L’Italie doit sortir de l’euro | Causeur

L’Italie doit sortir de l’euro

Il y a urgence si elle veut sauver son économie

Auteur

Jean-Luc Gréau

Jean-Luc Gréau
Economiste français

Publié le 29 décembre 2016 / Économie

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La banque Monte dei Paschi à Sienne, décembre 2016. SIPA. 00785620_000014

Le rejet de la réforme proposée par référendum, le 4 décembre dernier, a sanctionné par-dessus tout la politique d’ajustement économique et social de Matteo Renzi commandée par l’appartenance à l’euro. Au fond, le bon peuple italien partage intuitivement notre analyse : le pays ne peut rétablir sa situation économique par les réformes dites de structure. Le pari stupide et suicidaire de maintien dans la monnaie unique est d’ores et déjà perdu.

L’échec dans les urnes est intervenu au pire moment. Le gouvernement de transition installé après la démission de Matteo Renzi doit affronter la faillite non déclarée du système bancaire. C’est un gouvernement sans légitimité qui doit traiter cette faillite sous le regard sourcilleux de la chancellerie de Berlin qui a pris le pouvoir en Europe à la faveur de la crise de l’euro. Sa responsabilité excède les frontières de l’Italie : un sauvetage réussi écarterait la menace d’une nouvelle crise de la zone euro, sous-jacente à la crise bancaire. Un échec remettrait en cause l’expérience de l’euro. Il pourrait aussi, compte tenu de l’importance économique de l’Italie, troisième économie de la zone euro, déclencher un séisme comparable à celui issu de la faillite de Lehman Brothers et de maintes autres banques des deux côtés de l’Atlantique. D’aucuns pensent que la banque de Sienne, Monte dei Paschi, qui est dans l’œil du cyclone, pourrait entrer dans l’Histoire, au même titre que Lehman Brothers.

Peut-on sauver les  banques italiennes ?

Rappelons les données de la faillite bancaire : 360 milliards de prêts non performants, dont 200 jugés très fragiles, consistant principalement en prêts aux petites et moyennes entreprises. Les prêts non performants sont évalués à 16% du total : l’Italie vient après la Grèce (47%) qui survit grâce à une perfusion constante de l’Europe, mais avant l’Espagne (6%) dont les banques ont été cependant sauvées au prix de 60 milliards d’injections de fonds publics espagnols et européens. Huit banques sont concernées, dont la célèbre Monte dei Paschi déjà citée1, placée au troisième rang des banques italiennes par l’importance de son activité. Au lendemain du référendum du 4 décembre, sa nationalisation était à l’ordre du jour.

Mais pourquoi ne pourrait-on faire avec l’Italie ce qu’on a fait avec l’Espagne ? Il suffirait, selon les comptables spécialisés, de 70 ou 80 milliards d’euros de fonds publics. Deux obstacles s’y opposent formellement.

Un obstacle financier d’abord : l’Italie affiche aussi la deuxième dette publique européenne, soit 133% du PIB, après la Grèce proche de 200% ! Un sauvetage conséquent entraînerait une nouvelle dérive d’une dette publique que d’énormes efforts d’austérité n’ont pas permis de réduire, faute de croissance économique.

Mais il existe aussi un obstacle politique : la zone euro est soumise depuis le 1er janvier 2016 aux nouvelles règles de l’union bancaire. Règles qui comportent une innovation ravageuse : les fonds publics ne pourront être injectés que si, auparavant, des pertes sont imputées sur les créanciers des banques qu’on veut secourir, conformément à une règle imposée par Berlin. Or, qu’appelle-t-on créanciers ? Les autres banques qui leur ont prêté, mais aussi et surtout leurs clients qui ont souscrit des emprunts en leur faveur ! Ils sont des millions d’Italiens à avoir accordé leur confiance à leurs banquiers dans le cadre d’une politique d’épargne qui est une spécificité de la péninsule en Europe. En Italie, pays à faible fécondité, les revenus de l’épargne apparaissent comme un complément nécessaire de la future pension de retraite. Dès lors, quel gouvernement osera imposer des pertes substantielles à la masse de la clientèle bancaire ?

