L’Islande, l’autre pays de la révolution
Ça capitule pas devant le capital…
Publié le 13 avril 2011 à 8:00 dans Monde
Mots-clés : Eyjafjöll, Islande, Vigdis Finnbogadottir

Un pays essentiellement connu pour ses grandes blondes, ses fjords, ses sagas, ses geysers et ses aurores boréales ne peut pas être franchement mauvais. J’ai donc pour l’Islande un a priori favorable. Il y a bien sa littérature policière qui, comme celle de tous les pays nordiques, sent le saumon fumé pas frais et la laine mouillée, et ferait passer Derrick pour James Bond, mais bon, on ne va pas chipoter. Je me souviens qu’il y a quelques années, quand on a recensé les armes possédées par des particuliers, on a dû trouver en tout et pour tout une dizaine de fusils de chasse dans ce pays d’un peu plus de 320 000 habitants. Je me souviens aussi que dans les années 1980, ils ont eu une présidente, Vigdis Finnbogadottir, ancienne directrice de troupe de théâtre, qui avait fait ses études universitaires à la Sorbonne, comme n’importe quel chef d’Etat africain, mais que contrairement à un chef d’Etat africain, elle avait été élue au suffrage universel et n’avait pas besoin de l’armée française pour lui expliquer qu’il fallait partir.
Même quand ils font dans la catastrophe naturelle, ces catastrophes naturelles qui sont tout de même autant de rappels de la fragilité et de la vanité de nos civilisations, les Islandais, contrairement aux Japonais ne choisissent pas l’épouvante absolue, radicale et définitive de l’holocauste nucléaire potentiel, mais l’éruption volcanique, certes spectaculaire mais non meurtrière d’Eyjafjöll qui envoya à la fin de l’hiver 2010 un gigantesque nuage de cendres dans l’atmosphère, paralysant ou désorganisant pendant plusieurs semaines le trafic aérien.
Le scénario qui apparaissait alors aux amateurs d’anticipation, pour peu qu’ils aient de l’imagination, c’était un avenir où le mot voyage aurait repris tout son sens, où la lenteur serait redevenue vertu, où le déplacement des populations n’aurait soudain plus été soumis à l’accélération permanente et absurde exigée par le tourisme de masse ou le transport mondialisé des marchandises, quand, sur l’étal d’un vendeur de primeurs, l’oignon de Thaïlande est moins cher que l’oignon bien de chez nous1. Ce n’était pas, comme à Fukushima ces jours-ci, l’image d’une humanité en phase terminale, constituée de travailleurs précaires, forcément précaires et désespérément héroïques, gagnant leur vie en la perdant dans les ruines radioactives d’un Prométhée technologique décidément mal enchaîné par des opérateurs privatisés.
Et même quand ils choisissent l’option « révolution » à leur programme d’histoire, ils trouvent le moyen d’être exemplaires, les Islandais. Vous trouvez, avec raison, les révolutions arabes difficilement lisibles. La Tunisie, c’est 89 ou 48 ? L’Egypte, c’est le Portugal de 74 ou le 18 Brumaire ? Bahreïn, c’est une chasse aux chiites initiée par l’Arabie Saoudite, l’URSS écrasant le printemps de Prague ou un peu des deux ? Quant à la Libye, c’est manifestement tout ce qu’on veut mais ça ressemble très moyennement à une révolution. En plus, tout ça, à force, commence à faire beaucoup de morts.
Les Islandais, eux, ont décidé de faire leur révolution sans tuer personne, ce qui ne la rend pas moins efficace. En plus, pour le coup, elle est relativement facile à comprendre puisque son moteur est simple, clair, lumineux : le peuple refuse à répétition, par la voie de référendums, manifestations et occupations des lieux de pouvoir, de payer pour la catastrophe financière de septembre 2008 dont chez eux la principale responsable est la banque Icesave. No, no, no : comme dans une chanson d’Amy Winehouse ou, pour ceux qui préfèrent, de Michel Polnareff.
Evidemment, sur cette révolution islandaise, les médias sont d’une discrétion de violette. Trois cent mille Vikings calmement en colère depuis des mois et déterminés à ne pas se laisser faire, ça pourrait donner des idées. Ailleurs. En Méditerranée, mais sur la côte septentrionale, si vous voyez ce que je veux dire. Dans les pays appelés gentiment PIGS2 du côté de la City.
