Jean-David Lévitte, meilleur ouvrier de France, option diplomatie

Nicolas Sarkozy a tiré le bon numéro

Publié le 13 septembre 2008 à 0:18 dans Monde

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Parmi les conseillers du président de la République, on distingue les tonitruants et les discrets. D’un côté les Henri Guaino, Emmanuelle Mignon, Georges-Marc Benamou, de l’autre les Raymond Soubie, chargé des affaires sociales ou Jean-David Lévitte, chef de la cellule diplomatique.

A l’exception d’Henri Guaino, toujours en fonction, les bavards ont quitté rapidement leurs bureaux du faubourg Saint-Honoré, alors que les muets sont toujours là. Ces derniers, comme par hasard, ont en charge des secteurs où Nicolas Sarkozy peut se prévaloir de succès non négligeables, et où la rupture annoncée par le candidat à l’élection présidentielle est la plus perceptible. La réforme des retraites, la refondation du dialogue social, la mise en place d’un service minimum dans les transports ont été effectués sans susciter un soulèvement généralisé des salariés du genre de ceux qui avaient mis à bas la réforme Juppé de 1995 ou le CPE de Dominique de Villepin en 2005. L’habileté et la longue pratique des partenaires sociaux de Raymond Soubie, ancien chef de cabinet de Raymond Barre, ont été pour beaucoup dans ce succès, notamment parce qu’elles ont permis l’instauration d’un dialogue direct, à l’abri des regards, entre Nicolas Sarkozy et Bernard Thibault.

Ceux qui pensent que la politique étrangère de la France est élaborée au Quai d’Orsay sous la direction éclairée de Bernard Kouchner confondent présence médiatique et pouvoir réel : jamais, dans l’histoire récente de la Ve République, le poids de la cellule diplomatique de l’Elysée n’a été aussi important qu’aujourd’hui. La raison en est simple: il ne s’agit plus d’appliquer de vieilles recettes mitonnées du temps du Général en les adaptant plus ou moins bien aux péripéties de la vie internationale, mais d’opérer une mutation radicale du comportement de la France dans l’Europe et dans le monde. En matière de politique européenne, la direction des opérations a été confiée à un autre ministre d’ouverture, Jean-Pierre Jouyet, moins flamboyant mais diablement plus efficace que Kouchner. Le reste du monde, les crises diverses et variées, les “coups diplomatiques”, la vision à moyen et long terme, les affaires stratégiques sont du ressort du très discret et très secret Jean-David Lévitte. S’il n’avait choisi la diplomatie à sa sortie des Langues-Orientales (chinois et indonésien) en 1970, il aurait pu faire carrière (et fortune) comme pro du poker, tant sa pensée est indéchiffrable sur les traits de son visage. Les journalistes accompagnant, lundi 8 septembre, Nicolas Sarkozy dans sa navette entre Moscou et Tbilissi n’en sont pas encore revenu de l’avoir entendu bramer “On est les champions !” après la conclusion au forceps, d’un accord de retrait de Géorgie des troupes russes. De sa part, un tel langage paraît aussi incongru que les flatulences d’une duchesse pendant sa révérence devant la reine d’Angleterre.

C’est que sans particule ni diplôme de l’ENA, il sait “faire” le diplomate comme si sa famille était dans la carrière depuis des générations. Toujours tiré à quatre épingles, il ne tient en public que des discours positifs, n’exposant jamais un problème sans suggérer des solutions propres à satisfaire son interlocuteur.

Reste que s’il n’était que cela, la modestie de ses diplômes – il est entré au Quai par la petite porte du concours d’Orient – l’aurait mené, en fin de carrière et avec de la chance, jusqu’à un poste d’ambassadeur dans un “petit dragon” asiatique comme Singapour, la Malaisie ou les Philippines…

Ce “quelque chose de plus” qui transforme un haut-fonctionnaire lambda (“pour être un bon ambassadeur, il ne suffit pas d’être bête, encore faut-il être poli”, disait un ancien Secrétaire général du Quai…) en un acteur respecté de la haute diplomatie mondiale vient peut-être, chez Lévitte, d’un itinéraire personnel et familial franchement atypique dans son milieu.

