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Comment Dicker a nargué les marquis de la critique

Récit du succès – mérité – de l’année

Publié le 19 janvier 2013 à 12:00 dans Culture

Mots-clés : ,

Joel Dicker prix goncourt

Le livre est un objet si banal… Il s’en publie des dizaines de milliers par an pour un nombre de lecteurs toujours plus réduit. En quelques jours, sur Amazon, à la rubrique « Occasions », le prix d’un livre est divisé par deux. Et très vite, devenu un vulgaire bouquin, il se donne pour 1 euro dans ces brocantes de quartier qui, aux quatre coins du pays, célèbrent la paupérisation des classes moyennes urbaines. Du coup, on finit par oublier qu’un livre peut aussi être un miracle, rescapé de ce qu’on imaginerait presque être un complot ourdi contre sa parution. C’est la fabuleuse histoire de Joël Dicker que nous voulons ici narrer. 

Soit un jeune homme suisse. Il a 27 ans alors qu’on lui en concède 19 : les mauvaises langues disent même que cette juvénilité est le vrai secret de son succès au Goncourt des lycéen(ne)s. Fermez les yeux, et oubliez un instant sa frimousse rétive au Gillette deux lames qu’il promène depuis trois mois de plateau de télé en studio de radio depuis la parution de son roman, qu’il a conduit comme une Maserati : La Vérité sur l’affaire Harry Quebert. Un succès phénoménal : 300 000 exemplaires en ce début décembre, largement devant le prix Goncourt 2012 et même le fameux Cinquante nuances de Grey, best-seller mondial vaguement cul sans chemise programmé à coups de millions de dollars. Un succès mérité pour quiconque se lance dans la lecture du livre : La Vérité sur l’affaire Harry Quebert n’est pas un livre, c’est une drogue, et de son puissant effet l’on ne ressort qu’avec une seule question : mais pourquoi donc la lecture d’un livre ne produit-elle pas toujours cela ?

Nous sommes en mai 2012. À ce moment, le jeune Joël Dicker est l’un de ces jeunes gommeux anonymes qui, par centaines, rêvent de devenir romanciers. Son métier, assistant parlementaire, lui laisse le loisir d’écrire, mais guère celui de rêver à un destin exceptionnel. Il a déjà publié un premier livre1 que personne ou presque n’a lu, alors que, expérience faite, il le méritait. Cinq mois après cette première tentative, il a mis le point final à un gros manuscrit de 660 pages, soit deux ans de travail acharné. Dicker sait qu’il lui faut remonter à l’assaut du château fort éditorial flanqué de ses deux tours quasi imprenables par ceux qui n’ont pas été adoubés : l’éditeur, susceptible de croire suffisamment en son œuvre pour engager ses finances, et le bastion de la critique littéraire, sésame de la reconnaissance. Côté éditeur, le pavé va être cher à publier ; côté journalistes, il faudra convaincre les pisse-copie de lire un énorme ouvrage écrit par un inconnu, parmi des dizaines de romans de la rentrée littéraire, plus faciles à trimbaler dans le métro.

[...]

*Photo : Joël Dicker (bookaholicclub).

  1. Les Derniers Jours de nos pères, L’Âge d’Homme-Éditions de Fallois, janvier 2012, 332 pages, 19 euros.
  2. Les Inrocks du 28 novembre 2012 : « La vérité sur l’affaire Joël Dicker ».
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  • Joel Dicker prix goncourt

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    “La vérité sur l’affaire Harry Québert” sera couronnée mercredi chez Drouant. On parie ?

    Jean-François Duval

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  • 26 Janvier 2013 à 0h59

    ALMFBTYPP dit

    on est quand même bien d’accord , qu’à l’avance on sait déjà et sans jamais se trromper ce qu’aimeront oi détesteront;
    TELERAMA,LIBE,LE MONDE , MEDIAPART,LE NOUVEL OBS, LE POINT, LES INROCKS , LE PAUVRE VIVIANT TELLEMENT FRUSTRE ET PREVISIBLE et je pense franchement que les articles sont déjà formatés et rédigés avant lecture ou visionnage : ligne éditoriale oblige , sacrés révoltionnaires et avantgardistes que voilà

  • 21 Janvier 2013 à 17h26

    Cbrume dit

    Les meilleures pages du livre sont presque à la fin, (quelque pages jubilatoires sur le monde de l’édition) où le jeune auteur a donné toute sa mesure. Le reste,est un roman bien construit comme on apprend à le faire dans les “ateliers d’écriture”, l’argument servant de base à une construction quasi machiavélique, ce qui fait l’intérêt du livre que l’on a (mais au bout d’un moment seulement) beaucoup de mal à lâcher et qui, in fine, fait passer d’excellents moments. N’est-ce pas ce qui nourrit notre “vice impuni, la lecture” ?