Bon, dans la vulgate économique dominante, on vous dit que chaque citoyen islandais a une dette de 12 500 euros et que cela représente 40% du PIB, vous vous dites : « C’est pas possible, ils sont Grecs ou quoi ? La retraite à 45 ans, des fonctionnaires partout, un Etat qui s’occupe de tout, soigne, transporte, éduque, et voilà le résultat. La ruine. Puisqu’on vous dit que c’est terminé l’époque de l’Etat providence. Maintenant, il faut des économies ouvertes et des déficits inexistants pour être compétitifs et rassurer les agences de notation. »
Sauf que non.
Si les Islandais doivent tout ça, ce n’est pas de leur faute (en admettant, ce qui est de toute façon bien discutable, que ce soit la faute des Grecs, des Irlandais et des Portugais s’ils se retrouvent dans leur situation), c’est de la faute d’une banque entièrement privée, une banque en ligne, Icesave, qui a perdu 3,9 milliards d’euros en septembre 2008, essentiellement l’épargne de Britanniques et de Néerlandais qui capitalisaient pour leur retraite puisque eux, contrairement à ces bourriques de Français, avaient bien compris à quel point c’était démodé la retraite par répartition.
Les gouvernements britanniques et hollandais se sont donc retournés vers le gouvernement islandais. Comme tout gouvernement moderne de droite, du centre ou de gauche, le gouvernement islandais a été immédiatement capitulard devant le capitalisme et a dans un premier temps accepté de payer ou plutôt de faire payer sa population.
Une population qui vient dimanche 11 avril par référendum pour la deuxième fois de repousser la troisième mouture d’une « loi Icesave » qui prévoyait pourtant d’étaler les paiements.
Un référendum ? Eh oui, en Islande 40 000 signatures et hop, c’est comme en Suisse, le pouvoir est obligé de l’organiser. Les Suisses votent contre les minarets parce qu’ils sont riches et qu’ils n’ont que çà comme problème, les Islandais, eux, votent contre les banquiers parce qu’ils ne sont pas trop pauvres et voudraient bien que ça dure.
À ceux qui trouveraient que le mot révolution est un peu abusif pour qualifier ce qui se passe depuis plusieurs mois du côté de Reykjavik, on rappellera tout de même que les Islandais ont d’abord chassé la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, que la gauche libérale de type strauss-khanien a elle aussi été aimablement renvoyée à ses chères études parce qu’elle entendait, ô surprise, mener la même politique que la droite, qu’un premier référendum imposé par le peuple pour déterminer s’il fallait rembourser ou pas les banques (dont Icesave) a vu une victoire du non par 93% et qu’il a été dans la foulée décidé une nationalisation du secteur du crédit. Pour couronner le tout, le 27 novembre 2010, les Islandais ont élu une Assemblée constituante chargée d’élaborer des lois fondamentales, pour éviter notamment ce genre de mauvaises surprises à l’avenir.
Alors si ce n’est pas une révolution, Sire, qu’est-ce donc ?
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L'auteur
Jérôme Leroy est écrivain et journaliste. Dernière parution, Le Bloc (Gallimard)
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Marie dit
un thyng! cher Leroy
pirate dit
Mais on s’en fout des désavoeux de l’histoire Skardanelli ou des “altermondialistes” et de votre perspective millénariste de la question, économie de l’essentiel. Déjà, croyez-moi, ça ferait du bien à pas mal de monde de revenir à l’essentiel, et plus au seul superflu. D’autres part Monsieur Leroy ne vous parle pas de son idéologie, il ricane. Il ricane de la votre, de celle du capitalisme “triomphant” “indépassable”, le “système idéal” la preuve on a gagné sur les coco. Il démontre, avec retard, ça fait un moment qu’on en parle de cette révolution des casserolles (c’est son nom officielle) qui fait la nique à ce monde si bien rangé, tel qu’on voudrait nous le faire entendre, tel que tous les libéraux, absolument tous et parfois intiment persuadé, pas seulement idéologue, comme Kaplan, qu’on ne peut et on ne doit rien lui opposé. Les communistes ont raté leur révolution, soit, Proudhon et Bakounine l’avaient prédit, comme ils avait prédit l’échec de la constitution d’un Parti. Mais l’esprit de la révolte demeure, et il demeura toujours parce qu’il n’y a pas de système parfait et le système libéral sans doute encore moins que les autres. Les islandais ont réagit avec leur manière atypique et à la fois rationnelle, ils se sont regroupés devant l’assemblé et ils ont tapé sur des casserolles jusqu’à ce que les députés soit obligé de les écouté. Et ils ont viré tout le monde.
