Pour nos élites, il est inconcevable que l’immigration pose un problème | Causeur

Pour nos élites, il est inconcevable que l’immigration pose un problème

Entretien avec Marcel Gauchet 1/2

Publié le 08 septembre 2016 / Politique Société

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Enlisés dans l'idéologie des droits de l'homme, nos dirigeants peinent à répondre aux offensives culturelle ou militaires déclenchées par les islamistes. Pour sauver notre mode de vie, Marcel Gauchet prône une laïcité combative et argumentée.
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Marcel Gauchet, par Hannah Assouline.

Causeur. Depuis janvier 2015, la France a été régulièrement frappée par des attentats islamistes qui affaiblissent une cohésion sociale déjà fragile. En dépit de la rhétorique guerrière qui fait florès dans la classe politique, nous avons du mal à penser ce qui nous arrive. Du reste, nous avons déjà du mal à le nommer. Faut-il, selon vous, parler de « guerre contre le terrorisme » ?

Marcel Gauchet. Nous ne sommes pas en guerre, car la guerre suppose des entités politiques définies qui se combattent suivant des règles établies. Si nous étions en guerre, nous devrions considérer Salah Abdeslam comme un prisonnier de guerre couvert par la convention de Genève, ce qui serait assez embêtant pour l’enquête et le procès. Nous sommes dans une affaire de police à l’épreuve d’un genre particulier de délinquance qu’on appelle terrorisme. Cependant le mot de « police » est trop faible par rapport à la gravité de ces attentats. Aussi l’affichage de militaires qui ne servent absolument à rien d’un point de vue pratique – ils n’ont empêché aucun attentat – revêt-il une importance symbolique extrême. En fait, nous aurions besoin d’une police qui utiliserait des moyens militaires. Cela voudrait dire tuer des gens considérés comme des combattants, alors que la police arrête les suspects et ne tire qu’en situation de légitime défense.

En tout cas, si c’est une guerre, c’est une drôle de guerre. Malgré la prolongation de l’état d’urgence et les grandes déclarations du gouvernement, seule une poignée de djihadistes présumés a été arrêtée cet été. Comment expliquez-vous le fossé entre le vocabulaire belliqueux employé par les autorités et la faiblesse des résultats ?

Nous sommes en guerre et en vacances, et c’est pour protéger les vacances que nous sommes en guerre ! Cette manière assez particulière de faire la guerre nous éloigne passablement d’une quelconque mobilisation collective. Tous nos repères habituels répugnent fondamentalement aux moyens qu’il faudrait utiliser. Un état de guerre réel, par exemple, ne laisserait pas des ennemis déclarés revenir s’installer sur notre territoire. Or nous allons tranquillement permettre à quelques centaines de djihadistes de regagner leurs pénates dans nos banlieues, rapatriement de Syrie aux frais du contribuable, avec quelques mois de prison à la clé tout au plus. Mais nous n’allons pas manquer de poster des militaires devant la cité pour leur montrer qu’au cas où, ça pourrait chauffer !

[...]



à suivre…

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    publié dans le Magazine Causeur n° 97 - Septembre 2016

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    • 9 Septembre 2016 à 12h38

      beornottobe dit

      souvent l’amputation est nécessaire pour éviter la gangrène!…..

    • 9 Septembre 2016 à 8h00

      QUIDAM II dit

      Nos « élites » sont très bien accueillis en terre d’islam, notamment au Qatar où elles font des conférences très cher payées (jusqu’à 150.000 € la conférence) ce qui leur gagne beaucoup d’amis dans la politique, l’université et les médias ; concluent de gigantesques marchés pétroliers, aéronautiques, industriels et financiers. En France, elles se transforment en zélées prestataires de service. http://www.lexpress.fr/actualite/politique/les-vies-secretes-de-dominique-de-villepin_1683274.html?