Dans le portrait que Le Monde lui consacre en juin 2007, il est indiqué d’entrée que Jean-David est issu d’un père russe et d’une mère sud-africaine. Ben voyons! Georges Lévitte, le père, né en 1918 à Ekaterinenbourg, a quitté son Ukraine natale avec ses parents en 1922, fuyant les bolchéviques. De russe, la famille ne possédait que la langue, pratiquée avec le yiddish dans toutes les bourgades et quartiers de la “zone réservée” assignée aux juifs par le régime tsariste. Sans être paranoïaque, on peut trouver surprenant que Le Monde ne fasse aucune mention de cette appartenance dans le tableau qu’il brosse de l’itinéraire personnel et familial du sherpa du président. Pour le quotidien “de référence”, c’est en tant que “Russes blancs” que les Lévitte fuient la Russie pour s’installer en France. La disparition de ses grands-parents à Auschwitz est évoquée sans autre explication, comme si les nazis avaient systématiquement exterminé les partisans de la dynastie Romanov. Que Georges Lévitte, fondateur avec son frère Simon, de la maison d’enfants juifs de Moissac, soit devenu après la guerre une figure marquante de la communauté juive française, notamment comme animateur du colloque annuel des intellectuels juifs de France, n’a pas plus suscité l’intérêt de la portraitiste du Monde. Sans tomber dans un déterminisme généalogique de comptoir, on peut affirmer que ce n’est pas en révérant la mémoire de Nicolas II et de Pierre le Grand que Jean-David a formé sa perception historique et géopolitique de la planète !

Il est pourtant permis de penser que cet héritage très particulier l’a aidé, en 2002, alors qu’il était ambassadeur à Washington, à lancer la contre-offensive contre le french bashing (la furia antifrançaise) qui faisait rage dans le monde politique et médiatique américain. On le croyait, lui, quand il disait que la France n’était pas ce pays antisémite décrit dans la presse des Etats-Unis…

En même temps qu’il ferraillait pour défendre l’honneur tricolore outre-Atlantique, il prenait ses distances avec Jacques Chirac, qui avait pourtant fait de lui, en 1995, son conseiller pour les affaires stratégiques, puis son représentant aux Nations-Unies et à Washington.

Il est donc celui qui ouvre les portes de l’Amérique et de ses élites politiques et économiques à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur en lutte avec le diplomate Villepin pour la succession de Jacques Chirac. Sarkozy et Lévitte font le même diagnostic de faillite de la politique extérieure chiraco-villepiniste – rodomontades rhétoriques pour la galerie et cynisme affairiste en coulisse. Dès avant l’élection d’avril 2007, les deux hommes élaborent les grandes lignes de la nouvelle diplomatie française. Le rapprochement avec les Etats-Unis et Israël, le retour dans les structures militaires intégrée de l’OTAN, la désintrication, au Liban et dans la région, des intérêts de la France d’avec ceux du clan Hariri, la réconciliation avec les pays de la “Nouvelle Europe” blessés par les propos méprisants de Chirac en 2003 (“Ils ont perdu une bonne occasion de se taire !”) ont été menées ensuite avec constance. Et le résultat est là.

Même les opposants les plus déterminés à la politique de Sarkozy, à l’exception, bien sûr, de l’extrême gauche et des paléo-gaullistes, doivent reconnaître que cette rupture n’a pas fait de la France un vulgaire vassal des Etats-Unis. L’affaire géorgienne et l’ouverture vers la Syrie se sont révélées des succès diplomatiques, relatifs certes, et susceptibles de réversion, mais incontestables. Les observateurs étrangers, quelque peu surpris, observent que la France est de retour, moins arrogante mais plus efficace. Résultat, elle parvient à profiter de l’absence momentanée des Etats-Unis pour cause de campagne présidentielle.

Bachar al-Assad est d’autant plus sensible aux pressions exercées par la France pour qu’il se détache de l’Iran et poursuive le dialogue avec Israël que Paris est de nouveau écouté à Jérusalem et à Washington. Bref, la France revient dans le jeu proche-oriental et si l’on ajoute que le conflit caucasien est circonscrit, le résultat n’est pas mince.

Dans cet art tout d’exécution qu’est la diplomatie, Jean-David Lévitte possède toutes les qualités d’un artisan qui mériterait la distinction de “Meilleur Ouvrier de France” si celle-ci n’était pas réservée aux Bocuse et autres charcutiers, orfèvres ou brodeuses de perles, dont notre pays est, à juste raison, si fier. Dans cette France où l’art du paraître exerce sa prééminence sur l’aptitude à bien faire, ce n’est pas une mince satisfaction de voir, pour une fois the right man at the right place.

