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Iran : la carotte sans le bâton

Sur le dossier nucléaire, la peur doit changer de camp

Publié le 06 octobre 2009 à 17:03 dans Monde

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teheran

“Speak softly and carry a big stick”, disait le président américain Theodore Roosevelt. Avec les Iraniens, Barack Obama a clairement changé de ton : il leur parle avec douceur. On attend qu’il s’empare d’un gros bâton.

Quand un nouveau cycle de négociations s’engage entre l’Iran et les “5+1″ (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne), nous sommes toujours face à la même question : que veulent vraiment les Iraniens, ou plus exactement le régime et ses soutiens – Gardiens de la révolution, nomenklatura de fonctionnaires et autres bénéficiaires du système actuel ? Depuis juin dernier, le régime est plus que jamais dans une logique de survie, et ses intérêts, y compris géopolitiques, ne sont plus ceux de la nation. Si le “parler doux” d’Obama a certainement quelque chose à voir avec l’émergence récente d’un autre Iran, un bâton gros et crédible reste toujours de mise. Malheureusement, vu de Téhéran, c’est loin d’être le cas.

Vis-à-vis de ce qu’on a l’habitude d’appeler “la communauté internationale”, le parti de Khamenei, le guide suprême n’a pas grand-chose à craindre. Les derniers signaux adressés à Téhéran lui laissent une marge de manœuvre considérable. Premier message : le rapprochement moyennement réussi entre Washington et Moscou. Déjà, quelques semaines après son installation à la Maison Blanche, Obama avait proposé à Medvedev le marché suivant : l’arrêt du programme de bouclier antimissile en Europe, en échange de l’appui de Moscou dans le dossier nucléaire iranien. Le marché est conclu le 18 septembre. La Maison Blanche annonce l’arrêt de l’implantation du radar à longue portée en république Tchèque ainsi que de la batterie de missiles intercepteurs en Pologne, et Dimitri Medvedev estime publiquement que les sanctions contre l’Iran sont “inévitables dans certains cas”. Les Iraniens peuvent se délecter de cette magnifique formule qui, tout en se donnant l’air de la fermeté avec l’adjectif “inévitable”, se dégonfle avec “en certains cas”.

Le deuxième message a été tout aussi ambigu. En plein milieu du G20, Obama, Brown et Sarkozy, l’air grave, rendent publique dans une conférence de presse improvisée, l’existence d’un site nucléaire iranien non déclaré à Qom. Suit un discours musclé dénonçant le double jeu de Téhéran. Sauf que l’effet conjugué de la fermeté du discours et de la dramatisation de la mise en scène de cette conférence de presse était fortement atténué par des absences très remarquées. Les dirigeants de la Russie, de la Chine et de l’Allemagne, tous présents à Pittsburg, avaient mieux à faire. On peut comprendre Angela Merkel, qui, à quelques jours des élections législatives, n’avait pas intérêt à fâcher qui que ce soit, l’absence de Medvedev est facheuse. Quant aux Chinois, ils ont réitéré jeudi – jour de l’ouverture de négociations – leur opposition à des sanctions contre l’Iran. Pour eux, tout vaut mieux qu’une crise qui fera envoler le prix du baril, mettant ainsi en péril la croissance et la stabilité en Chine. De plus, la Chine vend à l’Iran entre 30 000 et 40 000 barils d’essence par jour, soit un tiers de ses besoins en carburants (l’Iran manque de raffineries) : on voit mal pourquoi elle adhèrerait à un nouveau volet de sanctions contre Téhéran. Bref, l’Iran peut raisonnablement considérer qu’un durcissement des sanctions, notamment sur le commerce d’ hydrocarbures, n’est pas à l’ordre du jour.

La carotte proposée aux Iraniens consiste essentiellement en la reconnaissance de leur pays comme une puissance au seuil du nucléaire militaire. Peu importent les détails techniques, les “5+1″ sont aujourd’hui prêts à accepter un gel en l’état actuel des choses si Téhéran s’engage à jouer franc-jeu. Mais après l’affaire du site nucléaire de Qom, dernière d’une longue liste de tricheries, peut-on avoir confiance ? La réponse est non, tout simplement parce que Téhéran se sait déjà capable de déjouer pendant de longues années encore chaque tentative pour lui imposer le respect de ses propres engagements. Le régime pourrait donc encaisser à Genève les bénéfices d’une promesse de devenir raisonnables devenir sage et jouer “la vérité si je mens” avec l’AIEA.

