Jean-David Lévitte, meilleur ouvrier de France, option diplomatie
Nicolas Sarkozy a tiré le bon numéro
Publié le 13 septembre 2008 à 0:18 dans Monde
Mots-clés : Bernard Kouchner
Parmi les conseillers du président de la République, on distingue les tonitruants et les discrets. D’un côté les Henri Guaino, Emmanuelle Mignon, Georges-Marc Benamou, de l’autre les Raymond Soubie, chargé des affaires sociales ou Jean-David Lévitte, chef de la cellule diplomatique.
A l’exception d’Henri Guaino, toujours en fonction, les bavards ont quitté rapidement leurs bureaux du faubourg Saint-Honoré, alors que les muets sont toujours là. Ces derniers, comme par hasard, ont en charge des secteurs où Nicolas Sarkozy peut se prévaloir de succès non négligeables, et où la rupture annoncée par le candidat à l’élection présidentielle est la plus perceptible. La réforme des retraites, la refondation du dialogue social, la mise en place d’un service minimum dans les transports ont été effectués sans susciter un soulèvement généralisé des salariés du genre de ceux qui avaient mis à bas la réforme Juppé de 1995 ou le CPE de Dominique de Villepin en 2005. L’habileté et la longue pratique des partenaires sociaux de Raymond Soubie, ancien chef de cabinet de Raymond Barre, ont été pour beaucoup dans ce succès, notamment parce qu’elles ont permis l’instauration d’un dialogue direct, à l’abri des regards, entre Nicolas Sarkozy et Bernard Thibault.
Ceux qui pensent que la politique étrangère de la France est élaborée au Quai d’Orsay sous la direction éclairée de Bernard Kouchner confondent présence médiatique et pouvoir réel : jamais, dans l’histoire récente de la Ve République, le poids de la cellule diplomatique de l’Elysée n’a été aussi important qu’aujourd’hui. La raison en est simple: il ne s’agit plus d’appliquer de vieilles recettes mitonnées du temps du Général en les adaptant plus ou moins bien aux péripéties de la vie internationale, mais d’opérer une mutation radicale du comportement de la France dans l’Europe et dans le monde. En matière de politique européenne, la direction des opérations a été confiée à un autre ministre d’ouverture, Jean-Pierre Jouyet, moins flamboyant mais diablement plus efficace que Kouchner. Le reste du monde, les crises diverses et variées, les “coups diplomatiques”, la vision à moyen et long terme, les affaires stratégiques sont du ressort du très discret et très secret Jean-David Lévitte. S’il n’avait choisi la diplomatie à sa sortie des Langues-Orientales (chinois et indonésien) en 1970, il aurait pu faire carrière (et fortune) comme pro du poker, tant sa pensée est indéchiffrable sur les traits de son visage. Les journalistes accompagnant, lundi 8 septembre, Nicolas Sarkozy dans sa navette entre Moscou et Tbilissi n’en sont pas encore revenu de l’avoir entendu bramer “On est les champions !” après la conclusion au forceps, d’un accord de retrait de Géorgie des troupes russes. De sa part, un tel langage paraît aussi incongru que les flatulences d’une duchesse pendant sa révérence devant la reine d’Angleterre.
C’est que sans particule ni diplôme de l’ENA, il sait “faire” le diplomate comme si sa famille était dans la carrière depuis des générations. Toujours tiré à quatre épingles, il ne tient en public que des discours positifs, n’exposant jamais un problème sans suggérer des solutions propres à satisfaire son interlocuteur.
Reste que s’il n’était que cela, la modestie de ses diplômes – il est entré au Quai par la petite porte du concours d’Orient – l’aurait mené, en fin de carrière et avec de la chance, jusqu’à un poste d’ambassadeur dans un “petit dragon” asiatique comme Singapour, la Malaisie ou les Philippines…
Ce “quelque chose de plus” qui transforme un haut-fonctionnaire lambda (“pour être un bon ambassadeur, il ne suffit pas d’être bête, encore faut-il être poli”, disait un ancien Secrétaire général du Quai…) en un acteur respecté de la haute diplomatie mondiale vient peut-être, chez Lévitte, d’un itinéraire personnel et familial franchement atypique dans son milieu.