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  • 19 September 2008 à 0h00

    Poupouche dit

    Je suis tout à fait d’accord avec Mika qui a l’air de très bien connaitre les Lévitte…JDL a des origines juives mais aussi protestantes il me semble et sa brillante carrière il la doit surement plus à son intelligence et sa capacité exceptionnelle de travail qu’à son héritage familial! Que de polémiques pour pas grand chose…L’important est qu’il s’occupe de manière lucide et constructive de la diplomatie française.

  • 15 September 2008 à 23h08

    Alice dit

    Golan,
    Je crois bien que cette malheureuse Nina n’a jamais rien compris, mais peu importe : quelques-uns (dont vous-même) ont parfaitement entendu ce que disait l’auteur de cet article entre les lignes. Peut-être devrions-nous, comme nous y invite généreusement Robespierre, «oublier tout cela» ?
    Je m’aperçois que ce site me promettait quelque chose qu’il ne tient pas. Pourquoi assassiner ce vieil anar ivrogne de Siné, et faire paraître un texte qui n’est guère moins «douteux» ? Je vais donc m’en éloigner sur la pointe des pieds, non sans avoir remercié et salué les beaux esprits et les galants hommes que j’y aurai croisés. Mika (j’ai adoré vos interventions), Job, mon chéri l’Ours, Robespierre et Rotil (qui nous avoué sa perplexité) et vous, Golan, je dépose sur vos joues des baisers tendres couleur rouge carmin.
    Alice, une coquette parisienne qui passait par là !

  • 15 September 2008 à 18h19

    Golan dit

    @ nina
    Vous auriez mieux fait de bien lire les commentaires des principaux intervenants et vous auriez compris que votre raisonnement est hélas, hors circuit. Vous mélangez tout et n’avez pas bien compris.

  • 15 September 2008 à 13h19

    Nina dit

    “Zèle philosémite” ?
    Hallucinant la gaulée à la louche !

    Il s’agit d’un point important et qu’importe que sa mère soit d’Afrique du Sud, la composante juive surtout lorsqu’elle est marquée par la shoah est EXTREMEMENT importante chez un individu.

    Faire semblant de ne pas la divulguer est inepte et méprisant.
    Rien que le nom : Lévitte est révélateur…Entre Juifs on va bien entendu se dire “c’est un de chez nous” et se poser un tas de questions sur son vécu, sa sensibilité juive parce qu’il en est ainsi c’est tout.
    Où est le mal ? Qui est ce que cela dérange ? Les peureux qui croiront que la France est enjuivée jusqu’au sommet ?
    Comme d’habitude !!! Rien de nouveau.

    Cependant, en niant cet aspect là de son individu, le journaliste fait pire encore. Il centralise ce point non négociable du portrait de Lévitte.

    T’inquiète Alice, il ne va pas porter la kippa notre homme de l’ombre, ni même saper les efforts de nos éleveurs porcins.

    On s’en cogne franchement de son degré de judéïté, ça c’est du domaine entièrement privé. Mais gommer cet aspect là c’est du révisionnisme à la sauce imMonde !

    Va prendre un cours chez Cyrulnik sur la résilience, tu comprendras pourquoi l’acte manqué de la journaleuse est foireux.

  • 14 September 2008 à 20h01

    Polo dit

    Jean-David Lévitte est juif. Il le sait ainsi que ceux qui s’adressent à lui. Tel est l’état du monde.

    Seul Le Monde, comme d’habitude peut faire semblant de l’ignorer.

    Causez toujours!

  • 14 September 2008 à 18h16

    L’OURS dit

    Décidément, pour une fois, je vais être dans “un entre-deux”.
    Je trouve que tous les arguments sont bons.
    Dans le camp des “contre”, les développements D’alice et Mika sont implacables.
    Dans le camp des “pour”, ce n’est acceptable que si l’on considère qu’on ne s’interroge sur la question de préciser l’identité juive que dans le cas où elle est constitutive de la personnalité de JDL! Là, je “palinode”!

    Rotil, merci pour le tuyau musical!

  • 14 September 2008 à 17h53

    JOB dit

    complément….

    …..Se serait ainsi une façon de confirmer que nous sommes dans un salon de reflexions et où la “causerie” prend alors tout son sens positif.

