Kadhafi au Louvre, Sarkozy à Eurodisney

Nicolas, emmène-la à l’opéra

Publié le 18 décembre 2007 à 18:30 dans Politique

Mots-clés : ,

Croyez-nous, il ne s’agit ni de jalousie (féminine) ni de concupiscence (masculine). Nous n’avons rien à redire au fait que le président ait choisi une femme que bon nombre de Français convoitent – peut-être est-ce précisément ce qui le fait craquer. Après tout, il a dû en rêver, ado, d’avoir la plus belle fille de la classe, plus encore que de présider le plus beau pays du monde. Il faut reconnaître, quoi que nous en ayons que, la Bruni, elle a de la classe : intello, polyglotte, de bonne famille, elle est zéro défaut (on ne se joindra pas ici aux moqueurs qui plaisantent sur sa voix). La belle-fille dont la France rêvait. Et puis, après une Espagnole, une Italienne, ça vous a un petit genre multiculturel du meilleur aloi. Tant qu’il ne s’amourache pas d’une Autrichienne…

Certes, on peut trouver qu’il s’est bien vite consolé du grand chagrin d’amour causé par le départ de Cécilia. La vitesse à laquelle il s’est délivré du statut de célibataire montre à quel point le président a horreur du vide. Pour lui, être seul avec lui-même, c’est être seul tout court. Au point qu’on a du mal à l’imaginer plongé dans un dossier ou dans un roman, ou encore méditant face à la mer. Hors de la relation, point de salut. Le président est shooté à l’Autre. S’agissant du chef de l’Etat, cette addiction est inquiétante mais c’est une autre affaire.

Pourtant, quelque chose ne passe pas. Que le président de la République ait choisi Eurodisney pour s’afficher avec sa fiancée quand Khadafi et ses amazones se montraient au Louvre, voilà qui est franchement humiliant. Certes, le “Guide” dont on nous a dit sur tous les tons qu’il était un peu fruste, a parcouru le musée au pas de charge, s’extasiant sur la Joconde et le Radeau de la Méduse, ce qui ne témoigne pas d’un raffinement exagéré. Au moins a-t-il visité un temple de la culture française.

Choisir le royaume de Mickey pour une escapade amoureuse (même avec enfants), il fallait oser. (Le Parc Astérix n’aurait pas été plus acceptable). Si on ajoute Eurodisney à la liste des choses qu’affectionne Nicolas Sarkozy – Fouquet’s, Paloma, maison de vacances dans le plus pur style Dynasty, Rolex et compagnie – il y a de quoi être accablé. Les goûts du président sont de moins en moins convenables pour un président.

Soyons clairs. Si Nicolas Sarkozy aime manger des hamburgers, lire du Marc Lévy et écouter du Johnny Hallyday, grand bien lui fasse. Qu’il carbure au Coca light, c’est son choix. Il peut tout aussi bien s’empiffrer de barbapapa et jouer au cow boy. C’est sa vie privée et nous la respectons. Mais qu’il se cache ! On a vidé le Louvre pour Khadafi, on peut bien ouvrir Eurodisney la nuit pour Sarkozy. S’il veut montrer sa fiancée, qu’il l’emmène à la Comédie Française. Ou à Beaubourg. Ou à l’opéra (elle doit aimer ça).

Sarkozy est libre de choisir ses amoureuses et ses loisirs. Mais en public, il ne s’appartient plus. Il appartient à la France. Il est le symbole de la France. Et que cela lui plaise ou non, la France est une vieille idée qui a partie liée avec la culture, le passé, la grandeur. Mère des arts, des armes et des lois, comme disait l’autre. “Tout cela est fini”, répète-t-on. Peut-être : ce n’est pas au président de constater le décès. Il n’a pas seulement été élu pour gouverner la France mais pour l’incarner. Merde, Paris vaut bien un après-midi au Louvre.

A lire aussi

La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés

50

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous :

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?

Pas encore abonné ? Pour commenter cet article :

  • 20 January 2008 à 3h59

    Ludo Lefebvre dit

    Je viens de lire, non avec nausée, je laisse cela aux professionnels de l’extrapolation, mais avec colère que Carla Bruni venait de déclarer dans la presse anglosaxonne que les français étaient des minables (miserables in english), mais que Sarkozy était son Napoléon. Après les déclarations de Cécilia sur sa fierté de ne pas avoir une goutte de sang français dans les veines, nous pouvons dire que nous sommes gâtées avec nos premières dames de France. Je n’ai rien de mal à dire sur les italiens en réponse, mais simplement que sa vulgarité décompense de loin, notre statuts de minables.

