L’Apocalypse, un marché durable
A qui profite la religion de l’environnement ?
Il y a des livres que l’on dévore comme un épi de maïs 863 de chez Monsanto. Avec une gourmandise confuse. Sylvie Brunel nous offre l’un de ces plaisirs croustillants dans un petit volume aux allures de pamphlet : A qui profite le développement durable ?
Professeur de géographie à Paris IV-Sorbonne, économiste et spécialiste des questions de développement1, Sylvie Brunel bat en brèche le discours dominant qui fait du “développement durable” une vérité révélée, devant laquelle chacun est pieusement invité à suspendre son jugement. Al Gore est grand, Nicolas Hulot est son prophète et nous irons tous, pollueurs planétaires que nous sommes, brûler dans l’enfer climatique qu’on nous promet.
Foin des discours apocalyptiques sur le global change. Pour Sylvie Brunel, le développement durable est avant tout une idéologie qui ne dit pas son nom : “Le développement durable intronise la mondialisation d’une conception du monde directement inspirée de ce que Tocqueville qualifiait dès 1835 de l’”esprit de religion” américain, mélange de puritanisme et de messianisme qui marque toujours la société anglo-saxonne : omniprésence du religieux, croyance en de grands mythes sur la culpabilité de l’homme face à une nature déifiée et idéalisée, valeur de la rédemption et de la pensée magique (“si je commets cet acte salutaire, je sauve la planète, et moi avec”).”
Et, selon Sylvie Brunel, la nouvelle religion du développement durable ne s’embarrasse guère de détails : tout va très mal, le climat se dérègle, la Nature se venge. On en oublierait presque les travaux d’Emmanuel Le Roy Ladurie sur l’histoire du climat, qui montre que l’Europe après avoir connu une phase de réchauffement est entrée dans un petit âge glaciaire du XIVe au XIXe siècle, avant de connaître à partir de 1850 une nouvelle période de réchauffement. La cause ? L’inclinaison orbitale et l’activité solaire. Pas la révolution industrielle, qui commençait à peine. On en oublierait aussi que les prédictions liées au climat prévoient une augmentation des températures de 1,4 à 6 °C d’ici le prochain siècle : du simple au quadruple…
En 1968, les Nations Unies annonçaient qu’en 2100 la Terre compterait 700 milliards d’êtres humains, provoquant un affolement général (c’était l’époque de René Dumont appelant au contrôle démographique) : aujourd’hui, les démographes s’accordent sur le fait que la population mondiale se stabilisera entre 9 et 10 milliards vers 2100, les pays du Sud, Afrique comprise, ayant déjà amorcé leur transition démographique.
Pourquoi donc cultiver la terreur écologique ? Parce que, explique Sylvie Brunel, cela arrange tout le monde. C’est même, pour reprendre la formule de Condolezza Rice lors du tsunami de décembre 2004 qui permit aux Etats-Unis de reprendre pied en Indonésie, “une merveilleuse opportunité”. Seul organisme présumé capable d’affronter le “changement climatique planétaire”, l’ONU se voit réinvestie d’une “position de leader”. Les ONG bénéficient de subsides gouvernementaux de plus en plus conséquents. Les pays riches peuvent stigmatiser la production des pays en voie de développement, leur imposer des barrières douanières, non plus au nom du bon vieux protectionnisme, mais pour préserver l’avenir de la planète… A haute dose de moraline verte et vertueuse, le business écologique fait recette. Les affaires sont les affaires.
Dans ce petit livre frais et salvateur, qui ne manquera pas de passer inaperçu (l’apocalypse, ça fait vendre du papier – recyclé, cela va de soi), Sylvie Brunel nous montre enfin qu’on peut penser l’écologie et les grands problèmes mondiaux sans pour autant devoir se crever les yeux face à la réalité et ranger l’esprit critique au magasin des accessoires.
- Sylvie Brunel est l’auteur d’ouvrages de référence sur la question des relations Nord-Sud ; elle a notamment signé les deux éditions de Développement durable, dans la collection “Que sais-je” aux Presses universitaires de France. A la ville, elle est l’épouse d’Eric Besson, ce qui fera dire aux mauvaises langues que la félonie est conjugale. ↩
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L'auteur
François Miclo est rédacteur en chef de Causeur magazine. Twitter : @fmiclo
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Ludovic-Lefebvre dit
Je me suis baigné dans la Moselle et c’est vrai qu’elle est dégueulasse, pleine de produits chimiques, il y a de la pollution, certainement pas suffisamment pour détruire la planète l’an prochain. Pour dépolluer une bonne fois pour toute, il faut éliminer les trois quarts de la population mondiale et vivre un moment sur l’excédent.
