Nourrir dans la dignité | Causeur

Nourrir dans la dignité

Une troisième voie entre l’hystérie végan et les abattoirs industriels

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 04 octobre 2016 / Économie Société

Mots-clés : , , , , ,

Il est possible de produire de la viande en respectant les animaux. À condition que le client accepte de payer son bifteck plus cher.
animaux l214 abattoirs oaba

Vaches laitières en Bretagne. Hannah Assouline.

Il aura suffi de trois vidéos tournées en caméra cachée pour mettre en émoi l’opinion. À Alès en octobre, au Vigan en février, à Mauléon-Licharre en mars, on voit des employés d’abattoirs jetant des moutons vivants par-dessus des barrières, les assommant avec un crochet métallique, gazant des cochons agonisant dans une fosse, et achevant ces animaux perclus de douleur. Ces images aux allures de snuff movies ont été diffusées par l’association L214, article du Code rural qui reconnaît la « sensibilité » des animaux. Le cofondateur de l’ONG, Sébastien Arsac, la quarantaine, ne se cache pas derrière son petit doigt : « Notre but est l’abolition des abattoirs. Même si la biographie d’une vache n’est pas comparable à la vie d’un humain, imaginez les mêmes images avec des humains torturés et persécutés, ça fait penser à un camp d’extermination ! »

Derrière cette reductio ad hitlerum, point une idéologie bien précise : l’antispécisme. Théorisée par le philosophe australien Peter Singer, auteur de La Libération animale, cette théorie fait de l’animal une minorité opprimée comme les autres (femmes, noirs, homosexuels) et, en conséquence, voit dans toute différence de traitement entre bêtes et hommes une forme de racisme. Dans la droite ligne des Cahiers antispécistes, Sébastien Arsac et sa compagne Brigitte Gothière ont d’abord créé « Stop gavage » – pour dénoncer la fabrication du foie gras –, puis échafaudé L214 en 2008 afin de faire valoir un principe cardinal : « Le fait d’appartenir à une autre espèce que l’espèce humaine ne devrait pas être un système de discrimination », explique-t-il. Adieu, veaux, vaches, cochons et couvées de nos assiettes ? Pour un végan digne de ce nom, un seul critère d’appréciation compte : l’aptitude des animaux à ressentir des émotions. « Je n’aurai aucun problème à manger des huîtres et des moules si on me démontre demain qu’elles n’ont aucune sensibilité », m’avoue Sébastien, ravi que « 95 % des Français pensent qu’on ne doit pas tuer les animaux sans nécessité ». Probablement les mêmes qui prétendent regarder Arte tous les soirs…

[...]

  1. Un chiffre en constante diminution depuis quinze ans, en raison de la concentration des abattoirs.
  2. Selon le rite judaïque, l’animal doit être entièrement conscient lorsqu’on l’abat. À noter que les abattoirs cashers représentent moins de 1% du total des abattoirs français.

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    publié dans le Magazine Causeur n° 97 - Septembre 2016

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    • 6 Octobre 2016 à 9h34

      gege26 dit

      mais,pourquoi ne parlent ils pas de la souffrance des plantes

      • 6 Octobre 2016 à 23h58

        Sancho Pensum dit

        Les plantes ne souffrent pas. Elles n’ont pas de système nerveux.

        • 8 Octobre 2016 à 9h53

          Laurence dit

          Vous savez qu’il y a peu les médecins omniscients disait la même chose des bébés. Vous êtes à peu près aussi suffisant et con qu’eux.

      • 7 Octobre 2016 à 0h06

        Lector dit

        aaaah le cri de la carotte..!

    • 6 Octobre 2016 à 7h00

      Pyrrhon dit

      Les animaux sont dénués d’âme. Les hommes aussi, mais depuis des millénaires ils croient le contraire, et ils rêvent même d’atteindre l’état de pur esprit. Dans les villes, surtout.
      Mais leurs corps n’ont pas seulement le goût de la viande, ils en ont besoin. Et ce déni, à la mode, de leur nature d’omnivores, met en danger la santé de leurs enfants, qui ont à construire leur corps.
      Alors qu’on améliore la manière de produire de la viande à partir d’animaux vivants, qu’on lutte contre la routine qui s’empare des employés d’abattoirs, bien sûr, c’est un fait de civilisation, mais qu’on ne tombe pas dans la sottise du déni. 

