Ilan Halimi, pour mémoire… | Causeur

Ilan Halimi, pour mémoire…

Un documentaire à ne pas manquer vendredi sur France3

Auteur

Luc Rosenzweig

Luc Rosenzweig
Journaliste.

Publié le 13 octobre 2014 / Culture Religion

Mots-clés : , ,

ilan halimi ben izaak

France 3 va diffuser, vendredi 17 octobre à 23h20, un documentaire d’une qualité exceptionnelle consacré à l’enlèvement et à l’assassinat d’Ilan Halimi par le « gang des barbares » dirigé par Youssouf Fofana. Après le « flop », en terme de succès public, du film de fiction 24 heures d’Alexandre Arcady, consacré au même sujet, il faut souhaiter que ce documentaire ait la plus vaste audience possible, en dépit de son heure tardive de diffusion. Son auteur, Ben Izaak (pseudonyme d’un grand producteur de cinéma qui se lance tardivement dans l’écriture et la réalisation) a délibérément renoncé à faire vibrer la fibre émotionnelle pour se concentrer sur l’autopsie d’un échec policier. Toute la chaîne de commandement et d’exécution de la brigade criminelle de la PJ parisienne est convoquée devant la caméra pour expliquer ce qui n’a pas marché, et pourquoi les auteurs de ce crime barbare n’ont pu être repérés et mis hors d’état de nuire avant d’abandonner, mourant, leur otage au bord d’une voie ferrée de la banlieue sud de Paris. La réponse apparaît dans son aveuglante et terrifiante simplicité : ces professionnels de grande qualité, techniquement aguerris, n’ont pas suffisamment pris en compte la dimension « nouvel antisémitisme », celui des cités de banlieues, pour ne traiter l’affaire que sous l’angle de l’enlèvement crapuleux.

La police, comme beaucoup d’autres professions, se réfère à ce qui a déjà eu lieu pour trouver des solutions à ce qui advient. Un  profilage  psychosocial  plus fin  des auteurs de l’enlèvement, tenant compte des intuitions de la famille Halimi et de l’évolution de la « pensée-banlieue », aurait peut-être induit un modus operandi plus approprié. En publiant, par exemple, le portrait robot de « l’appât », et en donnant à ce rapt une publicité  poussant les ravisseurs à la faute, et des témoins de la cité de Bagneux où Ilan était séquestré à informer la police de leurs soupçons. Le déni de la dimension antisémite de ce crime s’est poursuivi jusqu’à la Cour d’assises, comme le montre l’entretien avec une des avocates des criminels interrogée par Ben Izaak…

Lorsque le générique de fin de ce documentaire défilera, les plus anciens de ceux qui auront veillé tard pour le voir se souviendront  peut-être de l’adaptation française, par Graeme Allwright, d’une ballade de Bob Dylan «  Qui a tué Davey Moore ? » évoquant la mort, sur le ring, d’un boxeur pris dans les rets d’un système devenu fou… On attend maintenant avec impatience le prochain documentaire de Ben Izaak, qui se penche sur «  Les territoires perdus de la République », une dizaine d’années après la publication de cette enquête dirigée par Georges Bensoussan.  Où l’on verra que les profs peuvent être des flics comme les autres. Aussi bons, et aussi mauvais.

*Photo : BENOIT TESSIER/AP/SIPA. AP20986341_000001.

  • Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !

    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 24 Octobre 2014 à 11h22

      isa dit

      Article et film indispensables.

    • 24 Octobre 2014 à 2h58

      isa dit

      Juste deux secondes pour préciser qu’éclairent est pas le seul a délirer sur ce site.
      Heureusement que lire Lector est d’un chiant atomique, ce qui fait que peu le font.
      Ce qu’il écrit est en général d’une bassesse înouie, jamais attaquée, il ” écrit bien”.
      On s’en tape totalement de son style pervers.
      C’est un brave antisemite comme machin cite des la première phrase, dont les délires logorrhéiques sont tolérés ici.