Dans le portrait que Le Monde lui consacre en juin 2007, il est indiqué d’entrée que Jean-David est issu d’un père russe et d’une mère sud-africaine. Ben voyons! Georges Lévitte, le père, né en 1918 à Ekaterinenbourg, a quitté son Ukraine natale avec ses parents en 1922, fuyant les bolchéviques. De russe, la famille ne possédait que la langue, pratiquée avec le yiddish dans toutes les bourgades et quartiers de la “zone réservée” assignée aux juifs par le régime tsariste. Sans être paranoïaque, on peut trouver surprenant que Le Monde ne fasse aucune mention de cette appartenance dans le tableau qu’il brosse de l’itinéraire personnel et familial du sherpa du président. Pour le quotidien “de référence”, c’est en tant que “Russes blancs” que les Lévitte fuient la Russie pour s’installer en France. La disparition de ses grands-parents à Auschwitz est évoquée sans autre explication, comme si les nazis avaient systématiquement exterminé les partisans de la dynastie Romanov. Que Georges Lévitte, fondateur avec son frère Simon, de la maison d’enfants juifs de Moissac, soit devenu après la guerre une figure marquante de la communauté juive française, notamment comme animateur du colloque annuel des intellectuels juifs de France, n’a pas plus suscité l’intérêt de la portraitiste du Monde. Sans tomber dans un déterminisme généalogique de comptoir, on peut affirmer que ce n’est pas en révérant la mémoire de Nicolas II et de Pierre le Grand que Jean-David a formé sa perception historique et géopolitique de la planète !
Il est pourtant permis de penser que cet héritage très particulier l’a aidé, en 2002, alors qu’il était ambassadeur à Washington, à lancer la contre-offensive contre le french bashing (la furia antifrançaise) qui faisait rage dans le monde politique et médiatique américain. On le croyait, lui, quand il disait que la France n’était pas ce pays antisémite décrit dans la presse des Etats-Unis…
En même temps qu’il ferraillait pour défendre l’honneur tricolore outre-Atlantique, il prenait ses distances avec Jacques Chirac, qui avait pourtant fait de lui, en 1995, son conseiller pour les affaires stratégiques, puis son représentant aux Nations-Unies et à Washington.
Il est donc celui qui ouvre les portes de l’Amérique et de ses élites politiques et économiques à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur en lutte avec le diplomate Villepin pour la succession de Jacques Chirac. Sarkozy et Lévitte font le même diagnostic de faillite de la politique extérieure chiraco-villepiniste – rodomontades rhétoriques pour la galerie et cynisme affairiste en coulisse. Dès avant l’élection d’avril 2007, les deux hommes élaborent les grandes lignes de la nouvelle diplomatie française. Le rapprochement avec les Etats-Unis et Israël, le retour dans les structures militaires intégrée de l’OTAN, la désintrication, au Liban et dans la région, des intérêts de la France d’avec ceux du clan Hariri, la réconciliation avec les pays de la “Nouvelle Europe” blessés par les propos méprisants de Chirac en 2003 (“Ils ont perdu une bonne occasion de se taire !”) ont été menées ensuite avec constance. Et le résultat est là.
Même les opposants les plus déterminés à la politique de Sarkozy, à l’exception, bien sûr, de l’extrême gauche et des paléo-gaullistes, doivent reconnaître que cette rupture n’a pas fait de la France un vulgaire vassal des Etats-Unis. L’affaire géorgienne et l’ouverture vers la Syrie se sont révélées des succès diplomatiques, relatifs certes, et susceptibles de réversion, mais incontestables. Les observateurs étrangers, quelque peu surpris, observent que la France est de retour, moins arrogante mais plus efficace. Résultat, elle parvient à profiter de l’absence momentanée des Etats-Unis pour cause de campagne présidentielle.
Bachar al-Assad est d’autant plus sensible aux pressions exercées par la France pour qu’il se détache de l’Iran et poursuive le dialogue avec Israël que Paris est de nouveau écouté à Jérusalem et à Washington. Bref, la France revient dans le jeu proche-oriental et si l’on ajoute que le conflit caucasien est circonscrit, le résultat n’est pas mince.
