Suivre Causeur :     

Je crée mon parti politique

Comme Laurent Wauquiez. Enfin presque…

Publié le 20 juillet 2010 à 6:30 dans Politique

Mots-clés :

Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez.

Je ne vous cacherai pas que j’ai longtemps hésité. Je ne voulais pas ajouter à la balkanisation du paysage politique français mais j’ai décidé de créer mon propre parti. C’est Laurent Wauquiez qui m’a donné l’idée quand son nom est apparu dans les gazettes (Libé et Le Point) à propos de son mouvement, “Nouvel Oxygène”, pour lequel il aurait cherché des financements auprès de banquiers d’affaires, lors d’un voyage à Londres le 28 juin.

Et pourquoi moi ? Mais parce que je le vaux bien comme on dit du côté de Chantilly en ce moment.

Puisqu’il n’y a plus de parti unique…

On pouvait penser que l’offre était suffisante, surtout chez les ministres dont je croyais, assez naïvement, qu’ils appartenaient tous à l’UMP. On m’avait expliqué que l’UMP était un parti unique créé par Juppé pour en finir avec la droite la plus bête du monde et sa machine à perdre. Que c’était même pour ça que François Bayrou avait voulu résister et s’était lancé dans la glorieuse aventure du MODEM. Et que l’UMP tolérait aimablement une survivance du genre Parti Radical pour faire plaisir à Borloo et avait favorisé la création du Nouveau Centre pour faire semblant d’avoir une aile gauche. Parce que le paradoxe, c’est que les ministres d’ouverture sont tellement à droite (le zèle des convertis, n’est-ce pas…) que leurs propres partis de masse, comme Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel ou le Club des progressistes d’Eric Besson font passer la formation d’Hervé Morin pour une horde de gauchistes échevelés.

Et puis de toute manière, il était hors de question que je rejoigne Bockel : je suis de gauche mais certainement pas moderne. Quant à Besson, quitte à me répéter, je suis de gauche mais je ne suis pas progressiste. C’est même pour ça que j’écris sur Causeur. Il n’y a que là ou presque qu’on comprend ce genre de bizarrerie, voire qu’on l’encourage.

Engagement et abnégation

Pourtant, il y avait tout de même des choses très tentantes, dans les micro-boutiques gouvernementales. Bon, pas le parti de Wauquiez. Je ne me voyais pas militant néo-oxygèniste. J’aurais eu l’impression de devenir une manière d’écologiste et ça, c’était hors de question. J’ai ma dignité.

J’aurais bien adhéré à l’association de Rama Yade. La possibilité de la voir en chair et en os tous les jours ou presque justifierait à elle seule l’engagement et l’abnégation de toute une vie. Seulement, son groupuscule s’appelle “Agir pour Colombes”. Et je n’ai pas envie de vivre à Colombes. En plus, son but est, je cite, “de défendre tous les Colombiens.” et je sais que ça ferait de la peine à Hugo Chavez si je me mettais à défendre les Colombiens.

Il aurait été tentant, aussi, d’adhérer aux “Amis de Christian Estrosi”. Le charisme du ministre de l’Industrie donne vraiment envie de parier sur son destin. Mais on m’aurait refusé : j’ai peur en moto et je n’aime pas la côte d’Azur. Le “club 89″ de Benoit Apparu, le secrétaire d’Etat au Logement, avait un nom qui me plaisait bien mais j’ai appris qu’il l’avait repris des mains de Jacques Toubon, ce qui est tout de même une garantie très moyenne de réussite et de visibilité.

Alors pourquoi pas “Le Chêne” de Michel Alliot-Marie ? C’est d’inspiration gaulliste, ça ne peut donc pas être totalement mauvais. Mais quitte à virer ma cuti autant le faire chez des gaullistes vraiment antilibéraux comme Nicolas Dupont-Aignan, par exemple. Il me restait, finalement, François Fillon. De toute façon, il vaut mieux s’adresser au bon dieu qu’à ses saints. Seulement, le parti du Premier ministre s’appelle “France 9″. Un nom de chaîne du câble qui ne ferait que diffuser de vieilles séries américaines ou du catch féminin dans la boue. Ce n’est pas un programme antipathique en soi mais cela risque à la longue de souffrir d’un défaut de crédibilité.