  • 14 September 2008 à 17h48

    JOB dit

    A l’attention de Luc R.
    A la lumière de cette trentaine de réactions dont les plus pertinentes, à mon avis, se révèlent être celles d’Alice, et de Mika, il serait intéressant maintenant de vérifier si l’auteur, éclairé par ces points de vue contradictoires, apporte quelques modification au fondement de son article

  • 14 September 2008 à 16h22

    Alice dit

    Mika, en écrivant ce qui suit, vous avez tout dit :
    «Mais le portrait fait par Corine Lesnes rappelait aussi – pour mémoire – que la mère de JDL était une anglo-saxonne, blanche, d’Afrique du Sud ! Songeriez-vous reprocher au Monde de n’avoir pas creusé la question des répercussions de l’apartheid dans le subconscient de notre diplomate ? Ridicule»
    Oui, Mika, cet article de Luc est ridicule, mais il est aussi déplaisant. Non par antisémitisme mais par une sorte de «zèle philosémite». La morale pourrait en être : «Inutile de décrocher des diplômes difficiles si vous êtes juif. Votre judéité vous place «naturellement» au-dessus des modes de sélection traditionnels des élites.».
    M. Lévitte, homme de l’ombre, diplomate sérieux et réservé (comme il se doit pour un diplomate) fait ce qu’on lui dit de faire. Sa judéité, son histoire personnelle, les drames historiques terribles que sa famille paternelle ont traversés, ont bien sûr compté dans sa formation psychique. Mais, l’intention «biographique» de Luc me semble être d’une autre nature. C’est pour cela que je dis qu’elle est déplaisante.
    La destruction des juifs d’Europe est une tragédie collective. Le travail de diplomatie de Jean-David Lévitte relève des orientations que lui donnent ses supérieurs hiérarchiques et de ses qualités personnelles, qui ne doivent rien à la partie paternelle de ses origines. Prétendre le contraire, c’est développer une théorie raciste de l’humanité.
    Encore une chose : opposer les interventions «bruyantes» de Mme Mignon au silence de M. Lévitte, constitue un manquement à la vérité. Mme Mignon n’a que très rarement répondu à des entretiens «privés». En revanche, en effet, elle a obtenu de nombreux diplômes. Sans doute à force de travail. M. Rosenzweig dirait-il que cette aptitude à être une bonne élève, ne relève pas de ses «origines», puisque Mme Mignon est présentée comme catholique ?
    Ainsi que le dirait Mika : «Ridicule !»

  • 14 September 2008 à 15h40

    Ludovic Lefebvre dit

    Valérie,
    Je pense que vous allez chercher trop loin dans le raisonnement d’un journaliste d’un grand quotidien qui doit travailler et n’a guère le temps de faire un inventaire précis des intentions supposées. La réalité est que sous le joug de censeurs outranciers et de concurrents victimaires, plus personne dans les médias n’ose prononcer le nom commun ou adjectif juif de peur d’avoir un procès, de perdre son boulot suite aux précédents (volontaire) ou qu’en cas d’un emploi légèrement louangeux d’affronter la tempête rageuse de communautaristes d’autres appartenances.
    Combien de temps nier encore qu’il y a un énorme problème de communication quant à la question juive ?
    Qu’il y a des tensions communautaires devenues irrespirables en France ?
    Les journalistes à moins de l’être et encore n’osent plus prononcer : juif.
    Des faiseurs d’opinion à l’inconséquence notoire nous ont amené tout bonnement là_et sans forcément avec une intention malsaine au départ.
    Merci donc à Plénel, BHL, Askolovitch, Dieudonné, Boubaker, Val, Drey, la licra, la Halde, le Mrap, le cfcm, sos racisme et autres milliers d’autres obsédés pathologiques ou machiavéliques du racisme qui ne cessent d’en créer et à ces centaines d’associations à la subvention aussi facile que l’émoi partial pour cette ambiance pourrie. Et que ça continue surtout dans un tel paroxysme, car ce n’est qu’ainsi que cette folie aura un terme.
    Je ne vais pas souhaiter qu’une grande partie de la population se mette enfin en avoir autant marre que moi depuis quelques années, car la grande partie de la population, les médias et les politiques qui devraient régir ou plutôt cesser de légiférer à tout va, s’en tamponnent comme de leur première fausse note de frais.
    Les égos des chevaliers du bien, ces bonsentimenteurs, sont l’unique motivation de ce désastre.

  • 14 September 2008 à 14h36

    Rotil dit

    Gros problême pour moi aujourd’hui: chaque intervention me semble aussi convaincante que son opposée, pour beaucoup des posts…

    A la fois, je suis assez d’accord pour penser que les origines et le vécu de M. Levitte ne sont pas pour rien dans ce qu’il est – ceci vaut pour tout le monde, qu’il s’agisse de juifs ou non… Je suis, vous le voyez, inspiré par M. de La Palisse !

