L’économie française se tiers-mondise | Causeur

L’économie française se tiers-mondise

Entretien avec l’économiste Jean-Luc Gréau

Auteur

Gil Mihaely

Gil Mihaely
Historien et directeur de la publication de Causeur.

Publié le 10 mars 2017 / Économie

Mots-clés : , , ,

La croissance revient mollement, l’économie française crée des emplois mais la balance commerciale reste déficitaire. Pour Jean-Luc Gréau ce tableau tout en nuances de noirs et de gris indique que l’économie française crée des emplois à faible valeur ajoutée.
greau croissance btp chomage

Chantier à Mâcon, 2017. Sipa. Numéro de reportage : 00793124_000040.

Causeur. Ces derniers jours, trois chiffres macro-économiques importants ont été officialisés : l’économie française a créé 187 000 emplois en 2016 (sa meilleure performance depuis le début de la crise en 2008), la croissance au premier trimestre 2017 a été de 0,4% et enfin le bilan commercial français pour le mois de janvier 2017 s’est élevé à presque 8 milliards d’euros, un record. Que disent ces chiffres de l’état de l’économie réelle ?

Jean-Luc Gréau. Le chiffre favorable des créations d’emplois est en discordance avec le taux de croissance officiel de 1,1% en 2016. En cela, l’économie française offre une étrange similitude avec l’économie américaine qui, avec une croissance de 1,6%, a créé deux millions et demi d’emplois !

Explication logique : comme les Etats-Unis, nous créons de plus en plus d’emplois à faible productivité tout en supprimant des emplois à forte productivité sur le site national. Ce paradoxe est confirmé par le chiffre négatif de notre commerce extérieur : le bas de gamme ne s’exporte pas ! en revanche, il nous coûte très  cher en termes de protection sociale.

Les chiffres dont nous disposons révèlent une tiers-mondisation rampante de notre économie, subventionnée par des allègements de charge et le CICE, ciblés sur les basses rémunérations. Cette évolution est intenable à long terme.

Pourtant, la Banque de France estime à 0,4% la croissance française au premier trimestre 2017 et constate un rebond de l’activité dans le secteur industriel ainsi que dans les services et le bâtiment. N’est-ce pas la preuve d’une réelle reprise ?

Le rebond de l’activité découle pour l’essentiel de trois facteurs. Premier facteur : la baisse de l’euro situé aujourd’hui un peu au-dessus de 1 dollar après avoir connu une parité de 1,4 dollar, voire plus, des années durant, alors que la zone euro connaissait une situation de marasme. Deuxième facteur : l’importante reprise cyclique du marché de l’automobile en Europe après des années particulièrement difficiles. Cette reprise pourrait se poursuivre encore durant 2017. Mais peut-être pas au-delà. Troisième facteur : les livraisons d’avions qui ont battu de nouveaux records. Mais là encore, l’évolution des commandes laisse présager une stabilisation à partir de l’an prochain.

Il faut insister parallèlement sur la continuité du processus de délocalisation, lié au phénomène que j’ai décrit plus haut : la santé retrouvée du groupe PSA masque le fait que les véhicules de moins de 20000 euros ne sont plus ou ne seront plus assemblés en France et que les équipementiers vont se rapprocher des lignes d’assemblage délocalisées. Les fournisseurs de l’aéronautique signalent eux aussi qu’ils subissent les délocalisations de leurs donneurs d’ordre, non plus seulement sur la fabrication, mais sur le développement, vers la Chine et l’Inde.

Cette « tiers-mondisation rampante » de l’économie française explique-t-elle qu’en dépit de la baisse du prix des matières premières importées et de la faiblesse de l’euro, notre balance commerciale souffre d’un énorme déficit en janvier 2017 ?

En quelque sorte. Le point crucial pour notre économie est son manque de compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne : la moitié environ de notre déficit provient de nos échanges bilatéraux avec la RFA. L’euro joue le rôle d’une souricière. Pour retrouver un coût du travail compétitif pour l’économie engagée dans la compétition internationale, il faudrait le réduire massivement à hauteur de 20%, soit les salaires, soit les charges. L’allègement de charge nécessaire peut être estimé à 100 milliards d’euros. Mais alors comment payer la maladie, la famille, la vieillesse ?