      A la vue du documentaire sur Ilan qui restera pour toujours dans mon cœur, je suis outrée par la position d’un Bilger qui a eu droit de cité ici. Pauvre naze, c’est ça qui ” procurait” avec la juge gauchiste?
      Ben mon vieux!
      Et l’immonde Julien Dray qui veut faire encore de la politique pour récupérer Ilan! Il ose dire que Sarkozy a été ” gêne” de dire que c’était un crime antisemite?
      Il m’a dit très rapidement et, en tant que ministre de l’Interieur, il a toujours avoué que c’était son plus grand échec et l’histoire la plus horrible qui lui ait été donne de voir!
      ” ne faisons pas d’arguties, ne tournons pas autour du pot, c’est un crime antisemite” Sarkozy.
      La maire de Bagneux”ils ont été déscolarisés, les pauvres ont perdu leurs repères”.
      Je connais parfaitement Bagneux et cette cité ou l’antisémitisme qui ne disait pas son nom existait déjà dans les années 70.
      Je me fous de savoir de quel extrême il vient, à l’époque c’était des Dupont lajoie de souche qui ont contaminé les nouveaux tarés avec leurs histoires de Juifs et de pognon.

      Quant à dire que SOS racisme a créé l’antisémitisme, faudrait arrêter les produits nocifs!
      Le meilleur d’entre nous reste Malek Bouti pour qui j’ai la plus fervente des admirations.
      Regardez ce documentaire pour lui, l’anti- Zemmour qui explique parfaitement bien a quel point aucun travail sérieux n’a été fait sur la collaboration, que la France est malade de son antisémitisme decomplexe( cf les intellectuels ostracises qui prolifèrent sur la toile), qu’elle est malade tout court d’ailleurs d’être si profondément antisemite.

      Passage parfait aussi sur la gauche qui a peur de nommer les tenants de l’antisémitisme. Parce qil n’en existe pas de nouveau, c’est la même éternelle gangrène.

      Ilan, ton martyr n’a même pas servi a leur faire comprendre.
      Merci Malek. 

      • 24 Octobre 2014 à 7h11

        isa dit

        A voir absolument, encore un dernier jour en replay.

      • 24 Octobre 2014 à 11h31

        nadiacomaneci dit

        J’irai voir Isa, merci pour le lien, oui, Malek Boutih est un grand.
        Quant à l’immonde Bilger, m’est avis qu’on ne le reverra pas de sitôt sur Causeur… mais pour d’autres raisons…

        • 24 Octobre 2014 à 12h11

          isa dit

          Un document calme et pondéré sur l’antisémitisme français éternel, à ne surtout pas manquer.
          La mémoire d’Ilan entre les mains de l’avocat général Bolger.
          On comprend le dégoût familial.
          La soeur d’Ilan explique, avec calme et tristesse insondable, le calvaire des Halimi  et l’autisme de la police.

        • 24 Octobre 2014 à 13h18

          mogul dit

          Isa,
          Je suis partagé entre le plaisir de vous relire, et le tissu d’âneries que je viens de lire. L’éternel antisémitisme français ? Parlez plutôt d’éternel antisémitisme tout court ! La France serait seule dépositaire de cette engeance, serait elle responsable de la shoah ou des méfaits du hamas ? Un peu de sérieux !
          L’attaque contre Lector est incompréhensible, mais je lui laisse le soin de vous répondre si l’envie lui en prend.
          Ignoble, Bilger ? Là aussi, on se calme, rappellons qu’il avait quand même requis la peine maximum contre Fofana. Et les propos ignobles de Szpiner à son encontre, et les manigances du CRIF en avaient choqués plus d’un !

    • 15 Octobre 2014 à 18h27

      Pig dit

      On est plus à l’époque de la télé de grand-papa ! Aujourd’hui, n’importe l’heure de passage d’une émission : on enregistre et on regarde quand on veut, enfin voyons !

