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Islam : où est le problème ?

Halte aux prophètes de malheur

Publié le 13 octobre 2010 à 14:00 dans Société

Mots-clés :

Sayyid Shah Kallimullah Husayni

Portrait de Sayyid Shah Kallimullah Husayni, miniature, vers 1670.

Je n’ai pas de problème avec l’islam. L’islam en a peut-être un avec moi, je veux dire avec nous ou avec vous, mais je n’en ai pas l’impression. Par exemple, j’ai un problème avec le capitalisme qui, après avoir produit de la richesse, produit surtout de la misère en se financiarisant. Il explique ces jours-ci, avec l’aplomb et un art accompli du nonsense, qu’il faut travailler plus et gagner moins alors que les grands patrons travaillent moins et gagnent toujours plus. J’ai un problème, aussi, avec les boutefeux de la guerre civile ethnique qui n’ont pas fait leur service militaire mais veulent rouler des mécaniques rue Myrha1 dans des apéros “républicains” heureusement virtuels, car ces gens-là aiment bien allumer l’incendie mais envoient toujours les autres les éteindre. The same old story, comme chantait Billie Holliday. Quand il y a une guerre, ceux qui veulent la faire sont rarement ceux qui la font. C’est pour cela qu’il y a assez peu de vieux sur les monuments aux morts et que je serais curieux de connaître, parmi le tout petit nombre d’intellectuels néoconservateurs français qui voulaient envoyer nos pioupious au feu en 2003, combien étaient ou avaient été ne serait-ce qu’officiers de réserve.

[...]

  1. Et je n’ai pourtant aucune sympathie pour les gens qui prient dans l’espace public.
  2. Je suis d’accord : c’est un oxymore. Comme “capitalisme moral”.
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  • 14 October 2010 à 15h59

    lisa dit

    @François,
    “Remettre en question le droit du sol, ce serait renoncer à être Français? Le droit du sol n’existait pas sous l’Ancien régime, a fait 10 ans pendant la révolution, et est revenu fin XIXè. Cela ne fait que 130 ans (en cumulé) que les Français sont Français?”
    Le droit du sol a acquis un caractère sacré maintenant, le remettre en cause est être un faciste, raciste, etc, etc…

  • 14 October 2010 à 15h53

    livia dit

    @ J. Leroy

    Puisque vous le dites, à la fin de votre article.
    Pourriez-vous intervenir pour que les prières du vendredi sur la voie publique en plus du XVIIIème , à Belleville maintenant cessent ? après tout , le PC Place du Colonel Fabien (j’allais au Lycée avec sa fille) est à 2 pas .
    Merci de votre intervention., nous avons qq bleus à notre Etat laic.
    Un gros mot fasciste, sans doute ????

  • 14 October 2010 à 12h53

    nadiacomaneci dit

    Certes, mais nous parlons là d’hommes et de femmes qui sont nés Français quand bien même leurs parents ne l’étaient pas… Pas d’examen de passage ni processus d’adhésion pour eux, or ils sont quelques millions qui vivent ici très tranquillement.
    Sinon, en 2009, 136 000 ressortissants étrangers sont devenus Français, 26 000 pour cause de naissance en France avec parents non résidents, 16 000 par mariage et 92 000 par décret de naturalisation (pratique d’avoir un consulat à portée de mains pour se procurer les vrais chiffres) qui recouvre des situations extraordinairement diverses et n’a rien d’un tour de passe-passe, plutôt d’un parcours du combattant, crois-moi ! Ils sont mes compatriotes. Pas des “amis issus de la diversité”.

  • 14 October 2010 à 12h05

    Sophie dit

    @ françois

    ;-)

  • 14 October 2010 à 12h04

    Sophie dit

    @ nadia

    “Ce qui a marché pour Rama Yade, Rachida Dati, Fadela amara, ou d’autres innombrables, nés sans cuillère dorée dans la bouche, peut marcher pour tous et toutes.”

    Oui.

    A condition d’adhérer à un système et à des valeurs, je maintiens.

    Par exemple, ne pas adhérer au principe d’égalité devrait t’empêcher automatiquement d’acquérir la nationalité française.