Observons encore que les baisses de salaires pratiquées dans des pays comme l’Espagne ou le Portugal ont donné lieu à de violentes récessions. Mais ces politiques opportunistes, apparemment couronnées de succès dans le cas de l’Espagne, ont eu aussi pour effet de contrarier l’activité chez leurs voisins. Cependant, malgré ce succès, l’Espagne, qui produit désormais plus de voitures que la France et l’Italie, subit cependant un taux de chômage proche de 20%%. Il était de 8% avant l’éclatement de la bulle immobilière locale. Le sujet de la sortie de l’euro reste évidemment tabou. Marche ou crève !

  • Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !

    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 11 Mars 2017 à 22h02

      Robinson dit

      Les emplois créés en France sont des emplois de service aux personnes ; valeur ajoutée exportable nulle, comme tous les fonctionnaires.

    • 11 Mars 2017 à 12h26

      Nolens dit

      le bas de gamme ne s’exporte pas ! en revanche, il nous coûte très cher en termes de protection sociale
      C’est extrait du texte. C’est évident depuis des années. Seulement au pays des droits de l’homme, le tous égaux a trouvé ses limites, celles de l’économie. Nous jouons dans la cour mondiale, nous n’avons pas le choix des règles du jeu, elles nous sont imposées.
      C’est un fait qui est connu par tous les gens un peu évolués. Ce qui est aussi un fait, c’est ce ces même personnes sont partagées en deux camps : ceux qui veulent adapter le pays à ces règles du jeu et ceux qui veulent maintenir coûte que coûte le sacro-saint modèle social que l’univers nous envie en se gardant bien de l’adopter.
      Les français, qu’ils soient de souche ou non, ne veulent plus d’emplois bas de gamme, c’est mieux le haut de gamme. Le vide est naturellement comblé par les nouveaux arrivants qui accèdent plus ou moins rapidement au système de protection sociale, plus rapidement souvent que le français de souche.
      On en arrive à la situation actuelle qui ne peut que se dégrader, à la plus grande joie des bobos qui voient leur rêve le plus cher se réaliser : la fin du travail.
      C’est aussi la fin du pays tel qu’ils l’ont connu et tel que nous le connaissons. Bientôt il ne sera plus qu’un souvenir.

      • 14 Mars 2017 à 18h04

        soloje dit

        bien dit, 100% d’accord, France pays en voie de sous dévellopemement.
        j’encourage mes enfants qui viennent de rentrer ds le monde du travail à le quitter, pour moi c’est trop tard.

    • 11 Mars 2017 à 1h53

      Erick dit

      Pour la France et les autres pays aujourd’hui handicapés par leur appartenance à la zone euro la solution ne peut pas être d’en sortir car tout simplement la dévaluation des nouvelles monnaies nationales rendrait le poids de la dette émise en euro insupportable. Cela dit une solution simple existe qui n’a pas été assez explorée par les économistes et qui serait simplement de convaincre l’Allemagne et éventuellement ses pays satellites de sortir eux de l’euro. Pour eux cette sortie aurait beaucoup d’avantages à commencer par une très forte baisse de leur endettement exprimé en % de leur PNB dans leur nouvelle monnaie (commune ou pas). Pour des pays en forte crise démographique la proposition d’alléger fortement les dettes pesant par définition sur les générations futures est tentante. Par ailleurs la structure du commerce extérieur allemand et les multiples exemples du passé avec les réévaluations régulières du DM ont montré la capacité de l’économie allemande à absorber le choc. On pourrait rajouter le très récent exemple suisse avec une réévaluation très brutale du Franc suisse de 20% sans conséquence pour l’économie intérieure ou le commerce extérieur. Dans la pratique l’Allemagne pourrait assez facilement se laisser convaincre de sortir de l’euro si l’alternative était une demande de partage des dettes des pays membres à travers un mécanisme d’émissions de nouvelles dettes destinées à soutenir les économies du Sud (dont la France !!) Une totale abomination pour une majorité des allemands.

      • 11 Mars 2017 à 10h52

        Aristote dit

        Idée intéressante, d’autant plus que c’est la France, beaucoup plus que l’Allemagne, qui a poussé à la création de l’euro.

        L’euro n’était pas en soi une idée idiote, mais sa mise en oeuvre a été très mal ficelée. Trop de membres au début (la Grèce !!!) et trop de pays refusant les politiques économiques cohérentes avec le choix de l’euro, notamment la France.

