Le mauvais genre est un dandysme | Causeur

Le mauvais genre est un dandysme

Entretien avec François Angelier

Auteur

Jérôme Leroy

Jérôme Leroy
Ecrivain et rédacteur en chef culture de Causeur.

Publié le 06 août 2016 / Culture

Mots-clés : , ,

jean ray francois angelier

Jean Ray. DR.

Jérôme Leroy. Vous animez depuis bientôt vingt ans l’émission Mauvais Genres, le samedi soir, sur France culture. Pouvez-vous tenter une définition du mauvais genre, que l’on croise aussi bien dans la littérature d’un Jean Ray ou le cinéma d’un Mocky ?

François Angelier. Il y a la même différence entre le mauvais genre et la vulgarité qu’entre le dandysme et l’excentricité. L’excentricité, c’est une pratique scolaire de la transgression réduite à un stock de trucs, c’est une pratique appliquée, besogneuse, de l’outrage et de la provocation. Le dandysme, au contraire, est une façon de contre-grâce comme le mauvais genre. Le mauvais genre peut être de mauvais goût mais il n’est jamais vulgaire. Le mauvais genre est un dandysme. Le mauvais genre diffuse, imbibe, tandis que la vulgarité se contente d’être voyante.

Mais quand la transgression est partout, en quoi le mauvais genre est-il plus transgressif ?

Le mauvais genre, c’est l’impression violemment angoissante d’une transgression volontaire. Elle peut être agie ou spontanée mais ce serait une erreur de croire que cette transgression ne touche que les formes extérieures du monde et de la morale. Le mauvais genre, c’est un attentat ontologique, une corrosion de l’essence même des choses. Avec le mauvais genre, le monde n’est pas détruit. C’est pire, il devient sinistré, il est rendu inhabitable.

[...]


Les Contes du whisky et La Cité de l’indicible peur de Jean Ray, éditions Alma, 2016.

  • Brexit : l'étrange victoire

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    publié dans le Magazine Causeur n° 96 - Juillet-aout 2016

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    Brexit : l'étrange victoire
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    • 6 Août 2016 à 13h53

      persee dit

      Le dandysme , vaste sujet,ne serait ce pas l’élégance du désespoir devant la vacherie universelle. Donc il requiert une certaine lucidité de celui qui la professe , elle est hors de portée de l’homme vil, ou du conformiste hypocrite . Pour moi le dandysme est une sorte de suicide sophistiqué .