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UE: Cameron plombé par les Polonais

Varsovie et Budapest ne veulent pas réformer l’immigration intérieure

Auteur

Paulina Dalmayer

Paulina Dalmayer
est journaliste et travaille dans l'édition.

Publié le 12 janvier 2016 / Monde

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Renégocier les traités européens ? Organiser un référendum sur l’appartenance à l’Union européenne ? Marine Le Pen en rêve, David Cameron en sue à grosses gouttes, ce qui en principe devrait inciter les souverainistes de tout poil, ou autres euro-récalcitrants, à se demander si le jeu en vaut la chandelle. Certes, Cameron n’a pas tort quand il dit que « plus d’Europe » n’est pas la panacée et qu’au contraire, « moins d’Europe » et davantage d’autonomie accordée aux parlements nationaux serait bénéfique. Mais comme toujours le diable se cache dans les détails… Et si les partenaires européens auprès desquels le Premier ministre britannique cherche un appui pour son projet de réforme de l’Union le suivent sur trois mesures phares qu’il réclame, la quatrième et dernière sème la discorde. Il s’agit pourtant du point essentiel des revendications de David Cameron : réduire l’immigration européenne.

Depuis bientôt trois ans, le Premier ministre britannique s’invite à des petits déjeuners, lunchs et dîners de dirigeants européens, essayant de leur arracher un accord de principe sur un paquet de réformes qu’il croit susceptibles d’améliorer le fonctionnement de l’Union et de la rendre moins bureaucratique aux yeux des citoyens- approfondir le marché unique et augmenter la compétitivité de l’Union, réduire la lourdeur administrative de Bruxelles, faciliter les échanges entre les pays de la zone Euro et ceux qui n’en font pas partie, accélérer les négociations internationales de libre-échange, supprimer la clause d’une « union sans cesse plus étroite » inscrite dans le traité de Rome de 1957 ou, à défaut, obtenir une dérogation pour la Grande-Bretagne. Une réforme de l’Union dans le sens souhaité par le conservateur mais europhile Cameron, conditionnera le « to be or not to be » du Royaume-Uni au club des Vingt-Huit.

Élu et réélu au poste de chef du gouvernement britannique grâce à la promesse d’organiser un référendum sur une éventuelle sortie de son pays de l’Union, Cameron continue à jouer les bravaches, comme lors de sa visite à Varsovie en décembre dernier lorsqu’il a déclaré: « Mon but est que la Grande-Bretagne reste dans une Union réformée. Si toutefois ce but ne pouvait pas être atteint, nous n’aurons rien à perdre. ». Un pari risqué si on prend en compte que, jusqu’à présent, aucun plan crédible et réaliste pour une Grande-Bretagne en dehors de l’Union européenne n’a été élaboré ni par les Conservateurs ni par les Travaillistes, contrairement à la façon dont on a procédé en Écosse avant le référendum sur l’indépendance. En fait, les citoyens du Royaume ignorent comment les Tories envisagent de remplacer les accords européens inscrits dans le cadre constitutionnel britannique, de quelle manière ils pourraient garantir à la City sa position d’épicentre financier de l’Europe, conclure de nouveaux traités commerciaux avec les pays-membres de l’Union et, surtout, maintenir une économie florissante basée sur une main d’œuvre bon marché venue d’Europe centrale. Pour avoir annoncé récemment qu’il restera à la tête du gouvernement même en cas d’échec du référendum, David Cameron semble conscient de la difficulté à répondre à ces questions.

Une lucidité retrouvée au fil des rencontres avec les représentants des derniers Etats-membres de l’Union, à commencer par le hongrois Viktor Orban et le Premier ministre polonais Beata Szydlo qui, poliment mais fermement, refusent d’entendre les doléances de Cameron quant au statut social des immigrés européens en Grande-Bretagne. David Cameron réclame en effet la suppression pure et simple de toute allocation sociale destinée à ces immigrés pendant les quatre premières années de leur séjour en Grande Bretagne. En outre, les immigrés de fraîche date n’auraient pas le droit de percevoir une quelconque aide sociale pour leurs enfants restés au pays  et, par ailleurs, ne pourraient plus s’installer au Royaume-Uni sans une promesse de travail. Avec un bon sens assuré, David Cameron a expliqué dans le tabloïd allemand Bild la nécessité d’introduire cette réforme : « Nous souhaitons que les gens arrêtent de puiser dans les bénéfices de notre système social avant d’y contribuer. Tout comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne respecte le principe de la libre circulation des travailleurs mais cela ne devrait pas signifier la liberté de profiter de nos avantages sociaux. » Ainsi, David Cameron a brillamment réussi à convaincre les convaincus, c’est-à-dire ses alliés de la CDU et de la CSU. Manfred Weber, député de la CSU à la tête du Parti populaire européen, s’en est enflammé au point de citer la proposition de Cameron à titre d’exemple à suivre pour tous les pays de l’Union. C’était sans prévoir les réactions des Européens de l’Est.