Ludovic-Lefebvre dit
Peter Pan (Hortense), gardez la cocotte minute pour me faire de bons petits plats quand je vous aurai épousée (pourrons-nous garder le vouvoiement ? J’aime beaucoup). Et il me semble qu’il vaille mieux d’abord laisser les démocrates, les gueux s’entretuer, ils sont si nombreux, avant que nous ne posions des bombes en amoureux pour pouvoir retrouver un château.
Merci Devlin de me dire merci. Ce constat n’est hélas pas de moi, je l’ai emprunté à un brillant universitaire dont je tairai le nom pour sa tranquillité d’esprit.
Laripette dit
Je sens là une forme d’autobiographie. Va, l’essentiel est de garder un esprit sain!
Paul dit
Ah ben oui, un type sensible à l’ozone, intoxiqué à l’amiante, atteint par la radioactivité et picolant de l’eau polluée, je ne veux pas dire, mais ça devient un peu sa faute…
Laripette dit
Dormez la conscience tranquille. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes que seuls perturbent les méchants écoterroristes. Notre société est immaculée et si certains (enfants et vieillards) sont sensibles à l’ozone, si d’autres ont été intoxiqués par l’amiante, si d’autres enfin ont la mauvaise idée d’être atteints par la radioactivité, s’il y en a qui ne sont pas capable de boire de l’eau chimiquement polluée, … tout cela est leur faute. Comme les dinosaures ces gens là n’ont pas su évoluer! Tout comme il y en a qui ne savent évoluer dans notre société.
Peter Pan dit
Et les dinosaures c’est de la faute d’Areva et du Kerozen peut-être? J’accuserais bien Kerviel aussi, je suis certaine que c’est une autre de ses manigances.
Devlin dit
@Ludovic
Bravo pour le “reductio ad hitlerum “. Et oui quand on y pense…………
Paul dit
Sin Hik : 99,9 % des espèces présentes sur Terre ont disparu ? C’est une assertion totalement gratuite. Elle ne veut rien dire du tout. Vous connaissez Darwin, l’évolution ? Vous regrettez la disparition des dinosaures, de certains virus ? Et puis, vous faites quoi des OGM : ce sont de nouvelles espèces !
Sin Hik dit
99,9% des espèces présentes sur Terre ont disparu…ce n’est pas elle qui est en danger.. mais bien nous….
allez y consommez toujours plus…!! Profitez en bien… mais de grâce gardez votre égoïsme pour vous.. et ne faites donc pas d’enfant…
Laripette dit
Comme il est de bon ton de prendre les accents éplorés, cyniques et tellement sûrs de leur intelligence, des gens qui ne ve vont pas entrer dans la sensibilité du moment! Etre (un peu) réactionnaire, ça pose son homme, ça donne une posture d’un à qui on ne la fait pas !
Voilà cinquante deux ans que j’habite en campagne et je n’ai pas besoin que des courtisans de salons parisiens me donnent des leçons pour voir; Voir que les abeilles peu à peu disparaissent ainsi que les papillons, voir que nombre de variétés oiseaux disparaissent aussi; voir aussi le Méditerranée toujours plus polluée chaque année. Je vois aussi que le nombre de décharges sauvages a diminué mais que les incinéateurs nous polluent toujours plus. Ni puritain, ni religieux, ni laïcard, ni politicard, je peux me dire qu’on peut se tromper dans des prévisions mais pas au point d’insinuer que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes n’en déplaise aux aigris et autres terroristes.
De toutes façon, d’ici vingt ans j’aurai crevé quand vous, à la veille du grand soir, aurez depuis longtemps oublié votre verbiage de salon.
Capatin Planet dit
Arrêtons de parler du côté marketing du DD…Oui c’est vrai le Greenwashing est à la mode!! Pas plus tard que ce matin en prenant le métro, un témoin de Jéhova distribuait des circulaires sur le réchauffement climatique!!
Revenons sur le côté originel de cette notion de développement durable. Je ne crois pas qu’elle soit un nouveau mode d’endoctrinement des populations (en tout cas j’espère…) Mais y travaillant depuis plusieurs années maintenant, je ne vous cache pas que je me suis longuement posé la question !!!