      • 6 Octobre 2016 à 16h24

        Sancho Pensum dit

        Le végétarianisme ne met aucunement en danger la santé des enfants. On peut aimer la viande ou pas pour des tas de raisons, mais certainement pas parce qu’on en a besoin. On a besoin, c’est vrai, de protéines, mais on en trouve en abondance, et de bonne qualité, dans plein d’autres aliments que la viande.

    • 5 Octobre 2016 à 17h14

      Hannibal-lecteur dit

      Tous ces articles sur la consommation des animaux ne tiennent aucun compte de ce phénomène pourtant fondamental, de ce mirâcle de la nature qui transforme sans effort des produits naturels immangeables comme l’herbe en nourritures succulentes, viande, lait, œufs, etc. 
      Il s’agit là d’un processus qu’aucune technique actuelle n’est en mesure de remplacer même à un coût prohibitif.
      Alors que tous les végans et ahuris du même tonneau financent avec leurs petites économies d’abord la nourriture de leur choix et sa production sans pollution et je réfléchirai si j’y goûte… 

      • 5 Octobre 2016 à 18h17

        Sancho Pensum dit

        Il est probable que les nazis pensaient la même chose des Juifs, humains infréquentables, dont la transformation idoine permettait d’obtenir de précieux savons.
        Il y a une différence fondamentale entre tuer une proie pour se nourrir, comme le font de nombreux animaux et organiser, à grande échelle, l’élevage d’animaux en vue de leur extermination.
        A ma connaissance, si l’élevage existe dans le monde animal (exemple : pucerons/fourmis), nous sommes les seuls à engraisser des animaux pour les tuer.

        • 6 Octobre 2016 à 7h04

          Pyrrhon dit

          Nos très lointains ancêtres étaient des chasseurs. Quand ils ont été plus nombreux et sont revenus de plus en plus souvent bredouilles, des malins ont inventé l’élevage.

        • 7 Octobre 2016 à 0h05

          Lector dit

          bredouilles d’où chasseurs-cueilleurs pour être exact et charognards du même coup. Mais pour inventer l’élevage il ne fallait pas revenir bredouille vu qu’il a d’abord fallu parquer des animaux sauvages.

    • 5 Octobre 2016 à 12h09

      citoyensilencieux dit

      il va falloir éliminer tous les animaux carnivores. Notamment interdire les chats qui s’amusent avec les souris vivantes !

    • 5 Octobre 2016 à 12h08

      citoyensilencieux dit

      Il va fa

    • 4 Octobre 2016 à 19h18

      malaimé dit

      Cette reductio ad hitlerum me rappelle l’histoire de la pancarte “Interdit aux juifs et aux chiens”. Pourquoi aux chiens ?
      L’abattage des juifs a toujours été beaucoup moins préoccupant que l’abattage animal.
      Par ailleurs l’abattage casher et hallal tel qu’il est réalisé aujourd’hui résulte d’une mauvaise interprétation des livres sacrés qui recommandent uniquement de ne pas manger d’animaux déjà morts, de maladie ou d’accident.

      • 4 Octobre 2016 à 20h20

        Rico dit

        Comprend pas?

        L’animal vivant est non estourbi est égorgée.
        Il est laissé après la prière en agonie pendant près d’un quart d’heure ou il se vide de sons sang.

        Si ça vous préoccupe pas,moi si,car une ideologie qui tue dans la souffrance un animal ne peut être prioritaire humainement face a des des mesures sanitaires dans le seul but de nourrir la gente humaine,et dénués d’une idéologie brutale voir,folklore d’un autres temps.