    • 15 Octobre 2014 à 18h25

      Pig dit

      Ce n’est pas parce qu’on a des préjugés sur les juifs qu’on est antisémite. Et en l’espèce, le préjugé n’est pas négatif (avoir de l’argent, faire partie d’une communauté solidaire). Si on remplace juif par “avoir une cravate”, on le comprend (je m’en suis pris à lui parce qu’il a une cravate, car les gens qui ont une cravate ont de l’argent). 

    • 14 Octobre 2014 à 21h18

      Lector laetaberis dit

      @Mouah
      Mais cet “univers mental”, comme vous dites, les antiracistes professionnels ont largement contribué à le construire…
      Je vais vous répondre sur le « mais » : j’aurais dit « et » à la place. Je le précise car il n’a jamais fait de doute dans mon esprit que le mvt SOS dès sa création était une curiosité dans un cabinet des horreurs idéologiques contemporaines. Les slogans que proféraient leurs adhérents dans les manifs de ma jeunesse m’étaient trop étranges déjà.
      Avant SOS en tout cas, je n’avais pas observé à mon adolescence dans mon entourage banlieusard de communautarismes ; il existait bien une solidarité – au moins discursive -, disons une connivence entre sépharades et arabes du Maghreb, plus qu’avec les ashkénazes par exemple. Les portugais étaient assez communautaires, en fait ; d’ailleurs la seule insulte xénophobe que j’ai entendue proférée dans mon enfance était : « sale portos ! », à l’adresse de n’importe qui. Tout ce qui était ringard, déclassé, plouc, con ou pas « in », était « portos » quand on était un gamin de cité. A part ça…
      J’ai le souvenir d’une banlieue plutôt heureuse, faite notamment des récits de nouveaux arrivés, d’Egypte, de Corse ou de Yougoslavie. La discrimination était d’un genre social, et localisée, confinée dans qqs lieux, une éventuelle salle de classe, au plus un club de tennis. Il y avait un camp de manouches sur la colline, des ouvriers dans les bâtiments, des fonctionnaires dans les tours, un aviateur au 8ème, un architecte en terrasse ; le médecin de famille était antillais. Et tout fonctionnait sans trop de heurt. L’ennemi public n° 1 c’était Mesrine.
      Bref les antiracistes professionnels n’ont pas eu de prise sur ma génération. Le caractère raciste d’une « bavure policière » (Oussekine/Pasqua) ne faisait pas de doute mais la révolte intérieure plus qu’une simple indignation provenait d’un sentiment d’appartenance nationale, ce qui pouvait se traduire par des slogans fraternels, sincères tant la valeur nous semblait évidente, mais qui aujourd’hui sonnent creux.
      Le racisme ordinaire, ça nous faisait rire, on ne s’en préoccupait pas, c’était pour les cons et les salauds ou les ignorants. Evidemment que Baudrillard a raison. La Licra, Sos et tutti quanti ont érigé le racisme ou l’antiracisme, ce qui revient au même, en valeur de combat. De quoi s’inquiétait-on dans les années 80 ? Précisément je me souviens de cette idée qui planait sur les discutions : déléguer à des associations la mission de l’état est une démission républicaine. Voilà le genre de pensées qui constituait notre univers mental. Le moindre pignouf qui s’essayait à une drague culpabilisante depuis sa victimisation nous faisait éclater de rire parce que l’absurdité de ses propos ne faisait pour nous aucun doute.
      Alors oui, la génération ou le genre Houria Boujdelà, et ceux qui l’ont instruite, sont des irresponsables aux responsabilités, lourdes de conséquences. Et ce n’est pas juridiquement inscriptible.
      Pour revenir au meurtre d’Halimi, je voudrais ajouter ceci : si le caractère antisémite a été à juste titre retenu, ajouté, à l’accusation dont à dû répondre le criminel Fofanna, ne pourrait-on voir, dans cette affaire, ou par les commentaires qu’elle a suscités les limites de la loi qui le décrète, l’inconséquence de la loi Gayssot ?