Dans cet art tout d’exécution qu’est la diplomatie, Jean-David Lévitte possède toutes les qualités d’un artisan qui mériterait la distinction de “Meilleur Ouvrier de France” si celle-ci n’était pas réservée aux Bocuse et autres charcutiers, orfèvres ou brodeuses de perles, dont notre pays est, à juste raison, si fier. Dans cette France où l’art du paraître exerce sa prééminence sur l’aptitude à bien faire, ce n’est pas une mince satisfaction de voir, pour une fois the right man at the right place.
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L'auteur
Luc Rosenzweig est journaliste.
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GOLAN dit
Quand on passe en revue les différents commentaires des uns et des autres , à part MIKA, vous prenez tous un plaisir à vous éloigner de l’axe central de l’article.
Hiram, qui nous prend pour des sourds est certainement lui même ou mal entendant ou mal lisant. La synthèse de Mika à 19h18 est seule dans le sujet réel de ce débat.
hiram dit
@mika
il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Corinne Lesnes a voulu évoquer la généalogie de JBL et s’est plantée! point barre. Vos assertions selon lesquelles l’environnement familial de JBL, né , rappelons le à Moissac en 1946 dans la maison d’enfants des rescapés juifs de la Shoah où son père était éducateur . Cela n’a eu aucune importance dans la cosntittion de sa personnalité, pas plus que la disparition de deux de ses grands parents à Auschwitz. Le diplomate JBL vient donc de nullle part. Dont acte.
Mika dit
@ Ludovic Lefebvre
Vous faites exprès de ne pas comprendre ou vous faites seulement semblant ? Le problème n’est pas de savoir s’il serait autorisé ou interdit de dire que Tartempion est juif, japonais ou limousin, mais s’il peut être sérieusement fait grief à un journal d’avoir omis de mentionner l’origine juive d’un individu dans un contexte où, précisément et pour les raisons que j’ai indiquées ci-dessous, cette origine n’a que peu compté dans sa formation intellectuelle
Ludovic Lefebvre dit
Mais enfin être d’origine juive n’est pas une maladie honteuse. En quoi serait-il humble, judicieux de cacher sa judaïté quand être musulman ou catholique s’affiche volontier et cela même en dehors d’une biograhie succinte ?
Le diplomate est qui il est et être juif est une partie de lui.
Les temps difficiles qui resurgissent, j’ai remarqué comme tout le monde et alors ?
Il serait bon, me semble t-il, que le terme juif ne soit plus considéré comme un mot interdit, car c’est bien de cela qu’il s’agit en substance, mais comme un terme d’usage.
Ce n’est vraiment pas l’intrasèque, le contenu de l’article de Luc Rosenzweig qui est à même de faire monter l’antisémitisme, il ne faut pas exagérer tout de même_ je pense, par contre que des “intellectuels” qui font du vous et du nous sous forme de chantage affectif ou d’injonctions font monter l’antisémitisme_ et vouloir cacher l’origine de Jean-David, frère de Simon Lévitte, ça tient du gag, François Dupont, je ne dis pas.
Mika dit
@ Luc Rosenzweig
Votre réponse est un peu faible. Vous « reprochez », dites-vous, au Monde « d’induire ses lecteurs en erreur ». Mais outre que vous procédez par voie de généralisation (comme si l’omission des origines juives de JDL était révélatrice d’un péché journalistique plus répandu… avez-vous d’autres exemples ?), vous déplacez surtout le problème : l’omission ne vient pas du Monde mais de l’intéressé lui-même qui n’a pas fait état de ses origines juives à Corine Lesnes, probablement parce qu’il ne considère pas que cette origine ait eu une grande importance dans sa formation culturelle et intellectuelle. Je peux en témoigner pour avoir connu la famille de Georges Lévitte : ce dernier n’a pas donné la moindre éducation juive à ses enfants. Et Enfin, je ne m’offusque nullement de ce que vous nommez un « outing » (je ne suis pas sûr que le mot soit bien choisi). Libre à vous, je le répète, de rappeler que le père de JDL était juif. Cette information que certains jugeront essentielle et que d’autres considéreront comme anodine ne pose pas en soi problème. Dès lors qu’elle fait partie de la biographie, on peut la mentionner. En revanche je ne comprends pas très bien que vous en fassiez un grief contre Le Monde. Plus grave, vous ne vous contentez pas de dire que la culture juive a beaucoup compté dans la formation intellectuelle de JDL (ce que je sais être une inexactitude mais je n’y vois pas motif à polémiquer : libre à chacun de le croire), vous vous hasardez à avancer que ce « petit quelque chose en plus » serait la clé d’une brillante carrière que des diplômes « modestes » et un milieu familial « atypique » ne sauraient à eux seuls expliquer ! Pardonnez-moi de me répéter mais votre raisonnement (outre qu’il s’appuie sur des données biographiques fausses) me semble frappé au coin malsain d’un « antisémitisme positif ». Les Juifs sont plus intelligents que les autres, c’est bien connu, n’est-ce pas. Il ne vous est pas venu à l’esprit que la brillante carrière de JDL puisse tout simplement s’expliquer par… ses qualités personnelles !