Admirez plutôt le courage qu’il faut pour ne pas sortir un fusil, l’abnegation et le froid rationnalisme qu’il est nécessaire quand on vous réclame une fortune au nom des erreurs d’autres. Et l’humour. Car c’est une révolution féminine aussi, figurez-vous, c’est une société féminine pour des Vikings. C’est de ça dont vous parle Leroy Skardanelli, pas de vos leçons de chose qui sentent la boite à chaussure et la naphtaline. Des arguments de fond de placard, quoi.
skardanelli dit
Alors là franchement c’est du binaire intégral. Sachez que l’on s’en fout aussi, de vos envolées, de vos indignations, de votre révolte acnéique. Où ai-je promu une solution libérale ? Simplement, n’était-il pas étrange qu’un pays sans grandes ressources se retrouve avec un des plus gros PIB par habitant en 2007 ? N’y avait-il pas là de quoi s’interroger ? Votre révolution des casseroles a été empruntée à l’Argentine de 2001, société machiste s’il en est. Proudhon et Bakounine à la rescousse des Islandais on croit rêver. Je ne sais pas ce qu’est ma perspective millénariste, ni la question sur laquelle elle se porte, mais dans le genre idéologie à deux balles vous vous posez là. Ce qui m’insupporte voyez-vous ce sont les idéologies, leur doxa creuse, leurs solutions toutes faites, leur paresse intellectuelle crasse. Et franchement votre discours je pourrais le générer automatiquement. Je comprends que vous ayez du mal avec les chiffres, mais bon savoir compter ça peut aider lorsque l’on s’intéresse aux problèmes économiques, rien de particulièrement libéral. C’est mon seul propos, si on avait prévenu les Islandais à temps du fait qu’ils vivaient à crédit sur de l’argent virtuel, ils n’auraient pas eu à imiter leurs frères argentins. Il y a des alternatives qui marchent ne vous en déplaise, l’Allemagne et le Danemark par exemple. C’est sûr les gens y ont plus les piefs sur terre et la solidarité n’y est pas un vain mot. Allez bonsoir, je vous laisse à Cronstadt et aux lendemains qui déchantent, la destinée de ceux qui utilisent le malheur des hommes pour promouvoir leurs idées fumeuses.
pirate dit
Il vous ferait un bien vous au lieu de vous pignoler sur votre importance mon ami d’apprendre à lire. Ni Bakounine, ni Prouhon sont ici au sauvetage des islandais. Je faisais simplement une remarque qui aurait réclamer un peu de culture induite de votre part, ce qui hélas était au delà de ce que j’espérais vous concernant. Parce qu’à part me débiter l’éternel discours du petit gars “responsable” qui n’a pour réponse que des quolibets d’instituteurs mal informé. Donc je parlais de la Révolte sur la Révolution, et de l’esprit induit par celui ci et qui perdure, en dépit de la pensée bien rangée de petit bonhomme dans votre genre qui explique en deux lignes l’économie, et distribue des bons points (j’aime beaucoup votre “on ne peut pas vivre à crédit ils auraient dut le savoir”) et des mauvais (ah la la pâle copieur les islandais, les argentins ont fait la même !!!). mais in fine qu’avez-vous à dire ? Bah je lis le discours du bélan qui aime la tonte, et en redemande. Cela étant mon monsieur sérieux qui explique donc à tous que se révolter ça sert à rien et qu’il faut être sérieux et solidaires comme un teuton (ah la teutonie, l’autre pays du bonheur pour les gens raisonnables) le monde entier riche vit à crédit, comme le pas riche en fait, et que sorti de ça, sans ce crédit, le petit bonhomme raisonnable n’aurait pas 114 yaourts dans son rayonnage mais un bout de tapioca à sucer. Pour le restant de vos conclusions puis je vous suggérer de garder le contenu de votre estomac et de vous en débarasser à l’endroit qui convient, dans vos commodités, où elle seront plus à leur place que dans votre tête.