Côté bâton, les Occidentaux n’ont qu’un méchant flic : Israël. Quoi que l’on pense de cette option militaire israélienne, de ses conséquences terribles et ses objectifs possibles (pas plus qu’un retard de quelques années du programme nucléaire iranien), son principal mérite est de d’être crédible. Les dirigeants iraniens sont donc obligés d’en tenir compte dans leurs calculs. Ils savent aussi qu’une frappe peut en cacher une autre : peu importent les couleurs peintes sur les ailes des avions d’une première frappe, la deuxième vague sera américaine. Contrairement à la destruction du réacteur irakien en 1981, dans le cas iranien, une opération 100 % ou même 80 % israélienne est impossible. Israël ne peut être que le déclencheur, par le jeu d’alliances et des ripostes, de quelque chose de beaucoup plus terrible et dangereux pour le régime.

Si la crise nucléaire devenue durable et la défiance de la communauté internationale ont rapporté à Khamenei des dividendes, les manifestations de juin lui ont montré que cette politique de brinkmenship – au bord du précipice – a aussi un prix. Cette fissure de la cohésion nationale iranienne a dévoilé le “ventre mou” du régime qui s’appuie désormais sur ses forces de l’ordre plutôt que sur sa légitimité. Or, si les bombardiers ne peuvent rien contre la légitimité (on l’a vue en Serbie), ils peuvent amoindrir la capacité d’un régime de faire face à une insurrection. En clair, les dirigeants iraniens doivent comprendre qu’une “option militaire” peut s’élargir pour inclure les points névralgiques de leur pouvoir, et risque d’ouvrir un boulevard aux forces susceptibles de remplacer les hommes en place. L’armée, menacée d’être engloutie et digérée par les Gardiens de la révolution, est une candidate évidente pour s’emparer d’une telle occasion.

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  • 9 October 2009 à 23h12

    Rotil dit

    @ Bibi,

    Vous avez le troisième mouvement ici:

    http://spicilege.eklablog.com/article-116018-anton-dvorak.html

    Mais si vous passez par l’accueil, je viens de faire un rappel avec le lien pour la “Stalingrad” de Shostakovitch.

    Terrible !

  • 9 October 2009 à 19h51

    Bibi dit

    @Rotil,

    C’est le maire de Ramat-Gan qui a proposé les 2 zèbres, scandalisé par l’abus fait aux ânes.
    http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3787467,00.html

    Mais où est BB ????

  • 9 October 2009 à 19h31

    Bibi dit

    @Alpin

    Bonsoir, merci pour les conseils de lecture.
    D’ici là, une brève:
    http://corner.nationalreview.com/post/?q=ODIzNzJmOGQ0NGI4OTNlZjliOGVjMGY1OTBmMjY0OTA=

  • 9 October 2009 à 19h28

    Bibi dit

    Ah, Rotil,
    Le noir & blanc est à la mode.

    Avez vous mis „Aus der neuen Welt“ en premier?

  • 9 October 2009 à 18h40

    Rotil dit

    Scusez, il s’agit d’un couple de varis zèbres. J’ai écrit trop vite.

  • 9 October 2009 à 18h38

    Rotil dit

    Les italiens ne savent pas quoi inventer pour nous faire sourire.
    Berlusconi, apparemment, ne suffisait pas, il vont chercher l’info insolite dans le Yédioth aharonoth. Si j’ai bien compris, – je ne lis qu’un peu l’italien – ils prétendent que le zoo de Tel-Aviv se propose d’offrir un couple d’ânes à celui de Gaza:

    http://it.notizie.yahoo.com/9/20091009/twl-gaza-asini-dipinti-allo-zoo-tel-aviv-e497199.html

  • 9 October 2009 à 18h26

    Rotil dit

    @ rackam,

    “rackam dit :
    9 octobre 2009 à 17:52
    Rotil,
    le lien vers Google est désopilant.
    L’autre est plus triste.
    Merci pour les deux.
    XD”

    J’ai trouvé les deux à la fois drôles et tristes.

