L’Italie malade de ses banques | Causeur

L’Italie malade de ses banques

Parce que malade de l’euro

Auteur

Jean-Luc Gréau

Jean-Luc Gréau
est un économiste français, ancien expert du MEDEF

Publié le 21 juillet 2016 / Économie

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En 2008, la rapacité des banquiers fut à l'origine d'une récession mondiale. En Italie, c'est le scénario inverse qui se profile : la récession met en péril tout le système bancaire.

Le lit d'un sans-abri à Milan (Photo : SIPA.AP21869540_000001)

Ce n’est pas le moment d’acheter des actions bancaires, où que ce soit dans le monde. Partout les « earnings » baissent, partout sont annoncés des plans de restructuration ou d’allègement des effectifs pour redresserla profitabilité. Qu’il est loin le temps où les thuriféraires du système nous promettaient que les services bancaires seraient le grand gisement d’emplois propres et bien payés de la nouvelle économie globalisée !

C’est d’abord l’effet du ralentissement économique en cours depuis l’été 2014. C’est ensuite l’impact non désiré de la baisse des taux d’intérêt impulsée par les banques centrales pour doper la croissance : les marges bancaires se rétrécissent. C’est encore la conséquence des difficultés des compagnies minières et pétrolières, touchées par la chute imprévue du prix des matières premières. Mais c’est enfin le résultat de la récession subie par la zone euro : les banques grecques sont en sursis, nous l’avons dit1, dans l’attente d’une recapitalisation sur fonds européens, mais les banques italiennes aussi connaissent des jours difficiles.

 360 milliards d’euros de mauvaises créances

Il ne faut pas se tromper dans l’ordre des causalités. L’irresponsabilité des banquiers occidentaux est à l’origine de la grande récession de 2008, chacun sait cela. Mais dans le cas italien, c’est, en sens inverse, la récession à épisodes qui met en péril le système bancaire. Une chute de 9 % du PIB a entraîné l’insolvabilité d’innombrables de ces petites entreprises qui forment le tissu économique transalpin2.

[...]

  1. « Trop tard pour la Grèce », Causeur n° 27, septembre 2015.
  2. 94 % des entreprises italiennes ont moins de dix salariés.
  3. Voir Jean-François Serval, La monnaie virtuelle qui nous fait vivre, page 134, éditions d’Organisation, 2010.
  4. Chanson célèbre de Doris Day.
  5. 1956.
  6. Telles que Luxottica, leader mondial dans la lunetterie ou les fabricants de chaussures Tod’s ou Geox.

  • Brexit : l'étrange victoire

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    publié dans le Magazine Causeur n° 96 - Juillet-aout 2016

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    Brexit : l'étrange victoire
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    • 25 Juillet 2016 à 6h50

      QUIDAM II dit

      Mais Barroso est chez Goldman Sachs International ; quant à Juncker (Ancien Premier ministre du Luxembourg, un paradis fiscal et bancaire) il est président de la Commission européenne.

      Et, comme précédemment, si les choses tournent très mal, on peut être assuré que la solution trouvée par ces honorables responsables ultra-libéraux sera de puiser dans les ressources publiques des différents Etats.

      Tout va donc pour le mieux dans le monde enchanté de la finance mondiale où les pantoufles sont si confortables.
       

    • 24 Juillet 2016 à 9h42

      Charles Lefranc dit

      L’ Italie est le type de pays – encore industriel (18% du PIB )qui en sortant de l’ euro récupére la moitié du PIB perdu depuis 2001. Donc la responsabilité des politiques est écrasante: Romano Prodi , travesti de la politique italienne , ex Demo-chretien, pseudo-homme de gauche, fossoyeur de l’ industrie participative dans l’ Italie  des années 70 , chef de la commission de Bruxelles,  est celui qui a imposé a l’ Italie un taux de change a 1923 lires=1 €, au lieu des 1650 . Par ce massacre du taux de change , il a fait perdre 25% du pouvoir d’ achat a tous les italiens. 

      • 24 Juillet 2016 à 10h23

        eclair dit

        mais il a sauvegardé le tissu industriel.

        alors que dans le même temps la France voyait sa monnaie surevalué de 10% face à l’euro

    • 22 Juillet 2016 à 14h09

      persee dit

      Question d’un béotien en quoi la situation de l’Italie serait plus inquiétante que celle de la France avec ses 2000 miliards d’euros de dette ?

    • 21 Juillet 2016 à 16h02

      varese dit

      Je n’ai pas compris un truc : si la crise bancaire actuelle est le résultat d’une perte accrue des banques italiennes dans le marché spéculatif et de la dette abyssale de l’Etat italien, en quoi serait l’Italie malade de l’euro ? L’auteur affirme même que l’économie transalpine est “riche de nombreuses entreprises moyennes performantes”.

    • 21 Juillet 2016 à 16h00

      JeanBart dit

      “L’irresponsabilité des banquiers occidentaux est à l’origine de la grande récession de 2008, chacun sait cela.” : vous voulez parler de Freddie Mac et de Fanny Mae, accouplée à l’administration Clinton, n’est-ce pas ?
      La titrisation de ces créances pourries était irresponsable, mais les pouvoirs publics et institutions para-publiques auraient peut-être pu éviter de créer ces créances pourries ?