        Que viennent faire vos propos du début,plutôt sectaire,qui n’ont rien de pertinent sur ce sujet de la souffrance animale.
        Vous allez pas nous refaire le coup de la victimisation communautaire tout de même car le cacher comme le halal sont des rites violent qui n’ont plus lieu d’être dans un système alimentaire ou la souffrance animale compte avant tout.

        C’est une question morale avant tout. 
         

           

    • 4 Octobre 2016 à 17h18

      thierryV dit

      Il faut bien reconnaître que le fait de bouffer des etres vivants est passablement barbare en soi . Ce marqueur des habitudes humaines ne suffit malheureusement pas à résoudre l’un des deux ou trois gros problèmes qui menacent directement l’avenir de l’espèce. 
      Rien de ce que nous connaissons n’aurait existé si nous avions trouvé le moyen d’arrêter de multiplier aussi vite que des Gaspard .
      Il semble d’ailleurs que cette porte e sortie soit réellement inaccessible tant les promesses de grands malheurs prédites et vérifiées chaque jour, n’ont aucun impact sur les politiques suicidaires de financement des naissances. Sans doute sommes nous vraiment destiné à disparaître ?

      • 4 Octobre 2016 à 18h34

        Rico dit

        thierryV

        En aparté.

        Concernant la démographie,l’animal la gère selon l’ampleur de son territoire et pas l’humanité.
        Signe de survie de l’espèce et d’une intelligence tout “bête” a prendre en compte.

        Toutefois,n’oublions pas les propos du Pape parlant dans des propos outrancier de “veille Europe stérile” qui doit donc laisser libre court a la fornication d’une immigration naturellement non désirée afin d’enfanter pour son salut,a cette “vielle Europe”.

        L’Europe pourrait gérer ses naissances au fur et a mesure qu’elle vieillissaient mais le modernisme d’un système liberticide a coup de boutoir féministe accouplés aux pertes de principes patriarcaux,il faut bien le dire, en ont décidés autrement.

        Ça ne date pas d’hier car même lors de l’occupation,le gouvernement Vichyste avait mis en avant “ses coquettes” voulant garder la ligne plus que d’enfanter et d’une jeunesse préférant l’oisiveté et le cinéma qui deja se posait la question du divorce avec ou sans enfants.

        C’est vous dire,et pas de conclusion hâtive me concernant,car je cite cette anecdote a titre informatif en n’oubliant pas le refus de l’église en matière de contraception qui devrait prêcher,plutôt que l’envahissement de notre “vielle Europe” (Terme pour le moins charmant),la leçon d’une sexualité contrôlée aux pays sous développé économiquement,mais sur-développé démographiquement.

        Sur ce problème démographique,des décisions futurs perturberont évidemment l’humanité a n’en pas douter et cela a deja commencé chez nous du reste.

          

            
           
          

      • 5 Octobre 2016 à 17h04

        Hannibal-lecteur dit

        ThierryV permettez-moi de vous traiter de barbare infect, en effet, si vous bouffez des êtres vivants…
        Mais quand ils sont aussi morts que chez mon boucher…j’ai beaucoup moins de scrupules…euh, pour tout dire, pas de scrupule du tout, et qu’est-ce que je me régale, bou diou, qu’est-ce que c’est bon, alors vos réserves de puceau de la nourriture, hein, vous pouvez vous …heu, faites-en ce que vous voulez , je m’en colin-tamponne, mais alors, avec quel plaisir, ah, mon pauv’monsieur, et vous pouvez bien râler tant que vous voudrez, hein, ça ne le fait pas moins bon, mon bifteck… 

    • 4 Octobre 2016 à 17h03

      A mon humble avis dit

      Le végétarisme est un trouble alimentaire, fortement susceptible de provoquer des carences. Homo sapiens est omnivore depuis toujours, parce que les pré-humains l’étaient déjà : c’est ce qui leur a permis de survivre, et donc à nous d’exister.
      Notre physiologie est de ce fait adaptée à cette alimentation, et il est nécessaire de manger varié -végétal et animal- pour se maintenir en bonne santé.
      Pour manger sa viande, il faut tuer l’animal ; la sensibilité exacerbée de certains en est offusquée, mais c’est une vision idéologique et désincarnée (terme judicieux !) du monde – dans laquelle toute vie animale serait sacrée- de prétendre qu’il est inacceptable de tuer une bête pour s’alimenter.
      La barbarie que croient voir les végétariens dans l’abattage n’existe pas là où ils le pensent: elle est dans la façon de tuer, pas dans la nécessité de le faire. A cet égard, les rites juifs et musulmans d’abattage sont effectivement barbares, et seuls ceux-là devraient être interdits.

