“L’Europe aura sa crise des subprimes”

Entretien avec l’économiste Jean-Luc Gréau

Publié le 30 juin 2010 à 12:30 dans Économie

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Jean-Luc Gréau

Jean-Luc Gréau est économiste, ancien expert du Medef. Il a notamment publié : La Trahison des économistes (Gallimard, 2008).

Commençons par le dernier rebondissement dans le feuilleton de la crise : la baisse de la note de la dette espagnole. La détresse du marché espagnol du crédit foncier rappelle à notre bon souvenir la dette privée, question occultée depuis un moment par celle des dettes souveraines. Est-ce que cela repart comme en septembre 2008 ?

Vous insistez sur un fait central occulté par les économistes médiatisés et les journalistes. La crise des dettes publiques européennes se situe dans le sillage d’une crise historique des dettes privées qui a son épicentre aux États-Unis, pays de 300 millions d’habitants et première économie mondiale. Cette crise des dettes privées, symbolisée par l’effondrement du “subprime rate”, trahit le surendettement des ménages dans différents pays occidentaux : États-Unis, Royaume-Uni, Espagne, mais aussi Australie, Irlande, Portugal, Hongrie, Estonie. Elle est la cause directe de ce que nos amis Américains nomment aujourd’hui la “Grande récession” pour marquer la singularité de la crise actuelle dans l’ensemble des récessions de l’après-guerre. Or, la Grande récession a dévasté les comptes des États, y compris de ceux dont la situation apparaissait bonne, voire excellente. Et cela, de trois façons : en réduisant mécaniquement les recettes fiscales ; en transférant vers certains Trésors publics les pertes des banques nationalisées ou secourues par ces Trésors ; en incitant certains gouvernements à des mesures palliatives de soutien de l’activité, prises dans le souci de ne pas voir la récession tourner à la dépression.

Mais l’Espagne représente une illustration parfaite de cette liaison dangereuse entre la dette privée et la dette publique. Les ménages espagnols sont tout aussi endettés que leurs homologues américains. L’effondrement de l’économie locale, qui a supprimé plus de deux millions d’emplois, les rend largement insolvables, cependant que l’effondrement des recettes détruit le crédit de l’État espagnol. Point remarquable : il y a trois ans encore, cet État était encore excédentaire et affichait un niveau de dette largement inférieur à celui de la zone euro. Mieux encore, il a bénéficié un instant de conditions d’emprunt meilleures que l’État allemand. En 2006, le “benchmark” européen, c’était l’Espagne !

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  • 1 July 2010 à 18h12

    Aymenon dit

    « Faut-il modifier les conditions du salariat en introduisant du variable, du mérite, en supprimant ou en aménageant les « stock-options » ? Deuxième débat : faut-il privatiser et si oui, quoi, sinon, pourquoi ? Au-delà des domaines précis – les entreprises, les retraites, les assurances maladies…- se dessinent les contours du nouveau modèle français. Troisième débat : la sécurité et ses règles, qu’il s’agisse des garde-fous à installer pour réguler le libéralisme, de la protection des travailleurs – donc du CDI ou du contrat unique, ainsi que de l’avenir des syndicats, de la pérennité – financière – et patrimoniale des entreprises. »

  • 1 July 2010 à 18h11

    Aymenon dit

    http://www.politique-digitale.fr/politique-economique-de-droite-politique-economique-de-gauche-article00102.html
    « Aucun homme politique, quel que soit son parti, ne peut échapper à trois contraintes économiques fondamentales : la mondialisation (et sa conséquence, la compétition), la financiarisation des stratégies – notamment d’entreprise -, la définition des normes et des règles hors du champ national. Cela posé, il reste à examiner les marges de manœuvre qui subsistent, ce qui définit précisément une politique de gauche et une de droite. Tel est l’objet de ce livre et, contrairement à ce que serinent les médias, les marges sont nombreuses, ce qui laisse présager des débats sans précédents depuis 1981. A commencer par celui sur le partage entre les salaires et les profits : faut il augmenter le smic à 1500 euros ou bien le coût moyen du travail non qualifié, déjà le plus élevé de l’Europe, ne handicaperait-il pas toute relance et baisse du chômage ? »

  • 1 July 2010 à 17h57

    Aymenon dit

    « Aucun homme politique, quel que soit son parti, ne peut échapper à trois contraintes économiques fondamentales : la mondialisation (et sa conséquence, la compétition), la financiarisation des stratégies – notamment d’entreprise -, la définition des normes et des règles hors du champ national. Cela posé, il reste à examiner les marges de manœuvre qui subsistent, ce qui définit précisément une politique de gauche et une de droite. Tel est l’objet de ce livre et, contrairement à ce que serinent les médias, les marges sont nombreuses, ce qui laisse présager des débats sans précédents depuis 1981. A commencer par celui sur le partage entre les salaires et les profits : faut il augmenter le smic à 1500 euros ou bien le coût moyen du travail non qualifié, déjà le plus élevé de l’Europe, ne handicaperait-il pas toute relance et baisse du chômage ? Faut-il modifier les conditions du salariat en introduisant du variable, du mérite, en supprimant ou en aménageant les « stock-options » ? Deuxième débat : faut-il privatiser et si oui, quoi, sinon, pourquoi ? Au-delà des domaines précis – les entreprises, les retraites, les assurances maladies…- se dessinent les contours du nouveau modèle français. Troisième débat : la sécurité et ses règles, qu’il s’agisse des garde-fous à installer pour réguler le libéralisme, de la protection des travailleurs – donc du CDI ou du contrat unique, ainsi que de l’avenir des syndicats, de la pérennité – financière – et patrimoniale des entreprises. »

  • 30 June 2010 à 23h25

    fatback dit

    BvB09,
    C’est pas grave.

  • 30 June 2010 à 19h51

    BvB09 dit

    j´ai donc gagné mon pari… avec moi-même
    c´était bien vous le “1″.
    N´y auraient-ils pas 3 libéraux avec vous?
    Kessler n´est pas très “vendeur”, Madelin s´est retiré… Il n´y plus que vous Fatback.

  • 30 June 2010 à 13h07

    fatback dit

    C’est fou ça… On m’avait pourtant affirmé que la France était un pays ultra-libéral et voilà l’ancien économiste en chef de la première organisation patronale qui nous explique qu’il faut faire du protectionnisme, qu’il faut faire de la dévaluation compétitive, qu’il faut poursuivre les plans de relance…
    .
    Alors donc on a bien 2 libéraux (Denis Kessler et Alain Madelin) et N-2 antilibéraux (N tendant vers les 67 millions).