Johannes von Schoenberg
La plus taxée des oeuvres de Vélasquez
Publié le 19 septembre 2008 à 10:00 dans Politique
Mots-clés : Dessin, Écologie, Jean-Louis Borloo

En 1552, Johannes von Schoenberg, ministérial du Saint Empire romain germanique, commanda son portrait à l’un des plus illustres peintres de l’époque, Diego Vélasquez. Le problème est qu’au moment où le ministérial posait dans l’atelier du peintre, il venait d’édicter une taxe sur les costumes et les coiffures (ce qui explique sa tenue dépenaillée et ses cheveux hirsutes) ainsi qu’une taxe sur les pinceaux (ce qui explique que ce tableau laisse l’impression d’avoir été peint avec les pieds). Cela n’empêcha pas le ministérial von Schoenberg de mener une carrière dont les développements furent durables : il donna son nom à un peu plus de onze mille taxes. Il finit lynché par la foule lors de la réunion de la Diète d’Empire à Ratisbonne en 1567, victime de l’une des rares pratiques qu’il avait omis de taxer.
Diego Vélasquez, Retrato de un loco, 1552. Huile de ricin sans OGM sur toile recyclée, conservée à la cafétéria de l’amicale du personnel du Centre de Cadarache.
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L'auteur
Raúl Cazals est critique d'art.
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Patrick dit
Cher Raùl Cazals, je suis dans l’attente impatiente d’une nouvelle manipulation géniale. Lassé du monde, hagard, environné d’ombres menaçantes, ruiné par la crise, presque «subprimé», je n’espère plus rien. Alors, je vous en prie : une estampe, vite !
Raúl Cazals dit
Vous permettrez, très honoré Patrick, que je ne prête aucune oreille attentive à vos insinuations sur le grand historien de l’art que vous citez. J’ai encore de la famille là-bas. Et je tiens encore à en avoir, ne serait-ce que pour leur envoyer les modestes subsides que causeur me procure. Oui, chers amis, en lisant mes chroniques hebdomadaires, vous permettez à une famille de dix-huit cubains de vivre pendant un mois.
PS : L’historien de l’art Castrouille dont parle l’éminent Patrick est un pseudonyme. Chacun aura reconnu évidemment Nastrouille qui nous casse les…
Gil Mihaely dit
@Patrick: très juste ! à la suite de cet incident célèbre les historiens de l’art ont élaboré la fameuse “règle d’or” de cette discipline : “les mêmes cazals produisent les mêmes effets”
Un Fan dit
Borloo, Schoenberg…. troublant, en effet!
Patrick dit
Pour une fois, je ne trouve rien à redire à la note biographique de ce génie de la métamorphose (et de l’entourloupe) qu’est le grand Raùl. Tout est vrai de ce qu’il énonce relativement à Johannes von Schoenberg, jusqu’au portrait que fit de lui Diego Vélasquez.
Néanmoins, je dois à la vérité d’ajouter que le grand historien de l’art, Fidelio Castrouille, originaire de l’île de la Jatte, a identifié une touche et une «manière» étrangères au maître Vélasquez dans le traitement du visage.
Dans un discours fameux à l’Académie des beaux-arts, prononcé en 1972, qui dura trois jours et quatre nuits, Castrouille tenta de démontrer l’intervention d’un second artiste dans l’œuvre. On sait que Vélasquez se plaignit à plusieurs reprises de ce qu’il appelait «la gesticulation affolée» de son modèle, qui ne tenait pas en place. Bref, Castrouille prétendit que le visage était du peintre Juan Raoucazali, portraitiste renaissant surdoué, surnommé «Le photographe» en raison de l’aisance et du réalisme saisissant avec lesquels il reproduisait les traits d’un visage .
Mais, Castrouille ne put achever son exposé : les plus vieux académiciens furent les premiers à se rebeller. Il sortit sous les huées et les menaces. Toute l’Académie le suivit jusqu’à son domicile en criant : «Castrouille, tu nous casses les nouilles!».
Pour ce qui de la datation du tableau, on notera qu’elle le situe dans la période très largement pré-natale du peintre. Mais on s’étonnera moins lorsqu’on saura qu’il naquit, tenant son pinceau à la main…
Nina dit
Waouhhh !
Il a vraiment une tronche d’époque notre Borloo !
J’étais au musée de Carnavalet il y a deux jours…y avait les mêmes têtes !