Ils n’ont pas vengé Camerone
Mexique-France : un match très nul
Publié le 18 juin 2010 à 0:00 dans Société
Mots-clés : Coupe du monde, Sport

Bataille de Camerone.
Ma grand-mère paternelle ne comprenait rien au foot. C’est le seul héritage qu’elle m’a légué. La Mazie disait : “Pourquoi ne leur donne-t-on pas un ballon à chacun ?” Riez. Mais l’on peut se demander quelle avarice a poussé la France à ne pas donner une balle à chaque joueur français envoyé ces derniers-jours en Afrique du Sud, vu que ce n’est pas une équipe que nous avons expédiée là-bas, mais des starlettes qui auraient été fort aise de pouvoir dribbler leur baballe dans leur coin. Passons.
Passons, mais n’ayons pas la mémoire aussi courte qu’un short de footballeur. En 1998, la victoire de l’Equipe de France au Mondial avait déchaîné un torrent de ferveur populaire et de commentaires d’une hauteur de vue qui n’était pas sans rappeler les heures les plus claires de la “grande politique” nietzschéenne : la nation, disait-on, ne tirait de légitime existence qu’autour d’un stade et l’identité nationale se ressourçait en allant lécher le vert d’un gazon. On épargnera de citer les noms des brillantissimes intellectuels – certains sont, paraît-il, encore en vie –, qui vous faisaient la leçon, entonnant le Frankreich über alles sur l’air de la France black-blanc-beur.
Mexique-France : la catastrophe
Et puis, grand Dieu, la catastrophe. L’Afrique du Sud et un match déplorable contre le Mexique, dont l’équipe, contrairement à celle de la France, n’était pas uniquement composée de généraux, comme toute armée mexicaine pourtant l’exige. Si le football a quelque utilité dans la vie d’une nation, alors ayons l’honnêteté de dire que la pâtée infligée aux Français n’a pas vengé Camerone. Et qu’au contraire, cette nouvelle péripétie n’est qu’une dégradation supplémentaire de l’esprit national, comme l’aurait dit Maurras, qui était encore plus nul que moi en foot.
Et encore, le 30 avril 1863, la Légion étrangère avait résisté comme jamais aucune armée n’avait tenu une place dans l’histoire, au point qu’aujourd’hui les militaires mexicains font le salut militaire chaque fois qu’ils passent devant le monument édifié à Camerone. Eh bien là, non. Si les footballeurs français ont résisté à quoi que ce soit, c’est à l’effort et à la volonté. Et là, ils ont été les champions.
Une nation, le football jamais ne la fera exister. Ce n’est pas qu’elle soit une chose trop importante pour être confiée à des types qui fréquentent des bars à pute. C’est que le sentiment national échappe à ce genre de compétitions et à ce genre de systèmes, qui sont l’éclat le plus vif de la société du spectacle et de la société de consommation.
La nation se joue à domicile, pas sur des stades synthétiques, mais sous les vertes bruyères et les genêts changeants. Il lui faut la terre et les morts. Car eux-seuls, en fin de compte, nous apprennent quelque chose du match final et de ses résultats.
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L'auteur
François Miclo est rédacteur en chef de Causeur magazine. Twitter : @fmiclo
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turbo22 dit
Ah non, il va nous polluer tous les fils cet abruti.
Je vous le redit, quand on ne sait pas de quoi l’on parle on ferme sa sale g…
Si aujourd’hui vous pouvez sortir vos insanités, c’est grace à des hommes comme lui et certainement pas à des débiles comme vous
Saul dit
fallait s’ en douter qu’ ls nous feraient honte nos bleus..
faut les tondre !
Gilles dit
Pire que le chiffre de la défaite, il y a l’attitude et le style. Aucune volonté de jeu. Aucune solidarité. Aucun sentiment de révolte après avoir encaissé le premier but. Ils n’ont même pas perdu la tête haute après avoir tout tenté comme lors de la finale de 2006. Pire que tout, même pas un mot ou un signe aux supporters qui avaient fait le déplacement à grand frais pour les encourager.
