L’antisémitisme peut-il être honorable ? | Causeur

L’antisémitisme peut-il être honorable ?

Une biographie revient sur le cas d’Edouard Drumont

Auteur

Luc Rosenzweig

Luc Rosenzweig
Journaliste.

Publié le 24 octobre 2008 / Culture

Mots-clés :

De Georges Bernanos, antisémite catholique repenti, on se souvient du “Hitler a déshonoré l’antisémitisme !” par lequel il rompit, pendant la seconde guerre mondiale, avec ses amis de l’Action Française, englués dans la Collaboration. Ainsi prenait-il élégamment congé de ses maîtres, Charles Maurras et Edouard Drumont, sans pour autant renier leur héritage. N’eût été Hitler et Auschwitz, la judéophobie tel qu’on la pratiquait en France sous la IIIe République aurait donc, si l’on suit Bernanos, mérité une postérité moins sulfureuse que les Faurisson et autres Dieudonné. C’est aller un peu vite en besogne…

Un historien de la nouvelle vague, Grégoire Kauffmann, nous invite en effet à une visite guidée dans les coins et recoins de la vie et de l’œuvre du pape de l’antisémitisme à la française, Edouard Drumont (1844-1917). Cette biographie sans empathie, ni antipathie affichée, mais qui évite la froideur entomologique de l’accumulation des faits par le souci de faire revivre une époque bien oubliée, fait justice de cette prétendue “honorabilité” dont Bernanos crédite ses mentors. L’ascension sociale fulgurante d’Edouard Drumont, gratte-papier famélique ne s’étant jamais tout à fait remis de la chute de son père Adolphe dans la folie et de la ruine de sa famille, est la conséquence du succès immense, en 1886, de son pamphlet La France juive. Au départ ses éditeurs Marpon et Flammarion y croyaient si peu qu’ils n’acceptèrent de le publier qu’à compte d’auteur et en raison du parrainage accordé à l’ouvrage par Alphonse Daudet. Comment un pensum de 1 200 pages, au style tantôt pompeux tantôt besogneux, devint-il en quelques mois un best seller, qui fit la notoriété et la fortune de son auteur ? En deux ans, de sa parution à 1888, on le réédita cent quarante fois ! Comment expliquer un tel engouement ?

Il y eut, bien sûr, les duels médiatisés qui l’opposèrent, sur le pré, à quelques uns de ceux qu’il avait insultés, comme Arthur Meyer, le directeur du journal Le Gaulois – on gagne toujours à se battre avec quelqu’un de plus connu que soi… Mais la clef du succès est ailleurs : à la différence de Maurras, qui ne déteste le juif qu’en “raison” de son emprise supposée sur “la Gueuse” (la République), Drumont éclaire l’histoire du monde, et ses coulisses, explique tous les malheurs de la France par la nocivité intrinsèque des Israélites. Après la guerre de 1870 la “germanité” des juifs ashkénazes qui ont fui l’Alsace-Lorraine conquise par la Prusse en fait, pour Drumont et ses adeptes, des Boches camouflés, prêts à former une cinquième colonne le jour où sonnera l’heure de la revanche. Si on rajoute à cela quelques pincées d’antijudaïsme chrétien bien implanté dans le bas clergé rural, un anticapitalisme limité aux Rothschild, Pereire et Fould (dont le péché capital a été de moderniser la France), on obtient un concentré de passion antijuive d’une efficacité redoutable.

Où est donc alors cette “honorabilité” de l’antisémitisme français dont Hitler aurait brisé l’échine ? Dans les imprécations d’un Léon Daudet où l’on a cru discerner du style derrière l’ordurière prose antidreyfusarde? Dans les tripotages financiers, petites escroqueries et grosses carambouilles qui se concoctent dans les couloirs de La Libre Parole, le journal fondé par Drumont ? On découvre par exemple, en lisant Grégoire Kauffmann, que l’évêque de Laval fut contraint de payer une somme de 5000 francs-or au journal pour faire taire une campagne de calomnies à son encontre lancée par la Libre Parole, sans aucun fondement, mais abominablement destructrice. Injures, diffamation racket – mais quant à l’honneur… Tel est du reste le mérite de cette biographie : hier comme aujourd’hui, “patriote” ou “internationaliste”, à Berlin comme à Durban, la haine du juif se nourrit toujours du même délire et appelle systématiquement au meurtre. Honorable, pour le chrétien comme pour l’humaniste, il ne le pourra jamais être.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 1 Novembre 2008 à 22h47

      Ludovic Lefebvre dit

      Un phraseur est déjà fatiguant, mais un phraseur prolixe… !

