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L’affaire Polanski, un Roman d’aéroport

Sus aux Suisses !

Publié le 29 septembre 2009 à 6:00 dans Monde

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Roman Polanski, bientôt devant la justice américaine ?

Roman Polanski, bientôt devant la justice américaine ?

Il y en a un qui a dû bien rigoler sous sa tente lorsqu’un messager lui a transmis la nouvelle de l’arrestation, à Zurich, de Roman Polanski. C’est Mouammar Kadhafi, qui tient toujours la Confédération Helvétique par les parties génitales, en retenant depuis plus d’un an à Tripoli deux de ses citoyens pour obtenir le châtiment des policiers et juges de Genève responsables de l’arrestation – justifiée – de son fils Hannibal. Il ne devrait donc pas se gêner pour poursuivre son jeu du chat libyen avec la souris suisse, dans un contexte où tous les pipoles de la planète tombent à bras raccourcis sur les justices de la Suisse et des Etats-Unis.

D’un pur point de vue de droit, l’arrestation en vue d’extradition de Roman Polanski à l’aéroport de Zurich est parfaitement conforme aux accords judiciaires qui lient Berne et Washington. Le viol sur mineure, crime dont est accusé Roman Polanski, même si les faits sont vieux de trente-deux ans, n’est prescrit ni en droit suisse, ni en droit américain. Comme le cinéaste n’encourt pas la peine de mort, rien ne s’oppose donc à son extradition.

Pas même le fait que, possédant un chalet à Gstaad, Polanski se soit, ces dernières années, rendu à plusieurs reprises en Suisse pour respirer le bon air des montagnes. Ce n’est pas parce que la police et la justice ont été négligentes par le passé que le cinéaste était autorisé à croire qu’elles avaient passé l’éponge.

Aux yeux de la justice américaine, Polanski, plus que d’une pratique sexuelle prohibée par la loi, s’est rendu coupable de felony, cet abus de confiance envers une justice qui vous a cru sur parole. Il a fui à l’étranger alors qu’une ordonnance d’incarcération avait été imposée par un juge à la suite d’un plea bargain, un compromis judiciaire où il reconnaissait les faits en échange d’une incrimination moins grave.

Cela n’a rien à voir avec cette vieille histoire de viol présumé, pour lequel la victime, d’ailleurs, a depuis longtemps sinon pardonné, du moins cessé de demander réparation en échange de compensations financières. Polanski, donc, a une ardoise avec la justice américaine qu’il lui est impossible, selon les lois en vigueur, d’effacer sans comparaître physiquement devant un tribunal californien.

Voilà pour les faits. Mais on ne peut s’empêcher de penser que la justice et le gouvernement helvétiques n’étaient pas mécontents de jouer un mauvais tour à une administration américaine qui n’a cessé, ces derniers mois, de les harceler au sujet de la levée du secret bancaire pour les contribuables des Etats-Unis cherchant à échapper à l’impôt en plaçant leur argent dans les établissements financiers suisses.

Comme la séparation des pouvoirs n’est pas un vain mot outre-Atlantique, il sera impossible au président Obama d’exercer son droit de grâce avant que Polanski n’ait été jugé pour les faits reprochés, qui peuvent lui valoir jusqu’à cinquante ans de prison. Il va faire l’objet de pressions de l’opinion publique internationale sans être en mesure d’influer sur le cours des choses.

La mobilisation en faveur de Polanski est impressionnante : les deux Etats dont il possèdent la nationalité, la Pologne et la France émettent des protestations d’autant plus véhémentes qu’elles n’auront aucune chance d’entraver le processus judiciaire. Hollywood, Saint-Germain des Prés, Prenzlauer Berg et autres sanctuaires urbains de la culture et du bon goût sont au bord de l’insurrection et réclament la libération immédiate de l’auteur du Pianiste.

