Affaire Jacqueline Sauvage: Hollande et le récit médiatique | Causeur

Affaire Jacqueline Sauvage: Hollande et le récit médiatique

Faut-il empêcher que justice se fasse?

Auteur

Régis de Castelnau

Régis de Castelnau
est avocat.

Publié le 01 février 2016 / Politique

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jacqueline sauvage hollande

En France, de Pierre Goldman à Jérôme Kerviel en passant par Omar Raddad, Cesare Battisti et Luc Tangorre, on adore les coupables innocents. Le scénario est toujours le même : une décision de justice ayant l’autorité de la chose jugée après une procédure régulière, une cause politique à défendre, la mise en marche de réseaux disposant de connexions dans le monde politique, des médias et de la culture. La campagne de presse ainsi lancée provoque un emballement aboutissant à un singulier renversement. Celui qui transforme un coupable judiciaire en une victime.

Il n’est bien évidemment pas question de prétendre que les erreurs judiciaires n’existent pas, les malheureux Christian Iacono et Loïc Secher1 en savent quelque chose. Mais les exemples précités sont caractéristiques d’un mécanisme particulier qui voit des culpabilités reconnues et sanctionnées par la justice faire l’objet d’une contestation exclusivement dans le champ médiatique où une opinion publique chauffée à blanc prend le parti du condamné sur la base d’un récit et d’une vérité aux antipodes de ceux élaborés par une procédure régulière et contradictoire. Et pour finir, on demande au chef de l’exécutif de donner tort à la justice en prononçant la grâce. Ce fut le cas pour Tangorre soutenu par la gauche (Mitterrand) et pour Radadd soutenu par la droite (Chirac).

La malheureuse Jacqueline Sauvage, deux fois condamnée par deux cours d’assises successives à dix ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son mari vient de rejoindre cette cohorte étrange. Et d’obtenir une « remise de peine gracieuse » qui foule aux pieds l’autorité de la justice.

Les médias nous racontent qu’elle aurait tué son mari après 47 ans d’une vie commune d’enfer au cours de laquelle il l’aurait violée, violentée et eut des comportements incestueux avec leurs filles. Le lendemain du suicide de son fils, à nouveau frappée par son mari, elle l’aurait abattu pour se défendre d’une nouvelle agression. Se protégeant ainsi du monstre qui la martyrisait depuis près d’un demi-siècle. Qui peut ne pas réagir face à une telle description et se sentir solidaire de Jacqueline Sauvage ? Ce fut mon premier réflexe. Mais pour immédiatement me poser la question que chacun devrait avoir à l’esprit : comment une telle réalité a-t-elle pu déboucher sur deux décisions de condamnation qui non seulement n’ont pas retenu la légitime défense, mais n’ont pas été très généreuses en matière de circonstances atténuantes ?

Ayant cherché à comprendre et eu accès indirectement à ce dossier, j’ai constaté que la plupart des éléments indiscutables établis par la procédure faisaient voler en éclats la construction que l’on essaie de nous imposer. Il ne s’agit pas de prétendre que Monsieur Sauvage était un saint, un mari et un père délicieux, mais il n’est pas établi que cette grande gueule manifestement colérique et très déplaisante ait commis durant un demi-siècle des violences régulières vis-à-vis de son entourage, famille, voisins, collègues. Il était certes souvent menaçant, mais on ne trouve aucun témoignage accablant, hormis un unique certificat médical en 47 ans datant du lendemain du meurtre prévoyant une ITT d’un jour. Seules sa femme et ses filles rapportent l’existence de violences directes.

La personnalité de Madame Sauvage telle qu’elle a été cernée par les experts judiciaires et telle que l’instruction et les audiences l’ont fait apparaître n’est pas celle d’une femme soumise ayant tout enduré sans rien dire. Petite anecdote révélatrice ? Ayant appris il y a quelques années que son mari avait une maîtresse, son premier réflexe fut de se rendre chez la rivale pour la brutaliser, la courser en voiture, celle-ci ne trouvant son salut qu’en se réfugiant à la gendarmerie.