      • 14 Mars 2017 à 11h40

        Patrice Lucchini dit

        C’est en effet une solution valable (en dehors d’une sortie de la France qui aurait ses avantages) et qui permettrait de résoudre bien des problèmes. Je la promeut depuis déjà longtemps. Sortir l’Allemagne de la zone euro et harmoniser la fiscalité dans le nouvel ensemble ainsi créé. Mais attention de ne pas faire de l’Allemagne et de son nouveau DM une puissance dominante voire écrasante par sa capacité d’investissement dans les autres pays européens (DM fort et euro nouveau faible), comme elle l’est aujourd’hui avec sa capacité d’exportation et son excédent commercial. Réindustrialiser la France deviendrait alors une absolue nécessité mais pas avec des capitaux allemands…

      • 14 Mars 2017 à 18h02

        soloje dit

        Intéressant , mais je vois mal l’allemagne se priver du gros avantage d’avoir une monnaie sous évaluée par rapport à sa puissance économique. mais bon espérons …
        l’ € a été créé pour faire un pendant aux $ dans les échanges internatinnaux et ne plus dépendre de la banque US et de sa législation , qui ont couté qq milliards à certains. la aussi c’est un fiasco

    • 10 Mars 2017 à 18h26

      Ganzo dit

      L’Europe c’est la décision politique hors de portée des citoyens. Ce sont des décideurs pourri de fric, iresponsables et ne devant rendre de compte à personne sauf aux lobbies corrupteurs.

      • 10 Mars 2017 à 19h21

        Sancho Pensum dit

        Vous tracassez pas ! Au niveau français, c’est pareil.

        • 11 Mars 2017 à 6h52

          IMHO dit

          Exact et même pire : la politique de l’Union Européenne est plus transparente et objective que la politique française .

    • 10 Mars 2017 à 17h58

      IMHO dit

      Eurostat

      Tableau croisé de la formation brute de capital fixe (FBCF) par branche d’activité et par actif (opérations) [nama_10_nfa_fl]
      de 2001 à 2013

      Total en € par habitant, hors Droits de propriété intellectuelle :

      En % de DE
      République tchèque 10 926 91%
      Allemagne 12 015 100%
      France 6 103 51%
      Italie 12 457 104%
      Pays-Bas 7 601 63%
      Autriche 11 404 95%
      Suède 14 387 120%
      Royaume-Uni 5 196 43%

      Les entreprise française cachent leur insuffisance en investissement productif
      en gonflant les frais de recherche et d’informatisation activés

      Donc, circulez, il n’y a rien à voir :
      pour exporter ou ne pas importer, il faut produire
      pour produire, il faut du matériel
      pas de matériel = déficit du commerce extérieur = perte de pouvoir d’achat
      = chômage

      L’euro et les salaires ne sont pas en cause .

      • 14 Mars 2017 à 18h10

        soloje dit

        pour acheter du materiel il faut des usines, et il n ‘ a plus d’usine. ni pour produire ; ni pour faire du materiel de production pour d’autres usines.

        mon usine, qui survit dans le massacre de ces dernières décénies, vient de faire un tres gros investissement matériel. rien n’est acheté en France, tout vient d’italie( du nord) et d’Allemagne ou il y a encore beaucoup de ETI

    • 10 Mars 2017 à 17h24

      Sancho Pensum dit

      Les fanatiques de la sortie de l’Euro me font penser à la colombe de Kant :
      “La colombe légère, lorsque dans son libre vol, elle fend l’air dont elle sent la résistance, pourrait s’imaginer qu’elle réussirait bien mieux encore dans le vide”.

      • 10 Mars 2017 à 17h29

        Sancho Pensum dit

        Ou au fou qui dit à l’autre : – accroche-toi au pinceau, je retire l’échelle !

      • 10 Mars 2017 à 18h17

        IMHO dit

        Joli ça !

      • 11 Mars 2017 à 10h47

        Aristote dit

        Zut, me voilà d’accord avec SP !
         

    • 10 Mars 2017 à 16h54

      hoche38 dit

      La peur évidente des marchés n’est peut-être pas celui du programme d’une quelconque candidate à la présidence française mais plus probablement la peur diffuse de l’inconnu et des “désordres” que vont amener cette fin de l’euro que la classe installée sent confusément et irrésistiblement arriver. Vous aurez sans doute noté que les négociateurs anglais du Brexit ont laissé dire qu’avant la fin des deux années de négociation, l’euro n’existerait plus.

      Chacun sent bien que cela va venir mais personne ne sait comment.