    • 31 Octobre 2008 à 10h38

      Averell dit

      Monsieur Rosenzweig, tout d’abord permettez-moi de répondre en peu de mots à votre question : “L’antisémitisme peut-il être honorable ?” Non, il ne peut l’être, et en aucun cas ! J’ai éprouvé, et dès mon plus jeune âge, l’antisémitisme comme un mal qui relève de la dermatologie et de la cancérologie, ses manifestations dermatologiques étant probablement les manifestations extérieures de ce que laisse voir l’imagerie médicale ou la dissection…
      Je ne puis m’en tenir à cette réponse euphémique suscitée par votre interrogation délibérément (et malicieusement) euphémique. Mais je ne vais pas me mettre à hurler et à lancer des superlatifs. L’antisémitisme reste mystérieux. Dès que nous avançons des explications sur ses causes, nous sentons qu’elles ne font qu’augmenter l’interrogation, la terrible interrogation
      Il est question de Bernanos dans votre lettre, un écrivain que j’admire depuis mes années de jeunesse et qui fut lui-même un admirateur d’Edouard Drumont. Mais ne pratiquons pas le syllogisme, Edouard Drumont me navre. J’ai donc lu Bernanos avec passion, j’ai lu Dostoïevski avec passion, Dostoïevski chez qui l’on peut relever des propos peu sympathiques à l’encontre des Juifs. Et parmi ces écrivains qui m’accompagnèrent comme des amis, Drieu la Rochelle.
      J’en reviens à l’explication. Quel crédit accorder au livre de Solange Leibovici : “Le sang et l’encre. Pierre Drieu la Rochelle. Une psychobiographie” ? Je l’ai lu avec entrain. Mais l’explication psychanalytique se veut scientifique alors qu’elle ne cesse d’agir par fascination : les conclusions rejoignent les présupposés tout en faisant croire à de judicieuses déductions, le tout porté par un lexique brillant. Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de faire le procès de la psychanalyse qui a des mérites et de rutilantes prétentions.
      L’antisémitisme n’est pas central dans l’œuvre des trois écrivains que je viens de citer alors qu’il l’est dans l’œuvre de cette petite pointure, Edouard Drumont avec qui l’antisémitisme n’est rien moins qu’un liant.
      J’ai souffert lorsque j’ai su que cet homme que j’admirais (et que admire encore), Bernanos, était antisémite, souffrait d’antisémitisme. Mais faut-il repousser des amis parce qu’ils souffrent d’une maladie ? Il faut s’efforcer de les comprendre toujours à partir de leur propre pensée afin d’en suivre les développements et ne jamais se laisser enfermer dans une morale qui n’est faite que de mots d’ordre.
      Je vous sais gré, Monsieur Rosenzweig, de citer Bernanos, je vous en sais gré même si je suis certain que la plupart de ceux qui vous lisent n’ont jamais lu cet auteur qu’ils risquent ainsi de classer parmi les individus infréquentables, d’autant plus qu’il est passé par l’Action Française et non par le Parti Communiste, ce qui le rendrait malgré tout fréquentable. Vous pensez que j’exagère ? Je crois les Français affreusement conventionnels. En voulez-vous un exemple ? François Mitterrand a été décoré de l’Ordre de la francisque, en 1943. Il est vrai que le pasteur Marc Boegner en a lui aussi été décoré et qu’il a été nommé “Juste parmi les nations” comme l’a été Rolande Birgy, militante au Front National de Jean-Marie Le Pen. Quoiqu’il en soit vous savez aussi bien que moi que si un président de la République issu de l’UDF ou du RPR avait reçu cette même décoration on n’aurait pas manqué, tantôt hargneux tantôt goguenard, de le lui rappeler à la moindre occasion. C’est ainsi, le conformisme est en France assez féroce. Pensez-vous que j’exagère ?
      J’aime donc Bernanos, tout en ayant une peur viscérale de l’antisémitisme. Votre article auquel je n’ai rien à redire demande une suite. Non, l’antisémitisme n’est pas honorable ! Mais Bernanos est admirable ! Son antisémitisme me tourmente toujours. Il y a quelques jours, en feuilletant le premier volume de ses œuvres complètes (“Essais et écrits de combat” à la Bibliothèque de la Pléiade), j’ai trouvé ces lignes, en pages 1506 et 1507, extraites d’une notice de Jacques Chabot à “Scandale de la vérité”. L’extrait est un peu long, vous m’en excuserez : “Contre le “romain” Maurras et son humanisme latin du temps des invasions barbares crispé sur la méditation des “civilisations-que-nous-savons-mortelles”, Bernanos – paradoxal disciple de l’antisémite Drumont et authentique péguyste – raisonne exactement comme un prophète juif de l’Ancien Testament : l’apanage d’Israël n’est pas la Terre promise mais la Promesse de Dieu. Périsse Jérusalem pourvu que persiste l’Alliance. Car Israël risque moins d’un conquérant que d’une apostasie. Or, la “France de Chartres” (et de la Révolution) selon Péguy et Bernanos n’est autre que l’Israël de la Nouvelle Alliance. Et la fidélité du nouvel