skardanelli dit
Je ne sais pas ce qui l’emporte chez vous, l’indignation bien pensante, ou l’aigreur du pisse-vinaigre. Les deux sont bien là en tout cas, mais on ne voit pas trop où vous voulez en venir. En dehors de l’invective et d’un lyrisme bon marché pour vous offusquer du mal, vous ne dites rien. Vu votre défense enthousiaste de cet article un peu creux on peut imaginer que vous vous retrouvez dans les idées de son auteur. Révolution bolivarienne ou castrisme réchauffé, les allemands ont intérêt à bien se tenir devant de telles réussites, voilà un modèle pour l’Islande ! Je crois que vous faites partie de cette bande d’agités qui croient trouver dans chaque faillite collective une opportunité de faire revivre de vieilles lunes communistes. La révolte n’est pas morte dites-vous, non plus que la résignation, la peur, la colère, l’amour, le dévouement, la haine, la lâcheté, l’humour, bref la palette entière des sentiments et des émotions. C’est un truisme, une platitude à l’image de votre discours. Bien sûr, les gens se révoltent, et alors ? Qu’est-ce que ça change sur le fond ? Rien. Vous opposez à la réalité du monde un enthousiasme niais, disqualifiant par avance toute approche raisonnable, car finalement le bonheur tranquille vous est odieux. C’est pourtant ce à quoi aspirent la grande majorité des gens, jouir de la vie sans que des idéologues d’un bord ou de l’autre viennent la pourrir. Encore une fois ce dont on a besoin, c’est de gens raisonnables et pragmatiques, sans oeillères, pas d’excités de votre sorte qui n’ont jamais apporté que malheur au genre humain. Je ne sais pas trop pourquoi je perds du temps à vous répondre, peut-être parce que vous représentez si bien cette partie de la population satisfaite de ses indignations et de ses révoltes de bocal, que l’on est obligé de supporter en silence parce que l’on est poli, et que de temps à autre on a envie de vous dire de la fermer un peu.
skardanelli dit
Ce qui est agaçant avec héritiers du communisme c’est cette capacité à encore donner des leçons en dépit des désaveux de l’histoire. La faillite d’une autre idéologie ne les réhabilite en rien pourtant, la reconversion dans l’altermondialisme ne propose rien sur le fond sinon un retour à une économie de subsistance, à l’isolement des nations. Ce qui se passe en Islande est dramatique pour les islandais et leur révolte ne changera pas leur appauvrissement durable. Les révolutions sont des convulsions de l’histoire qui meurtrissent l’humanité, et se terminent le plus souvent par des réactions thermidoriennes. Comment peut-on s’en réjouir ? Le sens aigu de la démocratie des scandinaves évitera certainement le pire aux Islandais, espérons le en tout cas. Je m’étonne seulement que notre analyse s’arrête à des constats satisfaits, des pâmoisons adolescentes sur le grand soir. N’y a-t-il pas autre chose à tirer de cette terrible crise dont on ne sait pas très bien quand elle finira ? Ne pouvons-nous pas comprendre que nous avons des responsabilités individuelles dans nos choix collectifs ? Comment se fait-il que les Islandais, les Irlandais, les Grecs et les Portugais ne se soient pas rendus compte que quelque chose clochait ? Comment pouvons-nous croire en France que nous allons vivre beaucoup plus longtemps et cotiser beaucoup moins longtemps sans que cela ait un impact économique ? Il ne faut tout de même pas être grand clerc. Faire semblant de croire les fables de nos politiciens et se dire après moi le déluge est inconséquent. Nous nous extasions devant notre endettement public, mais feignons de ne pas comprendre qu’il est lié à notre train de vie. Qui peut honnêtement croire que cela est dû à la rapacité de quelques grandes fortunes ou à un complot américain pour nous faire payer des guerres impériales ? Nous avons tout de même des indicateurs fiables et reconnus qui nous expliquent à peu près où nous en sommes. Nous avons l’exemple de pays qui arrivent à tirer leur épingle du jeu : pourquoi ne nous en inspirons-nous pas ? Ne pas vouloir commencer par répondre à ces simples questions est un aveu d’incapacité, l’assurance d’autres lendemains qui déchantent.
eclair dit
quels choix collectifs?
