Et Bernard Kouchner s’en est allé sans avoir fait la guerre. Sans avoir eu « sa » guerre. Quelle déception ! Rappelons-nous son arrivée au quai d’Orsay. Interrogé par France 3 sur la situation en Iran, il déclarait haletant et les joues empourprées qu’il fallait envisager les mesures de rétorsion les plus dures et « se préparer à la guerre, bien sûr ». Nicolas Sarkozy ne l’a pas suivi sur cette voie. Quel dommage pour lui. Quel dommage pour le droit d’ingérence.

Car enfin, il en rêvait. Tous les néo-conservateurs américains, issus de l’extrême gauche comme lui, ont pourtant eu droit à leur guerre. Les Kristol et autres Wolfowitz ont théorisé comme lui le droit à l’ingérence et ils ont pu le mettre en pratique en Irak. Et lui qui a tant fait pour le néo-conservatisme à la française, rien, nada !… Kouchner avait bien adhéré au programme bushien de la guerre en Irak, mais ce n’était pas sa guerre ; il sentait qu’il n’était pas suivi par l’opinion, alors il n’a pas insisté. Avec l’Iran, il tenait enfin un prétexte et un beau. Car enfin, qui allait défendre en France le régime des mollahs ? Et puis non, rien.
Pas la moindre petite escarmouche. Pas le moindre dépôt fictif de WMD (armes de destruction massive) qui aurait permis à Kouchner de jouer les Powell à l’ONU. Pas la moindre sortie de nos Rafales « Nato-compatibles », pas le plus petit bombardement chirurgical, pas le moindre conseil d’état-major interallié qui aurait tant fait vibrer notre « french doctor ». Et Kouchner n’a pas pu ressortir sa saharienne ni ses rangers en nubuck pour une tournée de soutien aux petits gars de la Légion… Comme il doit en vouloir à Sarkozy !

La paix éclate et la flamme du néo-conservatisme s’éteint en France. Bernard Kouchner doit se sentir bien seul aujourd’hui. Entourons-le de toute notre affection.

Lire la suite