Pour Viktor Orban, qui a reçu David Cameron la semaine dernière à Budapest, le terme même d’«immigrés » paraît fortement inapproprié : « Entendre parler d’immigrés pour désigner les travailleurs temporaires hongrois en Grande-Bretagne nous blesse le cœur ! Les Hongrois travaillent honnêtement et leur contribution au budget britannique dépasse largement les bénéfices de la sécurité sociale qu’ils perçoivent. ». En clair, les « immigrés » viennent de l’autre rive de la Méditerranée et « l’immigration » ne peut désigner qu’un phénomène extrêmement négatif dont les récents événements de Cologne seraient l’illustration. Et Orban d’en conclure que les tentatives d’étouffer le scandale par la presse occidentale témoignent, par contraste, de la grande liberté des médias en Europe centrale…

Quant aux objectifs du Premier ministre britannique, rien ne se décidera sans un commun accord des quatre membres du groupe de Višegrad. Membre de cette union dans l’Union, la Pologne tient à la présence de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la politique de sécurité et de défense commune n’existerait pas sans la  Grande-Bretagne alors que les Polonais tentent de renforcer leur frontière orientale qui est aussi, rappelons-le, celle de l’Union européenne. Des soldats britanniques participent à des manœuvres en Pologne et patrouillent sur les côtes de la Baltique, au grand dam de Vladimir Poutine. Vu depuis Varsovie, Londres se dresse en unique rempart contre le nouvel impérialisme russe. Ensuite, les Polonais partagent avec les Britanniques un fort attachement à l’idée d’une plus grande souveraineté nationale au sein de l’Union. Enfin, la Grande Bretagne est le deuxième partenaire commercial de la Pologne, où elle a investi plus de trois milliards d’euros l’année dernière. Malgré cela, la Pologne est loin de consentir à payer n’importe quel prix pour éviter un Brexit. Le Premier ministre Szydlo s’est montrée intraitable quant à la suppression des aides sociales aux Polonais dont plus d’un million vit et travaille en Grande-Bretagne. Pourtant, immigrés de longue date, ces derniers ne seraient pas concernés par les mesures revendiquées, tandis que la bonne condition de l’économie polonaise limite considérablement les nouveaux départs.

En substance, le « niet » polonais anticipe l’élargissement des restrictions proposées par Londres à d’autres champs du marché commun tels que la libre circulation des marchandises, des capitaux et des services. Conservateur, le gouvernement polonais est encore davantage nationaliste et il était naïf de la part du Premier ministre britannique de croire que son homologue sacrifierait l’intérêt national par idéologie. Jedrzej Bielecki, éditorialiste du quotidien de droite Rzeczpospolita n’a manqué ni de perspicacité ni de cynisme en résumant la position polonaise : « Tony Blair a commis une erreur en ouvrant le marché du travail aux immigrés d’Europe centrale avant les autres pays de l’Union. De son côté, David Cameron s’est précipité inutilement avec sa promesse de référendum. La Pologne devrait aider le Premier ministre britannique à s’échapper de ce double piège. À condition toutefois que cela ne nuise pas à la raison d’état polonaise, qui s’appuie malgré tout sur le développement de l’intégration européenne. ». C’est dire que David Cameron ne devrait pas perdre de temps pour réviser sa copie s’il songe toujours à la tenue du référendum en 2016 ! Dans le cas contraire, c’est Vladimir Poutine qui risque de sabrer le champagne pour fêter le Brexit, autrement dit le début d’un processus de déstabilisation sans précédent de l’Union européenne.

*Photo: Sipa. Numéro de reportage : SIPAUSA31372937_000003.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 19 Janvier 2016 à 7h53

      walkyrie dit

      Cameron roule pour les Américains. L’Europe actuelle a été décidée avec la bénédiction des Usa qui y voyaient déjà à son origine une machine infernale qui s’enrayerait sans cesse. La solution eût été alors de fondre totalement les 6 états créateurs de l’Europe en un seul ou en une fédération. Et ça les Américains n’en voulaient pas du tout, trop dangereux pour eux du point de vue économique.
      Résultat on a une Europe bancale dont les peuples n’ont pas droit à la parole, c’est-à-dire une organisation dictatoriale laissée aux technocrates qui se tiennent très loin des réalités.