    • 8 Septembre 2016 à 20h05

      beornottobe dit

      mais comme c’est TRES DANGEREUX pour les classes “politique et parlementaire”.. cela peu de chances d’aboutir…….
      CQFD

    • 8 Septembre 2016 à 20h00

      beornottobe dit

      “Pour nos élites, il est inconcevable que l’immigration pose un problème”
      …….
      quand on a vendu le pays n’est-ce pas! il n’est pas concevable autre chose!!!!

      d’où l’URGENCE ABSOLUE de simplifier la procèdure de Destitution

    • 8 Septembre 2016 à 19h10

      beornottobe dit

      et QUAND ?……. seront COnVOQUés certains services de l’Etat ?….. (non mais c’est toujours dans le même sens (aristocratique) )

    • 8 Septembre 2016 à 19h08

      beornottobe dit

      ne jamais oublier que les “Partis” ne sont pas là pour appliquer LEUR idées, mais les Nôtres!!!!!!!!!!!!!!!!!

    • 8 Septembre 2016 à 16h16

      Terminator dit

      Dans le genre “retenez-moi ou je fais un malheur”, Hollande est vraiment le meilleur ! Toutefois, je ne suis pas certain que cela soit suffisant pour stopper les entreprises terroristes des musulmans les plus excités…

    • 8 Septembre 2016 à 15h18

      zelectron dit

      LE DROIT S’ARRÊTE LÀ OÙ IL EST ABUSÉ

      en d’autres termes

      LE DROIT S’ARRÊTE LÀ OÙ IL EST FOULÉ AU PIED PAR L’ADVERSAIRE

      • 8 Septembre 2016 à 19h02

        beornottobe dit

        oui…… mais!……. abusé démarre Où?????????? et qui est l’adversaire ,

        • 8 Septembre 2016 à 19h06

          beornottobe dit

          SUITE;;;;;;; le nul qui nous gouverne n’est même plus un adversaire (quoiqu’il en pense et quoi qu’il en dise… (surtout quoi qu’il en pense)…..
          mais lui et la Pensée ça fait deux !

      • 11 Septembre 2016 à 11h00

        Zinho dit

        Mieux : un Etat de droit n’est possible qu’APRES le terrorisme.

    • 8 Septembre 2016 à 15h12

      Orwell dit

      La notion de guerre pourrait être théoriquement considérée comme un affrontement entre deux États-nations. Mais après 1945, le concept de “guérilla” -autrefois appelée “petite guerre” – s’est largement diffusé dans le monde : d’abord rurale, puis citadine, lorsque le camp le plus faible a compris qu’il était plus rentable de frapper dans les lieux de forte concentration humaine. C’est pourquoi je pense que nous sommes bien engagés dans une guerre. Mais face à une guérilla urbaine, les effectifs de notre armée n’y suffisant pas, d’autant plus que le budget de celle-ci est régulièrement sacrifié à d’autres secteurs plus démagogues pour les électeurs ainsi que pour satisfaire l’utopie des pacifistes béatse partage l’avis de Marcel Gauchet sur la nécessité de donner à notre police les moyens d’action ainsi que l’entrainement adéquat pour lutter contre ce que je considère plus comme des guérilleros que des délinquants. Quant un barbu exalté exhibe sa kalatchnikov, il n’est plus temps de contraindre les policiers à lui adresser des semonces. C’est celui qui tire le premier qui gagne. Je peux ainsi choquer les monstres de sensiblerie qui s’effaroucheront d’une atteinte à nos libertés fondamentales, mais ce qu’il me semble plus fondamental que nos libertés, c’est bien la vie de nos compatriotes et de ceux qui se dévouent pour la protéger. J’ai la forte conviction qu’ils vivent dans un autre monde – l’Ile aux enfants avec Casimir et le facteur. Et je suis consterné qu’ils aient eu l’inconséquence de se poser la question de savoir si l’état d’urgence devait être encore prolongé. Cette question n’avait même pas être posée. A quoi leur servira, je le leur demande, le rétablissement de certaine libertés quand ils se retrouveront la carotide tranchée pour ne plus pouvoir en profiter ?