Lorsque ses enfants ont quitté le domicile parental il y a 30 ans (!), son mari étant chauffeur-routier, c’est Jacqueline sauvage qui a voulu créer une entreprise et a demandé à ses enfants de venir y travailler. Sa progéniture a fini par la quitter sauf son fils, lequel s’est suicidé la veille du drame. Mais malgré la présentation biaisée qui est faite de cet épisode par les militants, Madame Sauvage n’a appris la nouvelle qu’après avoir abattu son mari. Le fils voulait-il échapper à l’emprise de son père ou à celle de sa mère ? La question reste entière.

Les conditions du meurtre sont claires. Madame Sauvage, chasseuse émérite, avait gardé dans sa chambre son propre fusil qu’elle avait chargé. Elle s’en est servie pour abattre son mari de trois balles dans le dos sur leur terrasse au moment où celui-ci ne la menaçait en rien. La préméditation fut discutée mais pas retenue. Quant à la légitime défense, aucune des conditions exigées par la loi n’était réunie. Elle ne fut pas plaidée par l’avocat intervenu en première instance. Mais, stratégie suicidaire, elle fut utilisée de façon exclusive en appel par les nouvelles avocates.

La délicate et douloureuse question de l’inceste n’a émergé qu’après la mort de Monsieur Sauvage. Les trois filles, qui ont aujourd’hui entre quarante et cinquante ans, n’avaient auparavant jamais évoqué de tels actes, qui se seraient donc produits il y a plus de trente-cinq ans. Leur mutisme ne prouve rien. Un petit détail curieux, quand l’une d’entre elle a eu un enfant, elle n’a pas hésité à le confier pour des périodes conséquentes à ses parents, malgré la dangerosité du père dont elle fait état aujourd’hui.

Et à l’objection : « pourquoi le diraient-t-elles si ce n’est pas vrai », il y a une réponse simple, c’est que dans le conflit entre leurs parents, elles ont choisi la mère. Et elles se battent avec leurs armes pour la sauver. N’ayant pas prêté serment, ce qui serait un mensonge d’amour ne serait pas un faux témoignage. Et je pense qu’elles ont raison et que le combat acharné qu’elles mènent pour leur mère est méritoire.

Personnellement, choqué par l’intensité de la clameur et interpellé par la discordance entre le scénario qui nous était fourni et les décisions judiciaires rendues, j’ai essayé d’y voir un peu plus clair. Et comme rien ne remplace le débat contradictoire j’ai tenté de fournir quelques éléments de nature à mieux comprendre le pourquoi des deux arrêts de cours d’assises. Et pour être encore plus net, si je déplore le cirque auquel on vient d’assister, je me réjouis que Jacqueline Sauvage soit bientôt rendue à la liberté et à ses filles.

Mais je relève que comme d’habitude, on assiste à un emballement considérable, où l’on voit chacun venir faire son marché pour défendre des intérêts très particuliers. Les lobbys féministes se sont emparés de cette affaire pour en faire leur emblème, les médias qui raffolent des faits divers que l’on peut monter en épingle font leur beurre, et les politiques, assaut de démagogie irresponsable à l’image des gesticulations de NKM et de beaucoup d’autres. La majorité sont d’une parfaite bonne foi, croyants sans discuter au récit construit par certains militants de la cause féministe. Mais gare à ceux, très minoritaires, qui interpellés par les décisions judiciaires émettent des doutes ou essaient de rétablir un peu de rationalité dans ce débat.

Malheureusement, nous sommes face à un des points aveugles des élites françaises qui aiment l’ordre et se désintéressent complètement du droit et de la justice. Comment comprendre qu’un minimum d’esprit critique n’ait pas amené à se demander pourquoi 21 citoyens jurés, 6 magistrats professionnels saisis d’un dossier ayant fait l’objet d’une instruction minutieuse et contradictoire où la défense a pu user de toutes ses prérogatives, aient pris une telle décision ?  Qui ne peut en aucun cas être la réponse judiciaire au récit que les médias nous racontent.