J’espère que Laurent Blanc étant un homme pragmatique, ayant un vrai charisme et un mental de vainqueur (avéré) saura ou écarter ou recadrer les divas qui perturbent les concerts de vuvuzela.
Dandy de Grandchemin dit
@Porc. La Gêgêne est en deuil.
Porc dit
Bigeard a désiré que ses cendres soient dispersées sur Diên Bien Phû. Puissent ses dernières volontés être respectées.
alain jugnon dit
la nation
la terre et les morts
bernanos revient
muray au pied
le sang
le foot ça vaut mieux
on y perd rien sinon le ballon
pour vivre à fond son nationalisme
ça ne craint pas, ça passera
c’est un jeu
le seul autre terrain pour cela
sinon
c’est pas un jeu
Dandy de Grandchemin dit
C’était la pelle du 17 juin. Merci à Raymond la fiente.
Agnès dit
C’est également la remarque que je m’étais faite en regardant France-Uruguay : on les aurait crus à l’entraînement ! Seules les 10 dernières minutes ressemblaient un peu plus à un match de coupe du monde… Je n’ai pas regardé le match d’hier parce que j’avais une conférence-témoignage autrement intéressante, mais je vois que je n’ai vraiment rien raté!! Pourvu que Laurent Blanc parvienne à renverser la vapeur…
fatback dit
Et a contrario…
– Bixente Lizarazu (hier soir sur TF1)
Grandgil dit
ça rappelle une chanson de Jean-Pax Méfret le Jean Ferrat des réacs.
fatback dit
Un point positif tout de même. Pendant la Marseillaise, hier soir, Patrice Evra, capitaine de l’équipe de France, pleurait.
.
Putain qu’il m’a fait plaisir !
Roba dit
Réaction idiote et à chaud de Domenech: “Je suis comme vous, comme tous les téléspectateurs français, je ne sais quoi dire. Je suis déçu”. Sauf que ce triste sire n’était pas un quelconque quidam ou un commentateur sportif mais bien un type payé (grassement) pour faire un boulot. Domenech, le chaland qui passe… Comme l’écrivait Montherlant: “En prison, en prison pour médiocrité!”.
rackam dit
A moins que Miclo ait voulu écrire “la terre et les maures”…
Casca dit
Un article médisant à l’égard du foute et comportant des occurences à Camerone, Maurras et Barrès ; ça ne peut que me mettre de bonne humeur un matin de 18 juin.
rackam dit
Et dire que le futur sélectionneur s’appelle “Blanc”, ça va grincer dans les cages d’escalier.
Souris donc dit
A la Légion, l’équipe de France ? Trop d’honneur : des travaux d’utilité générale sous les quolibets des passants.
marek dit
François, je vous aime !
Midas dit
Le parallele est desequilibre evidemment mais peut-etre fecond: pourquoi ne pas envoyer l’equipe de France en stage a la Legion, quelques mois, pour leur apprendre l’essentiel?
Porc dit
Monsieur, vous avez cruellement raison. J’avoue qu’il ne me serait pas venu à l’esprit d’associer le foute à quoi que ce soit d’autre que “panem et circenses”. L’association d’idées avec Camerone me fait grincer des dents, car il est des défaites, des défaites militaires, plus glorieuses que des victoires. Les soldats mexicains s’honorent en saluant. En 75, devant Saïgon, les paras vietnamiens se sont sacrifié au cri de “A nous la Légion !”
DragonSage dit
SVP, je cherche les accords verbaux a la 3eme personne du pluriel “les militaires mexicains chaque fois qu`il passe” et Car eux-seuls, en fin de compte, nous apprenne “.
(J`ai une super-excuse pour les accents, je tape sur un clavier americain)
Et vivent les Bafanas Bafanas : qu`ils puissent pour leur premiere participation a une Coupe du Monde se payer une (soit-disant)grande equipe du monde occidental, cela me ferait bien plaisir !