    • 8 Septembre 2016 à 15h10

      Hect0r dit

      Marcel Gauchet dit: ” Ils sont issus de l’immigration, c’est-à-dire du projet de vivre mieux chez nous que dans la société d’origine.”
      -CHEZ NOUS, cela veut dire à notre place mais pas certainement pas AVEC les mécréants que nous sommes.

    • 8 Septembre 2016 à 14h57

      thierryV dit

      Ils sont aidé par des français frôlant les zones glauques d’une sorte d’universalisme a tendance trahison patriotique . Les postures dont de plus en plus inquiétantes de ce coté là je trouve . 
       Et le mal est bien installé. Les métiers du social, en France, sonttraversé de courants bobos “engagé” , à la manière des journalistes . Dans certains cas, les administrateurs de ces associations , sont obligés d’intervenir, tellement l’idéologie de victimisation systématique massacre les données de base de l’éducation raisonnée . 
      On voit ainsi des chefs de service , menés par un combat très personnel et idéologique , s’évanouir de bonheur devant un résident perturbateur à la nocivité collective ravageuse . Le but  étant d’entretenir par tous les moyens d’heureux moments d’échange et de négociation . Une abomination éducative insensée . 
      Tout ce qui relève du collectif (horaires, nuit, obligations basiques) est, de ce fait, soumis à la dictature d’un, ou de quelques individus devenus intouchables.
      Je ne décris pas les résultats, c’est à se taper la tête contre les murs . Les personnels gardant quelques raisons finissent souvent, soit par lâcher , soit par se replier dans une distance protectrice . Un massacre vous dis je .  Ces incapables sont des pro musulman doctrinaires . Attaches au cliché des damnés de la terre . 
      Le pouvoir de nuisance de ces personnel est immense car il se cache derrière des notions exaltantees .
      On peut en effet constaté des relations privilégiées , de référent à résidents, qui donnent l’apparence totalement trompeuse de l’engagement éducatif équilibré.
      Un pari, dans ce pays,(et ailleurs) à été fait sur l’éducation négociée . Ce qui est un non sens total . C est lz seule réponse trouvée à l’effondrement de l’autorité . Terrible…  

    • 8 Septembre 2016 à 14h17

      Cardinal dit

      Allons bon !
      Ca recommence, pas comme en 14 ou en 40, mais comme en 54 à propos de l’Algérie, on pinaille sur les mots “guerre” et “police” pendant que les citoyens français se font massacrer.
      Notre Président, Chef de nos Forces Armées, a déclaré que nous sommes en “guerre” alors faisons la.
      Les règles ont changé, en plus on a oublié de demander à al-Bagdadi de signer les accords de Genève. Il est peut être encore temps ?
      En lisant cet interview on se dit que les Allemands avaient raison durant WW2, les Résistants n’étaient donc que des terroristes entre 42 et 44, ils ne faisaient pas la guerre suivant “les règles établies” donc Oradour sur Glane, Maillé, Tulle et autres étaient justifiés.
      Marcel Gauchet n’était pas né à l’époque mais on en a parlé assez depuis 1946 pour qu’il en ait entendu quelques bribes.
      Pour commencer François Hollande doit mobiliser tous les bavards et leur apprendre le maniement d’armes pour leur faire oublier le maniement des mots, les paroles même avec un grand P sont totalement inutiles contre les barbares de Daesh.
      On ne philosophe pas contre les terroristes on fait comme les gens du GIGN.
      Si des bavards éprouvent un besoin urgent de parler qu’ils expliquent aux Français que nous devons tous prendre part à ce qu’ils appellent une non-guerre, que tout citoyen doit se mobiliser pour défendre le pays, bavards compris.
      Transformer le “Taisez vous même les murs ont des oreilles” de 1939, en “Transformez vous en mur, écoutez de vos deux oreilles et passez l’information aux Forces de l’Ordre”.
      L’histoire doit effectivement être enseignée aux enfants mais aussi aux philosophes qui pinaillent.
      On pourrait peut être aussi souffler un peu sur l’incendie qui brûle entre les sunnites et les chiites pour qu’ils règlent leurs comptes chez eux et pas sur le reste du monde.