Dans ce genre de situation, la méthode Kadhafi se révèle plus efficace que la mobilisation des intellectuels et des artistes. On pourrait, par exemple séquestrer Jean-Luc Godard dans le centre de rétention de Roissy, lors de son prochain voyage à Paris, et lui repasser en boucle les inepties maoïstes qu’il a commis jadis. Ou enfermer Roger Federer dans les toilettes de Roland Garros si Polanski est toujours sous clé en mai prochain.

D’ores et déjà, il semble indécent que notre président arbore la Patek Philippe offerte par son épouse. Les seuls combats vraiment perdus sont ceux que l’on n’a pas livrés.


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  • 1 October 2009 à 21h46

    gerard dit

    Pierre vous avez tout dit.

  • 1 October 2009 à 18h36

    Raymond2 dit

    A Patrick Mandon qui dit:
    ” Il pourrait rendre visite à Johnny Hallyday.”
    Je ne vous imaginais pas en partisan de la double peine.

  • 1 October 2009 à 13h48

    Gloupsss dit

    “Ou alors il l’a fait et nous ne sommes pas au courant….”

    Ca doit être ça alors! Lire , écouter plus d’information les faits , comprendre le contexte de l’histoire :

    Polanski : “Desired in France, wanted in the US”…

    http://blog.rtl.fr/usa/20090929/Polanski-Desired-in-France-wanted-in-the-US.html

  • 1 October 2009 à 13h09

    Patrick Mandon dit

    La solution la plus aimable serait de la placer en résidence surveillée dans son chalet, à Gstaad, en Suisse. C’est une belle station alpine, l’air y est très sain, et c’est fort bien fréquenté. Il pourrait rendre visite à Johnny Hallyday.

  • 1 October 2009 à 12h43

    a2lbd dit

    (…suite)

    Alors devant autant de lâcheté et de manque d’élégance, je le condamne. Qu’ un criminel nie avoir fauté, c’est le jeu. Mais qu’il soit incapable de se mettre en face de leur victimes après des années et de leur demander pardon cela est condomnable.

    A ce titre, les Papon, Touvier et autre criminels de l’humanité ont été condamnés à juste raison.

    Aujourd’hui il est normal que Polanski paie pour un crime pour lequel il n’a jamais prononcé la moindre excuse.
    Ou alors il l’a fait et nous ne sommes pas au courant….

    Ceci dit une incarcération dans les geôles Suisse et le stress de se savoir peut être livré dans les mains d’un procureur en quête de notoriété, cela me semble déjà pas mal.

  • 1 October 2009 à 12h38

    a2lbd dit

    Mais il s’est enfui.

    Et puis il a vécu, et sa victime aussi.
    On peut constater que depuis cet évènement, il a réalisé pas mal de bon films et n’est jamais plus tombé dans la pédophilie. On peut aussi constater que sa victime a su surmonter son traumatisme en devenant une femme épanouie (?) au point de souhaiter oublier ce moment traumatisant.

    Alors ce pose la question: a quoi sert la prison:
    Est ce un moyen de mettre la société à l’abri des individus dangereux ?
    Est ce une punition visant à faire payer ceux qui ont fauté ?

    Quant à moi, je retiens la première proposition, sur le long terme et la deuxième sur le court terme (dans ce cas, les peines doivent aussi être moins lourdes) *. Or donc partant de ce postulat, je relaxe Polanski.

    Mais j’observe le dossier et je constate que Polanski a eu une telle trouille de la justice qu’il n’a jamais osé présenté ses excuses à sa victime. I a fuit ce qu’il a été un soir.(à suivre)

  • 1 October 2009 à 12h27

    a2lbd dit

    Je suis tombé en surfant sur le net sur un résumé de l’affaire Polanski par Marie Colman.

    Nous sommes rentré dans ce que Jacques Attali nomme l’hyper surveillance.Dans cet univers le juge dépasse la pression social ou la religion A lui revient le devoir de trancher entre ce qui est bien ou mal, de ce qui est moral ou ne l’est pas.