Le Fonds européen de Stabilité qui a permis le maintien dans l’euro de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal, de l’Espagne et de Chypre, pourrait constituer un ultime recours. Il faudrait cependant le consentement des autorités européennes placées sous l’étroite surveillance de Berlin. Or, l’opinion publique allemande ne veut plus que leur économie sauve les voisins en faillite. Dès lors, le sauvetage des banques apparaît problématique du double point de vue financier et politique.

Le chemin de croix de l’Italie

Les élites économiques, politiques et médiatiques italiennes ressemblent aux nôtres. Elles ont joué les Matamore de la mondialisation heureuse, jusqu’au moment de la montée en puissance de la Chine à partir de son entrée dans l’OMC en 2001. Mais l’économie italienne, encore plus centrée que la nôtre sur des fabrications à forte intensité de main-d’œuvre, n’a pas résisté aux assauts de concurrents moins chers en Asie, voire dans certains pays méditerranéens.

L’euro a joué un double rôle aggravant : en empêchant à la fois la dévaluation vis-à-vis des concurrents du grand large et vis-à-vis de l’Allemagne. Il est la croix que l’Italie a portée sur ses épaules tout au long du calvaire qui a commencé en 1999. La production par tête italienne est retombée à son niveau de 1997. Pendant ce temps, l’Italie a accumulé, comme les Etats du sud de l’Europe et la France, des déficits vis—à-vis de l’Allemagne qui atteignent un total de 359 milliards d’euros tandis que l’Allemagne est à la tête de 754 milliards d’euros de créances sur l’ensemble de ses partenaires de la zone ! Tout un chacun le comprendra spontanément, notre voisine n’a qu’une alternative : ou bien porter la croix jusqu’à la crucifixion finale, sous le regard des légionnaires merkéliens, ou la rejeter.

Un réveillon sans champagne

A la veille de basculer vers 2017, c’est le sort instantané de la banque Monte dei Paschi qui importe le plus. La BCE vient de tirer le signal d’alerte sur « la brutale détérioration de la position de liquidité » de la banque de Sienne. Le « trou » dans les comptes excède largement celui qui était annoncé par les dirigeants, les retraits des déposants totalisent 20 milliards d’euros depuis le 1er janvier, dont 2 milliards depuis le 1er décembre. Des décisions urgentes s’imposent.

Une chose est sûre : les dirigeants italiens ne sableront pas le champagne le soir de la Saint Sylvestre.

  1. Créée en 1472, elle serait la plus ancienne banque du monde moderne.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 31 Décembre 2016 à 5h00

      Hannibal-lecteur dit

      En voilà une affirmation péremptoire : “ le pays ne peut rétablir sa situation économique par les réformes dites de structure “. …alors que c’est le seul moyen réel et efficace, tous les autres n’étant que des soins palliatifs, dévaluation etc. momentanés et provisoires, ne modifiant pas les vices profonds , le vice profond : la dette.
      Gréau a l’art de camoufler : le problème serait soit l’euro soit les allemands quand il ne relève que de la mauvaise gestion, la tentation de la dette , mortifère.
      Dans cette attitude Gréau fait preuve d’une malhonnêteté considérable: il veut persuader que la saine gestion, la vertu comptable des fourmis sont les causes des malheurs des cigales imprévoyantes. La Fontaine , des mêmes circonstances, tirait les conclusions contraires. Gréau a du chemin à faire pour arriver à ce niveau de compréhension. 
      Encore un économiste qui s’emploie à faire mépriser sa profession déjà largement critiquée….
      C’est le traitement de la dette et EN EUROS qu’il faut gérer, tout le reste n’est qu’acrobaties, gesticulations et …cautère sur jambe de bois. Rien d’impossible : juste une volonté politique.
      Gréau zéro. 

      • 31 Décembre 2016 à 5h03

        durru dit

        Son précédent article était au même niveau, du coup j’ai lu celui-ci en diagonale, j’ai préféré lire plus attentivement les commentaires en dessous. Je reste convaincu d’avoir fait le bon choix.