Socialisme Réel et Vin Naturel

Non, décidément, je n’ai pas le choix. Je vais fonder mon parti. Il va s’appeler “Socialisme Réel et Vin Naturel”. Son programme reprend pour l’essentiel celui de George Orwell dans son essai Le lion et La licorne. George Orwell est le penseur de gauche préféré des gens de droite parce qu’ils pensent que son anti-stalinisme les ramène vers eux alors qu’il les en éloigne encore plus. Donc, dans Le lion et la licorne, Orwell indique trois axes qui lui semblent un minimum pour créer une société vivable : nationalisation des principaux moyens de productions, éducation identique pour tous sans distinction de classes et réduction drastique des écarts entre les salaires. En résumé, ce qu’on retrouve dans le programme du CNR qui s’appelait assez joliment Les Jours heureux.

Mais pourquoi rajouter “et Vin Naturel” ? Eh bien parce que l’excès de sulfites est un vrai problème de santé publique et que pour financer mon parti je préfère des viticulteurs à des banquiers d’affaires : ils ont plus drôles et plus sympathiques.

envoyer par email autre réseau social

A lire aussi

La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés

62

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 

Nos offres

  • 21 July 2010 à 10h42

    Bérénice dit

    Puisque les non abonnés ne peuvent pas intervenir sur l’entretien de R. Camus, je profite de cet intermède sur Dac et sa lettre à Henriot ( d’une autre trempe que celle de G. Môcquet ) pour signaler que cela ne signifie rien de se dire d’un pays ou d’un autre si on ne se sent pas prêt à lui consentir beaucoup.
    Cf la phrase célèbre de JFK.

    J’ai entendu récemment un reportage sur un natif du Vietnam naturalisé français qui s’interrogeait sur ce qui l’avait conduit à demander la nationalité française : il avait répondu oui à la question ” si la France était menacée, serais-je capable d’engager ma vie pour la défendre? “.

  • 21 July 2010 à 10h15

    fatback dit

    La nationalisation de l’industrie viticole, en permettant de ne produire plus qu’un seul vin issu du mélange de l’ensemble des cépages disponibles, permettra de tendre enfin vers une égalité de fait des buveurs de jus de raisin fermenté.
    .
    Slogan : “la villageoise pour tous!”.

  • 21 July 2010 à 9h30

    Zizanie dit

    Jérôme Leroy crée son Parti de Poche ? L’idée est, ma foi, plaisante et les deux slogans proposés par Trigger zone sont percutants. Alors… chiche ? À quand la publication des statuts, de l’URL du site et du blog officiel ?

  • 21 July 2010 à 8h11

    expat dit

    Merci Gilbert Duroux et M. Rien ! j’écouterai ce soir.

  • 21 July 2010 à 4h45

    Gilbert Duroux dit

    On peut écouter “Bagatelle pour un tombeau” de Pierre Dac ici :
    http://www.deezer.com/fr/music/pierre-dac/mon-maitre-soixante-trois-45922
    Cette adresse s’avéra prophétique puisque Philippe Henriot fut abattu quelque temps plus tard.

    Dans un tout autre genre, un petit chef d’œuvre de Pierre Dac, la parodie de Phèdre :
    http://palf.free.fr/theatre/phedre.mp3

  • 21 July 2010 à 1h43

    Monsieur Rien dit

    @ expat dit :
    « Pierre Dac, précurseur de Devos ? »

    Effectivement, Raymond Devos était aussi un humoriste de l’absurde.

    Pour lire la réponse complète de Pierre Dac à Philipe Henriot, voir :
    http://judaisme.sdv.fr/perso/dac/pdac.htm
    Ce site est très facile à trouver : on tape Pierre Dac+Philippe Henriot (et réciproquement, comme l’aurait dit le grand maître), et le site est le deuxième à s’afficher.