Israël, enracinée dans le temporel par vingt siècles de christianisme, retrouvée par-delà l’idolâtrie d’une Chrétienté “constantinienne”, impérialiste et embourgeoisée, grâce à la mystique révolutionnaire, cette fidélité au Dieu vivant c’est “la sainte liberté des enfants de Dieu” (…) Prophètes, Bernanos et Péguy le sont parce qu’ils rappellent à la France chrétienne et ensemble révolutionnaire sa vocation de dernier en date des “peuples élus”. Assurément le racisme et tous les autres excès du nationalisme seraient en germe dans une telle prétention, si Bernanos et Péguy revendiquaient pour la France un empire universel. Telle serait l’ambition, l’espoir faussement messianique, le péché d’établissement d’un Israël selon la chair, d’une Eglise embourgeoisée aussi bien ou d’une patrie impérialiste. Qui ne voit, en effet, que Bernanos est antisémite exactement et pas plus qu’il n’est anticlérical et antinationaliste, antisémite comme l’étaient Osée ou Jérémie. Contre la tentation permanente d’idolâtrie qui porte les peuples à renoncer Dieu en possédant le monde, le prophète crie : “Que sert à l’homme de gagner les empires s’il vient à perdre son âme.” Contre tous les simoniaques de Synagogue, d’Eglise ou d’Action française, Bernanos maintient qu’un peuple vaut tout ce qu’il est capable de perdre.”
      Ces lignes ne sont pas destinées à alléger ma gêne ni à trouver des excuses à ce sentiment qu’est l’antisémitisme, celui de Bernanos en l’occurrence. Je ne vais pas m’adonner à la circonlocution et l’argutie fatigue : l’antisémitisme est une saleté. Ces lignes peuvent toutefois laisser pressentir combien ce sentiment n’est pas simple dans ses causes, qu’il peut même être immensément compliqué.
      Il y a de l’antisémitisme chez Bernanos, et ce n’est en rien honorable ; mais Bernanos jamais ne rechercha l’honorabilité, pas plus que ne la rechercha Léon Bloy. Ils cherchèrent l’un et l’autre à la réduire en pièces, en bouillie, comme Céline, un cas fort complexe et bien différent de celui qui nous occupe.
      Je n’ai pas lu “La Grande Peur des bien-pensants” avec entrain. Bernanos y célèbre avec une ingénuité passionnée Edouard Drumont, l’auteur de “La France juive”. J’ai donc lu ces pages comme un témoignage historique, sociologique. Elles m’ont peiné. Et la beauté du style me rendit certaines idées (ou sentiments) encore plus pénibles : comment un tel talent a-t-il pu s’agenouiller devant un tel salmigondis et y faire ses dévotions ? On pourrait croire à du masochisme.
      L’antisémitisme de Bernanos est bien réel, il s’emboîte dans sa haine de la “bourgeoisie” qu’il n’envisage pas comme un “groupe social conscient de ses droits et de ses devoirs” (c’est pourquoi j’ai placé le mot entre guillemets) mais comme une catégorie de déclassés – les bien-pensants –, produits de la dégénérescence des corps sociaux, à savoir : “la presque totalité de l’ancienne aristocratie”, les éléments dénaturés de l’ancienne classe bourgeoise auxquels viennent s’ajouter les rognures du peuple, bref, tout un troupeau d’opportunistes parfaitement égoïstes, défenseurs d’un ordre qu’ils confondent avec la sécurité de leurs biens. Les bien-pensants s’entendront pour massacrer les Communards ; on les retrouvera en Espagne, au cours de la Guerre Civile, rangés sous la bannière de la Cruzada. Bernanos passa au lance-flammes le cheptel des bigots qui voyait l’Eglise comme un pilier de l’ordre ; il pourfendit les militaires et dénonça la faillite des élites, une dénonciation qui ne remettait pas en question les valeurs de la bourgeoisie en tant que classe, bien au contraire : il dénonça l’abdication de la bourgeoisie devant ses valeurs. Un sentiment de décomposition (de catastrophisme même) a dominé les années 1930, et en ce sens Bernanos est bien un homme de ces années, des années de terribles inquiétudes dont Oswald Spengler et Nicolas Berdiaev ont été les porte-paroles, un sentiment qu’expriment alors Jacques Maritain, Julien Green ou André Gide, pour ne citer qu’eux. Chez Bernanos cette inquiétude va patrouiller du côté de l’antisémitisme, un antisémitisme bien ancré dans la société à laquelle il appartient. Son père, Emile, commentait à la table familiale “La Libre parole” dont il était un abonné, un journal antisémite et antiparlementaire. C’est ce père qui lui fit découvrir Edouard Drumont. Le fils lut “La France juive” avec passion et dès l’âge de treize ans !