Depuis 40 ans les gouvernants décident à la place des peuples.
Vous savez ce qui a causé réellement la crise en 2008 .
C’est pas les crédits hypothècaires c’est toutes les opérations derrière.
Un crédit hypothècaire de 38 millions qui derrière faire perdre 280 millions comment c’est possible. Simplement que les banques américaines ont fait des CDS sur ces prets hypothecaires qu’elles ont joué avec leurs clients . Les clients misaient à la hausse et les banques américaines à la baisse.
Résultat c’est les banques américaines qui ont gagnés.
Qu’est ce qu’un CDS., c’est en fait un pari entre 2 parties sur un actif ,une dette qu’aucunes des deux parties ne détient c’est un pari comme au casino.
En gros cela revient à ce que tu as une maison. et deux parties une mise que ta maison brulera l’autre qu’elle resistera et elle attendent de voir ce qui se passe. Et elles les ont multiplés pour les mêmes paris.
Et c’est pareil sur les dettes publiques, sur les actions derrière il y a des paris.
Et c’est très rentable pour celui qui a misé à la baisse quand cela se casse la figure.
Après vous parlez de responsabilité collective, vous avez votre mot à dire pour changer ce fonctionnement qui est complètement aberrant?C’est ça qui a provoqué la crise des joueurs de casino qui ont perdus et qui ont demandés aux états de les renflouer pour qu’ils puissent de nouveau parier.
Quels pays fiables?
Les USA ils ont la planche à billet qui tourne à fond. Ils ont mis 3 000 milliards pour éponger le trou des banques.
Le japon une dette publique de 200%
Quand on commence à comprendre le système capitaliste actuel c’est un système qui est à bout de soufle et les prochaines crises seront encore plus forte que 2008.
@jerome, vous trouvez l’UE très démocratique? Qui nomme la commission? Le traité constitutionnel a pas été ratifié envers et contre tout?
Quand la classe politique française et européenne promeut le communautarisme c’est pas afin d’affaiblir les peuples?
Il est plus facile de regner quand les communautés sont opposés et que rien ne rassemblent.
skardanelli dit
Dans le secret de l’isoloir, nous choisissons bien nos représentants, non ? Il n’y aurait plus que des républiques bananières en Europe aussi ? L’Allemagne et les pays scandinaves ne sont ni le Japon, ni les États-Unis. Si il y a eu telle spéculations sur ces prêts c’est que tout le monde savait bien qu’il ne seraient jamais remboursés.
Saul dit
“Il n’y aurait plus que des républiques bananières en Europe aussi ? ”
en ce qui concerne la France tout du moins, ça me parait une évidence…il est surprenant que l’on doute encore de cet état de fait
skardanelli dit
Donc la Colombie et la France c’est la même chose. Vous savez ce qu’on dit de ce qui est excessif…
Saul dit
oups, un oubli :
Hi Nadia ;-)
Saul dit
saine et digne réaction et tout ce qu’il y a de plus logique de la part des Islandais.
car enfin, une de leur banque -privée rappelons le- a fait n’importe quoi mais ce serait au peuple islandais – qui n’a rien à voir là dedans – de payer.
les Islandais ont refusé de ceder au chantage honteux que leur faisaient le FMI et l’UE.
ce qui est marrant c’est qu’on transforme l’histoire en “ils se sont endettés et maintenant ils refusent d’assumer !”.
en parlant d’assumer, ça devient vraiment compliqué ces pas vraiment libéraux, vrais libéraux etc…
ce que je remarque tout de même, c’est que ceux qui soutiennent le système économique actuel, ce ne sont pas vraiment des communistes ou autres gauchistes, mais bien ceux qui se réclament du libéralisme, qu’ils soient des “vrais” ou “faux” libéraux.
je remarque aussi que ceux se disant “vrais” libéraux n’hésitent pas à dire que le système actuel n’est pas libéral quand on leur en montre les travers, histoire de dédouaner leur idéologie criminelle, mais n’hésitent pas dans LE MEME TEMPS, à s’en attribuer tout ce que ce système a fait de positif….
et c’est ceux là qui parlent d’”assumer”…mort de rire :-D
quant à la littérature policière islandaise, c’est vrai que…j’avais tenté “La voix” d’Arnaldur Indridason, on m’avait prévenu pourtant…(punaise, quelles vies de merde ils ont !)
en parlant de littérature, je me permets ce petit HS Jerôme, concernant votre “opération sauvegarde du sourire” (thanks a lot au passage :-), je me rends compte que j’aurais du citer THE titre (je ne comprends pas que j’ai pu oublier ça, c’est le titre qui m’a fait lire ce bouquin, très bon d’ailleurs) :
“Parle leur de batailles, de rois et d’éléphants”
c’est de Mathias Enard, et pour ceux qui ne connaissent pas, très agréable à lire (assez rapide en plus, en une soirée on le plie)
nadia comaneci dit
Hi my Saul, un Enard en cacherait donc un autre ?