      • 31 Décembre 2016 à 8h39

        IMHO dit

        Cette dette publique n’est que du déficit commercial .
        L’Etat a dispensé les Français de payer le prix coûtant des services de l’Etat, parce que les Français n’avaient plus de quoi le faire, ayant dépensé une partie de leur revenu en achats de biens et services en provenance du reste du monde, et il, l’Etat, a en fait emprunté aux fournisseurs de ces biens et services les sommes qu’il avaient reçus en payement.
        La faute de l’Etat est d’avoir laissé trop de pouvoir d’achats aux Français, d’où les marinas, les voyages, le superflu de tous le jours, des classes moyennes aisées .
        Donc il faut tailler plus dans le train de vie de ces gens, ou générer au moins un tiers de valeur ajoutée en plus dans l’industrie – signalons que par habitant elle diminue depuis quinze ans, malgré le soutien fourni par l’euro .

        • 31 Décembre 2016 à 11h00

          durru dit

          Bien sûr, Bill, bien sûr. Ne se préoccuper absolument pas des protégés du système, ceux qui ne connaissent pas les risques du chômage (et je ne parle pas seulement de fonctionnaires ici, mais tout aussi bien de métiers réglementés, notaires par exemple), ceux qui sont aidés peu importe leur participation à l’effort collectif, etc, sans oublier les politiques, qui dépensent à tout va l’argent des autres (ce que vous étiez à deux doigts de comprendre).
          Taper encore et toujours sur ceux qui produisent quelque chose, comme un bon communiste qui se respecte.

    • 30 Décembre 2016 à 20h23

      Charles Lefranc dit

      Le Fonds Européen de Stabilité devra mettre la main dans sa poche, Draghi appuiera sur le bouton pour augmenter le bilan de la BCE de 100/150 mds , les bilans des banques italiennes sera nettoyé par cette liquidité qui servira a ” acheter ” les mauvaises créances , et puis c’ est tout. Mais le mecanisme déjà rodé avec la Gréce , Chypre , l’ Espagne, aura aussi un coût politique pour Merkel. Elle risque fort de perdre sa coalition, et cela seul sera la fin de l’ euro. Et conduirait la France dans une situation d’ isolement monétaire et politique. Il faut acheter du GBP et de l’ or papier et avec la plus-value thésauriser quelques piécettes d’ or physique.

    • 30 Décembre 2016 à 19h07

      Terminator dit

      Pas du tout ! C’est l’Euro qui doit sortir de l’Italie, de la France, de la Grèce, de l’Espagne… en bref, de l’Europe du Sud si ce n’est de l’Europe tout entière.

    • 30 Décembre 2016 à 17h07

      jean51 dit

      Prétendre faire de grosses économies en rabotant les “grosses” (à quel seuil ?) pensions sont des plaisantins: le gros des pensions est composé de retraites petites et moyennes.Il suffit de prendre en compte le régime AGIRC où se nichent les grosses retraites du privé: ce régime représente 25 milliards d’allocation soit 8% du total des retraites contre 38% pour la retraite de base de la SC et 16% pour l’ARCCO, régime complémentaire limité  au plafond SC.
      Par ailleurs, comment imaginer que les cadres du privé et leurs employeurs acceptent de cotiser pour un régime qui ne verserait plus que des compléments de retraite ridicules voir nuls. 

      • 30 Décembre 2016 à 18h04

        golvan dit

        @ jean51 à 17h07
        Les cadres du privé feraient comme les travailleurs indépendants qui sont obligés de cotiser au RSI, ils obéiraient!…
        Que ça leur plaise ou non.

        • 30 Décembre 2016 à 18h07

          steed59 dit

          et dire que nous sommes menacés par l’ultra-libéralisme …

        • 30 Décembre 2016 à 18h35

          golvan dit

          @ steed59
          Je crois que vous ne m’avez pas compris. Je signale seulement que l’on n’a pas forcément le choix, et même si l’on affaire à un scandale ambulant comme le RSI, on obéit et c’est tout, et c’est mon cas!
          Et si l’on n’est pas d’accord, on est saisi, voilà tout.

        • 30 Décembre 2016 à 23h37

          ZOBOFISC dit

          huit années de cotisation au RSI au titre de gérant de SARL : 34 € de retraite complémentaire !

          Ce système que le MOOOONDE ENTIER nous envie ! 