    • 13 Janvier 2016 à 21h08

      radagast dit

      En terminer une fois pour toute avec les mesures ou directives qui permettent à des non nationaux de venir travailler dans un pays sans être assujetti aux règlements et taxations sociales en vigueur dans ce pays pour ses propres nationaux est une simple question de bon sens et de justice.
      Après cela il faut cesser de tenter de nous faire peur , moins d’Europe ne signifierait pas un effondrement économique vu que l’Europe nous plombe plus qu’elle ne nous protège ou ne nous favorise .
      Moins d’Europe n’empêchera pas les sociétés multinationales de continuer leur business as usual là où elles estimeront qu’est leur profit , ni les pays extra européens d’acheter en Europe le peu qu’ils ne peuvent encore produire ou acheter à la Chine .
      Les seules qui seront un peu pénalisées seront les banques que la situation actuelle et l’euro arrangent bien.

    • 13 Janvier 2016 à 16h39

      mada dit

      Je suis d’accord avec Orban: les tentatives d’étouffer le scandale de Cologne – et pas seulement, voir p. ex. “le Monde” d’aujourd’hui, page 4, à propos de pareilles agressions en Suède en 2014 et 2015, passées sous silence à l’époque – prouvent que la prétendue liberté des médias occidentaux n’est qu’une pitoyable imposture. Ou foutaise, si on préfère. Il m’arrive de lire la presse polonaise et d’y trouver des informations complètement “oubliées” par la presse française. Et ça fait du bien. La censure n’est plus ce qu’elle était.

    • 13 Janvier 2016 à 13h26

      Fioretto dit

      Les pays de l’est ont une attitude ambigue. Dans côté sur la plan intérieur se posent en défense de la civilisation chrétienne. De l’autre ils sont très favorables à Erdogan dont il sont proches et le soutiennent dans sa démarche d’obtention de la libéralisation des visa pour les citoyens turcs. Quand aux limitation des allocs pour les étrangers à quand une mesure de ces genres en France ? D’ailleurs les gauchistes qui adorent le modèle multiculturel anglais ne nous parlent jamais de sa politique qui tend à limiter sciemment l’immigration musulmane et à la décourager.

      • 13 Janvier 2016 à 16h10

        mada dit

        Pourriez-vous dire un peu plus sur cette proximité entre les pays de l’Est et Erdogan?

    • 12 Janvier 2016 à 23h58

      Prince Murat dit

      Ce que nous savons, c’est qu’en Europe, la directive Bolkenstein, celle du ”Plombier Polonais” est pleinement entrée en application.

      Mais, combien de gens sont concernés, ce qui se passe réellement, silence dans les médias !

      Il y a dans l’article ci-dessus une phrase qui dit que l’Angleterre voudrait ”maintenir une économie florissante basée sur une main d’œuvre bon marché venue d’Europe centrale”. 

      L’exemple le plus connu, ce sont les abattoirs allemands : les cochons bretons terminent leur vie en parcourant un millier de km en camion pour aller se faire ”traiter” en Allemagne, parce que là-bas les salaires des ouvriers sont nettement plus bas qu’en Bretagne.

      La filière porcine est en graves difficultés chez nous, de nombreux abattoirs ont fait faillite…

      En plus, quel désastre écologique : tout ce gazole qui part en fumée !

      Il me semble avoir entendu un jour que les travailleurs roumains étaient logés dans des conteneurs, mais dans une récente émission sur Arte, ils étaient logés à 30 dans une maison familiale… 

      http://www.arte.tv/guide/fr/062286-002-A/vox-pop?autoplay=1

      En tout cas, on y parle d’horaires démentiels et à la fin du mois, de déductions qui ramènent leur salaire réel à 3 euros/heure.
      Et refus des primes légales pour le travail de nuits.

      Tout cela entre les mains d’une mafia d’éphémères sociétés ”sous-traitantes”.

      Mme Merkel espère-t-elle que les syriens accepteront 2 euros ?

      Il serait intéressant d’en savoir plus sur la situation en Angleterre, sur ces fameux ”Zéro Hour Contracts”.

      En France, il semblerait que les Chantiers de l’Atlantique connaîtraient leur succès dans la construction des ”super-paquebots” grâce surtout à une main-d’œuvre d’esclaves sous-payés : les travailleurs ”détachés” !

      Mais apparemment, les ”français moyens’ ne veulent pas savoir !

      Et si, c’était pourtant l’explication d’une part importante du chômage des français ?