      • 14 Octobre 2014 à 21h19

        Lector laetaberis dit

        Il semble bien que la chose que d’aucuns (Cf. cet avocat de la défense) se refuse à entendre c’est que l’acte de torture en question est par là même au-delà du crapuleux ; la personne kidnappée, Ilan Halimi, depuis le traitement subi durant sa détention jusqu’à son exécution et l’abandon de son cadavre a été nié en tant qu’humain, réduit à un objet de transaction, un paquet, rien. Tous les critères de la négation sont ici réunis. Or ce que dit l’avocat, véritablement, c’est que Fofanna (et ses complices donc la cliente de celui-là, ceci explique la rhétorique de robe) n’a pas conscience de cela ; il aurait pu et l’a fait s’en prendre à d’autres… (sauf que ceux-là s’en sont sortis dira-ton ?). Je veux bien le croire, que Fofanna soit à ce point stupide et barbare qu’il soit pour l’avocat « innocent » d’antisémitisme. Admettons que ce ne soit pas par judéophobie caractérisée que Fofanna a perpétré son crime ; la qualification d’antisémite subsiste et l’accusé doit répondre de cet acte. Il ne peut pas ; voilà ce que dit l’avocat. La justice c’est son rôle, ayant condamné le criminel pour son crime, l’accusé reconnu coupable de cet acte, on ne saurait défendre la rhétorique dudit avocat et nous ne sommes pas en Cour. Pas en Cour et donc nous sommes bien obligé de constater que c’est parce qu’il était juif qu’Ilan Halimi a été kidnappé puis éliminé. Mais le doit républicain qui doit considérer chacun des citoyens à l’égal devrait qualifier la spécificité de négation dans un meurtre (commis par qui que se soit et sur quiconque), ce qui est/était critère aggravant constitué par la torture.
        Le caractère antisémite, juridiquement parlant aussi, est associé à la judéophobie. Admettons que la phobie ou la haine soit du ressort du droit (ce qui pose qd même problème parce que c’est une sorte de substitution de compétence -à la psy et/ou à l’éducation intellectuelle), et considérant les propos de l’avocat, n’est-ce pas la qualification de négationnisme barbare (par exemple) du meurtre comme circonstance aggravante qui devrait être retenue ?
        Le négationnisme historique (i.e. avant qu’il ait pris une forme juridique) c’est exercé contre les humains. Le crime de Fofanna est inhumain. Voilà je crois ce que devrait dire le droit. Voici pourquoi je pense que la qualification d’antisémite dans le droit républicain finit par produire (en supplément) de l’antisémitisme : les objections, hypocrites ou non, mal intentionnées ou pas, en niant la qualification d’antisémitisme qui vaut en creux pour celle de négationnisme, ajoute de la négation à la négation, au prétexte d’une différentiation qui est reçue comme un « régime de faveur », ce qui en l’espèce confine à l’obscène.
        SOS racisme n’a eu pour effet qu’augmenter le racisme et la Licra l’antisémitisme.
        Je tiens ces propos, précisant comme je l’ai déjà dit sans ambages et de manière brutale : cette obscénité d’une 21ème siècle, est une indécence sur scène nazifiée ; c’est ce que je nomme pour ma part “le quatrième Reich”.

    • 14 Octobre 2014 à 0h18

      Mouah dit

      @ Cage :
      1)  l’abruti de service d’Agoravox confond l’écrasement, en avril 43, de l’insurrection du ghetto de Varsovie dont au demeurant une bonne partie – la majorité, sans doute – de la population avait déjà été assassinée, avec le soulèvement de Varsovie à la fin de l’été 44 ! A moins qu’il ne pense que toute la ville de Varsovie était un ghetto juif… Quant à l’Armée rouge, il est bien connu qu’au printemps 43 elle attendait tranquillement à qq km de Varsovie…
      2) La jeunesse de France est tellement saturée d’informations sur la Shoah qu’un ami, qui demandait à la mairie de son domicile (en région parisienne) un acte de décès de son père assassiné à Auschwitz, s’est entendu répondre : “Ecrivez à la mairie d’Auschwitz”. Le chef de service  lui a demandé de ne pas en vouloir à l’employée : “elle est jeune”.