  • 21 Janvier 2013 à 16h24

    titoo27 dit

    Merci M Cohen
    Toutes ces belles ames qui nous disent à quel point cet auteur est un con et son livre un mauvais produit devraient aller voir mon libraire qui, en novembre, se rejouissait d’avoir enfin un livre qui allait se vendre auprès d’un large public.
    Il se frottait les mains de voir du client. ( Beurk ???)
    Belles ames, vos livres ni vos critiques ne font pas vivre mon libraire que par ailleurs vous défendez avec tant de pugnacité.
    Belles ames et courtes vues ont toujours fait bon ménage.
    Il suffit de voir combien “le progrès”, le “machin pour tous (internet et mzriage), la démocratie (cyber, scolaire, participative…) sont sur le bout de leurs lèvres.
    Toutes ces fables qui polluent nos villes.
    Je ne savais pas qu’elle sévissaient aussi ici !

    J’en suis fort déçu mais me suis inscrit quand même.
    Je n’en suis pas au point de m’abonner mais cela viendra peut-être.

    En attendant, vous qui avez encore la liberté de critiquer un auteur (parce que j’attends la critique du livre, le reste est si bas) parce qu’il à l’air de salir les présentoirs de vos libraires, sachez que moi, dans ma campagne, je n’ai même plus de libraire ni de cinéma ni rien
    Heureusement, en me battant avec Orange, j’ai aujourd’hui le débit suffisant pour télécharger gratuitement ce que je veux voir ou écouter.
    Car pour le livre et le journal, je suis resté payeur.
    Allons, chérissez donc les causes dont vous détestez les effets
    PS : J’ai acheté ce bouquin en Novembre – Il casse pas 3 pattes à un canard ; ma mère, grande lectrice assez ouverte l’a laissé au milieu.
    Quant à moi, je trouve le début pas mal tout en reconnaissant qu’il est écrit pour la plage : on va voir…

    • 21 Janvier 2013 à 17h27

      agatha dit

      Bonjour Titoo,
      Appréhender un livre, uniquement sous l’angle ” marchandise qui fait vivre le libraire du coin “, c’est réducteur aussi.

      • 24 Janvier 2013 à 9h22

        titoo27 dit

        Si je vous laissais cette impression elle est des plus fausses.
        Admettez que les arguments des pourfendeurs se situent d’abord sur le plan marketing voire, poussent souvent jusqu’au délit de sale gueule de l’auteur (jeune, mignon, tendance…)
        C’est pourquoi j’ai réagi de cette manière.
        Et puis comme vous le savez, les mauvais livres sont souvent ceux qui font vivre de meilleurs.
        Condamner dans un petit cercle m’apparait donc comme un positionnement produit relevant au pire d’une méconnaissance du monde au mieux, de la théorie de la classe de loisir de Thorsten Veblen.
        Dernière provoc : au moins avec ce produit de 22 euros pour 664 pages, on en a pour son argent versus les romans des stars littéraires qui nous vendent à 18 euros 160 à 200 pages au mieux qui ne sont pas plus lisibles (je ne cite personne)

  • 21 Janvier 2013 à 16h04

    titoo27 dit

    Toutes ces belles

  • 21 Janvier 2013 à 15h09

    vt35 dit

    Merci Mr Cohen. Je n’aurais pas acheté ce livre sans vous. J’ai passé un bon moment à le lire.

  • 21 Janvier 2013 à 12h02

    agatha dit

    Il y a une belle unanimité contre le livre. Apparemment, ce n’est pas vraiment une œuvre d’art, et mon précédent commentaire est un peu décalé.
    Je ne me suis pas précipitée pour acheter le livre, je ne l’ai pas encore emprunté en bibliothèque, mais je peux vous dire qu’il est couru : il y a toute une liste d’attente.
    Il y a donc un succès un peu incompréhensible, mais après celui de Dan Brown, effectivement, on peut s’attendre à tout.