L’opération Sauvegarde du sourire a renvoyé dans les limbes de l’histoire les boucliers du désert et autres Aube nouvelle. C’est quand même autre chose…
Saul dit
c’est clair c’était une belle opération et réussie de surcroi :-).
(quel est donc l’autre Enard ?)
skardanelli dit
Les Islandais ont pratiqué l’exercice de la liberté individuelle en s’endettant jusqu’au coup avant la crise de 2008, puis découvrent les chemins de la volonté générale en refusant de s’acquitter de la dette ; c’est commode tout de même.
Ne citait-on pas l’Irlande naguère comme un exemple ? Le Tigre Celtique, n’était que de papier monnaie, les banques ont plongé, le tigre est mort, ainsi en va-t-il de l’Islande aussi.
Notre avidité individuelle ne fait-elle pas le jeu des financiers ? Ce que nous faisons au niveau individuel a des répercussions au niveau général, Fannie Mae et Freddie Mac sont des inventions de Clinton grand spécialiste de cavalerie et de démagogie.
Nous nous réveillons avec une gueule de bois, et invoquons Rousseau pour refuser les conséquences mêmes de nos actes, ce n’est pas sérieux. L’indice de Gini des pays européens est à peu près partout le même, beaucoup plus équilibré que celui du reste de la planète, ce ne sont donc pas de puissantes familles occultes qui nous ont amenés là, c’est notre volonté d’obtenir toujours plus collectivement en empruntant sur les marchés financiers qui nous a amené au bord du gouffre.
Il est bien pratique de rejeter la faute sur le libéralisme et d’éviter ainsi l’examen critique de nos failles morales. Le libéralisme en tant qu’idéologie nous domine, car il a longtemps été un moyen de ne pas penser aux conséquences de nos actes, repoussant à demain ce qu’il fallait régler sur l’heure. Comment critiquer l’Allemagne qui regimbe à payer aujourd’hui ? Les Allemands on fait cet effort critique et collectif il y a bien des années déjà.
SPQR dit
Bien d’accord avec ça…
ça rejoint ce que je disais plus bas sur l’endettement mais en mieux! En tous cas ça met l’accent sur les errements de notre société (là les élites n’y sont pour rien!)…
JL: “Puisqu’on vous dit que c’est terminé l’époque de l’Etat providence. Maintenant, il faut des économies ouvertes et des déficits inexistants pour être compétitifs et rassurer les agences de notation.”
C’est quand-même incroyable de réclamer le droit à emprunter de l’argent sur les marchés et de se plaindre que l’acheteur regarde la dentition du cheval avant de signer… Ne serait-il pas plus normal de dire… “Avec cette enveloppe là, voilà la redistribution que je peux envisager”. Après seulement on peut discuter d’options fiscales, de baisses des dépenses, d’investissements utiles de tonneaux de danaïdes etc etc… mais sans s’aliéner sur les marchés!!
nadia comaneci dit
SPQR, le i de PIGS est Italien. Nos amis brits ont du mal à se défaire d’une forme de mépris viscéral pour ces peuples méridionaux, noiraux, bordéliques, qui sentent l’huile d’olive, la gomina et la douceur de vivre nonchalante. Toutes choses dont ils n’ont pas le début du commencement d’une idée…
red benjamin dit
Je me sens on ne peut plus d’humeur islandaise que depuis le premier referendum. C’est l’illustration absolue à l’échelle d’un pays du principe de “mutualisation des pertes”.
Quand les banques fonctionnent elles gagnent leur argent toutes seules; lorsqu’elles défaillent l’Etat, in fine le contribuable, doit les secourir.