    • 13 Octobre 2014 à 17h13

      silco dit

      On va nous asséner l’affaire Halimi régulièrement sur les chaines de télé comme les docu de la Shoa auxquels on a droit une fois par trimestre sur une chaine de télé?

      • 13 Octobre 2014 à 19h34

        Bibi dit

        Oui car en Europe éclairée – càd “occidentale” – on adore montrer les juifs morts ou en pyjama rayé, histoire de “équilibrer” avec l’image ô combien plus horrifiante du juif armé.

        • 13 Octobre 2014 à 23h48

          cage dit

          Bonsoir bibi
          il semble qu’en dépit d’une supposée sur-représentation de la shoah, l’”europe éclairée” a encore qq confusions historiques. à surmonter..:
          http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/71-ans-apres-varsovie-le-ghetto-de-157934 

        • 14 Octobre 2014 à 0h10

          Bibi dit

          Bonsoir cage,
          Représentation et leçons tirées sont très différentes.

        • 14 Octobre 2014 à 16h18

          cage dit

          “Oui car en Europe éclairée –  “occidentale” – on adore montrer les juifs morts ou en pyjama rayé, histoire de “équilibrer” avec l’image ô combien plus horrifiante du juif armé.”
          Bibi, 
          vous avez évoqué à plusieurs reprises ce point de vue. Il y a-t-il un travail réalisé sur le sujet auquel cas svp, liens éventuels.
          Selon moi, l’identité juive contemporaine est structurée?, traversée?, agitée?, par Israel, la Shoah, et la Torah  ces trois termes étant interactifs et donc, compliqués et conflictuels.
          perso,  je suis de ceux que la Shoah a “travaillé” pour y travailler en retour, et je pense que cette tragédie est une ouverture à l’étude et connaissance de la WW2 et WW1 et non une fermeture. 

        • 16 Octobre 2014 à 11h57

          Bibi dit

          cage,
          Le sujet n’est pas l’identité juive mais la représentation de celle-ci et davantage celle du “pourquoi” on s’en prend. Il est clair que, pour bien trop de gens, l’incompréhension demeure et de ce fait, aucun enseignement ne peut être tiré.
          Peu d’européens osent affronter ces questions, et encore moins de produire qq-ch de valide. On y travaille à Yad Vashem, et à l’Univ. Hébraïque de J’lem (Wistrich).

      • 14 Octobre 2014 à 17h25

        gigda dit

        Vous préféreriez sans doute qu’on vous “assène” autre chose? Ah pourquoi Fofana ne vous a t’il choisi? Vous n’auriez plus de problèmes de télé!!!

    • 13 Octobre 2014 à 17h12

      silco dit

      On va nous asséner l’affaire Halimi régulièrement sur les chaines de télé comme les docu de la Shoa auxquels on a droit une fois par trimestre?

    • 13 Octobre 2014 à 15h19

      Mouah dit

      Quelques jours après l’assassinat d’Ilan Halimi, j’expliquais à une collègue qu’Ilan avait forcément été ciblé parce que juif. Sinon, pq enlever, à fins de rançon, un jeune vendeur de téléphones, fils d’un petit commerçant et d’une standardiste ? En raccrochant le tél à 20h30, j’entends PPDA annoncer que la juge d’instruction vient de retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme. Ce, après avoir entendu les mis en cause (“on avait décidé d’enlever un juif parce que les juifs ont de l’argent, etc.”).
      Dommage que les policiers chargés de l’enquête ne se soient pas posé la question du choix de la cible… Ou, s’ils se la sont posée, qu’ils n’aient pas su y apporter la seule réponse “cohérente”. 

      • 13 Octobre 2014 à 15h26

        Parseval dit

        http://libertes.blog.lemonde.fr/2014/05/31/gilles-antonowicz-laffaire-halimi-du-crime-crapuleux-au-meurtre-antisemite-histoire-dune-derive/
        Évidemment ce n’est pas parole d’évangile, mais ça donne un point de vue de l’intérieur du dossier.