  • 21 Janvier 2013 à 8h42

    hxlhxlhxl dit

    1)on dirait un lvre (mal) traduit de l’anglais

    2)les dialogues sont niais et superficiels

    3) il y a une faille dans l’intrigue, ce qui est genant quand tout le succes du livre repose sur cette intrigue soit-disant remarquablement construite.

    Ne lisez pas plus loin si vous comptes lire le livre:

    L’heroine passe des mois a taper sur ordinateur le manuscrit d’Harry Quebert. Pendant la meme periode elle recoit des lettres manuscrites qu’elle croit etre de lui mais qui ne le sont pas. L’ecriture est-elle la meme? Non. Pourrait-elle avoir ete imitee? Non,car on ne verrait pas pourquoi. Et pourtant elle ne voit rien?

  • 20 Janvier 2013 à 10h28

    tito dit

    Tout pareil que “bruyère” ci-dessous.
    J’ai trouvé ce bouquin ronronnant, ennuyeux et j’en ai arrêté la lecture à mi-parcours.
    L’auteur n’a que 27 ans et ça se voit, ce qui n’est pas un reproche dans mon idée. Laissons-lui seulement le temps de mûrir encore et, si la célébrité ne le dévore pas, il deviendra vraiment bon. 

  • 20 Janvier 2013 à 8h54

    Angel dit

    Bonjour Mr Cohen,

    et que dire de la critique en ce qui vous conerne ? Que n’ont ils pas dit contre votre essai sur le journal de reference (refenrece de quoi ? ). Ils vous ont asssassiner vous et Pean.

  • 19 Janvier 2013 à 18h17

    D.F. dit

    M. le journaliste : on ne dit pas « de Fallois » mais « Fallois » si on omet son prénom.

  • 19 Janvier 2013 à 18h11

    bruyère dit

    Très ennuyeux, ce Goncourt des Lycéens.
    J’ai abandonné à mi-partie. 

  • 19 Janvier 2013 à 16h32

    L'Ours dit

    girafe,
    du coup, j’ai moins envie de le lire. 

  • 19 Janvier 2013 à 16h05

    agatha dit

    On dirait qu’Arnaud Viviant redécouvre l’eau tiède.
    L’allusion, la citation, la parodie, le pastiche, cela existe depuis belle lurette dans tous les arts : littérature, musique, peinture, et il aura fallu attendre Arnaud Viviant pour s’en indigner.
    La réutilisation est une modalité de l’art.
    C’est de l’art réinventé, dérivé, c’est du second degré ou plus. L’œuvre re-née se juge à son intention et à son résultat.
    Les critiques universitaires, qui ne sont jamais en reste d’un néologisme un peu cuistre, appellent cela : l’intertextualité ou l’interpicturalité.
    Des exemples : Picasso reprend les Ménines de Vélasquez, Marcel Duchamp met des moustaches à la Joconde et on en parle encore aujourd’hui, James Joyce écrit Ulysse.
    Respect ou irrespect, peu importe.
    Philippe Sollers, que je n’ai pas l’habitude de citer, aurait écrit ceci (je ne sais où) :
    “Tout texte se situe à la jonction de plusieurs textes dont il est à la fois la relecture, l’accentuation, la condensation, le déplacement et la profondeur. ”
    Pas de doute : plus d’ouverture d’esprit chez lui que chez Arnaud Viviant.

  • 19 Janvier 2013 à 15h52

    L'Ours dit

    Un article romanesque… et qui fait plaisir.
    Il faut croire que les lycéens se trompent plus rarement que leurs aînés du Goncourt. 

    • 19 Janvier 2013 à 16h30

      girafe234 dit

      C’est ce que j’ai lu de pire cette année, m ‘enfin j’ai encore le temps de trouver pire. Copie de “la tâche ” de Roth en puissance moins mille, bien sur. “je m’EN rappelle ” toutes les trois pages . Goncourt des lycéens , certes. 

      Quant au Goncourt que j’ai lu il y a longtemps, plutôt
      pas mal mais réserve à ceux qui adorent un style pas épure du tout ( en gros, il vaut mieux le mire  sachant qu’il faut s’accrocher), mais c’est de la vraie littérature.