    D’un autre côté, on est juif (ou chrétien, ou autre chose qui ne se voit pas de manière évidente) comme on veut l’être.

    Alors, je suis aussi d’avis qu’il n’était peut-être pas indispensable de souligner la judéïté de M. Levitte.

    Quand je dis à quelqu’un que je suis juif, c’est mon choix.

    S’il s’agissait de le mentionner sur mes papiers d’identité, alors là, je ne serais plus du tout d’accord.

    D’ailleurs, je le dis à qui je veux le dire…

    Bon dimanche à tout le monde.

    P.S.: Aux mélomane, je recommande les Nachtstücke de Schumann joués par Vanessa Wagner. Une merveille !

  • 14 September 2008 à 14h14

    Pascal dit

    Valérie,

    pour compléter votre commentaire,je pense que l’antisémitisme a été ou est un préjugé(le Juif accusé de pratiquer l’usure);

    un ressentiment qui conduit à la haine(le juif est inassimilable:c’est un parasite);

    enfin ,une machine de guerre idéologique pour tenter d’expliquer l’histoire et certains aspects du monde actuel(les complots juifs de domination du monde,jusqu’au dernier avatar actuel : le sionisme).

  • 14 September 2008 à 8h46

    valérie dit

    A lire votre article et les réactions qu’il suscite- je me dis qu’il doit y avoir là un genre de “malentendu” ou de “non explicite” et beaucoup de choses qui relèvent de votre ressenti.
    Oui, en vous entendant, ne pas mentionner le fait que Levitte est juif ou du moins que ses parents avaient d’autres raisons de fuir la Russie et l’Ukraine que celle d’appartenir à la classe des riches “russes blancs” est effectivement une erreur, un malentendu, une autre grille de lecture du monde, une intention? Cela me fait penser aux Polonais qui jusque très récemment et après y avoir été pratiquement obligés par l’Europe de l’Union à mentionner aux portes du camp des abords de la jolie ville de Cracovie, que des juifs avaient péri à Ausschwitz- avaient choisi jusque là de parler de victimes polonaises.
    Il me paraît évident que Levitte ait pu, parce que juif, faire passer certaines choses aux Etats Unis au moment où la presse de ce pays (et d’autres) parlait de l’antisémitisme en France et des actes antisémites plus nombreux que jamais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, dont le Monde et autres médias français ne parlaient que si peu.
    L’antisémitisme n’est pas un préjugé mais un ressentiment. Au juif riche on reprochera d’être capitaliste et exploiteur, au pauvre d’être un parasite. Seuls les juifs morts (de la main de fascistes de droite et non de celle de Staline par ex.) trouvent grâce, et encore, aux yeux de ceux qui forment le gros des rangs des antisémites d’aujourd’hui.
    Une fois que l’on a compris que l’ antisémitisme relève du ressentiment- on ne reproche pas au juif ce qu’il fait, mais d’exister- on a tendance à appliquer cette grille de lecture . Donc, si le Monde, qui s’est illustré dans les dernières années par une ligne éditoriale parfois plus que limite (caricature de Jénine par ex.) évite de mentionner que Levitte est juif, cela ne peut pas être par hasard!
    Je comprends également la réaction de ceux qui vous reprochent votre façon de voir les choses, car impossible de s’en sortir ainsi. Et s’il n’y avait pas d’intention? S’ il échappait à la journaliste brossant ce portrait que les juifs ont été poursuivis en tant que tels et par le Tzar et par Lénine , et par Brejnew etc. peu importe qu’ils soient des Russes blancs ou prolétaires? Juste un peu de non connaissances venant s’ajouter à toutes les approximations avérées … Aucune intention.
    Vous connaissez probablement assez bien “le Monde” de l’intérieur pour avoir un genre de sixième sens que le lecteur x n’a pas forcément.
    Voyez vous, par exemple, depuis que je sais qu’ Arte ne diffuse jamais de débats en vrai direct (il y a toujours une postproduction), et que la traduction vers le français des intervenants étrangers est soumise aux impératifs de la ligne éditoriale d’Arte France, je préfère regarder Arte côté allemand, car on y traduit ce qui est dit sans corriger et orienter le sens de l’intervention après coup en cas de non compatibilité avec “la ligne éditoriale”.
    Ce que je veux dire par là, c’est que vous savez peut-être des choses que nous ne pouvons ni savoir ni soupçonner mais qu’il faudrait comprendre pour vous comprendre aussi.