      • 13 Janvier 2016 à 17h32

        beubeuh dit

        “Mais, combien de gens sont concernés, ce qui se passe réellement, silence dans les médias ! ”

        Il suffit d’une bête recherche google, mais bon.

        Il y a bon an mal an 250 000 travailleurs détachés en France, et 300 000 Français qui bossent à l’étranger en utilisant cette directive. Donc les Français sont plutôt bénéficiaires. La France est d’ailleurs le troisième exportateur de travailleurs détachés, derrière la Pologne et l’Allemagne.
        Ces chiffres n’inclut pas les travailleurs détachés illégaux comme ceux de Saint Nazaire (qui sont un problème, mais liés au fait que la loi n’est pas respéctée, pas à la loi elle-même).

        • 14 Janvier 2016 à 9h52

          Prince Murat dit

          Merci pour cette information.

          A quand, une émission d’investigation sur ce qui se passe exactement à St Nazaire ? 

    • 12 Janvier 2016 à 17h16

      Chaquehommeestuneile dit

      L’Ue est destiné au même destin que l’URSS, le continent européen aura ainsi démontrer l’échec du communisme, du capitalisme et de l’union à marche forcé de pays différent

    • 12 Janvier 2016 à 16h05

      thd o dit

      Varsovie ne veut pas non plus qu’on se mêle de ses réformes à elle :

      http://www.theguardian.com/world/2016/jan/12/polish-press-nazi-imagery-war-of-words-eu-angela-merkel

      alors pourquoi casse-t-elle les pieds à Cameron ?

      • 13 Janvier 2016 à 13h13

        clorouk dit

        Parce que si la Pologne réforme ce qui la concerne à l’intérieur de ses frontières, le Royaume-Uni réclame des réformes qui concernent les autres, et sans contre-partie s’il vous plait! Le plus beau, c’est que malgré la Pologne, la Hongrie, la Slovénie, La République tchèque, la Slovaquie, ce que réclame M Cameron lui sera in fine accordé, car la technocratie opaque téléguidée par la fortune anonyme et vagabonde qui dirige l’Europe ne peut accepter une remise en cause de l’intégration. Ces gens-là iront jusqu’au bout, c’est à dire jusqu’à la ruine des peuples, plutôt que de renoncer à leurs privilèges et à leur utopie.

    • 12 Janvier 2016 à 15h26

      la pie qui déchante dit

      “”"UE: Cameron plombé par les Polonais…”"

      La Maire de Cologne ne lui a pas dit de marcher à reculons pour protéger ses arrières ???

    • 12 Janvier 2016 à 15h01

      steed59 dit

      comment comparer la GB avec la Pologne d’un point de vue économique. Le second n’est rien à côté du 1er. Les britanniques se fichent bien de savoir l’avis des polonais à propos d’une chose aussi importante que leur souveraineté nationale.
      L’auteur parle de ce qui rapprochent ces deux pays, elle oublie aussi ce qui les sépare profondément : la PAC. Les britanniques haïssent la PAC alors que la Pologne en est le premier bénéficiaire.

      • 12 Janvier 2016 à 21h38

        silco dit

        l’Europe se meurt, l’Europe est morte

    • 12 Janvier 2016 à 14h50

      golvan dit

      Cameron ferait mieux de s’occuper des Pakistanais dans son pays, qui forment une communauté totalement inassimilable qui se comporte comme un état dans l’état, et que les Britanniques ne supportent plus.  

      • 12 Janvier 2016 à 15h02

        Nolens dit

        Comme chez nous, les pakistanais sont musulmans et comme chez nous ils sont totalement inassimilables.
        Curieusement les même causes produisent les mêmes effets.
        Immigré pour un français veut dire arabe ou noir et souvent musulman.
        Curieusement aussi, on ne considère pas les asiatiques comme des immigrés, peut-être qu’ils ne posent pas de problèmes …
         

        • 12 Janvier 2016 à 15h14

          Félix dit

          En effet, les immigrés non musulmans ne posent aucun problème. Ils ont bien sûr, comme tout le monde, leurs petits délinquants, leur mafia même, mais dans des proportions raisonnables par rapport à leur nombre. Et puis, ils ne commettent pas d’attentats et ne brûlent pas les voitures. Ils ne nous traient pas de “sale française” comme cela est arrivé à ma fille à un abris de bus.

          Quand on dit que chez les autres, ce n’est qu’une petite minorité, non c’est une très grosse minorité. 