Simplement, parce qu’en France, la vérité judiciaire ne compte pour rien. Elle est pourtant, un récit construit à partir d’une réalité abordée de façon contradictoire et dans le respect de règles qui sont d’abord là pour protéger les innocents. Présomption d’innocence, charge de la preuve, mode d’administration de celle-ci, double degré de juridiction, il en sort une vérité relative, comme toutes les vérités, mais dont la caractéristique est de pouvoir être appréhendée par des hommes et des femmes qui vont devoir en tirer des conséquences et utiliser si nécessaire la violence légitime de l’État à l’encontre de ceux qui ont transgressé la loi commune.

Le combat de ceux qui ont lancé et animent l’opération médiatique, surprenant la bonne foi de l’opinion n’est pas très reluisant. Il y a tout d’abord le lobby féministe qui a trouvé là une cause qui a un triple mérite. Qui justifie la pression, les trucages, et les torrents d’insultes pour ceux qui doutent. Le premier avantage c’est la diversion après l’affaire de Cologne où ce petit monde, tout à ses contradictions, s’était trouvé en réelle difficulté. Le deuxième est de continuer le travail pour faire évoluer les textes, pourtant suffisants, qui répriment les violences faites aux femmes. C’est bien sûr l’occasion de reposer la question de la légitime défense dans ce domaine. Une escouade de parlementaires propose ni plus ni moins de renverser la charge de la preuve, c’est-à-dire de demander au mort d’établir que son meurtre n’était pas dû à une riposte. Et pour poursuivre le délire, on nous parle de « légitime défense différée », c’est-à-dire qu’il ne devrait plus y avoir concomitance de temps entre l’agression et la riposte. Chacun comprendra qu’il s’agit là de la délivrance d’un simple permis de tuer. Mais qu’il s’est quand même trouvé à droite comme à gauche des élus pour soutenir cette folie. Le troisième enfin est celui qui permet d’évacuer la question de « la violence des femmes ». Dans l’esprit des militants de ce qu’Élisabeth Badinter a appelé le « féminisme victimaire », la femme est d’abord et avant tout une victime en puissance aliénée à la « domination masculine ». Et que la femme victime de tout et  responsable de rien par nature, ne saurait être violente. La violence des femmes, à la fois physique et sociale, est pourtant une réalité, comme le démontre l’affaire Sauvage. Alors, pour les militants, il faut effacer le meurtre, nier la possibilité qu’une femme puisse tuer délibérément autrement que pour se défendre.

Comment ne pas être atterré par cet emballement mobilisant toutes les élites politiques médiatiques et culturelles au service de cette mauvaise cause ? Mobilisation qui est trop souvent le fruit d’un opportunisme dans la recherche de positionnements avantageux. Emmenant avec eux les gens sincères et de bonne foi réagissant avec leur cœur. Mais la responsabilité de ceux dont le premier réflexe aurait dû être d’exercer leur esprit critique est entière. Évitant que tout ceci ne se transforme en un triste barnum auquel l’intervention de François Hollande ne fait pas perdre son caractère caricatural.

*Photo: © AFP STEPHANE DE SAKUTIN.

  1. Christian Iacono, ancien maire de Saint-Paul de Vence, et Loïc Secher ont été lourdement condamnés victimes de la sacralisation de la parole de l’enfant et sur la base d’accusations de viol formulé par des « victimes » qui se sont ensuite rétractées. Christian Iacono, condamné à neuf ans, a récupéré son honneur à l’âge de 80 ans après trois ans de détention. Loïc Secher a été condamné à seize ans et en a purgé sept.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 4 Février 2016 à 19h16

      patricethomas dit

      Merci d’avoir apporté un autre éclairage sur cette affaire; rien n’aura été dit de tout celà dans les principaux médias.