JOB dit
@luc rosenzweig
Vous vous enfoncez, Cher Monsieur, et vous vous justifiez mal :
C’est par les remarques de ce genre, parfois excessives et présentant un aspect du perpétuel « mal aimé » que le juif entretien son état de victime. Que se serait GRAND d’être au dessus de cela ! Quel bel exemple nous donnerions au monde, nous les juifs, de ne plus nous rabaisser à relever ce type de détail, oui j’ai dit « détail ». Alors que nous valons beaucoup plus que ce que certains, par leur petit pouvoir, d’écrire ou de parler dans le poste, donnent comme impression.
Robert Marchenoir dit
Quelle hystérie dans ces différents commentaires! Ainsi, mentionner la judéité de quelqu’un serait antisémite. Vous pouvez nous lâcher les baskets cinq minutes avec votre anti-racisme obsessionnel et bas de plafond?
Evidemment que le fait que Lévitte soit juif est important quand on fait le portrait d’un ancien ambassadeur aux Etats-Unis. Dont le père est né en Ukraine et a fui les bolcheviques. Dont les grands-parents sont morts à Auschwitz.
Quant à l’argument selon lequel Lévitte lui-même ne l’a pas dit lors de l’entretien (vous étiez là, M. Mika? vous êtes l’attaché de presse de Corine Lesnes?), depuis quand un journaliste est-il un porte-micro, et doit-il se contenter de ce que lui dit la personne dont il parle?
Merci de nous faire la liste des caractéristiques humaines dont il est permis et interdit de parler. (Juif, on peut pas. Noir, on peut? Musulman, c’est permis? Et catholique? Et portugais? Et polytechnicien? Et plombier? Et poilu sous les bras, c’est autorisé? Et flic de la pensée, on peut le dire?)
luc rosenzweig dit
@ ceux qui s’offusquent de l’outing sur les origines de J.D Levitte
Ce que je reproche au portrait du ” Monde”, et que je me suis efforcé de rectifier, c’est d’induire en erreur ses lecteurs sur la nature de la “météquitude” du personnage! Naitre en Russie ne fait pas de vous un russe, a fortiori , pas plus que la naissance des parents de JMLustiger en Pologne ne faisait de lui un Polonais. La pudeur consistant à ne pas mentionner, dans un texte de ce genre les origines culturelles (plus que religieuses d’alleurs) d’un grand commis de l’Etat sont d’autant plus bizarres qu’elles ne concernent que les Juifs! Imaginerait-on un portrait de Maurice Couve de Murville sans mention de ses origines protestantes ou de Rachida Dati sans récit de l’itininéraire de sa lignée?
JOB dit
barry
Personne ne se pose la question de savoir sur ce qu’aurait pensé le principal interessé. Là, n’est pas réellement le problème. La chose choquante de l’article de Luc Rosenzweig se situe dans le reproche qu’il semble faire au journal le monde de ne pas avoir rappelé à ses lecteurs que ce brillant diplomate français était (de plus) juif.
