Israël est il l’opium de la gauche ?
Aubry était-elle prête à tout pour gagner quelques voix ?
Publié le 01 novembre 2011 à 14:28 dans Politique
Mots-clés : Gauche, Israël, Martine Aubry, Palestine

Par deux fois, les Français (de gauche et les autres), ont pu apprendre que si Martine Aubry était élue présidente, elle « reconnaîtrait la Palestine ». Dans son avant-dernière profession de foi, face à ses cinq concurrents, sur BFM TV le 5 octobre, Martine Aubry, pour dénoncer la politique de l’actuel Président de la République, avait fustigé cette « France qui ne reconnaît pas la Palestine ». Dans son ultime face à face avec son rival, François Hollande, Martine Aubry, a ajouté une précision : elle « reconnaîtrait » aussi, Israël. Ce fut le seul point de politique étrangère évoqué dans ces débats des primaires.
Des autres peuples en lutte, celui du Darfour napalmisé par l’armée soudanaise, le peuple tibétain écrasé par la Chine, les Kurdes massacrés par l’Iran et la Turquie, les Birmans sous le joug de la junte, les Bahaïs persécutés, les Kabyles muselés, les Chrétiens menacés dans le monde musulman, les Coptes mitraillés au Caire, les six postulants à l’investiture socialiste ne dirent rien.
Des guerres déclarées ou des conflits non déclarés dans lesquels la France a engagé ses forces, du positionnement de la France dans la lutte contre le terrorisme, de la Libye, de l’Irak, de l’Afghanistan, il ne fut pas plus question dans ces débats. De la même manière, les six candidats ont soigneusement évité d’aborder les questions fondamentales qui touchent à l’émigration, au progrès de l’islamisme dans les cités, ou aux violences urbaines croissantes, ce qui augure mal de leur capacité à affronter l’avenir. Ne pas voir, ne pas entendre et ne rien dire pour ne pas désespérer le 9-3, semble être une règle de conduite pour ceux et celles qui ont fait de la bonne conscience l’ossature de leur programme électoral. De cet évitement le FN fait son miel électoral.
Le positionnement déclaré de la candidate Aubry en faveur de la Palestine n’avait d’ailleurs pas pour objet la politique étrangère de la France. Il visait en deçà des rives du Jourdain. Ce clin d’œil appuyé, en direction des banlieues, contredisait en outre la précédente dénonciation du boycott d’Israël par Martine Aubry. Quand on connaît la part de schizophrénie identitaire qui affecte de nombreux « jeunes-des-banlieues » cette déclaration ne favorisait guère leur intégration dans l’histoire de la République. La maire de Lille connaît bien la question. Elle sait combien, dans les « quartiers », la Palestine agit comme un fantasme symbolique collectif, comme représentant la cause, sinon la patrie, de ceux qui n’ont pas de patrie. En faisant de la Palestine la seule noble cause à défendre, la socialiste ajoute, ici, du malheur identitaire au malaise social. Elle aggrave les ruptures culturelles au sein de la société. Une récente enquête met à jour le poids de plus en plus important de l’islam en France et les séductions politiques qui lui sont liées. Tout ceci tisse un système compliqué dont toutes les pièces sont liées; Martine Aubry devrait se souvenir des manifestations de refus d’un concert d’Enrico Macias à Roubaix en 2000 au prétexte qu’un « juif ne pouvait pas chanter en arabe ».
En contrepoint, la seule contrepartie qu’elle exige, la « reconnaissance d’Israël », est stupéfiante : le peuple de gauche vient donc d’apprendre, par défaut, que jusqu’à ce jour, pour Martine Aubry, Israël n’était pas encore reconnu. Qu’est ce que veut bien dire « reconnaître Israël » ?
Reconnaître le fait ou reconnaître aussi le droit ? Quel droit ? Le droit pour le peuple juif d’avoir un Etat sur l’espace de sa terre historique. Il est navrant de constater qu’à gauche aujourd’hui, on ne soit désormais sensible qu’à l’écume de cette pensée unique qui fait d’Israël le fautif, le coupable, le criminel et la Palestine LA juste cause. Faut il rappeler aux socialistes cette réflexion de François Mitterrand, en novembre 1975, quand une motion de l’ONU avait assimilé le sionisme au racisme : « Je savais déjà que le fanatisme était un attribut de la sottise. J’ai envie d’écrire ce matin qu’il est la sottise même (…) Economisons les grands mots et n’en gardons qu’un, le mépris (…) Frank, Anne Frank, merveilleuse et déchirante, fleur de vie, pauvre morte, c’est à toi que je pense au moment de dire pardon ». Puisse la gauche ne pas tomber dans les ornières du gauchisme dont l’obsession anti israélienne tient lieu de matrice intellectuelle.