La “révolution islandaise” c’est les communistes et les vrais libéraux (darwinisme bancaire – ce n’est plus le “qui-perd-gagne” version SG ou BNP) qui sont d’accords. Rien que pour ce paradoxe il faut l’applaudir.
.
nb: l’Islande pose la question de la démocratie. Le peuple est respecté. Mais est-ce seulement parce qu’il est de taille réduite sur un espace réduit? Le traité de Lisbonne post-referendum ne serait jamais passé là-bas. Ergo, nos pays européens sont-ils encore des démocraties? Sont-ils des médiacraties/partis-politicocraties/oligarchies?
Jérôme Leroy dit
Les très vrais libéraux, alors, c’est à dire éventuellement Kaplan et cinq intellectuels friedmaniens.
Non, c’est même davantage une révolution gaulliste, souverainiste qu’un quelconque processus communiste.
Sinon, j’espère que vous vous trompez sur le fait que le peuple arrive à imposer sa volonté du fait de la taille de l’Islande. Mais je dois avouer, hélas, que l’idée m’a aussi effleuré.
red benjamin dit
Pour le volet économique: je pensais en effet à ces vrais libéraux. Cohérents et responsables, quoique je pense de leurs doctrines économiques.
.
Quant à la nature du mouvement: vous avez raison sur l’accent souverainiste gaulliste plutôt qu’un mouvement d’inspiration marxiste. Je me suis emporté! Je ne suis pas de cette aile politique mais je n’en finis pas de me réjouir des bras d’honneur successivement adressés au Royaume-Uni et à la Hollande. La City s’accomodaient très bien de la gestion et des prises de risques de Icesave avant la crise…
L’Islande me fait de plus en plus penser à l’idéal rousseauiste de la démocratie directe.
Ce gouvernement direct n’est finalement envisageable que lorsque l’agora est de taille réduite (citoyens grecs, suisses et maintenant islandais?).
skardanelli dit
Ah!!!
skardanelli dit
. Comment fait-on pour fermer ces italiques ?
skardanelli dit
</i> ne marche pas
skardanelli dit
peut-être ?
skardanelli dit
et < emphasis > non plus.
skardanelli dit
< / emphasis> je veux dire
Alpheratz51 dit
J’essaie de connaitre le nombre de référendums proposés au peuple dans les pays communistes.
Jérôme Leroy dit
Je cherche, le sens de votre remarque, Alpheratz,et je ne vois pas. Vraiment.
Alpheratz51 dit
Simplement, que vous sachant communiste, (ce qui ne me pose aucun problème), vos applaudissements aux suffrages référendaires suisses ou islandais, me paraissent contradictoires.
Jérôme Leroy dit
Ah bon. Il faudra que vous raconte la campagne du PCF pour le Non en 2005.
A moins que vous en soyez encore à confondre en 2011 les communistes français avec ce qu’il était convenu d’appeler les pays de l’Est. Evidemment, dans ce cas, toute discussion féconde est fortement…hypothéquée.
Je vous accorde qu’une sensibilité communiste est certainement plus à même d’apprécier ce qui se passe en Islande quoique ce processus révolutionnaire n’ait en soit rien de communiste. Juste une reprise en main de son destin comme nation contre les fausses fatalités du néolibéralisme. Un gaulliste pourrait aimer aussi, mais il n’y a guère plus de gaullistes que de communistes en France, désormais.
Alpheratz51 dit
Je suis sensible à tout choix référendaire.
Je suis depuis toujours un gaulliste immodéré. Je n’oublie pas les coups politiques tordus lançés contre celui qu’ils traitaient, un comble, de dictateur, qu’il y eut ou non référendum.
Je crois qu’un communiste FRANCAIS est incapable de changer. En 2011, comme en 1968, il trouverait encore une excuse à l’invasion d’une nouvelle Tchécoslovaquie.
Désolé pour le HS.
L'Ours dit
Patrick,
oui mais ces derniers temps JL n’était plus trop pour le suffrage universel.
SPQR,
je suis absolument contre le système proportionnel. Il n’est séduisant et ne paraît juste que superficiellement. En réalité il donne de la puissance à ceux qui ont peu d’électeurs en leur donnant le pouvoir d’arbitrer en faisant pencher la balance!