      L’antisémitisme de Georges Bernanos me dérange, et plutôt affreusement, car j’aime l’homme, malgré tout. Il a écrit : “J’aimerais mieux être fouetté par le rabbin d’Alber que de faire souffrir une femme ou un enfant juif”. C’est beau, c’est authentiquement chrétien, et Bernanos n’est pas de ceux qui se payent de mots ; mais a-t-il pensé que plus d’une femme juive a dû souffrir en lisant “La Grande Peur des bien-pensants” ? Et voilà que je fais le professeur de morale, un rôle qui me déplaît, mais puis-je taire ce qui m’irrite tant ? Il a écrit qu’“on n’a pas le droit (…) de résoudre la question juive par l’extermination des juifs”, mais il n’a cessé d’écrire qu’il y avait une question juive. Il préconisa de contrer la propagande nazie, qu’il juge hideuse, par la solution maurrassienne : pourquoi les Etats ne signeraient-ils pas des accords (et non des diktats) avec la minorité juive qu’ils hébergent ? Il est vrai que si Edouard Drumont l’a fasciné c’est pour d’autres raisons que son antisémitisme ; il n’empêche qu’il en a hérité, bien que moins frénétiquement. Il a hérité de cette marotte qui emmaillote ensemble le Juif et l’Argent. Ce grand bonhomme aura eu cette petitesse, comme tant d’autres d’une stature autrement plus réduite.
      L’antisémitisme est-il honorable ? Non, en aucun cas ! Je ne puis pourtant tourner le dos à l’auteur des “Grands cimetières sous la lune”, de “Journal d’un curé de campagne”, du “Dialogue des Carmélites”, et de tant d’autres livres.
      L’antisémitisme ? L’antisémitisme ! Mais c’est un sujet immense, infini peut-être, il touche à la structure même des sociétés, ce qu’Hannah Arendt s’est efforcée de montrer dans une entreprise monumentale. Mais d’abord, l’étude de l’antisémitisme exige que les antisémites ne soient pas caricaturés ; non qu’il s’agisse de les ménager, mais peut-on envisager la complexité de l’antisémitisme, tant dans ses causes que dans ses manifestations (et, ainsi, espérer s’y opposer aussi finement que possible) si l’on commence par réduire l’antisémite et l’antisémitisme à quelques simplicités ? L’antisémitisme ! L’antisémitisme ? Mais j’y pense n’est-il pas préférable d’avoir des ennemis intelligents que des amis bêtes ? Le ton peut paraître quelque peu léger, insupportablement léger, mais l’ennemi intelligent peut vous aider à progresser… s’il ne vous assassine pas.
      Une question choisie dans l’immensité du questionnement aidera à rendre sensible la complexité de l’antisémitisme. Pourquoi la Bulgarie se montra-t-elle si peu coopérative dans le règlement de la “question juive”, à tel point que les responsables allemands envoyés sur place devinrent à leur tour aussi peu fiables que ceux envoyés au Danemark ? L’ambassadeur allemand à Sofia, Adolf Beckerle, informa que cette situation s’expliquait du fait que “les Bulgares vivaient depuis trop longtemps avec des peuples comme les Arméniens, les Grecs et les Tsiganes pour apprécier le problème juif”, une explication qui ne valait rien puisque cet ambassadeur aurait pu en dire autant d’un pays voisin comme la Roumanie. Pas un seul Juif bulgare ne fut déporté et aucun ne mourut de cause autre que naturelle lorsque, à l’approche des forces soviétiques, les lois antijuives furent révoquées. “Personne, autant que je sache, n’a tenté d’expliquer le comportement du peuple bulgare qui est unique dans cette ceinture de populations mixtes” conclue Hannah Arendt. En Roumanie, les massacres et les déportations perpétrés à l’encontre des Juifs donnent le vertige, à tel point que les nazis eux-mêmes furent horrifiés par un tel chaos (qui fit dans un premier temps près de trois cent mille victimes, et sans presqu’aucune aide des Allemands) et menacèrent d’envoyer la police de sécurité pour protéger les Juifs afin de les éliminer plus discrètement, plus proprement, plus… Mais à quels adverbes faire appel ? Hannah Arendt elle-même avoue implicitement son impuissance à expliquer lorsqu’elle écrit : “Les Allemands avaient (…) oublié que la Roumanie était un pays où le pourcentage d’assassins purs et simples était exceptionnellement élevé”.
      Me permettra-t-on un rapprochement qui peut choquer mais qui permettra peut-être d’appréhender un peu la difficulté à appréhender l’antisémitisme dans sa totalité ? Et loin de moi l’idée de disculper Bernanos, de le rendre honorablement antisémite en évoquant l’un des maîtres d’œuvre de la Shoah, Adolf Eichmann. D’un côté, Bernanos ne cache pas son antisémitisme tout en déclarant qu’il préférerait “être fouetté par le rabbin d’Alber que de faire souffrir une femme ou un enfant juif” ; de l’autre, Eichmann répète n’avoir aucune haine pour les Juifs. Est-il interdit de le croire ? S’il disait vrai la chose n’en serait que plus effrayante. Mais je vous quitte, en vous remerciant une fois encore de votre lettre, elle m’a incité à relire Bernanos que je n’avais pas lu depuis une vingtaine d’années.
      P.S. J’en veux à Bernanos que j’aime d’avoir repris à son compte l’antisémitisme, d’avoir mâchouillé de l’affreusement mâchouillé. Mais c’est ainsi, ceux que nous aimons sont aussi ceux qui nous font le plus sûrement, le plus finement souffrir. Vous le savez ; il en est ainsi dans les familles…