    • 2 Février 2016 à 14h58

      JPS85 dit

      ..Me de Castelno.. un “joli” plaidoyer à charge pour Madame SAUVAGE.. mais que connaissez-vous de la vie de ces femmes maltraitées, menacées  ( de mort même ) par leur conjoint..!!
      Ah oui quelle pauvre “victime”, cet homme ..!!!
      Histoire vraie :
      en 2009 une amie de mon ex femme l’appelle au secours, nous arrivons à son domicile conjugal (mariée depuis plus de 35ans à un policier en retraite).
      Constat: elle est là, terrorisée, un oeil meurtri rouge/noir..
      et lui un peu calmé, m’explique que c’est la queue de leur chien qui avait fait de telles blessures à N..,son épouse… (un épisode de leur vie parmi tant d’autres)
      A la demande de cette dernière, nous l’emmenons, l’hébergeons un mois et elle nous raconte son calvaire répété depuis des années avec moultes anecdotes misérables (Interdiction d’aller travailler,argent interdit pour elle et de sortir sans lui, isolement par rapport à sa famille et amies et plus physiquement, poursuites autour de la table avec un couteau, menaces de tuer le chien et d’enterrer sa femme avec au fond du jardin..)..
      et après une séparation légale mais non désirée du mari, elle a vécu sous des pressions continuelles des mois durant (voiture et boite aux lettres endommagées, porte d’entrée vitrée cassée..) et la hantise (un bien faible mot en la circonstance) de le croiser dans son escalier d’immeuble, dans la rue.. car de policier retraité il était resté fin limier..!!
      Pour finir cet épisode de leur vie, il s’est calmé avec N.. ayant rencontré une autre femme avec laquelle il était parti vivre.. (bon courage à elle..s’ils sont toujours ensemble..)
      Autre fait “divers” conjugal d’il y a quelques 2 ou 3 ans, cette femme professeur divorcée (ou séparée, je ne me souviens) assassinée devant ses collègues sur une place publique à Rouen alors que la justice avait interdit à son ex mari de l’approcher.. 
      A votre avis, les juges,avaient-ils bien évalué la dangerosité de cet individu..? eh bien non il semblerait..!! Dommage pour cette dame, vraie victime, elle, de son ex ..et de la Justice..
      Et palabrer sur une notion de “légitime défense”, immédiate ou tardive.. .. est malvenu dans pareils cas.. pour ces femmes, comme Madame SAUVAGE encore vivante, ou cette autre, hélas assassinée après..décision peut-être inappropriée de la Justice, je vous en laisse le jugement..  

    • 2 Février 2016 à 12h56

      Wil dit

      En parlant de Hollande et de récit médiatique…
      C’est un long copier-coller venant d’un blog mais qui semble être sérieux et vaut d’être lu entier pour montrer l’escroquerie politique et donc médiatique des chiffres du chômage.
      “Chômage:Les données brutes ont disparues
      Comme chaque mois, je me suis soucié de trouver les bonnes statistiques du chômage, publiées par la Darès (organisme qui émane du Ministère du Travail ce qui donne tout de suite une idée de “l’objectivité” qui préside à ses “travaux”).
      Le paramétrage est simple à définir :
      1. Toutes les personnes inscrites à Pôle Emploi car, pour avoir le droit de s’inscrire à Pôle Emploi et pour pouvoir rester inscrit, IL FAUT être à la recherche d’un emploi.
      2. France entière car, jusqu’à preuve du contraire, les départements d’outre mer font encore partie de la République Française.
      3. Toutes catégories confondues (A, B, C, D, E) car, dès lors que telle personne physique est inscrite à Pôle Emploi, c’est qu’elle a un “problème” vis à vis de l’emploi (cf supra)
      4. Données non corrigées des variations saisonnières car, dès lors que l’on s’intéresse aux personnes physiques qui recherchent un emploi, il est absurde de procéder à je ne sais quelles “corrections” que ce soit : ces personnes sont en souffrance car elles recherchent un emploi et ont, dans la quasi-totalité des cas, de grandes difficultés à en trouver un qui leur convienne …
      C’est ainsi que je procède, chaque mois, depuis plusieurs années, sans jamais changer les bases afin de pouvoir disposer de séries et, du même coup, pouvoir constater les évolutions.
      Je crains, hélas!, que ce mois-ci je ne puisse parvenir à faire ce travail de suivi …
      J’ai désormais le choix entre deux données :
      1. Le total des catégories A, B, C en données brutes. Il me manque alors les deux catégories D et E … Ce sont précisément les deux catégories dont le volume a augmenté avec la mise en oeuvre des dispositifs-parking regroupés sous l’appellation “traitement social du chômage” : mesures diverses telles les emplois aidés ou les entrées en formation …
      2. Le total des cinq catégories A, B, C, D, E mais seulement “corrigées des variations saisonnières”, c’est dire des données qui, dans la période actuelle, sont mathématiquement minorantes du fait d’une saisonnalité que personne ne peut sérieusement contester.
      Aucune de ces données n’est satisfaisante car elles sont le résultat d’une manipulation à des fins de camouflage statistique … Quelle connerie : Elle s’y met aussi… Peut-être croit-elle que les gens vont être dupes? Passons! C’est tellement débile que cela me renforce dans ma décision de voter Le Pen aux prochaines élections … (et, dans un premier temps, agir pour parvenir à l’élimination pure et simple de Hollande ou de Valls de la prochaine compétition : il ne suffit pas de voter pour protester, il faut aussi assurer et se prémunir d’une nouvelle édition de la catastrophe!).
      Voici donc ce que j’ai pu trouver sur le site de la Darès …
      1. Données brutes Catégories A, B, C
      2014 : 5.588.600;
      2015 : 5.854.200
      soit, sur un an, une hausse de 4,8% …
      2. Données toutes catégories (mais corrigées, hélas!, des variations saisonnières)
      Novembre 2015 : 6.475.100;
      Décembre 2015 : 6.510.300 (six millions cinq cent dix mille trois cents …)
      soit une hausse de 35.200 en un mois …
      Autrement dit, la tendance se confirme : le nombre de personnes qui s’inscrivent à Pole Emploi chaque mois augmente d’au moins 1.000 par jour! Samedis et dimanches compris …”
      http://www.propositions-audacieuses.net/2016/01/chomage-les-donnees-brutes-ont-disparues.html