JL,
ici c’est un peu plus compliqué. Les gouvernements anglais et neerlandais n’ont pas sauvé la banque mais les clients, autrement dit, vous et moi. Le fait que le peuple islandais s’en désintréresse risque de lui être plus préjudiciable que profitable, même s’il y a aussi des arguments tout à fait valables de son côté.
Patrick dit
“contrairement à un chef d’Etat africain, elle avait été élue au suffrage universel et n’avait pas besoin de l’armée française pour lui expliquer qu’il fallait partir”
Excellent !
SPQR dit
C’est intéressant de lire que vous vantez une règle mettant le seuil de déclenchement de référendum à 12.5% de la population. MLP propose même de le réduire à 8%… On va l’entendre la voix du peuple, là! M’est avis que l’établissement de la proportionnelle stricte à un tour pour tous les scrutins fera aussi partie de votre programme politique! J’ironise mais je suis en fait plutôt pour!
En passant, le i de pigs, ça vaut pour l’Irlande il me semble!
Sinon vous nous affirmez que le révolutionnaires de tout là haut, réclament le modèle français… J’ai comme un doute! Et il y en a ras le bol de lire que ça ne mange pas de pain de s’endetter à outrance… Oui c’est important un budget en équilibre! Les principales inégalités (en volume!) sont inter-générationnelles alors les vieilles fables de classe commencent à sentir comme les polars polaires! L’autre gourde de Aubry chez FOG qui dit que les vieux doivent avoir leur place dans la société mais elle est toute pour eux. Jamais mes grand-parents (ni mes parents d’ailleurs) n’ont eu tant d’exigences… Retour de la retraite à 60, en voilà une des zones d’ombres du programme du FN!
laborie dit
Pour faire écho au propos de J.L, je recommande la lecture de:
TOUS TOURISTES, de Marin de Viry. Flammarion/Café Voltaire. 125 pages, 12 euros.
“ Volcan islandais oblige, 150.000 touristes français sont prisonniers de leurs lieux de vacances. Ce qui ne semble pas être à leur goût. Autant dire que l’essai de Marin de Viry tombe juste. Flammarion devrait s’empresser de dresser des têtes de gondoles à la gloire de ce « Tous touristes » à JFK, Heathrow ou plus simplement Roissy Charles De Gaulle(…)
Courrier International avril 2010.
GPS dit
Voyons ! Pas de vraie révolution sans la tête de la princesse de Lamballe au bout d’une pique !
skardanelli dit
On pouvait lire dans le Figaro du 14 octobre 2007 :
« Sur l’île du plein-emploi et de la richesse, le conservateur Geir Haarde devrait se succéder à lui-même.
AVEC un produit intérieur brut de 40 000 euros par habitant, les Islandais jouissent, selon l’ONU, du niveau de vie le plus élevé au monde, juste après les Norvégiens. Et ils ne voient pas très bien ce qu’ils pourraient demander de plus, lors des élections législatives de demain. « Le système de santé, l’éducation ? Tout le monde est d’accord sur le bon fonctionnement de notre État-providence. Tout au plus certains réclament-ils quelques ajustements, commente Karl Blöndal, rédacteur en chef adjoint du grand quotidien Morgunbladid. Curieusement, la coalition de centre droit – le Parti de l’indépendance (PI) et le Parti du progrès (PP) – est au pouvoir depuis douze ans, et l’opposition n’a pas été capable de créer un débat… » »
Ne pratiquerez-vous pas cette autre pratique si délicieusement islandaise, réservée d’habitude aux saumons : l’enfumage ?
« Si les Islandais doivent tout ça, ce n’est pas de leur faute (en admettant, ce qui est de toute façon bien discutable, que ce soit la faute des Grecs, des Irlandais et des Portugais s’ils se retrouvent dans leur situation), c’est de la faute d’une banque entièrement privée, une banque en ligne, Icesave, qui a perdu 3,9 milliards d’euros en septembre 2008… » Dites-vous, mais alors comment avaient-ils atteint un tel niveau de vie vos Vikings ?
Enfin, Prométhée n’était pas mauvais bougre, pour nous les hommes en tout cas. C’est un homme d’ailleurs qui le délivra, enfin un demi-dieu. Voudriez-vous, à l’image d’un Zeus du Web, nous priver pauvres mortels, des bienfaits du savoir, sous prétexte que votre frère Poséidon envoya une méchante vague à nos frères nippons ?