«Chouf, c’est la langue de l’adversaire!» | Causeur

«Chouf, c’est la langue de l’adversaire!»

Entretien avec le réalisateur Karim Dridi

Auteur

Olivier Prévôt
anime le site et la revue L'Esprit de Narvik et le blog Les Carnets de Betty Poul sur Causeur.

Publié le 08 octobre 2016 / Culture

Mots-clés : , ,

Immigration, assimilation, victimisation: les opinions de Karim Dridi ne sont pas exactement les nôtres. Raison de plus pour en parler franchement à la sortir de Chouf, son dernier film.
karim dridi chouf

Karim Dridi, Nailia Harzoune et Sofiane Khammes, Cannes, 2016. Photo: Alberto Pizzoli

Olivier Prévôt. Vos convictions de citoyen, l’univers de votre cinéma ne sont pas, a priori, ceux de Causeur. Pourtant, vous avez accepté cette interview.

Karim Dridi. Ça me plaît de débattre, y compris avec mes ennemis. Ne s’adresser qu’à ceux qui pensent comme moi n’aurait pas de sens. Et vous avez une qualité à Causeur : vous avancez à visage découvert.

Nous qualifier d’ennemis… tout de même !

En période de guerre, un adversaire devient un ennemi. Et un homme qui n’a pas d’ennemis n’est pas un homme. Ça me plaît de pouvoir débattre de certaines choses qui nous divisent. Votre vérité n’est pas la mienne. On peut parler de cinéma. Ce qui peut réunir les gens, c’est aussi le cinéma.

Surtout que votre cinéma n’est pas un cinéma qui « tranche ». Il y a une forme d’ambiguïté dans vos films.

Je dirais plutôt « complexité ». La vie n’est pas simple. Ce n’est pas blanc ou noir. Et ici, je ne parle pas de couleur de peau.

Vous avez intitulé votre film Chouf. Qu’est-ce que vous nous proposez de voir ?

Oui, j’aurais pu l’appeler « Regarde ». Regarde ce qui se passe dans les quartiers, et pas seulement à Marseille. Mais j’ai choisi un mot arabe. J’aime ces termes arabe utilisés dans la langue française. Et celui-là, justement, quand il désigne les guetteurs, les choufs, il n’est pas utilisé par les Arabes. Parce que c’est le mot qu’emploient les policiers français entre eux, et que ça vient de la guerre d’Algérie : l’armée française s’en servait déjà pour qualifier les guetteurs du FLN. Chouf, dans ce sens-là, c’est la langue de l’adversaire.  

[...]

  • causeur.#39.bd.couv

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    publié dans le Magazine Causeur n° 98 - Octobre 2016

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    causeur.#39.bd.couv
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    • 9 Octobre 2016 à 21h12

      ZOBOFISC dit

      Ce Monsieur DRIDI a au moins pour lui de ne pas utiliser la langue de bois. Il annonce clairement la couleur : Il est en guerre et nous, européens, sommes ses ennemis.
      Il dit « aimer ces termes arabes utilisés dans la langue française » (disons plutôt, dans l’argot français), il est fier de ces transferts, mais en même tant il les renie.
      Les Français leur ont tout volé, même leurs mots.
       C’est de la paranoïa. !

       Quant aux ghettos sans boulangerie fabriqués par les Français pour y parquer les immigrés, ce n’est plus de la paranoïa, c’est carrément du délire paranoïaque. !

      « Mais il est fou ce mec ! Mais moi les malades j’les soigne ! J’vais lui faire une ordonnance et une sévère…. »

      RAOUL 

    • 9 Octobre 2016 à 20h27

      alain delon dit

      Benoît Poelvoorde faisant la pub pour la paella Garbit

    • 9 Octobre 2016 à 12h21

      Habemousse dit

      Loin de moi l’intention de défendre ces bandits à la petite semaine : ce n’est pas parce que notre société est imparfaite qu’ils doivent mépriser ce pays et ses habitants.

      Je dis imparfaite car, si je rejoins M. Zemmour sur le fond il y a un point qu’il est le seul à développer et qui, sans excuser ces paresseux, leur donne un peu de grain à moudre, c’est l’avachissement de notre société, voulue par les partis de gauche qui, au nom de la liberté permettent toutes les dérives et punissent toute observance des règles, qui au nom de l’égalité mettent sur un même plan le tricheur et l’honnête homme, en donnant l’exemple de la plus grande malhonnêteté.

      Ces enfants de quartier dits « sensibles », sortez vos mouchoirs, à qui l’on répète tous les jours qu’ils n’ont rien à se faire pardonner, que les sales blancs de droites ont responsables de tous leurs malheurs , ont fini par le croire.

      Leur colère, leur mépris a été créé et attisé depuis des dizaines d’années par une gauche plus imbécile qu’idéologique, quoique les deux vont bien ensemble : pour faire cesser ce mépris faisons taire en premier les imbéciles qui leur vendent notre pays en éradiquant ses habitants en supprimant la famille, les enfants et la morale.

      Oui monsieur Zemmour a plus que raison, et quand j’entend monsieur Juppé clamer haut et fort au micro que la gauche a bien raison d’aller voter pour lui , je me dis que comme ses amis socialistes, il a abdiqué toute fierté et tout sens de la nation, c’est un malhonnête de plus.

       Vous verrez qu’après le respect reviendra. 

      • 9 Octobre 2016 à 12h24

        Habemousse dit

        … sont responsables…

    • 9 Octobre 2016 à 12h16

      keg dit

      Chouf, il trafique de la schnouff…. Fait le pet!
      C’est banlieue-(connexion, tous les jours sur les rames et surtout en bout…..
      C’est pourquoi on les appelle banlieues

      http://wp.me/p4Im0Q-1jH