    • 4 Octobre 2016 à 16h19

      Rico dit

      « 95 % des Français pensent qu’on ne doit pas tuer les animaux sans nécessité »

      Moi aussi,mais la nécessité de se nourrir d’une alimentation variée rend caduque l’utilisation de cette enquête pour n’ y voir qu’un désir végétarien,végétalien ou vegan.
      Ce qui est faux.

      Franchement,a chaque fois qu’un lobby alimentaire,fort d’une doctrine,nous gave de bons-sentiments,ils s’en prennent toujours au plus facile.

      Si des malfaisances sanitaires existe dans notre culture Occidentale,il faut y remédier avec dureté et c’est pas vraiment contraignant car notre culture ne se soumet pas a un rite religieux qui l’oblige a faire souffrir l’animal.

      Par contre,les rites du halal et casher bénéficiant de dérogations et de passe droit sont intolérables car,la souffrance attenantes a ces rituels que nos bons-samaritains vegan et autres devraient renvoyer aux confins d’un archaïsme dépassé.

      Mais comme toujours,il y a ceux qui ne peuvent pas se planquer derrière la façade communautaire,et qui déguste.

      Sur ce sujet,BB était la plus sincère et la plus honnête,mais la encore,marquée du sceau de ceux qui voudraient diriger nos lois.

      Quand au – 1% cacher sans oublier le halal ,c’est a voir.
       
      “http://www.dailymotion.com/video/xhyizm_abattage-rituel-nous-mangeons-tous-de-la-viande-halal-et-casher_animals”
      Âme sensible,s’abstenir.

       On se moque de nous,Chrétien ou athée dans ce cas précis,et de notre choix philosophique a refuser la viande d’un animal torturé et tué sans étourdissement par égorgement. 

       
       

    • 4 Octobre 2016 à 14h19

      Orior1638 dit

      A propos de L214, je fais un petit calcul : 17 employés, payés au smic, c’est un coût minimal de 1574€ par mois, donc ça représente 321 000 € par ans.
      Donc 20 € par adhérents. Si on rajoute à ça, les frais de fonctionnement (locaux, site internet, déplacements,…), les frais de collecte des dons, je me pose la question de la somme in fine disponible.
      Soit cette association ne sert qu’à faire vivre ses permanents et tous passe en budget de fonctionnement, soit elle a des donateurs très généreux (qui donnent tous en moyenne bien plus que 20-25 € nécessaires au fonctionnement de l’association), soit enfin, cette association reçoit directement de l’argent public (hors les dons déductibles).
      Mais curieusement, je n’ai trouvé aucun détails sur le site internet tant à propos du financement que de l’utilisation des fonds…

    • 4 Octobre 2016 à 13h32

      bu2bu dit

      Abattoirs casher, 1% des abattoirs Francais ? Ben, c’est 1% de trop, et je voudrais connaître le nombre d’animaux que cela représente, ce qui serait autrement parlant.
      Berf, casher et halal, deux saloperies qui devraient disparaître, et c’est facile à faire techniquement, puisque ces méthodes immondes ne fonctionnent que par dérogation.

      Politiquement c’est plus difficile, il s’agirait de dire ” fuck you ” aux lobbies juifs et musulmans. Ce dont aucun politicard n’est capable de faire, à ma connaissance.
      Donc, ces horreurs vont perdurer, alors qu’un consensus est tout à fait possible, que l’on soit végan ou viandard- comme je le suis.
      La lâcheté des politiques, leur dégringolade morale, apparaît sur ce sujet, éclatante.