    En 1960, le sketch du Sar Rabindranath Duval, avec Francis Blanche :
    http://www.dailymotion.com/video/x1ys19_pierre-dac-le-fakir-rabindranath-du_fun
    Il a fait rire la France entière

  • 20 July 2010 à 20h48

    nadia comaneci dit

    Aux dernières nouvelles, elle rechargeait ses accus en Périgord.

    Vaugoubert,les Roumains ne font rien comme tout le monde, la prune ils la prennent glacée en apéritif avec des olives de Kalamata…
    Je n’ai rien contre les voyages à Londres, il faut juste prévenir AVANT, ce qu’avait oublié manifstement le personnage central de l’article. On sait maintenant pourquoi tant de discrétion. Inutile avec vous, vous avez déjà tout déballé sur Causeur !
    Maintenant, si vous tenez à la perruque, on peut aussi faire avec.

  • 20 July 2010 à 20h02

    expat dit

    ah oui le St Joseph un très grand vin ! je serai Ministre de la Baguette si vous ne voyez pas d’inconvénient – ma spécialité. (non Sophie, je n’ai PAS dit braguette) (où est Sophie by the way ? à Paimpol ? sans nous ?).

  • 20 July 2010 à 19h54

    Lady dit

    Expat,

    Et le St Joseph! Qu’est-ce qu’on va trinquer!

  • 20 July 2010 à 19h33

    expat dit

    Pierre Dac, précurseur de Devos ?
    http://pierredac.free.fr/annon02.wav

  • 20 July 2010 à 19h28

    expat dit

    @ Bérénice, Alpin, M. Rien – merci et oui la lettre est magnifique. Voilà ce qui est bien dit.

  • 20 July 2010 à 18h59

    Bérénice dit

    Hello Alpin!
    la Côte-rôtie : oui!!!! mais plutôt en hiver.

    Expat
    tapez Pierre Dac ou Francis Blanche sur Google et laissez-vous aller : comme le dit M. Rien c’est autre chose que Guillon.

    Monsieur Rien
    La lettre à Henriot est magnifique : elle aurait dû servir à inaugurer le débat sur l’identité nationale.

  • 20 July 2010 à 18h55

    Alpin dit

    @Expat,

    Pierre Dac:

    Radio Londres :

    “Radio Paris ment,radio Paris est allemand.”

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Dac

  • 20 July 2010 à 18h55

    Monsieur Rien dit

    @ Expat :

    Pierre DAC (1893 – 1975) était un humoriste de l’absurde. Pendant la seconde guerre mondiale il rejoignit de Gaulle à Londres et fut l’un des animateurs, sur Radio-Londres, des émissions pour la France occupée..

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Dac

  • 20 July 2010 à 18h47

    Monsieur Rien dit

    Encore la modération !

    Réponse de Pierre Dac :

    BAGATELLE SUR UN TOMBEAU

    […] , je vais vous le dire ce que cela signifie, pour moi, la France.

    Laissez-moi vous rappeler […] que mes parents, mes grands-parents, mes arrière-grands-parents et d’autres avant eux sont originaires du pays d’Alsace, […]. C’est un beau pays, l’Alsace, […] où depuis toujours on sait ce que cela signifie, la France, et aussi ce que cela signifie, l’Allemagne. Des campagnes napoléoniennes […] jusqu’à ce jour, on a dans ma famille […] lourdement payé l’impôt de la souffrance, des larmes et du sang. […]

    Un dernier détail : […] laissez-moi vous signaler que vous en avez oublié un [prénom], celui de mon frère. Je vais vous dire où vous pourrez le trouver […] [au] cimetière Montparnasse,[…]. C’est là que reposent les restes de ce qui fut un beau, brave et joyeux garçon, fauché par les obus allemands, le 8 octobre 1915, aux attaques de Champagne. C’était mon frère. Sur la simple pierre, sous ses nom, prénoms et le numéro de son régiment, on lit […] : “Mort pour la France, à l’âge de 28 ans”. Voilà, monsieur Henriot, ce que cela signifie pour moi, la France.