    • 2 Février 2016 à 10h05

      Alpin dit

      Au final une affaire devenue ultra-politique et très idéologique pour certain(e)s.
      Mais voici le contexte, l’arrière plan et le non-dit de toute l’affaire:

      “Atlantico : Depuis les viols massifs de la nuit du Nouvel an en Allemagne, de violents débats déchirent le milieu féministe : récemment dans les colonnes de Marianne, Elisabeth Badinter a accusé plusieurs figures de proue du féminisme français d’être dans le “déni” et de mettre “la priorité sur la dénonciation du racisme avant la protection des femmes”. Est-ce révélateur d’un réel clivage au sein du féminisme en France ?

      Isabelle Kersimon : Au sujet des viols en masse de Cologne et d’autres villes européennes, le clivage a été, je pense, encore plus fort que celui qui a opposé les féministes sur d’autres questions contemporaines qui enflamment le débat et déterminent véritablement la nature et le degré de considération que nos sociétés démocratiques accordent aux femmes, leur place politique dans le sens plein du terme – la prostitution, la PMA, la GPA. Le féminisme est né non pas avec Simone de Beauvoir au XXe siècle, mais pendant la Révolution française, avec Olympe de Gouges, mais aussi Anne Josèphe Théroigne Méricourt, au sujet de laquelle ce cher et misogyne Baudelaire a écrit le quatrain ci-dessous.

      Imaginez Diane en galant équipage,
      Parcourant les forêts ou battant les halliers,
      Cheveux et gorge au vent, s’enivrant de tapage,
      Superbe et défiant les meilleurs cavaliers !

      Avez-vous vu Théroigne, amante du carnage,
      Excitant à l’assaut un peuple sans souliers,
      La joue et œil en feu, jouant son personnage,
      Et montant, sabre au poing, les royaux escaliers ?

      Telle la Sisina !

      Mais la douce guerrière
      À l’âme charitable autant que meurtrière ;
      Son courage, affolé de poudre et de tambours,

      Devant les suppliants sait mettre bas les armes,
      Et son cœur, ravagé par la flamme, a toujours,
      Pour qui s’en montre digne, un réservoir de larmes.

      Comment se répartissent les différents courants du féminisme autour de ce clivage ?