        • 31 Décembre 2016 à 4h47

          durru dit

          Mon cher Golvan, il me semble que le concept de désobéissance civique commence à faire son chemin. Il faut parfois écouter Radio Erevan, il y a, il paraît, des information étonnantes qui y sont véhiculées…
          Il paraît même qu’il y en a qui ont voté pour le Brexit, ou pour Trump, ou même contre le très beau Renzi, pour essayer de changer certaines choses. Des choses incroyables sont en train de se passer, à en croire certains…

    • 30 Décembre 2016 à 12h34

      alleluïa dit

      À Agatha,
      Vous devriez effectivement cesser de lire mes commentaires (d’ailleurs peu pertinents) car vous n’y comprenez rien. 
      J’écris que l’énorme masse des retraites pèsent sur tous les actifs et les jeunes. Est-ce faux ? Non que je sache, bien que quasiment tous les retraités emploient la formule “j’ai cotisé pour ma retraite” ce qui est totalement faux.
      Relisez donc MUYS (qui semble s’y connaître). Nous vivons de plus en plus vieux, et de plus, ceux qui vivent de plus en plus vieux sont ceux qui ont les retraites les plus élevées (ceux qui sont en meilleure santé sont les ex-travailleurs non manuels).
      Je n’écris nullement qu’il faut baisser toutes les retraites mais: 1- qu’il faut aligner les retraites des “fonctionnaires” sur les autres. 2- qu’il faut plafonner les retraites car nous ne pouvons plus taxer les salaires des actifs à leur détriment et aux détriment de la compétitivité de nos entreprises. Ceux qui ont eu durant leur vie active les salaires les plus élevées ont économisé bien plus que les autres et ont de nombreux compléments à leurs retraites qui sont en outre les plus élevées: propriétaire de leur bien immobilier, d’autres biens, d’actions etc…. Donc il est impératif de plafonner les retraites; mais de ne pas diminuer celles qui sont basses.
      Vous comprenez: on écrème par le haut, pas par le bas.
      Ne croyez pas d’ailleurs que je pense cela par gaité de coeur, ou par idéologie. Non: tout simplement par nécessité. Deux mille deux cents milliards de déficits divers: cela vous interpelle ou non ? Ou bien faites vous comme la gauche unanime sur ce point: on s’en fout !
      Tirons un trait dessus tout simplement.
      Il y a nécessité absolue de réformer. Il faut le faire, il n’y a aucune autre solution, aucune autre solution que de diminuer les dépenses. Il faut cesser de dépenser l’argent qu’on n’a pas et que l’on ne gagnera pas non plus.

      • 30 Décembre 2016 à 17h24

        renéVar dit

        ” “j’ai cotisé pour ma retraite” ce qui est totalement faux.” Ah bon ?
        “on écrème par le haut, pas par le bas.” Bon ça c’est pas nouveau : cela s’appelle le communisme, et ça n’a jamais marché…

        • 31 Décembre 2016 à 4h50

          durru dit

          ” “j’ai cotisé pour ma retraite” ce qui est totalement faux.” Ah bon ?
          Oui, monsieur. Vous avez cotisé pour ceux qui étaient à la retraite à ce moment-là. Cela s’appelle une pyramide de Ponzi.

      • 31 Décembre 2016 à 8h55

        agatha dit

        Pas de souci, allelluïa, on finira par se comprendre !

    • 29 Décembre 2016 à 22h20

      Cyber dit

      C’est clair pour l’Italie. Or quand le F. N. dit sensiblement pareil pour la France, c’est le scandale! Qui dit vrai ? 

      • 29 Décembre 2016 à 23h06

        i-diogene dit

        … Les deux sont dans l’ erreur..!^^

    • 29 Décembre 2016 à 22h19

      guasilas dit

      L’euro a un défaut structurel qui crée une défaut psychologique:
      Au fond, c’est le mark. Ça fait donc des taux d’intérêts et des taux de change qui sont faux pour tout le monde sauf les allemands.
      Mais, c’est le mark. Ça a permis  à tous les pays d’emprunter à 3%  au lieu de 5, 8 ou 12% comme précédemment. Cet avantage aurait pu être utilisé pour rétablir les finances d’a peu près tous les pays européens, France, Italie et Grèce compris. Alternativement, ça permet aux politiciens de dépenser deux ou trois fois plus pour leur clientèle, et tout va bien tant que tout va bien.
         l’euro a donné aux politiciens les moyens de leur malhonnêteté, ils ont evidemment choisi cette option.