Au lieu de banaliser l’appartenance religieuse comme le font les catholiques, les protestants ou autres bouddhistes, Luc Rosenzweig aurait tenu a se qu’on le sût, comme si par ailleurs prénom et nom de Jean-David Lewitte n’étaient pas en eux-mêmes assez parlant.
barry dit
Je ne sais pas pourquoi (il va d’ailleurs falloir que je me penche sur la question) mais je tendrais à pencher pour l’avis de Mr Rosenzweig… Par ailleurs, je ne pense pas que cet article aurait ennuyé le principal intéressé, Jean-David Lévitte. Tout ce qui évoque de près ou de loin son parcours, tout ce qui l’explique est, à mon sens, parfaitement utilisable dans ce type d’article. Ca ne me choque pas, du tout.
L’OURS dit
Comme Mika et Alice !
Alice dit
Mika,
Vous avez parfaitement donné le sens de mes observations, je vous en remercie vivement. Ces «révélations», je le maintiens, ont quelque chose de profondément déplaisant. M. Lévitte n’est pas un juif diplomate au service de la France, il est un diplomate français.
En outre, l’expression: «on le croyait, lui» relève de la même volonté de fixer les origines. Par ailleurs, si M. Lévitte est en effet un très bon diplomate, on ne peut pas dire que son action en Amérique, contre le french bashing ait été efficace. Aujourd’hui encore, il n’est pas toujours facile de se dire française aux USA !
Dernière chose : l’auteur de l’article en profite pour administrer le coup de pied de l’âne à la diplomatie de Chirac et de Villepin. Quant à moi, je ne les remercierai jamais assez d’avoir eu le courage d’affronter l’hostilité générale, les accusations les plus basses (que reprend à son compte Luc Rosenzweig) et de maintenir la non-intervention de la France dans l’absurde et stupide guerre contre l’Irak. Enfin, petite question subsidiaire : ne doit-on pas écrire : «the right man IN the right place AT the rigth time ?»
robespierre dit
panégyrique, hagiographique, iconographique, ascenseurrique (voir renvoie pas de bile mais d’ascenceur), cirragique (de pompes), légionhonorifique, …j’hésite sur la rubrique la plus pertinente dans laquelle classer ce billet.
Il y de l’invitation à diner dans l’air ? A l’élysée ? Une ambassade après une telle embrassade ?
Cher Luc, vous lévitez sur le diplomate Lévitte Le Monde n’aurait pas été incapable de discerner le secret de la force et de l’intelligence réelle de cet homme ? On frise l’antisémitisme positif sur ce coup. Je ne dis pas que si vous aviez un samizdat commun tous les deux, ça expliquerait. je pardonnerai. Maintenant si vous avez seulement été scout ensemble, un blâme moral suffira.
Oublions tout ça. C’est mieux.
Mika dit
@ Ludovic Lefebvre
Vous inversez les rôles : certes, il n’y a rien de péjoratif à parler de l’origine de quelqu’un, certes, mais ici, c’est Luc Rosenzweig qui reproche au Monde de ne pas avoir mentionné les origines juives de JDL. Libre à Rosenzweig de les rappeler, mais si c’est pour gloser en plaquant artificiellement des origines familiales sur un individu dont il ne connaît pas vraiment le parcours, la formation ni la personnalité pour en tirer des interprétations aussi incertaines qu’abusives – « il est pourtant permis de penser que cet héritage très particulier l’a aidé… » – ce n’est pas vraiment la peine ! Laissons ce type de raisonnement essentialiste aux antisémites. Je partage tout à fait l’indignation d’Alice.
Ludovic Lefebvre dit
Les journalistes du Monde ont voulu peut-être éviter les remarques qui suivent et suivront par post votre article. Il y a une peur de prononcer le mot juif dans le monde public et certainement privé, celle d’être traité d’antisémite si le billet n’est pas élogieux ou d’agent de la judéocratie française s’il l’est. Il faut dire que les paranoïaques juifs ou non qui voient de la bête immonde partout ont bien créé le premier précédent et que les Dieudonné et autres concurents victimaires ont bien suscité le second. Alors même une simple biographie informative prend des allures précautionneuses, on en est à ce triste résultat.
Je ne partage pas la colère d’Alice, sans vouloir la provoquer. Qu’y a t-il de péjoratif à parler de l’origine de quelqu’un surtout dans le résumé de sa personne ?