      Il existe de nos jours deux grandes tendances : l’une est bourgeoise, contre toute apparence, et est représentée médiatiquement par Clémentine Autain et Caroline de Haas, par Osez le Féminisme et son silence coupable, par le signal pathétique des culottes ensanglantées épinglées sur les grilles de l’Assemblée nationale, tandis que tant de femmes subissent non seulement des jets d’acide, des répudiations, des excisions, des lapidations, des mariages forcés, des crimes d’honneur, aussi et chez nous des tabassages, des viols, des ostracisations. Franchement, pour toutes celles qui passent leur journée dans des “emplois” dégradants que partagent les hommes, pour toutes celles qui subissent le maelstrom d’élever seule un enfant avec 400 euros par mois, que signifie d’exiger de baisser la “taxe tampon” ? Mais cette “exigence politique” vaut aussi pour les hommes, et c’est ce que ne comprennent pas les féministes relativistes, dont le combat se résume à cela et à défendre ce que la gauche émancipatrice historique a toujours combattu : la coercition, la Réaction en tant qu’interdit à être émancipé, en l’occurence de nos jours, le soutien à des Tariq Ramadan et consorts, qui sont des intégristes d’extrême-droite très à l’aise avec notre extrême-droite traditionnelle, à un supposé “féminisme musulman”, au “voile islamique” au nom de la défense des “opprimé-e-s”. Bref, un féminisme multiculti directement importé des luttes racialistes des États-Unis et de leur dégénérescence en “Osez le clitoris” quand il faudrait “Oser le Liberté, l’Égalité, la Fraternité, la Laïcité en conséquence”. Or, l’histoire de France et celle des États-Unis, depuis Lafayette, sont strictement différentes.”

      http://www.atlantico.fr/decryptage/laicite-islam-cologne-fn-monde-feministes-en-pleine-ebullition-isabelle-kersimon-2569725.html

      • 2 Février 2016 à 12h52

        jcm dit

        Hormis quelques très grandes figures/pointures telles Elisabeth Badinter, ou d’autres femmes libres qui pensent juste , telle parmi d’autres….Marcella Iacub,…le féminisme contemporain n’est pour moi que le masque de la pensée puritaine qui a trouvé un fantastique idée avec la cause soit disant féministe.

        Ainsi donc , certains remarquent enfin que les femmes musulmanes sont battues, écrasées, et disons le complètement abruties dans la pensée sectaire pour celles qui “choisissent” mais que l’on n’en parle pas : on défend l’amalgame et rappeler la situation des femmes en islam c’est pas beau ! Sauf que le féminisme autoproclamé n’a qu’un but : la castration des mâles, et tant pis si les femmes n’y trouvent pas leur compte, de toutes façons le féminisme n’est pas aux mains des femmes, mais aux mains des puritaines et des puritains, qui ont les yeux de chimène pour l’islamisme bien entendu. Il n’y a pas de plan derrière le plan , on n’omet pas de critiquer la situation des femmes en islam, il y a connivence entre le féminisme lesbien radical et l’islamisme radical, le sexe n’est que la différence modale de la même pensée qui nie le plaisir et l’émancipation.

        Sainte jacqueline Sauvage ! lol ! J’apprends seulement aujourd’hui qu’elle a été condamnée à deux reprises par un jury populaire, trois balles dans le dos, ….il y a des amnisties qui donnent froid dans le dos.

      • 6 Février 2016 à 14h56

        C. Canse dit

        À Alpin

        N’oubliez pas l’infibulation.

        L’Éducation Nationale ne remplit plus son rôle de fédératrice à lire que de nombreuses jeunes filles sont attirées par le fanatisme musulman, en quête d’un “Prince Charmant” ? 

        Mme NVB devrait ouvrir les yeux. 

        • 6 Février 2016 à 14h58

          C. Canse dit

          Au moins, il semble qu’elle, Mme NVB, ait abandonné la théorie fumeuse du “genre”.