    • 30 Octobre 2008 à 2h25

      Ludovic Lefebvre dit

      Odilon,
      De Clovis à Louis- Philippe Egalité, il y eut bien des politiques, des mesures différentes. Le commerce était considéré comme pas noble et laissé à d’autres, c’est un fait. Ce n’est pas pour autant que ce fut uniquement la roue jaune et le quartier vérouillé de Venise. Napoléon et sa loi, je sais cela et pas de merci à donner pour avoir juste des droits équivalents à d’autres français, j’ajouterai. Le judaïsme n’a cessé de se métarmophoser, la France également, il est tout à fait imaginable de nos jours d’inclure des juifs dans cette royauté comme nous le montre la famille de Rotchild.

    • 29 Octobre 2008 à 18h26

      Agathon dit

      Ce matin, 29/10/08, Emmanuel Todd était l’invité de France Culture.
      Pour ceux qui ont du temps.
      http://www.radiofrance.fr/chaines/
      france-culture2/emissions/matins/fiche.php?
      diffusion_id=67646

    • 29 Octobre 2008 à 17h32

      Odilon dit

      Emilie,

      j’ai écrit ci-dessous: “L’immigration apporte des problèmes, l’absence d’immigration aussi”, donc vous ne pouvez pas m’accuser d’ignorer les problèmes. Ce que je nie, c’est que ces problèmes soient à l’unique charge des immigrés. J’ai aussi dit que je n’étais pas pour “l’entrée libre dans les États-nations de tous les migrants qui se présentent” (Taguieff).

