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Les cathos se droitisent

Entretien avec Jean-Louis Schlegel 1/2

Publié le 27 décembre 2012 à 16:00 dans Politique

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MRP cathos GAUCHE

Causeur. Dans À la gauche du Christ, le livre que vous avez coécrit avec Denis Pelletier, vous retracez l’histoire de ceux qu’on appelle « cathos de gauche » qui ont connu leur heure de gloire après la Libération. Quand ce courant politique est-il né ?

Jean-Louis Schlegel. Il faut chercher les racines de cette mouvance au début du XIXe siècle, dans une Église catholique traumatisée par la Révolution et qui tentait alors de s’ériger en contre-société. À partir de 1830, on peut distinguer quelques intellectuels et hommes politiques, des catholiques fervents, souvent issus de la bourgeoisie éclairée comme Lamennais, Lacordaire et Montalembert, qui demandent à l’Église d’admettre les libertés modernes proclamées par la Révolution (ce qui leur vaut le qualificatif de « libéraux »), mais aussi de reconsidérer la question du régime : monarchie ou république. Ceux-là sont condamnés par le Syllabus (1864), avec sa célèbre phrase finale : sont anathèmes ceux qui pensent que « le Pontife romain peut et doit se réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne ». Voilà l’acte de naissance de l’Église intransigeante contre le monde moderne. Selon certains, elle est toujours d’actualité.

Après la question des libertés et du régime (république ou monarchie), c’est le socialisme qui, depuis la fin du XIXe siècle, structure la gauche française. Quel rapport ont entretenu les catholiques modernes avec les nouvelles thèses de la gauche ? 

Dans les années 1880, l’Église commence à percevoir le « socialisme », au sens large, comme un danger. Elle le condamne et définit sa propre doctrine sociale avec l’encyclique Rerum novarum (1891). C’est dans ce contexte que naît le catholicisme social, qui tente de concilier les consignes papales et les idées nouvelles, et dont l’incarnation la plus connue est la mouvance politico-religieuse du Sillon de Marc Sangnier. À partir de 1894, celui-ci milite pour la réconciliation entre l’Église et la République. Mais en 1910, il est condamné par le pape. Vingt ans plus tard, en 1931, le pape Pie XI écrit, dans Quadragesimo Anno, que le socialisme est « on ne peut plus contraire à la vérité chrétienne ». En 1937, huit jours avant l’encyclique contre le nazisme Mit brennender Sorge, il publie l’encyclique Divini Redemptoris « contre le communisme athée », qualifié d’« intrinsèquement pervers ».

[...]

La suite demain…

Jean-Louis Schlegel et Denis Pelletier : À la gauche du Christ. Les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours, Seuil, 2012.

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  • 27 Décembre 2012 à 20h29

    schaffausen dit

    Un coup d’Opus Dei, un coup de “chrétiens de gauche” … Causeur tient la balance égale.
    Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris l’article … François Mauriac, dénonçant la torture en Algérie, serait un “chrétien de gauche” ? Faut-il en déduire que les chrétiens “de droite” ont approuvé les tortures ?
    Quant à la qualification du communisme comme “intrinséquement pervers”, pouvait-il en aller autrement quant les églises, orthodoxes certes, étaient détruites en URSS au nom de cette idéologie?
    Enfin, pour avoir assez bien connu le PS au temps de Mitterrand, je précise que les “chrétiens de gauche” étaient majoritairement protestants.

  • 27 Décembre 2012 à 20h02

    Eugène Lampiste dit

    L’Eglise ? Fortement compromise avec le régime de Vichy ?

    Mais qui peut croire une fable pareille ???

  • 27 Décembre 2012 à 19h20

    skyhigh dit

    Très intéressant;j’attends la suite avec impatience.

  • 27 Décembre 2012 à 17h49

    lisa dit

    test