  • 14 September 2008 à 1h42

    Ludovic Lefebvre dit

    Cher Mika,
    Je vous ai compris, mon post ne relevait pas particulièrement de la réponse au vôtre, mais plus à un ensemble de posts. Mon point de vue ne relève pas d’une judéophilie aveugle, j’ai des préférences culturelles toutefois, ni d’un accord systématique avec l’équipe de Causeur, d’ailleurs bien des échanges dans ce salon peuvent l’attester, c’est une précision que je tenais à faire. Luc Rosenzweig a relevé cette absence de judaïté dans la peinture de ce diplomate faite au Monde et a eu envie d’en faire un article, pour moi c’est aussi simple que ça. Lorsque la nuit précédente, j’ai mis mon grain de sel, j’ai tout de suite pensé qu’il y aurait des réactions lui reprôchant son billet et je m’attendais même à bien pire. Si Luc était parti dans une prise à partie judéocentrée qui nuit à tous comme vous l’avez certainement remarqué, j’aurais exprimé mon désaccord. Là, il a précisé et rectifié parfois le lieu de naissance de l’intéressé, qui il est vraiment, son parcours et je ne partage donc pas la polémique sur la polémique.

  • 13 September 2008 à 22h36

    FAREWELL dit

    Cher Luc Rosenzenweig, bonjour.
    Le volontarisme en politique étrangère de Sarkozy est louable, mais il est aussi ornemental et bien à propos que les toys arts de Jeff Koons dans les salons du château de Versailles:
    Les Grands Russes avancent leurs pions en Amérique du Sud, installent une base maritime en Syrie et dialogueraient avec Cuba pour rejouer la partie de Nikita.
    Des forces spéciales Syriennes sans que cela n’émeuve personne envahissent 7 villages dans le Nord Liban
    Les Américains dans le Golf Persique concentrent une forte inédite de marines et de vaisseaux. Même l’USS Ronald Reagan est de la partie…

  • 13 September 2008 à 21h07

    robespierre dit

    Luc a raison, Le Monde n’est pas sérieux. Je viens de relire mon portrait publié par ce quotidien (je tairai le nom du journaliste pour ne pas gêner sa carrière). Aucun mention de mon catholicisme (non pratiqué certes) , hétérosexualité (ardemment pratiquée par contre), couleur de peau (inchangée depuis 45ans, quelle fidélité dans mes engagements !), enfance en banlieue (et pas du type 16ième, plutôt 93 en plus soft quand même), etc, etc.

    Ainsi les lecteurs n’ont pu comprendre ni les raisons de mon intelligence, ni de mes succès…..Désolant.

    @Luc R.
    Plus sérieusement, Luc (vous permettez ?), le portrait de cet homme tout à fait estimable est parfaitement complet. Il est précisé,par exemple, que “deux de ses grands parents sont morts à Auschwitz”. Avec cette phrase, le lectorat du Monde a l’idée, les faits et une part de la genèse de l’homme. Le Monde n’est pas PIF gadget.

    Je regrette que dans le portrait de ce grand diplomate, vous loupez la phrase qui “tue” (pardon). Beaucoup plus dans l’air du temps politique du pays. D’autant plus dommage que cette phrase est …. la première de l’article. “Il n’a pas fait l’ENA”. Elle est celle qui m’a de suite frappé. Pas vous. Pourquoi ?

    Ne reste plus qu’à tomber sur le consensus suivant : “Levitte est un grand serviteur de l’Etat. Il n’a pas fait l’ENA mais il est juif”.
    Ca sonne bizarre.

  • 13 September 2008 à 20h23

    Mika dit

    Mais le portrait fait par Corine Lesnes rappelait aussi – pour mémoire – que la mère de JDL était une anglo-saxonne, blanche, d’Afrique du Sud ! Songeriez-vous reprocher au Monde de n’avoir pas creusé la question des répercussions de l’apartheid dans le subconscient de notre diplomate ? Ridicule

  • 13 September 2008 à 20h14

    L’OURS dit

    Après la remarque d’hiram,
    celle de l’auteur,
    et relecture du paragraphe incriminé,
    je dois dire que mes certitudes sont émoussées.
    Même si les remarques auxquelles j’avais adhérées dans un premier temps sont fondées, nous étions peut-être un peu à côté de la thèse proposée Par Luc Rosenzweig.
    Si JDL a vraiment traversé une telle histoire de vie et compte tenu que l’article du Monde se proposait (si j’ai bien compris) d’expliquer comment ce dernier s’est construit, il devient aberrant de ne pas préciser ses origines juives, forcément constitutives de sa personnalité, fut-il non pratiquant!