    Et bien moi, simple petit internaute vermisseau, je vais trancher comme un juge :
    Polanski a commis dans les années 70 un crime: il a abusé d’une jeune fille de 13 ans sous l’emprise de la drogue. Je retiens les circonstances atténuantes:
    1/ L’assassinat de sa femme en 69 a certainement laissé des cicatrices profondes
    2/ les sixties et seventies lebertaire avec leur conso de drogues à gogo ont détruit plus d’un intellect.
    Pour autant, ayant lourdement fauté, il aurait du payer.
    (à suivre)

  • 1 October 2009 à 11h45

    jerome dit

    Rackam
    “L’ultralibéralisme tel que je le perçois et qui me vaut d’être, selon vous, hors de la plaque, est cette pratique, presque dénuée de doctrine, où tout est marchand, recherche de plaisir, absence de réflexion éthique sur le produit qu’on vend, le type qu’on embauche, la fille qu’on drague.”

    Et on vous repete que ca n’a rien a voir. Vous pouvez inventer des definitions aux mots si ca vous amuse mais ca ne les rend pas plus vraies. Vous nous parlez ici d’hedonisme extreme, de marchandisation totale, pas de liberalisme et pas d’ultraliberalisme, qui par definition, est la version “extreme” du liberalisme et pas un truc sans rapport.

  • 1 October 2009 à 8h30

    ramon mercader dit

    “la mobilisation est intense , la pologne et la france déploient d’autant plus d’efforts que leur influence est nulle…..”
    superbe résumé .
    sinon , exiger le droit à l’oubli supposerait qu’on puisse l’appliquer à tous……..
    ce qui pourrait se concevoir lorsqu’on cause d’un homme de droite par exemple ; “machin , ancien membre du club de l’horloge , think tank fascisant bien connu” ou “truc ,ancien d’occident” ou “bidule , auteur d’une blague nauséabonde sur…….”
    ben , vous voyez que c’est pas possible……..
    va falloir se résigner……..

  • 1 October 2009 à 1h03

    dounia dit

    Polanski, un génie incontestable, incontesté, mais coupable d’un crime , coucher avec une petite fille de treize ans me semble ignoble, mais bon je peux me tromper, le sentiment que j’ai pu relever en surfant sur internet au sujet de cette affaire, est encore et toujours le même argument stupide : la shoah!!!!!!!!!!!!!
    Devinez quel terme revient le plus souvent… : “le lobby juif” biensur!!!!!! voici ce que je crains, je vous invite à fouiller un peu, : kouchner, bhl et des dizaines d’artistes juifs soutiennent polanski c’est vrai, et quelle communauté va payer de sa réputation cet appui “tribal” à polanski : les juifs eux-mêmes!!!!!!! ; j’admets (et ca m’emmerde) de voir que nos autorités le soutiennent, l’argument du “polanski est rescapé des camps” me gonfle profondément!!!!! pour une simple raison cela décrédibilise tous les innoncents qui subi cette horreur, en gros cela voudrait dire qu’une simone weil, un popeck, etc … pourraient commettre n’importe quel crime sans craindre!

  • 30 September 2009 à 22h06

    Pierre dit

    @ Lady, j’avoue de l’avoir fait en toute vitesse, vous comprendrez la Suisse cette fois-ci et Kadhafi depuis toujours m’ont fait tourner, comment le dire, voila les idées

  • 30 September 2009 à 21h23

    Lady dit

    Avis aux artistes, nouveau moyen d’expression sur causeur! Pierre , combien de temps vous a pris la réalisation de ravissant petit “pied de nez”?

  • 30 September 2009 à 20h34

    Pierre dit

    w : excuse-moi, jjacquesb, là je lie lacets de chaussures, mais ne vous faites pas, je vous écoute toujours.

  • 30 September 2009 à 20h27

    Patrick Mandon dit

    Polanski, il y a belle lurette que je ne vais plus voir ses films. Et l’homme ne m’intéresse nullement. Pour son affaire, la justice tranchera.
    Je reconnais que l’astuce calligraphique de Pierre ne manque pas d’efficacité.