L’ego des Halter
Publié le 13 février 2012 à 16:04 dans Brèves
Mots-clés : Clara Halter, Denis Baupin, Marek Halter, Rachida Dati
J’ai ouvert le dernier livre de Marek Halter, je l’ai refermé aussitôt, mais j’ai tout de même pris le temps de lire ce qu’il contenait de meilleur, un mot de Tristan Bernard, à qui l’on parlait des Juifs comme du peuple élu :
– Hélas, il est souvent en ballottage…
Tout ça pour dire que Marek Halter et son épouse Clara ont intenté un procès en diffamation à la jolie mairesse du 7e arrondissement. Celle-ci avait été condamnée, en novembre 2011, à verser aux époux offusqués la somme de 4000 Euros. Elle ne paraît pas pressée de s’exécuter. Une ex-Garde des sceaux doit montrer l’exemple.
Tristan Bernard a suffisamment d’esprit pour sortir indemne d’un ouvrage de Marek Halter, mais le Champ-de-Mars, à Paris, pourra-t-il longtemps encore endurer le terrible supplice paysager que constitue le Mur pour la paix, dont nous devons l’accablante conception à Clara Halter et la réalisation à l’architecte Wilmote.
J’ai espéré une manière de naturelle et pacifique chute du mur, grâce à l’action conjuguée d’une bourrasque et des atteintes du temps, un effondrement irréparable, auquel eussent été étrangères la haine et même la simple irritation, pourtant légitime, de riverains excédés. Je ne fus pas exaucé.
Mon maire, la pétulante Rachida Dati donc, tente depuis quelque temps de nous débarrasser de cette calamité, que le couple bâtisseur obtînt d’édifier de la faiblesse de Jean Tibéri, brave grognard du chiraquisme municipal, lâché par les siens, harcelé par une dame patronnesse nommée Françoise de Panafieu, qui se donna le ridicule de chausser des rollers pour faire peuple ou, pire encore, jeune. Il ne reste plus, pour que s’accomplisse les Écritures du malheur parisien, que Denis Baupin, monomaniaque blafard de la détestation des automobiles, devienne maire à son tour. Ce jour-là, je demande l’asile politique en Birmanie !
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L'auteur
Patrick Mandon est éditeur et traducteur.
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laborie dit
Pour la Rempailleuse et quelques “djeuns” de Causeur qui n’auraient pas eu le plaisir de lire du grand Mandon.
http://www.causeur.fr/de-de-gaulle-en-general%E2%80%A6,1546
isa dit
Voyez-vous Saintex, je veux bien reconnaître que ce n’est pas très aimable, d’autant plus que je suis d’accord sur l’égo des Halter et surtout sur la nullité” littéraire” d’un mareck Halter, mais sincèrement un journaliste qui vient se planter ici en raimbaud désabusé, je ne peux qu’éclater de rire!
saintex dit
Ben oui Isa, po po po dis ! ;O)
Patrick Mandon dit
Lady, en effet, le mur pour la paix devait être éphémère. Mais, dorénavant, à Paris, et en France en général, la niaiserie est pérenne, comme on dit.
Les graffitis ne sont pas « mauvais », ils sont des graffitis, et ils nous épargnent la mièvrerie des mots qu’ils recouvrent.
Lady dit
Cette chose plantée devant l’École Militaire, sert surtout de tableau noir pour le pire du graffiti, aussi inconsistante qu’une feuille de gélatine mouillée en mal de bavaroise!
Il me semble qu’elle devait être éphémère ? Combat du 7è contre la grosse mère de l’Hôtel de Ville du 4è?
lisa dit
Mur de la paix avec mauvais graffitis qui masquent les mots paix, ça aussi c’est symbolique.
Patrick Mandon dit
Vous êtes aimable, Laborie ; au vrai, j’ai beaucoup voyagé ces derniers temps, en France surtout, et un peu en Europe. Il est difficile de définir un avenir, mais le doute s’est emparé des peuples d’Europe du Nord et de l’Europe centrale. Il n’y a plus cette étincelle dans les yeux des habitants lorsque le mot Europe était prononcé. La France tient encore le coup : Dijon, Beaune sont incomparables, Bordeaux est vraiment splendide, son caractère classique m’enchante toujours autant, le Limousin se maintient (beauté irlandaise de la Haute-Corrèze), la Bourgogne a de la vergogne, Nancy, Strasbourg (où je serai encore demain), l’Est en général, la Champagne opulente, out encore présente une belle figure, et même l’Ardenne, si désolée, si reculée, est vaillante et courageuse.