      Un sauvetage, même provisoire, ne pourrait se faire sans un grand élan de nature fédéraliste qui exigerait un mandat démocratique des nations. Je ne voudrais pas négliger l’enthousiasme populaire que pourrait soulever à travers toute l’Europe Monsieur Junker et tous ces Messieurs de la Commission, mais là, on est en plein rêve. Et croyez-vous vraiment que cette fois, on pourra encore monter une carabistouille comme en France après le referendum de 2005?

    • 10 Mars 2017 à 16h30

      Naif dit

      La comparaison avec les états unis me semble pas judicieuse : les états unis sont leader dans les domaines des technologies de l’information, toutes les grandes sociétés des nouvelles techno sont américaines, des bio technologies et j’en passe ce sont des secteurs à très forte valeur ajoutée. J’aimerais savoir sur quoi ce base l’auteur pour faire une comparaison aussi hasardeuse ?

    • 10 Mars 2017 à 15h59

      Aristote dit

      La zone euro a été mal dimensionnée au départ, c’est évident : la Grèce par exemple n’avait rien à y faire, et cette connerie a coûté bonbon.

      La France, qui a voulu l’euro, a ensuite poursuivi obstinément des politiques en contradiction avec ce choix. La non-maîtrise de la dépense publique a gonflé les déficits, qui ont fini par engendrer des chocs fiscaux répétitifs, qui en dépit des correctifs apportés sur le tard par FH, ont porté essentiellement sur le secteur marchand et les preneurs de risques. L’Allemagne a fait des choix différents. Incompréhensible, quand on sait que le monde entier envie le “modèle français” ! Mais bons les Teutons, il ne faut pas trop leur en demander.
       
      Sortir de l’euro serait très coûteux. Mais le vrai problème, c’est que sans les efforts d’assainissement de toute façon nécessaires, une sortie de l’euro conduirait à inflation et dévaluations à répétition, et ne permettait pas à la France de sauver son emploi en créant les conditions propices à l’investissement dans des activités à forte valeur ajoutée.

      MLP comme Macron essaient de vendre aux Français le régime amaigrissant sans effort. Cela marchera peut-être électoralement, mais les lendemains causeront alors la même gueule de bois que celle que FH a donné à son électorat.  

      • 10 Mars 2017 à 16h03

        steed59 dit

        Avec ou sans euro la France vit au-dessus de ses moyens depuis 30 ans. Avec ou sans euro lorsque la note va arriver elle sera salée. Quand je vois la colère des allemands contre la politique de la BCE je me dis qu’elle ne tardera pas à arriver.

    • 10 Mars 2017 à 15h32

      Schlemihl dit

      On se tiers mondisera , foutre , quand on exportera des matières premières et qu’ on importera des produits manufacturés .

      au fait , merde , qu’ est ce qu’ on exporte ?

      Et si on sort de ce chié euro , ce sera pour se servir d’ une monnaie qui ne vaudra pas cher , alors bordel les prix monteront et on vendra mieux nos moutons et nos carottes , si on en produit encore , mais le prix des téléphones et des fixe chaussettes montera .

      Causer économie me rend vulgaire .

      D’ailleurs nous serons bientôt tous rentiers puisque le gouvernement va tous nous pensionner . Je ne sais pas ou ils vont trouver l’ argent .

      Est ce que quelque un ici a entendu parler de Juan Peron ? ” L’ économie , on peut tirer dessus tant qu’ on veut ” disait il . Et l’ Argentine a manqué son développement , parce que ce n’ était pas vrai .

      • 10 Mars 2017 à 15h47

        steed59 dit

        schmelil, remet sont schtreimel sur la tête sinon tu vas attraper froid

        • 10 Mars 2017 à 15h56

          Schlemihl dit

          strammel steed …..

          aurais je commis une erreur quelque part ? je précise que si le prix des fixe chaussettes ( importées de Suède je crois ) MONTE , les chaussettes elles mêmes feront précisément le contraire .

      • 10 Mars 2017 à 15h48

        steed59 dit

        la sortie de l’euro signifiera surtout que bcp de français vont être obligés de (re)commencer à bosser pour eux plutôt que d’attendre tout des autres. Au moins ça rendra les français moins cons et moins assistés.

        • 10 Mars 2017 à 15h55

          Rattachiste dit

          C’est tout-à-fait ce que je pense. L’euro a été le moyen de continuer l’assistanat alors que l’économie entrait en concurrence avec le reste du monde. A cause de taux d’intérêts indolores, l’endettement s’est creusé et les politiques ont pu continuer à déverser de l’argent public pour essayer de rendre la transition indolore.

