tandis qu’en Angleterre, les moines se spécialisaient dans l’élevage du mouton et l’exportation de la laine, en France et en Allemagne, dans certaines provinces favorables, les moines plantaient des vignes et exportaient du vin.(…) En Allemagne, les cisterciens d’Eberbach furent les premiers, semblent-ils, à réussir la culture de la vigne en terrasse, à flanc de colline. Ils possédaient leurs propres bateaux et faisaient naviguer sur le Rhin, principalement vers Cologne, les 215 000 litres de vin qu’ils vendaient en gros aux détaillants locaux. Ces chiffres élevés révèlent un commerce vinicole très actif, lié à une amélioration générale du niveau de vie dans l’Europe occidentale des XIIe et XIIIe siècles.”
Et plus il y a de richesses, plus il y a d’enjeux pour les guerres.
Mais non, va dire Kaplan : les guerres sont chaque fois liées à des replis protectionnistes conjoncturels.
Saul dit
“Soyons sérieux : combien d’exploitations agricoles ont été délocalisées en Chine ces dernières années ?”
vous nous rappelez où sont produit la grande majorité des fruits et légumes que vous mangez ?
petit rappel historique : au Moyen Age, contrairement à ce qu’affirme Kaplan, la mondialisation et les échanges commerciaux internationaux existaient déja, la route de la soie, ça devrait vaguement rappeler quelque chose…
tout comme le développement des Hanses et autres ligues commerciales : développement des marchés et foires à l’échelle européenne accompagnée donc de la circulation des marchandises à la même échelle etc.
bref la réalité historique dément totalement cette vision fantasmée d’un moyen age autarcique.
entièrement d’accord avec Maquisart et Nedobejkine.
ainsi que Gwalachaved : les arguments présentés sont interessants, mais tout de même biaisée par une vision idéologique : ainsi “La conception égoïste d’un « intérêt général » indépendant de nos intérêts individuels constitue le premier fondement de l’Etat totalitaire“, qui sont les premières notes de la partition libérale du genre “imposer une sécuité sociale est la première étape menant à Auchwitz, avec un détour par la Kolyma”
dernière chose :
“en 1972, un smicard devait travailler 2 265 heures pour s’offrir une Renault 5 ; aujourd’hui, 1 000 heures suffisent pour acquérir une Twingo”
en 1972, dans une famille française, un seul SMIC (apporté par le mari) suffisait à faire vivre une famille et même lui permettre de devenir propriétaire de son logement.
aujourd’hui, avec 2 SMIC, c’est plus vraiment la même chose….
mais dans le monde virtuel statistique kaplanesque, on n’aime pas voir la réalité. exactement comme les sovietiques qui présentaient des chiffres des statiqtiques totalement bidons
Maquisart dit
Saul, bien vu!
Pierre Jolibert dit
Oui, très bien vu.
D’ailleurs, les guerres du “Moyen Âge” (passons sur ce non-sens qu’est l’expression elle-même) sont peu séparables d’intérêts commerciaux et financiers. On se demande vraiment pourquoi toutes les puissances principales tiennent à ce point à maîtriser les villes flamandes, et pourquoi celles-ci tiennent tant à ne pas se laisser faire.
Et le cognac, je sais pas, mais les vins de Bordeaux et Cahors ils allaient loin.
isa dit
Je tente désespérément de comprendre le sens littéral “d’intérêt général” si ce n’est la somme d’intérêts individuels ou, par un autre prisme, cela débouche forcément sur la lutte des classes.
Si quelqu’un (e) a une définition.
En tous cas, c’est vous dire que les profs ne sont pas tous des gauchistes car c’est la première définition que je donne à mes élèves.
Gwalchaved dit
J’ai bien aimé cet article qui présente des arguments intéressants. Mais nous présenter le totalitarisme ou le moyen-âge comme alternative au libéralisme, je trouve ça assez malhonnête.
Ce qui m’intéresserait de lire de la part de M.Kaplan, ce serait l’articulation des arguments présentés ici avec une critique – qui a le droit d’être positive – du poids du secteur financier dans l’économie actuelle, avec les conséquences parfois fâcheuses que l’on sait.
Impat1 dit
Montebourg ne peut pas penser un instant qu’une “démondialisation” améliorerait le bien-être des Européens, en particulier des Français qui exportent 40 % de leur production. Il n’est peut-être pas très malin, mais pas à ce point.
Il prend donc cette posture parce qu’il y voit un créneau de popularité à prendre. La méthode est certes socialo compatible, elle est aussi mentalement malhonnête.
skardanelli dit
Au fait ! Sècheresse, spéculation sur la paille : on laisse faire ?
L'Ours dit
Je crains que tout le monde n’ait un peu raison.