      Ludovic,

      “Je pense que le judaïsme est compatible avec la France”

      Ce n’est pas ce que pensaient vos bien aimés rois.

      Agathon, merci pour le lien.

    • 29 Octobre 2008 à 16h57

      Emilie dit

      “Sortez de votre bulle, Ludovic. Il faut faire avec le monde tel qu’il est, avec l’Autre tel qu’il est.”

      Chacun sa bulle , on dirait :

      ” L’immigrationnisme, ou la dernière utopie des bien-pensants
      Par Pierre-André Taguieff, philosophe, politiste et historien des idées, directeur de recherche au CNRS (CEVIPOF, Paris)

      Le grand chantage des bien-pensants interdit de poser correctement les problèmes liés à « l’immigration » et pousse à la fuite dans l’utopisme aux mains pures. Ce chantage aux visages multiples est l’expression d’une désertion et d’une démission : insouciance quant à la vie quotidienne des citoyens actuels, irresponsabilité à l’égard du devenir de la communauté nationale. Il est aussi l’indice, particulièrement en France, d’une forme émergente de mésestime de soi, voire de mépris de soi, lequel peut se radicaliser en haine de soi. Nombre de Français ne s’aiment plus et n’aiment plus leur pays, qu’ils prennent plaisir à réduire à un passé criminel et à un présent décadentiel. D’une façon générale, ce chantage de la bien-pensance a pour principal effet de transformer la politique en une impolitique, et, ce faisant, de désarmer les nations démocratiques face aux nouvelles menaces.

      Lisez la suite :
      http://www.communautarisme.net/L-immigrationnisme,-ou-la-derniere-utopie-des-bien-pensants_a754.html

    • 29 Octobre 2008 à 16h57

      Ludovic Lefebvre dit

      Bien sûr, que ces solutions simplistes sont applicables, ce qui est simple n’est pas forcément mauvais, ni facile et si je crois les causes souvent compliquées, je crois les effets souvent simples.
      Je n’ai jamais cru les crimes et la pauvreté pouvant être éradiquées, juste rendu acceptable en nombre, ce ne sont pas deux inventions et deux exclusivité venues d’ailleurs.
      Je pense que le judaïsme est compatible avec la France, j’ai conscience que je ne verrai probablement pas de roi en France de mon vivant, mais que la démocratie va se suicider, qu’elle est entrain de le faire.
      Pour l’autre, je fais les efforts en ne l’agressant pas, par exemple. Il faut aussi qu’il se mette à en faire ou qu’il dégage. Je ne peux pas changer les autres, c’est une évidence, mais ils peuvent changer eux-mêmes ou partir, c’est juste une question de bonne volonté politique, de courage, de lois.

    • 29 Octobre 2008 à 16h35

      Agathon dit

      Vous pouvez lire un entretien avec Emmanuel Todd, réalisé par E.Levy.

      http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/emmanuel-todd-la-revolution-protectionniste/989/0/285194

    • 29 Octobre 2008 à 15h59

      Three piglets dit

      “Votre rêve d’une France sans crimes, sans pauvreté, unie par une religion et un roi, il faut l’abandonner, tout cela n’a jamais existé”

      Punaise, du révisionnisme en direct live.

      En plus de légitimer les crimes.

    • 29 Octobre 2008 à 15h53

      Agathon dit

      Sur google books, vous avez un ouvrage(c’est gratuit):
      “Une enquête sur les immigrés et leurs enfants” de Michèle Tribalat.
      Vous serez surpris cher ami.

    • 29 Octobre 2008 à 15h49

      Onésime Fauderche dit

      encore un effort et il finira par croire à son charabia où il est question de “l’intérêt général”, le fêlé de 15:21…
      mais sauf erreur de ma part on doit pas beaucoup l’entendre la ramener avec “l’intérêt général” quand c’est une voyoucratie de lêches-medef, français-de-chez-français (même s’il y a parmi eux des Sarkozy et des Rachida) qui nous pète au nez, et qui fait même plus semblant que c’est le voisin qui a pété.
      Que Saint Rolex et Sainte Prada me foudroient, si j’ai menti !