    Source :
    http://www.dailymail.co.uk/pages/live/articles/news/worldnews.html?in_article_id=509247&in_page_id=1811

  • 8 January 2008 à 12h37

    ma non troppo dit

    P.S.
    mais comment se fait-il donc que les frasques de Miterrand en Egypte aient été en leur temps totalement occultées par les media de masse français?! Bizarre vous avez dit bizarre!!
    un effet sans doute de ce qu’on appelle l’objectivité journalistique française………….

  • 7 January 2008 à 12h28

    gonthier dit

    quel plaisir pour un intellectuel de gauche de vous lire !!Causer chez danièle n’est pas aisé mais grâce à elle je vais pouvoir causer avec elisabeth…

  • 31 December 2007 à 0h13

    Ma non troupeau dit

    Carla brunie sous les feux de la rampe et des paillettes,
    Décrite tantôt rêve de Cousette, tantôt reine de l’Olympe de la jet set..
    Carla léchée par les flammes des bûchers dressés par les tribunaux de notre très mediatique inquisition permanente
    Carla dorée sous les lambris de l’Elysée ?
    Carla brûlée au point de vouloir devenir la Première Sarkosette ?
    Qui ne brûle de le savoir?

  • 30 December 2007 à 16h06

    LEVASSEUR LAURENT dit

    D’accord avec vous, mais le Président, s’il est à la tête de la nation et doit la tirer vers le haut en fait cependant partie et à ce tire peut en partager les gouts, j’espère partiellement.
    Continuez causeur, vous êtes super

  • 30 December 2007 à 12h01

    Jean-Louis Ayoun dit

    Le niveau de ce forum est inquiétant.
    Chère Elisabeth Lévy, ce genre de commentaires vous ridiculise. Avez-vous réellement besoin de commentateurs pour commenter vos commentaires de l’actualité ?
    Même si je ne suis pas en tout point en phase avec vos analyses, j’ai du plaisir à les découvrir.
    Par contre, ces forums sont sordides, ils déprécient la qualité de vos pages.

  • 26 December 2007 à 18h29

    Ma non troupeau dit

    mais foutez donc la paix à Nicolas!!!

  • 23 December 2007 à 12h27

    Besse Saige dit

    Comme le FNL, Pascal, les chouans ont été terriblement cruels, il ne s’agit pas de supprimer les banlieues, mais de les nettoyer des bandes féodales qui ont pris le pouvoir, mais qui a interêt à cela? pas un Parrain qui a besoin d’un sous prolétariat, qui ne fait , d’ailleurs que pratiquer le libre entreprise…

    nb Badiou est bien frappé, d’accord, mais il y a des éclairs parfois dans son pamphlet, le concept de “désoientation” ou ce qu’il dit de “la peur.”, par ex.

  • 22 December 2007 à 22h49

    Pascal Adam dit

    Nous ne sommes décidément pas d’accord sur tout, cher Christian…
    Je ne vois d’ailleurs pas le rapport entre les Chouans et les banlieues; et je ne dis pas, tout de même, qu’il serait louable que l’on extermine les banlieues. Je ne suis pas le général Westermann : ” Il n’y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay. J’ai écrasé les enfants sous les pieds de nos chevaux, massacré les femmes qui, au moins celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé… Nous ne faisons pas de prisonniers, car il faudrait leur donner le pain de la liberté, et la pitié n’est pas révolutionnaire.” C’est un extrait d’une lettre de Westermann à la Convention, de novembre 1793. Je tire cette citation du Panégyrique de Guy Debord, lequel me semble peu suspect d’une surabondante (comme la grâce) sympathie pour les Chouans.
    Personnellement, je préfère, et de loin, lire Michéa ou Muray que le sinistre maoïste Alain Badiou…
    Pour le reste, je crois bien qu’il n’y a plus en France réellement de République. Ou : comme Lear, elle n’est plus que son ombre…
    Inch’ Allah

  • 22 December 2007 à 16h41

    Besse Saige dit

    Cher Pascal, on ne sera pas d’accord sur tout, mais votre texte, sur votre site, sous la croix de Lorraine est trés bien, belle culture! Sur Badiou…

    Mais alors bravo, ces pseudos de merde m’éxaspèrent, ce petit jeu ironique et ricannant m’insuporte!

    Pour l’intervention dans le banlieues: mais oui ce serait la solution mais pour cela il faudrait que le nain soit pour la sécurité dans les banlieues, et le spectre de la cata organise la peur, la survie des masses et enfin son silence avec la fin du politique. La République ne défend pas les plus faibles de ces citoyens elle abandonne des territoires qui vont des l’inspection vérérinaires, au code du travail, en passant par les banlieues où en effet s’autonomisent de néos-chouans, avec leurs coutumes et leur justice féodale. La légion ( puisque la droite et la gauche ont supprimées notre armée de conscription) doit sauter sur Villier-le Bel ou ailleurs, vous avez raison, comme saint Just envoyait les bleus en Bretagne ou en Vendée.

    ChristianBS