Mais je reviens, j’ai posé mon sac dans ma capitale, et vous aurez prochainement des éclats de ville.
Marie, le Mur pour la paix n’est pas un mémorial. Certes, les échoppes dont vous parlez sont encombrantes, mais elles ne se trouvent pas sur le Champ de Mars, dans la magnifique perspective École militaire – Tour-Eiffel – Trocadéro.
isa dit
Bab, bab, bab, c’est quoi ce ¨Précieux Ridicule?
saintex dit
Je me demande, Isa.
Cette intervention (pas l’article) est-elle le souffle, même amoindri qui faisait voler en éclat langue et pensée chez Frédéric Dard.
Ou bien est-elle le verbiage que l’Hénuarme prenaait un malin plaisir à railler.
Quoiqu’il en soit, tout un chacun a ses moments de faiblesse et si vous le frappez de la sorte, fut-ce avec une merguez pour le sourire, ça va lui faire mal.
Marie dit
je ne parle pas des échoppes mais des magasins! Un de mes enfants vit dans ce quartier et j’ai eu l’occasion de mesurer le changement!
laborie dit
Vous vous faites bien rare cher Patrick Mandon. Nous avons régulièrement Jérôme Leroy pour le meilleur parfois et le pire de temps en temps. Parlez nous de Paris et de ses germanopratins, du théâtre, des dessous chics et même des crasseux.
Je relisais à l’instant quelques unes de vos sorties et quolibets lors de mémorables corrections à XP en 2009. C’était bien…
isa dit
Tiens, v’là le lèche-bottes, l’en rate pas une.
Marie dit
Je rajoute que le quatier près du Champ de Mars est pollué par bien d’autres choses que ce mémorial, les boutiques de souvenirs tenus par des pakistanais et autres et qui remplacent petit à petit le peu de boutiques de quartier. Un petit tour avenue de la Bourdonnais par exemple…
sausage dit
Y fleurit aussi avec le printemps toute une clique adolescente des beaux quartiers semblant trouver refuge sur les pelouses du champ de Mars pour s’adonner à des plaisirs dionysiens. Comme un symbole, cette fraternité se déroule au pied du Mur pour la Paix. Une impunité pour ces jeunes âmes que viennent à peine troubler les jets de bouteille d’un clochard saoul et querelleur ou bien la descente d’ « issus de quartiers sensibles » ayant flairé la bonne affaire. Ca doit être ça, la fraternitude : une soupe populaire postmoderne, un racket bien pensant dans une atmosphère victimaire… Tout ça devant le Mur pour la Paix. Comme un symbole.
lisa dit
En effet c’est tout à fait un résumé de la modernité….
eclair dit
mémorial?
il ya juste écrit paix en 49 langues.
En quoi c’est un mémorial la paix est morte ?
Et quel est l’interêt de ce truc?
Cela fait penser à cette phrase plus vous vous repeterez quelque chose plus il deviendra réel.
C’est pas en martelant le mot pais que la paix arrive
caouas dit
La tour Eiffel est au même endroit depuis plus d’un siècle … Le lieux doit être maudit !
Marie dit
Ca doit être ça!
canard dit
Quand Baupin sera maire, là, on pourra dire que toutes les civilisations ne se valent pas..mais pas dans le sens qu’on croit !
Alors je repart en Creuse en roulant vite, la clim à fond, chez les paysans pour qui Eva Joly est une forme supérieure de la nuisance…
Marie dit
vous comprenez pourquoi on s’enracine dans notre sud ouest:)
sausage dit
C’est vrai que le Mur pour la Paix…
Cela m’évoque cette phrase dont vous reconnaitrez l’auteur : Les modes d’expression étant usés, l’art s’oriente vers le non-sens, vers un univers privé et incommunicable. Un frémissement intelligible, que ce soit en peinture, en musique ou en poésie, nous semble à juste titre désuet ou vulgaire. Le public disparaîtra bientôt ; l’art le suivra de près. Une civilisation qui commença par les cathédrales devait finir par l’hermétisme de la schizophrénie.
J’imagine Luchini, les yeux mi-clos, modestement éclairé sur la scène du théâtre de l’Atelier se répétant comme pour lui-même tandis que l’audience acquise est suspendue à ses lèvres et à sa sympathique diction : « le public disparaîtra bientôt ; l’art le suivra de près… C’est énorme ! »
saintex dit
Enorme Saucisse, message sensible en l’acception première.