Etre de gauche, c’est d’abord être pédagogue en expliquant aux « jeunes-des-banlieues » que la source de leur malheur existentiel ne se nomme pas Israël et qu’ils ne trouveront pas la réponse à leur ressentiment dans la haine antijuive. C’est aussi dire, en tant que Président de la République, aux autres peuples arabes que la source de leur malheur ne se nomme pas non plus Israël. Qui opprime qui dans le monde arabo-musulman ? Qui sont les dictateurs, les potentats, les corrompus ? Qui menace la liberté fraichement acquise en Tunisie ? C’est au prix de ce courage politique qu’un président de gauche pourrait s’adresser à Israël en « ami et en allié » afin de reconnaître aux palestiniens la légitimité de leur aspiration nationale et de favoriser la solution de deux Etats pour deux peuples.
Etre de gauche, en France, c’est enfin déconstruire ce cliché qui identifie, depuis la guerre d’Algérie la cause et les moyens de la cause. Ce n’est pas aider à la compréhension du conflit israélo-arabe que de vouloir obstinément le lire dans les catégories de la guerre d’Algérie. Nous rêvons de dire bienvenue à la Palestine si elle reconnaît à Israël son droit à être l’Etat du peuple juif ! Bienvenue à la Palestine si elle reconnaît leurs droits aux femmes ! Bienvenue à la Palestine si elle proscrit de ses moyens de lutte la bombe humaine !
La France est le pays européen qui a la plus grande communauté juive et la plus grande part de population musulmane. Notre pays a donc un rôle à jouer, plus noble que sa seule « politique arabe ». Ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est peut-être ce choc des civilisations, sinistre corollaire de la mondialisation, qu’une gauche intelligente, imaginative et honnête pourrait conjurer.










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Bibi dit
En effet Rotil,
Et aux corses, basques et bretons l’on peut ajouter bien d’autres peuples – et pas qu’en Europe.
RotilBis dit
Vous avez ici un texte d’une grande fraîcheur.
pirate dit
je trouve ce texte non seulement faux, mais d’un grand mépris, par contre l’entête est très juste. Très.
RotilBis dit
Et en quoi est-il faux, pirate ?
RotilBis dit
Et en quoi est-il faux, pirate ?
pirate dit
il exlique que les palestiniens n’ont aucune culture ni rien à dire ou faire entendre, c’est pas les poètes, les écrivains et les cinéastes palestiniens qui manque (même des groupes de rap dites donc). Nous raconte que la Jordanie se trouve également sur le territoire de la Palestine et que les palestiniens ne le revendique pas, si, tellement même que les jordaniens les ont viré, que c’est un peuple artificiel, en tant que nation, certainement, mais il me parait hasardeux de dire que ce peuple n’existe pas, il était bien là avant Israel et il y ai encore sur un territoire qui se réduit de bout en bout, il explique qu’il n’y a pas de différence entre les palestiniens et les autres peuples arabes. Si c’était bien le cas il serait tant d’en convaincre les saoudiens, les égyptiens, etc qui eux ne sont d’autant pas d’accord qu’avant que le Hamas prennent les palestiniens en otage, que ce soit l’OLP, crée par Nasser ou le Fatah d’Arafat sont des mouvement laïc. Les fêtes nationales n’ont d’ailleurs pas grand chose à voir avec les fêtes musulmanes traditionnelles. quand à expliquer que tous les palestiniens rêvent de voir leur gosse mourir en martyr, c’est simplement d’une bêtise affligeante, pour ne pas parler de racisme.
