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Journal intime de bord

Le lieutenant Mori Ogai vogue vers l’Occident

Publié le 13 novembre 2011 à 14:30 dans Culture

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Mori Ogai

Vient toujours, dans la vie d’un homme, un moment où il comprend qu’il doit vivre sa vie et non celle que ses parents ou que ses proches ont voulue pour lui. Pour Mori Ogai, ce moment coïncide avec son départ pour l’Allemagne.

Jusqu’alors, il était un petit prodige, étudiant sans répit, ayant pour seul but de respecter les dernières volontés de son père et d’obéir à sa mère. À 20 ans, il a déjà terminé ses études de médecine, appris l’allemand et le français. À l’armée, il impressionne tellement ses supérieurs qu’ils décident de l’envoyer en mission à Berlin.

Après tout, pourquoi pas ? se dit-il. Jusqu’à sa vingtième année, il n’en est que trop conscient, sa mère s’est employée à le transformer en encyclopédie vivante, alors que ses maîtres visaient à faire de lui une incarnation de la loi. « À la rigueur, note-t-il, dans ses journaux intimes, je pouvais accepter d’être une encyclopédie vivante, mais il m’était insupportable d’incarner la loi. »

C’est dans cet état d’esprit que le lieutenant Mori Ogai, 22 ans, embarque le 22 septembre 1884 à Yokohama.

[...]

Mori Ogai : La Danseuse. Éd. du Rocher.
Mori Ogai : Vita sexualis. Éd. Gallimard.
Donald Keene : Les journaux intimes dans la littérature japonaise. Éd. du Collège de France.

Cet article est issu de Causeur magazine n ° 41.

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  • 15 November 2011 à 1h10

    pirate dit

    Vivre c’est accepter de compromettre ses convictions, et de l’assumer, d’où le courage et non la lâcheté. Le drame dont vous parlé, je l’ai vécu, et il s’est aggravé par une mort prématurée dont je suis indirectement et partiellement responsable. Chez certain le temps est ici assassin, chez d’autres il est motif de réparation.

  • 14 November 2011 à 3h57

    JMS dit

    Très intéressant article qui donne envie d’en savoir plus c’est à dire de mieux connaitre cet homme par son oeuvre.