  • 14 October 2010 à 12h00

    nadiacomaneci dit

    Votre bonté vous perdra, mais la pensée de Sophie est toujours très claire, précise et parfaitement argumentée, je vous prierai de ne pas la divertir si’il vous plait -;)

  • 14 October 2010 à 11h40

    François dit

    @Nadia,
    Je tentais une diversion pour éviter à Sophie une réponse épineuse…

  • 14 October 2010 à 11h26

    nadiacomaneci dit

    Je ne crois pas François.
    Pour le coup, sa phrase “Quitte à faire une croix sur son passé ou sur les valeurs du bled” n’aurait plus aucun sens ! Entre d’autres termes, il me semble que ce “ou” est inclusif et non alternatif, une cohabitation des concepts quoi… et que le bled est bien le bled, sans majuscule, dont je ne sais toujours pas quelles sont les valeurs !

  • 14 October 2010 à 9h51

    François dit

    @Nadia,
    Sophie fait référence à Edouard Bled, dont les valeurs orthographiques et grammaticales ne sont plus à démontrer.

  • 14 October 2010 à 9h47

    François dit

    Cher Jérôme Leroy,
    Quatre points de désaccord majeur avec vous:
    1. Belle tentative d’assimiler les islamophobes intérieurs avec les islamophobes géopolitiques. Ces derniers ne sont pas islamophobes mais soucieux de préserver leurs intérêtes économiques, et sont très différents des premiers (dont probablement moi)
    2. Votre sortie sur la loi de la république est vraie dans le principe, elle est fausse dans la réalité (commençons juste par l’abattage rituel halal, qui est contraire à toutes les directives européennes sur l’abattage “normal”)
    3. Les lois de la république peuvent être changées à tout moment en fonction de la majorité (notre république est accessoirement une démocratie). Quand une entreprise décide de faire du halal, c’est qu’il y a suffisamment de clients. On aura selon la même logique du politique halal qui chassera la même clientèle (cf. le maire PCF qui souhaite Aïd Mubarak sur son site et ne parle pas de Noël). Les tendances démographiques me font peur
    4. Remettre en question le droit du sol, ce serait renoncer à être Français? Le droit du sol n’existait pas sous l’Ancien régime, a fait 10 ans pendant la révolution, et est revenu fin XIXè. Cela ne fait que 130 ans (en cumulé) que les Français sont Français?

  • 14 October 2010 à 1h50

    nadiacomaneci dit

    Sophie, la nationalité n’est pas un processus d’adhésion, à la naissance il n’y a pas d’examen pour ou contre les valeurs du “bled” (??).
    Tu nais français(e) tant que le jus soli n’a pas été remis en cause. Je lui dois mon passeport, je l’aime d’amour. Point. Mais notre lien à la patrie est complexe, je le voudrais passionné et républicain, dans la réalité, c’est plus compliqué. Nous n’avons pas tous la même histoire. La tradition française t’apprend “nos ancêtres les gaulois”, il faut savoir admetre que si nos ancêtres n’étaient pas tous blonds, gaulois et forts en gueule, nous avons dans cet exagone magnifique un avenir commun qu’il nous appartient de construire ensemble. Ce qui a marché pour Rama Yade, Rachida Dati, Fadela amara, ou d’autres innombrables, nés sans cuillère dorée dans la bouche, peut marcher pour tous et toutes.

  • 14 October 2010 à 0h22

    Sophie dit

    Nadia, tu me fais un faux procès. Je ne hiérarchise pas l’humanité, qu’elle soit française ou autre.

    Je dis et je maintiens qu’il existe un processus d’ adhésion à des valeurs et à un système et que c’est cela qui fonde la nation.

    Aucun, mais alors vraiment, aucun rapport avec l’accent ou la couleur de peau.

    Juste un principe de solidarité qui, à mon avis, fonctionne dans les deux sens.

    Ce n’est pas un choix à la carte, il faut prendre tout le menu. Quitte à faire une croix sur son passé ou sur les valeurs du bled.

  • 13 October 2010 à 23h22

    nadiacomaneci dit

    Sophie, par principe, je m’interdis de hiérarchiser mes compatriotes (cum+pater, tris). On sait où l’on commence, n’est-ce pas, l’Histoire est une grande joueuse, on s’arrête parfois à la porte d’endroits peu conviviaux. Je me méfie des tours de passe-passe, je ne connais que les passeports. Déformation professionnelle. Désolée, il n’y a pas de sous-Français, ni de seconde zone. Quand je suis en poste, si un de mes compatriotes (cum+pater, tris) est en danger, j’irai le chercher avec les dents si c’est nécessaire. Et, vois-tu, même s’il est né à Saint-Louis du Sénégal, même s’il est un peu noir, même s’il est très musulman. Un Français, c’est un Français. Je sais d’où je viens, vois-tu. Il y a 60 ans, j’en connais qui auraient fait fine bouche et nez pincé sur mes grands-parents qui massacraient le français, sentaient l’ail, le salami kasher et le juif de l’Est pas frais. Pas pareil, me diras-tu aussitôt ! Vraiment ? Es-tu si sûre ? On est toujours le juif de quelqu’un, le peul de quelqu’une. Mèf.