          Ceux qui soutiennent l’euro sont pour la rente et le chômage de masse. L’euro est un anesthésiant qui nous a coupé de la réalité de notre économie.

        • 10 Mars 2017 à 15h58

          steed59 dit

          on est complètement d’accord. Tu reprendras bien une part de chicons ?

        • 10 Mars 2017 à 16h00

          Rattachiste dit

          S’ils sont au gratin volontiers. Et remets-moi une Chimay blanche avec ça.

      • 10 Mars 2017 à 15h50

        Robinson dit

        Le 4ème alinéa est assez réaliste.

      • 10 Mars 2017 à 15h51

        Flo dit

        Schmelih,
        Si on sort de l’euro, il n’y aura  tout simplement plus d’euro.  L’euro ne pourra pas survivre à la sortie de la France.  Si on prend la peine d’y réfléchir 5 minutes tranquillement, on le comprend très bien.  

         

        • 10 Mars 2017 à 20h13

          Schlemihl dit

          Flo

          je pourrais le comprendre … si je comprenais mieux les monnaies . Ce n’ est rien qu’ une marchandise utilisée pour calculer la valeur des autres .

          Mais cette marchandise est vendue contre d’autres marchandises parce que les acheteurs croient en sa valeur . On vend des avions … on pourrait dire aussi bien que les vendeurs d’ avions achètent des euros . c’ est du troc .

          Mais si les gens pensent qu’il y a un truc , ils voudront tous se débarrasser de leurs euros et plus personne ne voudra l’ accepter en paiement , parce que tous auront le trac de se faire estamper

          La confiance existe , puisque l’ euro est accepté partout .

          Mais comme la monnaie d’ un monstre politique qui ne ressemble à rien pourrait bien durer autant que lui , et que l’ UE ne m’a pas l’air partie pour durer longtemps , c’ est bien possible que les économies en euros connaissent le même destin que l’ Emprunt russe .

          Surveillez le cours de l’ or les loulous . Quand il montera …. c’ est peut être que les malins sont en train de vendre leurs euros avant qu’il vaille autant que les assignats de l’ An IV .

          Si l’ UE continue de se tronquer …. La Grande Bretagne puis la Grèce la France …. les lingots vont faire le Grand Trekk vers les coffres forts suisses ( et je rappelle que la Suisse a une armée et que c’ est prudent ) . Alors la confiance pourrait partir .

          Conclusion : avant que le cours de l’ or ait la trique je vais en acheter deux ou trois tonnes et le mettre à l’ abri .

          Sage précaution : pendant que , vêtus de haillons ou d’ un tonneau , vous tendrez la main à la porte d’ églises ruinées dans des rues ou il ne passera jamais personne , moi , je me repaitrai de homard à l’ américaine et d’ ortolans arrosés de chambertin ou de romanée conti , avant de me plonger dans des bains de champagne avec des créatures vêtues de colliers dans de folles orgies à votre santé dans une île du Pacifique sud .

          Trinken auf Ihr Wohl !

    • 10 Mars 2017 à 14h58

      Rattachiste dit

      Evidemment la sortie de l’euro est un tabou au sens qu’en donnent les ethnologues. C’est un impensé, un refoulé qui pointe avec l’obstination des faits l’échec de l’élite au pouvoir.

      Macron est l’incarnation de ce refoulement. Il est le sauveur du tabou , c’est pourquoi on le décrète compétent bien qu’il n’ait pratiquement aucune expérience de la vie.

      La majeure partie de l’oligarchie française (politique, haute administration, justice, médias), malgré son discours rationnel (qui n’est en fait que celui du cercle de la raison), est en proie à une hystérie qui va aller croissant dans les semaines qui viennent. Sa haine du peuple, cachée sous le terme de populisme, est digne de la campagne référendaire de Maastricht voire pire.

      Ceux qui ont le monopole de la parole publique interdisent le débat par la déstabilisation de l’adversaire et la diabolisation de son programme et vice-versa.

      La crainte est immense dans le camp des élites mondialisées de voir le domino français tomber à son tour dans le camp populiste, soupçonné de préparer un retour en force de la Russie. C’est cette élite qui accuse de conspirationnisme tout ce qui ne file pas droit qui est en réalité en proie à une folie complotiste et qui, en retour, se croit autorisée à tramer pour sauver ce qu’elle croit être la démocratie qu’elle confond avec son existence même.