Saul dit
tout n’est pas faux : il n’y avait effectivement pas un peuple palestinien avant Israël. Il n’y avait même pas UN peuple tout court, mais plusieurs éléments d’autres peuples…
mais par contre même si ça ne date que de 50 ans, il y a quand même eu une construction de conscience nationale durant ce laps de temps.
et là ce texte se plante en niant ce fait.
et je rejoins Pirate sur les palestiniens qui réveraient tous de voir leurs gosses en martyr
Saul dit
un truc faux quand même :
“ceux-là mêmes qui répriment avec sévérité toute tentative d’autodétermination des vrais peuples corse, basque et breton.”
en ce qui concerne la France, c’est surtout les mouvements “nationalistes” qui ne veulent surtout pas entendre parler d’autodétermination, car ils savent qu’ils perdraient (ou alors en restreignant sévèrement le corps électoral : ainsi pour les natios basques, seuls 10% de la population du Pays Basque Français aurait droit de se prononcer, considerant que les 90 autres % ne sont pas de “vrais” basques….)
Bibi dit
Bibi dit
Patrimoine culturel et éducatif “palestinien”:
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Other_Side:_the_Secret_Relationship_Between_Nazism_and_Zionism
pirate dit
patrimoine culturel de Schlomo :
http://www.google.fr/imgres?q=juif&start=309&hl=fr&biw=1325&bih=576&gbv=2&tbm=isch&tbnid=ZtfDDOw4EIVYZM:&imgrefurl=http://www.lemonde.fr/web/illustration/0,32-0,40-http://www.lemonde.fr/web/illustration/0,32-0,40-1219834,0.html
Saul dit
Isa, Rotil, Skarda.
hum comment vous dire.. ma solution pour vous venger, c’était juste pour déconner, je me doute que vous ne voteriez jamais pour un tel candidat :-)
(et non Isa, je ne suis pas antiIsraël mais plutôt pro, et disons que de manière générale je suis vu comme un horrible réac tant chez mes potes (de gauche of course) que chez les miltiants FdG :-D)
isa dit
Hum, on n’est pas que idiots, on avait bien compris Saul.
Saul dit
ben vu comment tous ont répondu avec sérieux, ça laissait entendre que ça avait été compris au 1er degré…
Fiorino dit
@ allegra
Il y a déjà une cinquantaine de places en Italie pour Vittorio Arrigoni, mais c’est intéressant de voir que le nom des assasins n’ pas été cité.
Bibi dit
@Saul,
A propos de la blague à l’ONU, voici le discours (vrai) de l’ambassadeur, traduit en français:
http://danilette.over-blog.com/article-session-du-conseil-de-securite-de-l-onu-situation-au-moyen-orient-y-compris-la-question-palestinie-87444724.html
skardanelli dit
Très bon discours !
Bibi dit
The West loves terrorists
allegra dit
Un autre titre devrait chapeauter le contenu de l’article : « La Palestine est-il l’opium de la gauche ? »
La gauche a toujours proclamé son appartenance au camp de la justice et de la solidarité avec les plus faibles. La question est de savoir :
1. Pourquoi dans son système de valeurs, le Palestinien, quoi qu’il fasse, incarne le Bien et le Juste, tandis que l’Israélien et le sioniste sont identifiés au Mal.
2. Pourquoi, elle a choisi les Palestiniens et pas les Kurdes, les Soudanais, ou les Indiens d’Amazonie.
Voir DU CÔTÉ DU DROIT ET DE LA MORALE : LA RÉSISTANCE PALESTINIENNE ?
http://lavissauve3.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/10/30/du-cote-du-droit-et-de-la-morale-la-resistance-palestinienne.html
lisa dit
@Bibi
Merci de votre réponse.
Fiorino dit
@ Isa
De toute façon méluche est allié avec le PCF qui est un de parti à la pointe de la haïne d’Israël parmi ceux qui ont des élus. En particulier Coq qui parle en tout tranquillité de génocide, j’ai bien aimé quand Encel lui a rappellé le septembre noir dans lequel des milliers de palestiniens ont été tué par les jordaniens.
isa dit
Evidemment, Fiorino.
Maintenant la nouvelle mode c’est de dire que le Fatah était composé d’anges et qu’Israël n’en n’a pas voulu!
Fiorino dit
Todd aussi est très virulent contre Israël, non ce Front de Gauche n’a rien de rassurant.
Naif dit
le PS dévoile petit à petit sa terrifiante idéologie: “changer de civilisation”, ce qu’un auteur appelle plus justement : “le génocide par substitution” et dans ce grand destin les juifs ne encore et toujours qu’un détail qu’il vaut mieux effacé au plus vite.