    • 29 Décembre 2016 à 20h45

      LAUENEN49 dit

      L’Italie a des citoyens qui méritent être aidés et sauvés, la France, non!
       

    • 29 Décembre 2016 à 18h20

      golvan dit

      Rappelons que l’Allemagne vertueuse qui a su faire les efforts et patati et patata, réalise l’essentiel de son commerce bénéficiaire au sein de l’UE.
      Elle ne fait absolument pas mieux que les autres (les feignants pas allemands) face à la Chine et aux pays asiatiques, avec lesquels le déficit commercial allemand est tout aussi terrifiant que pour tout le monde, tout simplement parce qu’il est impossible de rivaliser face à un tel dumping associé à une monnaie volontairement maintenue sous son cours réel, vertu ou pas vertu.
      L’Allemagne a donc absolument besoin de l’euro pour continuer à écouler sa production en UE, même si l’Europe de l’est ajoute encore à son fameux espace vital.
      Si l’euro disparaît, on se demande qui achètera les belles voitures allemandes vendues en marks et toute la production industrielle ou agricole.
      Mais ces remarques ne sont pas destinées à dispenser la France de se réformer.

      • 29 Décembre 2016 à 19h06

        Jacques des Ecrins dit

        Rebond de balle maitrisé.

        Et relance bien ajustée.

      • 29 Décembre 2016 à 21h03

        i-diogene dit

        Golvan, t’es complètement fou..!^^

        Les voitures allemandes sont vendues partout dans le monde, sur les 5 continents:

        - Mercédes, Porsche, Audi et même Volkswagen..
        - La chimie aussi: PVC, amoniac, détergents,
        - la technologie aussi: machines-outils, outillage électrique et à main, optique, appareils photos, etc..

        T’iras chercher une bagnole française en Asie… Tu peux chercher longtemps..!^^

        T’es complêtement gavé de ta propagande FN au point de nier les réalités..!^^

        • 31 Décembre 2016 à 2h53

          Warboi dit

          Oui mais ce rêve éveillé lui permet de survivre… Médiocrement mais de survivre…

      • 31 Décembre 2016 à 5h00

        durru dit

        Au lieu de faire des affirmations péremptoires, il vaut mieux chercher des données du monde réel. Qui disent que l’Allemagne est le seul pays de l’UE à avoir un excédent commercial avec la Chine en 2015, avec la Finlande.
        Cette remarque non plus ne dispense la France de se réformer.

    • 29 Décembre 2016 à 17h11

      Vtc dit

      Si l’on prend comme indicateur le taux de chômage de l’Italie:
      1) il est supérieur à celui de l’Allemagne de 1991 à 1998 (donc avant l’Euro)
      2) il est inférieur à celui de l’Allemagne de 1999 à 2009
      3) il est supérieur à celui de l’Allemagne à partir de 2010, en s’accroissant régulièrement jusqu’à un palier en 2013.
      Donc l’Italie allait moins bien du temps de la Lire, puis mieux pendant 10 ans avec l’Euro.
      Caramba, ça colle pas du tout avec la thèse de Jean-Luc Gréau sur l’horrible Euro et les méchants allemands !
      Il se trouve que les allemands ont fait les réformes nécessaires, forcément douloureuses pendant quelque temps (ça s’appelle la rigueur, même si c’est un gros mot en France qui ne l’a jamais appliquée), avec des résultats en décalage par rapport à leur mise en oeuvre.
      C’est ce qu’à fait l’Italie, plus tard, donc on commence seulement à voir les effets.
      Et c’est que va (peut être) commencer à faire la France à partir des élections de 2017.