      La présidentielle de 2017 n’est qu’un round du combat à mort qui fracturera la France et les nations occidentales pour les décennies à venir. Car la vraie question est non pas si nos dirigeants sont moraux, paient leurs impôts et sont politiqment corrects mais bien si nous devons nous dissoudre dans le bain acide la mondilisation, et renoncer à nous-mêmes pour faire place à d’autres.

      Par une inversion ironique de l’histoire, ceux qu’on accuse d’être le parti des descendants des collabos sont peut-être les résistants d’aujourd’hui. Pas tout propres ni parfaits, comme ceux du maquis.

      • 10 Mars 2017 à 15h36

        i-diogene dit

        Bin, tiens: sauf que le maquis luttait contre le fascisme..!^^

        L’UE est la première force économique mondiale.. Ce qui fait un Euro fort et stable,donc une France forte..

        Le retour à une monnaie nationale, c’est vite vu:

        La parité entre le Franc et l’ Euro étant fixée une fois pour toutes, dès le départ, elle n’ pas changé:

        - soit: 1 € = 6,55967 Francs, soit environ 1 Franc pour 15 centimes d’ Euros.. Une monnaie de singe à la merci de la spéculation des grands groupes financiers mondiaux..

        - A titre indicatif: la Livre turque est à 29 centimes d’ Euro..!^^

        - Une sortie de l’ Euro, produirait un effet plus grave que le Brexit, car la Livre Sterling a toujours été une monnaie forte et n’ a jamais été indexée à l’ Euro:
        …. 1 Euro = 1,3 Livre Sterling..

        - Pourtant, suite au Brexit, la Livre anglaise à perdu 15% à 20 %.

        - Si le Franc était rétabli, il perdrait donc plus de 20 %, ce qui donnerait: 1 Franc = 0,12 € à 0,10 €..

        .. Un avenir économique radieux, digne des pays du Maghreb..!^^

        • 10 Mars 2017 à 15h47

          Rattachiste dit

          - L’UE n’est pas la premier force économique mondiale. Ce n’est qu’une addition de statistiques nationales. La politique et l’économie ne sont pas séparables et c’est en cela d’ailleurs que l’Union européenne a échoué. Fille du libérélisme technocratique, elle a cru que l’économie pouvait marcher seule. C’est faux.

          -une monnaie forte ne fait pas un pays fort. C’est une illusion d’optique.

          -les partités monétaires ne peuvent pas être le seul élément d’appréciation de la force d’une économie. Il s’agit au surplus de valeurs relatives.

          -”pays du Maghreb” nous y voilà en fait. C’est un complexe bien français qui préfère garder une monnaie allemande même contre ses intérêts plutôt que de se voir renvoyer à son côté méditerranéen/latin. C’est la traduction d’un complexe d’infériorité. Je connais cela en Wallonie, où bcp de Wallon préfèrent la Flandre à la France car ils pensent que les Germains sont les “vainqueurs” et qu’il est bon d’être de leur côté.

          La sortie de l’euro comportera sans aucun doute des difficultés. Il faudra de la rigueur. Mais c’est justement l’euro et l’endettement facile qui nous en empêchent.

          En somme il faut et la sortie de l’euro et de l’austérité mais une austérité choisie conforme à nos intérêts alliée à un protectionnisme souple fondé sur le bilatéralisme.

    • 10 Mars 2017 à 14h49

      Malg dit

      Mon bailleur, une SEM, a fait faire des travaux dans l’immeuble où j’habite. La première fois des travaux de plomberie entièrement réalisés par des égyptiens qui ne comprenaient pas une miette de français. Ensuite des travaux d’électricité par une équipe de sri lankais. Maitrise langue française =0. Dernièrement ce fut la peinture dans les parties communes et je pense qu’il s’agissait de bosniaques ou albanais mais sans certitude. 
       Comment en est-on arrivés là ? 

      • 10 Mars 2017 à 14h58

        steed59 dit

        mettez-vous au bricolage

      • 10 Mars 2017 à 15h19

        steed59 dit

        aujourd’hui en 2017 il est difficile d’être en même temps chargé de mission aux affaires culturelles de la Mairie de Paris en charge des nouvelles tendances urbaines éco-citoyennes et savoir en même temps installer des tuyaux de plomberie.

      • 14 Mars 2017 à 14h48

        netrick dit

        Et combien de millions de chomeurs recensés à Paul-en-Ploie !