Marche pour la vie (Washington, janvier 2016). Sipa. Numéro de reportage : SIPAUSA31377847_000059

Derrière un stand, deux femmes souriantes nous tendent une panière remplie de petits fœtus en plâtre du meilleur goût. « C’est gratuit, servez-vous. » Nous ne sommes pas dans un roman d’Aldous Huxley, mais dans le sous-sol de l’hôtel Renaissance, où se tiennent les quartiers généraux de la March for life, dont la 43e édition a lieu ce vendredi 22 janvier à Washington. Les antennes ont beau se relayer pour annoncer la tempête de neige du siècle, rien ne semble pouvoir entamer l’enthousiasme général. Entre le café et les croissants du matin, les conférences s’enchaînent, mise en scène et rhétorique impeccables. Et lorsque les intervenants marquent une courte pause, chacun est invité à flâner entre les dizaines de stands qui parcourent l’immense sous-sol du bâtiment, tenus par des associations qui ont fait de l’avortement leur cheval de bataille. Une jeune femme, tatouages partout sur les bras et cheveux multicolores, n’hésite pas à aborder le chaland à la manière des commerçants du souk. L’avortement ? Elle reconnaît n’en avoir eu que faire jusqu’à ce que, persuadée d’être enceinte alors qu’elle avait à peine 16 ans, son compagnon de l’époque menace de la tuer si elle ne se soumettait pas à une IVG. « À ce moment-là, il y a quelque chose en moi qui s’est passé. Je ne pouvais pas accepter le fait de répondre à une violence par une autre violence. J’ai intériorisé l’idée. Il devenait évident que j’étais pro-life. »

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