      • 29 Décembre 2016 à 20h58

        steed59 dit

        les taux de chômage dépendent de situation démographique qui varient d’une époque à une autre. Le nombre d’actifs/pop. chute constamment en Italie à cause de sa démographie transitoire, donc un taux de chômage “faible” ne veut pas dire grand-chose. Dans l’absolu ce pays devrait connaitre le plein-emploi

        • 29 Décembre 2016 à 21h11

          i-diogene dit

          Steed,

          Il n’ empêche que l’ Italie est moins contraignante que la France sur la législation du travail..

          En Italie, comme en UK et en Allemagne, il y a toujours moyen de trouver un job..

          Le chômage, en France, est artificiellement gonflé par les chômeurs volontaires qui se contentent des indemnités trop généreuses et en profitent pour bricoler au noir, pour s’ assurer un meilleurs train de vie..!^^

        • 29 Décembre 2016 à 21h49

          steed59 dit

          vous vous êtes converti à Macron vous ? Vous êtes combien dans votre tête ?

        • 29 Décembre 2016 à 22h23

          i-diogene dit

          Pourquoi..? Macron penserait comme moi..?

          Bin, c’ est quelqu’ un de réaliste, alors..!^^

        • 31 Décembre 2016 à 2h55

          Warboi dit

          C’est quelqu’un de réaliste… ce que n’est pas Steed…..

        • 31 Décembre 2016 à 5h13

          durru dit

          Tout d’abord, je doute fort que Macron pense quoi que ce soit. Il n’y a pas la moindre trace de programme structuré et chiffré dans ses sorties médiatiques, livres et autres déclarations.
          On oublie un peu vite qu’il est un des principaux artisans de la politique économique des premières quatre années du mandat Hollande, dont le magnifique CICE, censé booster la productivité des entreprises et qui a eu comme premier bénéficiaire, tenez-vous bien, La Poste, l’entreprise la plus innovante et productive qui soit. C’est sûr qu’avec un tel bilan, on est de suite tentés de lui faire confiance.
          Par contre, ce que dit Diogène n’est pas faux, loin de là.
          Par ailleurs, Steed, l’Italie compte, outre un nombre tout à fait impressionnant de migrants arrivés principalement ces deux dernières années, que ses partenaires ne se pressent nullement de récupérer, un nombre encore plus important d’immigrants intra-européens, pour la plupart actifs. Ce qui fausse aussi bien la situation démographique que le chômage.

    • 29 Décembre 2016 à 15h36

      Impat1 dit

      Ce genre d’article, et certains commentaires, font penser à une petite cabale de mauvais collégiens en cours de récré. Ils voudraient supprimer le système de notes, afin d’effacer les différences entre bons et mauvais élèves. Mais qu’ils se rassurent : avec un peu d’efforts les mauvais peuvent devenir bons, même sans changer le système de notation reconnu partout ailleurs.

      • 29 Décembre 2016 à 17h07

        Jacques des Ecrins dit

        “(…)le système de notation reconnu partout ailleurs.”

        Un poil vérolé, tout de même, le système de notation reconnu etc…

    • 29 Décembre 2016 à 14h32

      munstead dit

      Ce qui est clair dans cet article, en dehors du fait qu’il soit l’application à l’Italie des thèses classiques des nationalistes, des dits souverainistes ou extrémistes de droite de tout poil, sont les remugles anti-allemands d’un autre temps: “les légionnaires merkeliens”, “le regard sourcilleux de la chancellerie de Berlin”, etc. Un économiste ne devrait-il pas s’éviter ce genre de qualificatifs, on dirait du Sapir.

      • 29 Décembre 2016 à 21h13

        i-diogene dit

        CQFD…!^^

      • 31 Décembre 2016 à 4h33

        Hannibal-lecteur dit

        Du Sapir, c’est ça, et pire …y a pas.