Alice dit
Incroyable, cet article ! Mise en évidence des «origines» religieuses (raciales ?) de ce diplomate en effet remarquable ; insistance presque suspecte sur sa «judéité»; appropriation à caractère presque raciste d’un individu présenté comme se détachant du lot commun des conseilleurs spéciaux parce que juif ! Avec cela, un portrait falsifié, biaisé, nuisible, des autres conseillers, assimilés à l’incompétence bruyante, dont Emmanuelle Mignon, qui ne parlait presque jamais !
Vous voyez des juifs partout, monsieur; foutez-leur la paix !
L’idéologie de votre papier est déplaisante.
Mika dit
Vous partagez avec les antisémites l’obsession des origines juives des gens dont on parle ! Après avoir fait grief à Siné d’évoquer l’origine juive de la fiancée de Jean Sarkozy (soit dit en passant, Siné n’a fait qu’ajouter un commentaire ironique à une info déjà largement reprise par d’autres médias – cf. les déclarations de Patrick Gaubert à Libé. On ne peut donc lui reprocher d’avoir « fait un lien » entre les Juifs et l’argent, et encore moins d’avoir « colporté une rumeur »), voilà que vous reprochez au Monde de NE PAS évoquer les origines juives de Jean-David Lévitte ! Je connais personnellement la famille Lévitte et, également, Corine Lesnes, auteur de l’article. Je me dois donc de porter à votre connaissance :
- Que Le Monde n’a pas fait état des origines juives de Jean David Lévitte pour la simple et bonne raison que l’intéressé lui-même n’en a pas fait état et a effectivement évoqué les origines de sa famille dans les termes rapportés par l’article.
- Que si Georges Lévitte fut effectivement une figure marquante de la communauté juive, il a élevé ses enfants totalement en dehors du judaïsme (fin connaisseur de la Tora et du Talmud, il n’était absolument pas pratiquant !) pour des raisons qui lui appartiennent et que nul n’a à juger ni à apprécier, ni en bien, ni en mal.
- Qu’en outre, et précisément en raison de ce dernier point, Jean David Lévitte n’a jamais mis en avant l’origine juive de sa famille paternelle, ni à l’occasion de sa lutte contre le french bashing, ni à aucune autre occasion de sa carrière diplomatique.
En écrivant que l’explication de ses succès professionnels serait à chercher du côté de ses origines – « on le croyait, LUI… » – vous tenez un discours rigoureusement symétrique à ceux des antisémites : celui de l’essentialisation.
JOB dit
@Luc Rosenzweig
Vous écrivez:
“Sans être paranoïaque, on peut trouver surprenant que Le Monde ne fasse aucune mention de cette appartenance – à la communauté juive, s’entend – dans le tableau qu’il brosse de l’itinéraire personnel et familial du sherpa du président.”
puis aussi:
“Que Georges Lévitte, fondateur avec son frère Simon, de la maison d’enfants juifs de Moissac, soit devenu après la guerre une figure marquante de la communauté juive française, notamment comme animateur du colloque annuel des intellectuels juifs de France, n’a pas plus suscité l’intérêt de la portraitiste du Monde.”
Non, non et non, Luc Rosenzweig, c’est quoi cette remarque à propos du silence du “Monde” sur l’appartenance de Jean-David Levitte à cette communauté? Pourquoi devoir le rappeler? c’est normal que le journal n’en fasse pas état. Si un voyou se fait arreter et que la presse précise qu’il appartient à la communauté juive vous seriez le premier à regretter l’assimilation entre voyou et juif. Alors idem lorsqu’il s’agit de gens biens et qui réussissent.
En dehors de cela, votre article, qui voulait assurément mettre l’accent sur ce qui est dit précédemment, ne relate rien d’autre que ce que nous savons tous
papy dit
Cher monsieur, je ne conteste pas le fond de votre article mais soyez tout de même plus scrupuleux : Me Mignon possède TOUJOURS le même bureau à l’Elysée et de plus, n’étant plus dir’ cab’ elle est désormais conseiller auprès de N. Sarkozy. Qu’elle aie rédigé hier encore, le discours du Président devant le pape n’a pas échappé à un ancien journaliste comme vous…
EdmondSubtil dit
Remarquable.