Il est vrai qu’en 1850 la planète à subit un réchauffement.. oui c’est vrai… en 1968 on prévoyait 700 milliards d’individus…très bien…
En 1850 nous étions tout juste un milliard d’individu (soit dit en passant, c’est la limite naturelle de démographie), aujourd’hui plus de 6.7 milliards… mais la Terre fait toujours la même circonférence…et les ressources naturelles qu’elle nous a offert et qu’elle a mis plusieurs milliers d’année à produire ont été « gaspillées » en quelques dizaines d’années…
Oui on pensait qu’il y aurait 700 milliards d’individus en 2100…et alors.. n’a-t-on pas cru que la Terre était plate ou encore que le soleil tournait autour ??
Le réel problème en dehors de l’utilisation abusive de la notion de développement durable, c’est la capacité de survie de l’espèce humaine sur des territoires réduits (changement climatique = fonte des glaciers = montées des eaux = pertes de terre cultivable, donc moins de ressources…= déplacement de populations…).
L’Homme a toujours cru qu’il était au dessus de son environnement (au sens large du terme) mais il n’est qu’un des éléments qui le compose…
Le développement durable n’est pas un secour porté à l’environnement écologique… mais bien à l’Homme lui-même…
Peter Pan dit
Ludovic, vous avez oublié un élément indissociable des pains de plastics, clous et bouteilles de gaz : la cocotte minute. Avez vous des informations à ce sujet? Je compte organiser quelques festivités..
Paul dit
Monsieur Jourdain faisait du slam ? J’étais sans le savoir alors. Merci.
Ludovic-Lefebvre dit
C’est le Leclerc de Sarcelle, chère Estelle. Pour cinq pains de plastic achetés, vous avez 50% de réduction sur les bouteilles de gaz et les boîtes de clous jusqu’au cinq août, dépéchez-vous.
Sarcelle, estelle, puis clous,août, vous. Je fais du slam sans le savoir comme monsieur Jourdain.
Ludovic-Lefebvre dit
Sans vouloir faire dans le “reductio ad hitlerum ” à mon tour, le sujet étant assez garni en ce moment dans ce salon, Le dictateur number one des années 40 a rêvé le paganisme, l’athéisme, l’écologie, les végétariens, la conquête du monde, les internationalistes libéraux libertaires l’ont fait.
Régis dit
Tout ceci me semble très intéressant, cependant quelque chose m’échappe dans ce passage:
“mélange de puritanisme et de messianisme qui marque toujours la société anglo-saxonne : omniprésence du religieux, croyance en de grands mythes sur la culpabilité de l’homme face à une nature déifiée et idéalisée”.
Et puis, on ne sait toujours pas si c’est à cause de la gauche tout ça…
Cordialement.
Estelle dit
Où est votre Leclerc, Ludovic L. ? J’aimerai bien trouver un peu de plastic en vente libre.
Modigliani dit
A qui profite le developpement durable? Pas aux femmes: laver les couches culottes de ses enfants et préparer soi même les repas, en achetant, à vélo, des produits bio…
Quelle regression!
Ludovic-Lefebvre dit
Au centre Leclerc, mais aussi chez la plupart de ses concurents, nous payons maintenant les sachets en plastic, au nom de l’environnement et du dévelopement durable, la caisse d’Epargne a des projets écologiques avec les sous que nous lui rapportons etc.
Ludovic-Lefebvre dit
C’est aussi un business lucratif. On nous demande de trier mes déchets afin de recycler, mais il ne nous est jamais offert un siège bébé, un pull polaire, un lot de piles. Pire, il m’est suggéré de racheter ce que j’ai déjà acheté sous une forme identique ou nouvelle au nom du sacro-saint environnement.
Et les voitures, si nous n’en achetons pas une plus chère et neuve qui plus est pour moins de rendement, nous payons une amende en plus d’être un salaud. La publicité en a fait son nouveaux cheval de bataille, son nouveau piège à cons, nous sommes bombardés, non d’obus, nous pourrions revendre le cuivre, mais de stimuli harcellant : ne détruit pas la planête.
Ce qui est le comble de cette écologie obsessionnelle est la prise de position bonne conscience des petits et grands pipoles. Non seulement, les dames ne peuvent plus se parer de vison à la manière d’une tsarine en week-end à Deauvile, mais en supplément, nous devons supporter la vision d’Eve Angéli ou de Loanna a poil contre la fourrure. Que dire de Noah et autres cosmopilites toujours entre deux avions because “this world is them” et qui viennent nous faire des chansons sur le méchant qui ne respecte pas la planète (aux arbres, citoyens)… ils polluent plus en deux mois que n’importe quel français lambda en trois ans.
Vous allez voir que la jet-set socialiste réussira à virer les pauvres en bagnole à Paris s’octroyant l’espace pour leur nez délicat sauf à leur pollution.