    • 29 Décembre 2016 à 12h47

      alleluïa dit

      Des articles comme celui-ci, sur 2/3 pages, sont malheureusement excessivement alarmistes, et réduisent, en deux/trois phrases, des problèmes fort complexes.
      Du coup la solution parait évidente: voici les faits (mais en réalité il en manque des milliers). Donc voici les solutions: 2 ou 3 et encore, alors qu’ils y en a de nombreuses à appliquer.
      Permettez-moi de corriger certaines absurdités de cet article:
      - “les revenus de l’épargne apparaissent indispensables à la future retraite”: eh bien non c’est faux. Pour certains (et certains seulement) ils sont un complément, parfois conséquent, mais il est faux de le qualifier d’indispensable.
      - puis: “qui osera imposer des pertes substantielles à la masse de la clientèle bancaire”: eh bien là aussi c’est largement excessif, donc faux. Car les pertes à “imposer” peuvent être assez faibles; et pourquoi l’imposer à la “masse”. Là également c’est excessif donc faux.
      Quand à dire que les Allemands gouvernent l’Europe cela devient lassant et franchement en outre grotesque. Autant affirmer que ceux qui appliquent des pratiques saines nuisent aux malades et risquent même de les tuer.
      Quant à l’expression “les légionnaires merkéliens”, c’est pourquoi ne pas le dire, d’un crétinisme absolu.
      Il est tout de même extraordinaire que les Grecs distribuent des retraites avec de l’argent qu’ils n’ont pas, non ? Et en Italie cela devient pareil. Et en France bientôt aussi, où les retraites sont bien trop élevées (et pèsent donc fortement sur les charges sociales) au détriment des jeunes et des classes d’âge qui côtisent. 

      • 29 Décembre 2016 à 13h57

        agatha dit

        ” les retraites sont bien trop élevées…” : là, il fallait oser. C’est vrai, qu’une terrible envie de rogner les retraites de certains fonctionnaires démange la plupart des politiques. Il y a encore des gens à tondre. Qu’ils commencent par eux-mêmes.
        Je ne sais pas pourquoi je perds parfois mon temps à vous lire.

        • 29 Décembre 2016 à 16h54

          Muys dit

          @ agatha
          Sans défendre la position d’alleluïa, permettez-moi tout de même d’apporter de l’eau à son moulin sur la situation des retraites en France :

          Lorsqu’en 1945, nous avons choisi pour financer les retraites le système par répartition par opposition au système par capitalisation, nous avons fait le choix de la facilité ; en effet, l’équilibre économique d’un tel système repose sur deux conditions :
          - un nombre d’actifs très supérieur au nombre de retraités
          - un faible taux de chômage

          Ces deux conditions ont été réunies pendant les trente glorieuses. Il faut rappeler qu’à l’époque, l’âge de la retraite était de 65 ans ; par ailleurs, l’effet combiné des conflits et d’une espérance de vie beaucoup moins longue qu’aujourd’hui (moins de 65 ans pour les hommes, moins de 70 ans pour les femmes), faisait que le nombre de retraités était faible et leurs années à la retraite assez courtes.

          A partir des années 80, plusieurs phénomènes sont venus enrayer ce dispositif : fin du baby boom, retraite à 60 ans (sans compter les pré-retraites à 55, voire 52 ans), allongement de la durée de la vie, explosion du chomage…

          Résultat, le déséquilibre ne cesse de s’accroitre. En 2000, l’INSEE avait publié une étude montrant qu’un actif prenant sa retraite cette année là avait cotisé l’équivalent de 3,5 années de retraite et vivrait en moyenne 7 ans pour un salarié du secteur privé, les chiffres étant de 1,5 année de cotisation et 15 ans de retraite pour un salarié de la fonction publique.

          Depuis cette date, malgré l’allongement de la durée de cotisation, le déséquilibre s’est encore accru. Au point que
          notre système de retraite fera faillite en… 2022.

          Lorsqu’il y a un déséquilibre entre recettes et dépenses, soit on augmente les recettes (mais comment demander aux actifs de financer encore plus les retraites, alors qu’on approche du ratio 1 actif pour 1 retraité ?), soit on diminue les dépenses.
          A moins de mettre enfin en place cette foutue tva sociale …

        • 29 Décembre 2016 à 17h25

          agatha dit

          Muys, c’est vrai, le problème a déjà été identifié et décrit, et vous le rappelez très bien. Mais la formulation d’alleluïa est tendancieuse et un peu ridicule ( des “retraites trop élevées”). Il oppose des classes d’âge souvent solidaires au sein des familles et il assimile la diminution souhaitable des retraites à la fin d’une injustice ! Difficile de faire plus maladroit. Pour moi, les graves injustices ne sont pas là. Sans compter que les retraités “privilégiés” d’aujourd’hui sont les enfants pas du tout gâtés des années 40/50.