    • 2 Février 2016 à 9h44

      lodyC dit

      ce nouveau cirque médiatique démontre une fois de plus que les dirigeants sont élus et gouvernent au gré des sondages et décibels …

      inviter un DJ et les sœurs Sauvage (certes une erreur administrative pour ces dernières mais pas si improbable puisque ce dîner n’est que partie remise) pour le dîner d’Etat avec Castro …

      spectacle pitoyable …

      • 2 Février 2016 à 9h47

        steed59 dit

        qu’est-ce le pire ? inviter des particuliers qui n’ont fait de mal à personne ou le représentant d’une des pires dictatures de la planète ?

    • 1 Février 2016 à 22h57

      Fioretto dit

      En tout cas l’émission de C dans l’air était ce soir de très bonne qualité. Puis il y a eu à C à vous Eva Darlan et Bilger qui étaient la caricature du débat même.

      • 2 Février 2016 à 10h46

        Chaquehommeestuneile dit

        Darlan était insupportable, Bilger essayait de parler et se faisait apostropher toutes les 2 s par cette caricature de dame patronnesse.
        Il faut dire que le format de cette émission, et en général ceux de la TV, ne sont guère propice aux débats en profondeur, apaisé

      • 2 Février 2016 à 10h52

        Parseval dit

        Oh, mais la juge c’est la même que dans Instants d’audience de Depardond dont je t’avais mis un extrait. Incroyable comme elle a changé de tête, de voix et de contenance !

    • 1 Février 2016 à 21h53

      curnonsteen dit

      Madame Sauvage va bénéficier d’un aménagement de peine que le JAP dont elle dépend lui octroiera comme il le fait ou le fera pour bien d’autres condamnés. Elle sera libérée sous contrôle judiciaire. Elle ne recommencera pas sauf si elle rencontre un autre homme, brutal et suffisamment sur de lui pour lui tourner le dos.

    • 1 Février 2016 à 21h15

      Antimisandre dit

      L’affaire “Sauvage” est symptomatique de l’imposture permanente des pseudo-féministes à l’œuvre depuis des années dans ce pays, et surtout depuis leur entrée – aberrante à plus d’un titre – au gouvernement.

      Vautrées dans une victimite permanente masquant une misandrie qui ne dit pas son nom, ce ramassis de lesbiennes misandres qui ne représentent qu’elles-mêmes parvient à imposer l’idée qu’en France, les femmes seraient discriminées, victimes d’une prétendue “domination” masculine, n’envisageant les “rapports” hommes / femmes qu’à sens unique : femme forcément victiiiiiiiiiiiiiime / homme forcément coupable.

      La réalité est sensiblement différente (qu’un média s’intéresse un jour aux suicides après séparation, et l’on “découvrira” certains chiffres consciencieusement occultés), y compris d’ailleurs au cas présent. Il est douteux que les filles de la Sauvage aient “révélé” les prétendus viols qu’après l’assassinat commis par leur (forcément très sainte) mère, encore plus que, malgré le nombre incalculable de structures mises en place EXCLUSIVEMENT pour les femmes, pas une seule de ces trois personnes, dont deux (les filles) ne peuvent être victimes d’emprise, n’ait envisagé une autre solution que de fournir un grotesque prétexte à ce qui, en droit, est, et doit rester un assassinat.

      Nul doute que, l’objection stérilisante étant de rigueur lorsque des voix n’entonnent pas ad nauseam l’émétique hymne médiatique, je passerai pour misogyne, sans doute également violent, pédophile, incestueux, alcoolique, manipulateur, pervers narcissique, harceleur… Considéré sous cet angle, c’est un immense honneur. Je m’en flatte, et j’entends le rester. Je dis bien “considéré sous cet angle” : amputer mon propos de ces quatre mots, ce que ne manqueront pas de faire les imposteurs professionnels, reviendra à le prostituer, “pratique” habituelle de qui ne supporte pas d’entendre un seul couplet dans un air qu’ils croient connaître parce qu’ils en martèlent sans arrêt le refrain.