    @ Bibi,

    Je propose qu’on remplace “abracadabrantesque”, difficile à écrire et à prononcer, par “obamesque”. C’est en tous les cas plus court. Quand même, quatre ans, c’est long…

  • 9 October 2009 à 18h24

    Alpin dit

    A lire(vraiment) :
    N°127(Automne 2009) de:”Commentaire”
    -art de Thérèse Delpech:
    “Négocier avec le régime islamique?”
    -art de J-louis Gergorin (himself) :
    “Sortir de l’impasse” (Très bon!)

  • 9 October 2009 à 18h15

    Alpin dit

    @Rotil,

    Bonsoir.

  • 9 October 2009 à 18h15

    Alpin dit

    @Bérénice,
    Bonsoir,vous devenez de plus en plus talmudique…Sourire.
    @Bibi,
    Bonsoir.

  • 9 October 2009 à 18h08

    Bérénice dit

    @ Bibi et Rotil

    L’essence de l’espoir à trouver dans la pensée hébraïque réside dans cette phrase : ” Ne demande ton chemin à personne, tu risquerais de ne plus pouvoir te perdre. “

  • 9 October 2009 à 17h52

    rackam dit

    Rotil,
    le lien vers Google est désopilant.
    L’autre est plus triste.
    Merci pour les deux.
    XD

  • 9 October 2009 à 17h41

    Bibi dit

    Pourquoi n’y a-t-il que les iraniens, les talibans et quelques peu d’autres du même style pour contester la décision du comité Nobel de la Paix?
    http://english.aljazeera.net/focus/2009/10/2009109134557808939.html

  • 9 October 2009 à 13h44

    Lisa dit

    a eu des mots maladroits aussitôts montés en épingle, il va encore se faire descendre, tout est dans l’ordre.

  • 9 October 2009 à 13h41

    Lisa dit

    @Bibi,
    Et Finkelkraut a eu des phra

  • 9 October 2009 à 12h37

    Gloupsss dit

    Rotil
    Je ne comprends pas cet argument . Parce que les horreurs du passé ont été bien plus épouvantables , les bombardements qu’ont subi les Gazouis se trouvent a côté totalement anodins!! …Pour se fâcher contre Israël il eut fallu que celle-ci emploie les mêmes méthodes qu’ont pratiqué un temps les américains pour mettre fin à une guerre ?
    C’est aberrant …

  • 9 October 2009 à 12h23

    Bibi dit

    Les amis,

    Faut se faire au nouveau monde: quand l’Elu reçoit le Nobel de la Paix après même pas un an en poste c’est qu’il y a du changement dans l’air.

  • 9 October 2009 à 12h15

    Rotil dit

    @ Jerome,

    Vous évoquez Dresde, vous auriez pu évoquer aussi Hiroshima et Nagazaki, qui n’étaient pas particulièrement des cibles militaires et qui ont causé quelques dommages collatéraux. Et beaucoup plus de pertes civiles en quelques secondes que 22 jours de bombardements “aveugles” à Gaza.

  • 9 October 2009 à 12h01

    Gloupsss dit

    @ L’Ours

    Mais vous supputez que je pense certaines choses qui feraient de vous tout l’inverse d’un érudit ….Vous supputez mal ! Ce n’est pas parce que nous sommes en désaccord sur un sujet , que nos divergences vous font passer soudainement pour un crétin ….!!

    Vos pourcentages sont totalement erronés et vous le savez très bien .

    Je n’ai pas le courage de chercher vos écrits parmi la pléthore d’autres messages . Mais le fait que vous reconnaissiez vos tords , donne raison à la première partie de mon message, a savoir que rare sont les abrutis à reconnaitre leurs erreurs !

    Cependant ne prenez pas ces quelques lignes pour une quelconque flagornerie…Je n’hésiterai pas a vous taper sur la truffe à chaque fois que je serai en désaccord avec vous…