    Sur votre tombe, si toutefois vous en avez une, il y aura aussi une inscription: elle sera ainsi libellée :
    PHILIPPE HENRIOT
    Mort pour Hitler,
    Fusillé par les Français…

    Bonne nuit, monsieur Henriot. Et dormez bien.

  • 20 July 2010 à 18h43

    Monsieur Rien dit

    Réponse de Pierre Dac à Henriot :

    BAGATELLE SUR UN TOMBEAU

    […]je vais vous le dire ce que cela signifie, pour moi, la France.

    Laissez-moi vous rappeler […] que mes parents, mes grands-parents, mes arrière-grands-parents et d’autres avant eux sont originaires du pays d’Alsace, […] et en particulier […] de NIEDERBRONN[…]. C’est un beau pays, l’Alsace, […] où depuis toujours on sait ce que cela signifie, la France, et aussi ce que cela signifie, l’Allemagne. Des campagnes napoléoniennes […] jusqu’à ce jour, on a dans ma famille […] lourdement payé l’impôt de la souffrance, des larmes et du sang. […]

    Un dernier détail : […] laissez-moi vous signaler que vous en avez oublié un, celui de mon frère. Je vais vous dire où vous pourrez le trouver ; si […] vos pas vous conduisent du côté du cimetière Montparnasse,[…]. C’est là que reposent les restes de ce qui fut un beau, brave et joyeux garçon, fauché par les obus allemands, le 8 octobre 1915, aux attaques de Champagne. C’était mon frère. Sur la simple pierre, sous ses nom, prénoms et le numéro de son régiment, on lit […] : “Mort pour la France, à l’âge de 28 ans”. Voilà, monsieur Henriot, ce que cela signifie pour moi, la France.

    Sur votre tombe, si toutefois vous en avez une, il y aura aussi une inscription: elle sera ainsi libellée :

    PHILIPPE HENRIOT
    Mort pour Hitler,
    Fusillé par les Français…

    Bonne nuit, monsieur Henriot. Et dormez bien.

  • 20 July 2010 à 18h34

    expat dit

    Alpin bonsoir – oui le côte rôtie on est d’accord !
    Je ne connais pas Pierre Dac – c’était quand ?

  • 20 July 2010 à 18h27

    Alpin dit

    @Bérénice,

    Vive F Blanche,vive Pierre Dac!

  • 20 July 2010 à 18h26

    Alpin dit

    @Expat,

    Bonsoir,

    Bien d’accord avec vous,Guigal est un excellent fournisseur.
    Les côtes du Rhône du nord (en rouge ,c’est ce qu’on fait de mieux),surtout!

    Je vous conseille pour les jours de fête ,l’impérial côte-rôtie.

  • 20 July 2010 à 18h24

    Monsieur Rien dit

    @ Bérénice

    Je l’avais complètement oublié, mais instantanément quelques bribes me reviennent. Ainsi la première strophe de l’hymne du parti :

    « Oui, c’est le parti,
    « c’est le parti,
    « de tous ceux qui n’ont pas pris de parti…

    Une des très nombreuses promesses politiques de cet hymne était, très approximativement :
    « Pour que les lampes Pigeon puissent roucouler en paix… »

    On est loin de Stéphane Guillon, Didier Porte (et, globalement, du stand-up). À leur différence, Pierre Dac avait été un véritable résistant – réfugié à Londres car se nommer André Isaac était dangereux à Paris –, il fut l’une des voix de la France Libre, sur Radio-Londres.

    Sur un air ressemblant à La cucaracha il chantait :
    « Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand ».

    Pierre Dac eut des mots terribles à l’égard de Philippe Henriot, l’orateur brillant et vénéneux de Radio-Paris, lequel l’avait ainsi moqué :

    « … Dac s’attendrissant sur la France, c’est d’une si énorme cocasserie qu’on voit
    « bien qu’il ne l’a pas fait exprès. Qu’est-ce qu’Isaac, fils de Salomon, peut bien
    « connaître de la France, à part la scène de l’ABC où il s’employait à abêtir
    « un auditoire qui se pâmait à l’écouter ? La France, qu’est-ce que ça peut bien
    « signifier pour lui ?…

    à suivre…