  • 13 October 2010 à 22h24

    Aymenon dit

    Il faudrait augmenter les salaires des profs en France:
    http://www.references.be/carriere/combien-gagnent-les-enseignants-en-belgique

  • 13 October 2010 à 22h19

    Aymenon dit

  • 13 October 2010 à 21h21

    Sophie dit

    @ Jérôme Leroy

    “Je vous rappelle au passage que les suppressions de postes dans l’éducation nationale, uniquement pour les profs, sont de soixante mille depuis le début de la nuit du Fouquet’s qui dure depuis 4 ans. C’est à ces petites choses que je penserai à la prochaine vague d’émeutes. Pardon, de révoltes.”

    En Belgique, nous avons le plus haut taux d’encadrement scolaire de l’OCDE, mais nous sommes avant dernier dans les concours PISA. Il n’y a pas de lien. C’est pas une question de nombre de prof, mais de contenu des programmes. Voire d’exigences d’excellence.

    @Nadia

    “Sophie, ce ne sont pas nos « amis issus de la diversité », ce sont nos compatriotes.”

    Mes compatriotes (cum + pater, tris), ce sont ceux qui par la naissance ou par le choix personnel ont adhéré aux valeurs de nos “pères”. Pour certains, en renonçant aux leurs. Pas ceux qui par des tours de passe-passe ont obtenus des papiers qu’ils conchient à la première occasion.

  • 13 October 2010 à 20h54

    Guenièvre dit

    @ l’Ours,
    Je partage votre acrimonie en ce qui concerne l’éducation et ce depuis 2O ans !
    La nourriture hallal me semble aussi poser problème pour une autre raison, c’est qu’elle est un obstacle à la convivialité spontanée. J’ai parlé ici de la conversion à l’Islam de deux filles d’amis. Que ces jeunes femmes ne s’arrêtent plus chez moi pour y déjeuner à l’improviste comme elles le faisaient souvent avant me chagrine beaucoup. Cela conduit forcément à un enfermement identitaire et je ne vois pas comment l’éducation ou le social peuvent remédier à cela…

  • 13 October 2010 à 20h32

    redrackam dit

    C’est malin, l’Ours, avec vos coutumes l’Education Nationale sent le sapin!

  • 13 October 2010 à 19h45

    L'Ours dit

    JL,
    “Le problème est simple, en même temps, l’Ours: on fait quoi avec ceux qui sont là?”… “Mais pour assimiler,[...] De l’éducation, encore de l’éducation, toujours de l’éducation.

    Toute mon acrimonie vient de là! En effet, l’école de la République était formatrice de l’homme s’humanisant. Mais un laxisme incroyable a fait que la déréliction l’a emporté et aujourd’hui, les profs ne savent plus comment gérer leurs classes, abandonnés par la hiérarchie. Mon acrimonie vient du fait que quand vous demandez que faire? je réponds que c’était il y a bien longtemps qu’il fallait faire, à une époque où les gens comme moi criaient dans le désert, et de plus, souvent moqués par les gens de votre bord.
    Je suis maintenant pessimiste mais s’il y a encore un espoir auquel se raccrocher, c’est la rigidité de la République sur ses valeurs. Ne plus confondre tolérance et permissivité. Ne plus confondre respect des religions des gens chez eux, et débordement de celles-ci sur l’espace publique. Ne pas confondre effacement de nos traditions séculaires( comme un sapin dans les classes à Noël) sous prétexte qu’aucun reproche puisse être fait à la laïcité et pourtant, accepter que des cantines deviennent hallal…

  • 13 October 2010 à 19h34

    nadiacomaneci dit

    Sophie, ce ne sont pas nos “amis issus de la diversité”, ce sont nos compatriotes. Avec strictement les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres. Ce n’est pas tout à fait la même chose.
    Jérôme te répondra mieux que moi, mais en France on n’est pas au UK. Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de dispenses de cours d’histoire ou de science, et encore moins de dispense de cours tout court pour des motifs religieux ?