      PS non mais, et puis çà, encore : “l’état de droit”, sic. Mais où c’est qu’y va pas chercher des trucs pareils, 15:21…

    • 29 Octobre 2008 à 15h49

      Odilon dit

      Ludovic,

      “à la terre entière”

      Vous me posez des questions, je vous réponds clairement, et vous n’en tenez pas compte. Au lieu de cela, vous voulez continuer à croire que vos solutions simplistes sont applicables. Sortez de votre bulle, Ludovic. Il faut faire avec le monde tel qu’il est, avec l’Autre tel qu’il est. Votre rêve d’une France sans crimes, sans pauvreté, unie par une religion et un roi, il faut l’abandonner, tout cela n’a jamais existé. Réveillez-vous.

    • 29 Octobre 2008 à 15h21

      Ludovic Lefebvre dit

      Odilon,
      Cela fait trente ans que l’on régularise à l’envi pour très peu d’assimilation et beaucoup de haine et vous voulez continuer de donner des papiers d’etat civil français à la terre entière pour qu’elle s’assimile parce que vous décrétez que c’est dans cette ordre qu’il y a la seule possibilité ?
      Non, il en existe deux autres au moins, ils ne viennent plus, ils viennent et s’ils se comportent en dehors des principes de l’état de droit, de l’intérêt général, ils dégagent.

    • 29 Octobre 2008 à 15h15

      Ludovic Lefebvre dit

      Agathon,
      Les gens dont vous parlez se passent très bien de mon incitation pour se sentir arabes, juifs, noirs avant d’être français, non ?
      Zidane et Bent qui se disent être algériens sont clairs et ils sont loin d’être des cas isolés. Plus de République une et indivisible soit, des communautés fières de leur appartenance, soit, j’ai le droit à la mienne comme 50 millions d’autres français aussi (nous allons être la plus grande communauté et ça va en faire des procès avec ce qu nous entendons) !

      Il va être temps que l’on cesse de me refuser un nom, le même droit de parole que les autres, une conduite dictée.
      Votre système communautariste, je vais le réduire en poudre ab absurdo en le poussant au paroxysme !

    • 29 Octobre 2008 à 15h00

      Ludovic Lefebvre dit

      Ln,
      Vous parlez d’un temps que les moins de vingt ans etc.
      Demandez à Enrico Macias ce qu’est être juif algérien ou aux catholiques en prison ce qu’est le pluralisme des égorgeurs du FLN au pouvoir. Vous voulez me faire un cours de philologie, d’ouverture d’esprit, allez tenir vos discours sur les droits de l’homme là-bas, vous verrez comment vous serez accueillie !
      Mon propos n’était pas celui-ci, mais que les minorités et leurs idiots utiles me refusaient une identité quand elles ne cessent de nous empoisonner l’existence avec la leur, au nom du multiculturel, bien évidemment ! Leurs fameuses racines sont à préserver, pas les miennes, qu’on m’explique pourquoi !

    • 29 Octobre 2008 à 14h46

      LN dit

      on ne cesse pas d’en apprendre, sur ce site. Ainsi par exemple le 29.10.08, à 00.34. Je cite : “Si quelqu’un dit qu’il est juif, vous ne lui dites pas, j’espère qu’il n’existe pas, que ce terme ne veut rien dire, idem pour un arabe et personne n’a jamais dit à un algérien que son identité ne voulait rien dire et pourtant vous me refusez le droit à un nom.” Et dire que jusqu’ici je croyais qu’il y avait aussi des juifs arabes, et même, des juifs algériens !

    • 29 Octobre 2008 à 14h23

      Three piglets dit

      Et Zoran n’a toujours pas répondu à mes questions, lui, petit procureur en charge de la bien-pensance…
      Le camp du Bien n’a pas besoin de se justifier, il accuse, c’est déjà beaucoup.

    • 29 Octobre 2008 à 12h44

      Three piglets dit

      Agaconconne !
      Faites l’effort de lire les réponses d’autrui.
      A ce niveau d’incompétence, je ne peux rien pour vous.
      Quand à la fable des immigrés, reconstructeurs de la France, c’est un mensonge, un de plus.

    • 29 Octobre 2008 à 11h40

      Odilon dit

      @ Agathon, Ludovic

      une autre chose. Je pense que le sentiment d’appartenance (à une nation, à une communauté) vient principalement du sentiment d’y être reconnu et accepté comme membre. En ce sens, l’acquisition de la nationalité est une condition essentielle de l’assimilation (comprise comme sentiment d’appartenance, donc). Demander que l’assimilation précède cette acceptation, c’est rendre les deux impossibles.