      • 1 Février 2016 à 22h47

        minguette dit

        Je ne suis pas une lesbienne misandre qui ne représente qu’elle-même et parvient à imposer l’idée qu’en France, les femmes seraient discriminées, victimes d’une prétendue “domination” masculine, n’envisageant les “rapports” hommes / femmes qu’à sens unique : femme forcément victiiiiiiiiiiiiiime / homme forcément coupable.

        Je suis un homme très homme, marié à une femme très femme, nous avons trois enfants très enfants et je suis un féministe, je ne sais quel mot employer qui n’encourrait pas immédiatement vos glapissements furibonds.
        Je ne me sens en aucune façon victime des femmes, ni de la mienne ni d’aucune. J’aime beaucoup les femmes et elles me le rendent assez bien, ce sont mes amies. Bref, les femmes et moi nous ne sommes pas en guerre, elles veulent être nos égaux et je ne vois pas en quoi je pourrais le leur refuser. En général, elles aiment assez se reproduire avec nous, je n’ai jamais eu de problème vu sous cet angle, c’est peut être la raison pour laquelle nous nous entendons très bien.
        Je ne connais pas bien le cas Sauvage, la justice est passée, je fais confiance à la justice de mon pays.
        Votre haine est assez stérile, je ne suis pas psychologue, mais elle traduit une vraie souffrance, vous devriez peut être consulter.
        L’article a ouvert pas mal de vannes assez crades, à la place de son auteur je me poserais des questions.

        • 2 Février 2016 à 1h45

          Martini Henry dit

          Elles veulent surtout être nos égales, non? Nos égaux… Vieux macho, va.

        • 2 Février 2016 à 1h48

          Martini Henry dit

          “En général, elles aiment assez se reproduire avec nous, je n’ai jamais eu de problème vu sous cet angle, c’est peut être la raison pour laquelle nous nous entendons très bien.”
          Eh bien, réduire la relation homme/femme à la reproduction, voilà bien une conception de salaud phallocrate et misogyne. Alors comme ça, on érige son petit pénis en totem, Minguette?
          Enfin, nobody’s perfect…

        • 2 Février 2016 à 9h45

          Flo dit

          Martini Henry, même remise en bon français, je trouve que la phrase de Minguette est tout bonnement infecte :-D

          A mon avis Minguette, c’est nadia qui joue à l’homme et c’est un peu raté tellement c’est caricatural.

        • 2 Février 2016 à 11h00

          Chaquehommeestuneile dit

          Le cas Sauvage et bien d’autres lutte pseudo féministe comme le massacre de la langue Française, genrer les noms des professions, zone sans relou, macholand site de délation qui ne dit pas son nom etcetc montre que certaines féministes ne veulent pas être l’égal des hommes.
          C ça qui est terrible, d’un côté on invoque l’égalité et la non distinction de traitement selon son sexe, et de l’autre au moindre pépin, ou pour avoir des discriminations positive on ressort son sexe pour justifier, expliquer, excuser une supposé discrimination, un actes ignoble. Et on entend que ça, égalité puis après je suis une femme, victoire pour les femmes battus…. Et les hommes, enfants, handicapés, individus battus on s’en tape parce qu’ils n’ont pas le bon chromosome ou ne rentre pas dans la case qu’on tente de nous imposer?!

          Le festival d’angoulême et plus loin le jury des oscars sont des parfaits exemple des dérives communautariste où on ne prend plus en compte les oeuvres, les raisons sociales remplacés par le sociétales. Il faut avoir la minorité supposé, ce n’est pas parce qu’en nbs on est moins nbs qu’on est une minorité, obligatoirement partout…. Il y a quelque chose d’insultant à tout renvoyer au sexe, origine des individus pour leur filer du taf.
          Comme si un smicard homo, hétéro, femme, homme, transgenre ne subissait pas la même discrimination

        • 2 Février 2016 à 23h50

          minguette dit

          C’est ridicule. Vous n’avez rien compris, ni l’un, ni l’autre.
          Vous voyez des combats entre hommes et hommes là où il n’y en a pas. Nous nous entendons tous très bien quand on ne vient pas y greffer je ne sais quelle frustration de pauvre petit mec sans défense. C’est votre cas Martini ?
          Quant à Flo, c’est une guerrière et j’adore ça ;))