Les enjeux des questions d’immigration-intégration sont trop lourds de conséquences pour que l’on puisse se résoudre à taire les erreurs de nos gouvernants. Si, au moins, elles les conduisaient à modifier leur trajectoire ! À défaut d’une élite clairvoyante et visionnaire, nous aurions au moins une élite capable de lever le pied de l’accélérateur alors que notre société s’approche dangereusement du ravin. En l’espèce, le rapport intitulé « La grande nation pour une société inclusive » que le conseiller d’État Thierry Tuot a rédigé, à la demande du premier ministre Jean-Marc Ayrault, est un morceau d’anthologie. Il convient de le conserver précieusement dans un musée national afin qu’il puisse témoigner auprès des générations futures de l’esprit du commandement de notre époque.
La colonne vertébrale de ce rapport se résume à affirmer que les Français sont responsables de l’échec de l’intégration des immigrés et de leurs descendants et que l’État n’a rien fait, ou presque rien, pour la favoriser. L’État y est accusé d’avoir détruit une partie des outils de la politique d’intégration, à savoir, selon l’auteur, « les crédits, les établissements, les personnels compétents et les associations les plus actives ».

*Photo : Mohamed Dubois, le film.

Lire la suite