Si on lit les réponse de skardanelli et de nedobejkine, on se demande en fait où sont les vrais nuances entre préférence communautaire et concurrence? La concurrence ne naît-elle pas parfois d’une préférence communautaire? Le protectionnisme ne vient-il pas souvent se nicher dans une concurrence dont le jeu libre n’est que de façade?
nedobejkine dit
C’est faux; Dans l’histoire du monde le libre échangisme a conduit à la guerre. C’est le protectionnisme qui a permis à l’Allemagne de développer son industrie au XIXème siècle. Les théories de List ont été mises en musique par Bismarck et c’est ce qui a permis à l’Allemagne de venir concurrencer l’Angleterre. Sans protectionnisme l’industrie allemande n’aurait jamais pu décoller. Les chinois utilisent le protectionnisme grâce notamment à une bureaucratie omniprésente à tous les échelons. A l’inverse, c’est la préférence communautaire donc une forme de protectionnisme à l’échelle européenne qui nous a permis de développer Ariane ou Airbus. Sans la préférence communautaire nous aurions encore des Boeing et lancerions nos satellites de Cap Canaveral. La concurrence totale avec des pays aux couts salariaux 20 fois moins importants et un non sens.
skardanelli dit
Très bon article. J’ai tout de même quelques remarques. Les Chinois importent peut-être du cognac mais qu’en est-il de leur protectionnisme industriel ? Fort bien pour le prix d’une Clio qu’en est-il du coût des études des enfants ? Du loyer d’une chambre dans une ville universitaire ? Qu’en est-il de l’ascenseur social ? Le protectionnisme serait une folie, mais ne rendons-nous pas cette folie séduisante en laissant éclater des scandales financiers qui naissent de dérégulations rendant le travail de la justice plus difficile ? En fait, comme chaque fois que je vous lis ou presque, j’ai l’impression que vous négligez dans vos analyses les milles facettes culturelles qui comptent autant dans la vie des hommes que le seul fait économique. Le sentiment de justice sociale par exemple.
eclair dit
kaplan, 2 millions d’emplois industriels disparus depuis 2000.
http://www.mesvaccins.net/home/news.php?id_news=1543
il y a une augmentation très nette des cancers dans les pays en voie de développement notamment à cause de la pollution et des pesticides.
APrès le textile argument foireux. Le prix du textile n’a pas baissé seules les marges ont été plus importantes.
Et entre choisir un produit qui dure plus longtemps et un produit foireux prefere payer plus cher et que cela dure.
Dans les années 70 la france produisait de tout. ALors sortir qu’aujourd’hui les mêmes types de produits ne sont plus produit en france et c’est pour ça qu’il faut remercier la mondialisation.
EN plus 10 millions d’américains produisent autant que 100 millions de chinois parce que les chinois n’ont pas autant automatisés. quand ils le feront vous croyez qu’il y aura encore assez de boulot chez eux?
De toute façon le système est en voie d’effondrement, les USA sont proche de la banquerouite si les USA chute la mondialisation vous pouvez l’oubliez.
Vous etes completement à contre courant la démondialisation avec la montée du pétrole est inévitable on va chercher à réduire les couts de transport alors faire produire à l’autre bout du monde ça vas un temps.
Après venez pas parlez des déficits de la france en pronant le mondialisme à outrance.. Avec 4 millions de chomeurs autant de travailleurs pauvres s’ils n’ont pas des aides ils ne pourront rien acheter.
EN plus la zone euro est la seule zone sans protection aucune à ces frontières.
la chine en a. les USA en ont.
eclair dit
sinon l’autre option qui est sérieusement envisagé s’est de faire des porte conteneurs à propulsion nucléaire. Vous avez aimez fukushima vous aimerez les porte conteneurs nucléaires.
expat dit
Hello Georges. Bon article comme d’hab. Mais tu vas te faire assassiner par des JL et cie. Bon courage !
say yes dit
Vous devriez réfléchir à la notion d’intérêt général…
say yes dit
Et désolé mais Google n’entre pas dans l’équation. D’ailleurs, ce n’est pas une équation.
say yes dit
“En somme, Montebourg postule l’existence d’un intérêt général européen en contradiction avec celui des non-Européens tandis que Boughezala lui oppose un intérêt général français incompatible avec celui des étrangers.”
“En somme, donc…” Somme de quoi? “En contradiction… Incompatible…” l’ont-ils dit, l’ont-il écrit? Ou sous-entendu?
say yes dit
Pas d’alternative au binarisme?
Marie dit
@Maquisart
Vous placez le patriotisme à un endroit étrange. Nous ne sommes pas en période de guerre et c’est heureux, ou consommer local était une néccesité impérieuse. J’aimerais beaucoup que vous m’expliquiez comment on va demander aux français de ne plus acheter de portables de télé écran plat par exemple puisque ces produits ne sont pas manufacturés en France .
Maquisart dit
”Messieurs Montebourg et Boughezala peuvent-ils m’expliquer en quoi l’intérêt général de ma petite famille est compatible avec celui de mes voisins ?”
Kaplan, ça s’appelle la Nation. Je pourrais passer des heures à t’expliquer ce qu’est le patriotisme, mais ce serait peine perdue avec un libéral de ta trempe.
Kaplan reconnaît quand même que la famille est déjà une sphère d’intérêts général. La prochaine étape de “son anti-moyenagisme” sera les TIG pour ses mioches, histoire qu’ils comprennent la valeur marchande de leur travail.
pirate dit
Non qu’ils comprennent LEUR valeur marchande dans le monde du travail. Malheureusement ils ne sont pas chinois, ce sont juste des ventres sur lequel on investi un avenir, mais rassurons nous, bientôt même leur éducation pourra rapporter des sous, beaucoup. Et après tout c’est ce qui importe, parce que l’argent ça se mange.