    • 12 Janvier 2016 à 14h43

      la pie qui déchante dit

      ééUE: Cameron plombé par les Polonais “”

      Cette fois ci , on pourra pas dire que ce sont les migrants …

    • 12 Janvier 2016 à 14h43

      plplalbe dit

      “Malgré cela, la Pologne est loin de consentir à payer n’importe quel prix pour éviter un Brexit.”
      Bien sur qu’ils en paieront le prix ou c’est eux qui partiront l’ue ne laisser a pas partir la GB comme cela la Pologne en face ne fait pas le poids c’est même un boulet .

    • 12 Janvier 2016 à 14h18

      thd o dit

      Cameron a tout à fait raison de vouloir stopper l’engrenage bruxellois (à supposer que c’est bien ce qu’il veut faire) car celui-ci est une machine à détruire les Etats.

      Or les Etats sont la seule chose qui fonctionne, et ils arrivent parfois à compenser la nullité des politiciens et des médias.

      Voyez comment nous sommes gouvernés aujourd’hui :

      Une discussion en conclusion du dernier débat de la Fondation res publica (sur la dernière réforme des régions) :

      http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a923.html

      revient notamment sur une impression commune : celle de ne plus être gouverné, que les politiciens ne savent pas où ils vont mais y vont quand même, avec énergie et en faisant bien des dégâts.

      Inquiétant.

      Et cela a beaucoup à voir avec la perte de culture propre à l’Etat français, qui nous vient tout droit de ce très néfaste projet européen.

      Il faut donc en revenir à une plus grande place donnée aux Etats, et notamment à être bien convaincus qu’ils ne vont pas disparaître et que Bruxelles n’est absolument pas en mesure de les remplacer, pour obtenir un fonctionnement plus satisfaisant de notre pays.

      Cameron et les Anglais sont dans un état d’esprit beaucoup plus sain que les Français, de ce point de vue, et on aurait tout intérêt à suivre leur exemple (comme l’ont demandé 55% des électeurs en 2005, et sans doute beaucoup plus aujourd’hui).

      • 12 Janvier 2016 à 15h20

        Félix dit

        Vous avez raison. Seuls les Etats peuvent résoudre la problèmes. Si les civilisations se sont organisées en Etats et les peuples en Nations, puis en familles, c’est que c’était nécessaire.

        Et cela a fonctionné jusqu’à présent. Et qu’on ne se raconte pas d’histoires, comme dirait le Général; ce n’est pas en détruisant les Etats-nations, les appartenances et les identités qu’on aura la paix. Bien au contraire car les masses n’étant plus identifiables, elles se livreront à n’importe quoi. 

      • 13 Janvier 2016 à 17h23

        beubeuh dit

        “Or les Etats sont la seule chose qui fonctionne”

        J’ai éclaté de rire en vous lisant. Si le projet européen a pu fonctionner jusqu’à présent, c’est justement parce qu’une bonne partie des Etats de ce continent sont historiquement déficients. Pourquoi croyez-vous que les Grecs continuent à accepter des mémorandas humiliants pour eux? Parce qu’il savent que l’alternative, c’est l’Etat Grec, qui n’a toujours été qu’une vaste blague. La Roumanie est infoutue de mettre en place des normes anti-incendies qui tiennent la route et la Pologne dépend de transferts financiers envoyé par ses ingénieurs qui font la plonge dans les restaus londoniens.
        Je n’ose pas trop m’étendre sur la question de l’anti-terrorisme, chacun pouvant constater les brillants résultats de la stratégie du chacun pour soi et des chasses gardées étatiques.

        Quand à la supposée perte de culture de l’Etat Français, rassurez-vous: cette culture se porte à merveille. On continue à multiplier les chefaillons, à privilégier le haut de la hiérarchie au détriment de l’opérationnel, à se perdre dans des intrigues de cours et des guéguerres parisiano-centrées et à ne surtout pas partager l’information -même triviale- avec le bureau d’à côté. C’est d’ailleurs pour cela que notre influence en Europe est très en deçà de note importance réelle.

    • 12 Janvier 2016 à 14h15

      bu2bu dit

      Waou! La déstabiolisation de l’ UE ! Quel pied !!!

    • 12 Janvier 2016 à 14h14

      thd o dit

      Ah, là, là, les mégalomanes polonais n’ont pas fini de nous emmerder.

      Mais c’est vrai qu’on peut leur reconnaître de ne pas être dans le trip disparition des Etats hélas trop courant dans certains autres pays…

      “maintenir une économie florissante basée sur une main d’œuvre bon marché venue d’Europe centrale”

      Oui, eh bien non, leur prospérité n’est pas basée là-dessus. Dans la faible mesure où ils comptent sur de la main-d’oeuvre bon marché, ils peuvent en trouver ailleurs. Là, leur problème c’est plutôt que leur île est surpeuplée…