        • 29 Décembre 2016 à 17h57

          Muys dit

          Je vous rejoins sur la maladresse. Dire à des retraités que leur pension déjà faible est trop élevée est difficilement audible.

          Mais comment qualifier alors le fait de dire aux cotisants d’aujourd’hui, qui pourtant supportent un taux de cotisation sans comparaison avec ce qu’ont supporté leurs aînés, qu’ils n’auront quasiment rien à la retraite ? Insupportable ? Intolérable ?

          Cela étant dit, peu importe les mots. La seule question qui vaut est : comment s’en sortir ?

          Et c’est là qu’intervient la tva sociale qui fait reposer le financement des systèmes de protection sociale (chomage, maladie, vieillesse) sur la consommation et non sur le travail.

          Non seulement tous les consommateurs participent, ce qui grosso modo double l’assiette des cotisants puisque l’on a en France un peu moins d’un actif pour un inactif. Mais d’autre part, comme environ 50% des biens consommés en France ne sont pas produits en France et donc ne contribuent pas lors de leur production au financement de notre système de protection sociale, ce changement permettrait de également de doubler l’assiette de consommation (je ne sais pas si ce que j’écris est compréhensible).

          Un tel système aurait pour principal mérite de réduire les coûts de production en France, donc de faire revenir des emplois dans notre pays, donc de réduire le chômage et au bout du compte, de permettre d’allouer plus de ressources au financement des retraites. C’est ce que le Danemark a fait dans les années 90, passant d’un taux de chômage supérieur à 10% à environ 2% aujourd’hui…

    • 29 Décembre 2016 à 11h53

      steed59 dit

      excellent, comme d’habitude. Je me demande si Renzi ne s’est pas auto-torpillé avec son référendum dont il était sûr qu’il serait dirigé contre lui afin de ne pas avoir à gérer cette énorme faillite.
      Ceci dit je confiant dans la capacité des italiens à rebondir après la faillite à venir de leur Etat, ce peuple ayant l’habitude dans son histoire moderne de construire en opposition à ses structures étatiques (on se demande souvent d’où vient la Mafia). Je ne serais aussi confiant au sujet de la France et des français.

    • 29 Décembre 2016 à 11h43

      MONTAGNE dit

      Excellente analyse transposable sur bien des points à la France.
      La vrai solution ce serait la sortie de l’Allemagne de l’euro et son retour au mark.
      Au fond elle le souhaite et ça arrangerait tout le monde.

      • 29 Décembre 2016 à 12h09

        StéphaneO dit

        Oui. Mais les mauvaises langues disent que c’est justement l’Allemagne qui a créé l’euro. Pour financer la réunification.

        Moi non plus, je ne crois pas que ce sera un problème insurmontable pour les Italiens. Redevenir compétitifs grâce à nos anciennes devises nationales, pourquoi pas (ça va être difficile, mais c’est faisable).

        L’euro, actuellement, ne profite qu’à Allemagne et aux Pays-bas. Car que préférez-vous ? Un euro grec. Ou un un euro allemand ?

        Une devise doit, peu ou prou, être représentative de la richesse créée (prenons le PIB). Mais si, comme la France, nous n’avons un déficit abyssal : cela signifie que l’euro nous permet de vivre à crédit. Dans une bulle financière qui, vaille que vaille ne repose que sur le bon vouloir et les “notations” (de compagnies qui ne sont d’ailleurs habilitées qu’à “noter” des entreprises, et non des nations).
        Or, par définition, une bulle a vocation à éclater.
        Et malheureusement, nous l’avons déjà vécu …

        Dès lors, je trouve également que cet article ne manque pas de bons sens.

        S.

      • 29 Décembre 2016 à 14h33

        ZOBOFISC dit

        “La vrai solution ce serait la sortie de l’Allemagne de l’euro et son retour au mark.”

        Quelle idée bizarre !

        Pourquoi voulez-vous que nous continuions à nous traîner le boulet Euro sans l’Allemagne ?
        Revenons à nos monnaies nationales et basta !