        • 13 Octobre 2014 à 15h39

          Mouah dit

          L’interview de cet avocat, sur laquelle il y aurait bcp à dire (il oublie notamment l’appel de Fofana à un rabbin trouvé l’annuraire : “Nous avons enlevé un juif”), ne contredit pas, et pour cause, mes affirmations : Ilan Halimi a été enlevé parce que juif. Je n’ai pas dit, et la justice non plus, qu’il avait été tué parce que juif. Encore que…

        • 13 Octobre 2014 à 15h58

          Mouah dit

          Oups ! Il fallait lire “à un rabbin trouvé DANS l’annuAIRE” !

        • 14 Octobre 2014 à 4h38

          Lector laetaberis dit

          “C’est un crime crapuleux fondé sur des préjugés, des idées reçues et non sur une haine antisémite. L’objectif de Youssouf Fofana était d’obtenir de l’argent.”

          Mouech… crime crapuleux qd même fondé sur des stéréotypes antisémites (les fameux préjugés : juifs = riches et forcément communautaires = soutient/rançon etc. dans l’esprit de Fofanna) enfin bref antisémitisme par défaut et selon l’avocat du début à la fin avant tout et dans toutes circonstances par opportunisme, disons crapuleux aussi ; Fofanna n’était ni n’est peut-être pas d’un antisémitisme doctrinaire mais son acte l’a été, antisémite, parce que fondé par de tels préjugés, ce que l’avocat ne révoque pas ou ne peut contredire par la simple omission de qualification de ces actes ou préjugés et “idées reçues”… reçues de qui d’ailleurs ?… voilà ce qui a fait question aussi par la suite.

          Faut aussi se rappeler les rappeurs condamnés pour propos racistes et dont l’un s’était étonné : “je peux pas être raciste moi parce que je suis pas français” (sous entendu “de-souche” parce qu’il l’était, français, ce con). Voilà l’univers mental de certains. Alors dire que Fofanna soit une pauv’ truffe, ça oui, aussi, et barbare.

          Le gang s’était attaqué à Rony Brauman aussi, qui a tant critiqué Israël qu’on peut encore se dire que Fofanna est une grosse truffe. La bombe foireuse jetée dans le jardin de la propriété du journaliste était accompagnée d’un message à l’adresse du juif Brauman, il me semble, stipulé tel, pas à un “nanti de journaliste” par exemple ou à une simple “raclure de blanc”… et donc pas doctrinaire et complètement débile certes… mais d’un antisémitisme latent… d’où inquiétude légitime de la population que le stéréotype vise… et la suite… c’est Merah… ça, ce sont les faits.

        • 14 Octobre 2014 à 8h06

          Naif dit

          Comme d’hab depuis le début de cette affaire le monde dénie ou minimise le caractère antisémite. Ce n’est pas nouveau malheureusement. C’est un peu comme les balle magiques israélienne qui ont tué Al Dura. Très fort les Israéliens !

        • 14 Octobre 2014 à 10h34

          Mouah dit

          @ Lector :
          ““je peux pas être raciste moi parce que je suis pas français” (sous entendu “de-souche”” ; j’ajouterai : sous-entendu “blanc”) 
          Mais cet “univers mental”, comme vous dites, les antiracistes professionnels ont largement contribué à le construire, même si les choses commencent à évoluer un tout petit peu. N’est-ce pas D. Sopo qui, il y a très peu de temps encore, expliquait doctement que le racisme anti-blanc n’était pas du racisme, etc. ? Je me suis moi-même entendu dire, en appelant la LICRA il y a qq années : “le racisme est forcément le fait de la majorité contre la minorité” (sic).
          Mais il y a nettement pis : notre justice n’a-t-elle pas envoyé le même message en relaxant Houria Bouteldja, en première instance et en appel, pour son “les sous-chiens, les blancs, quoi, on les appelle comme ça puisqu’il faut bien leur donner un nom” ?! Certes, les attendus du jugement ne comportent pas “Houria Bouteldja ne peut pas être raciste parce qu’elle n’est pas blanche”… 

    • 13 Octobre 2014 à 14h52

      Habemousse dit

      Là aussi, tout part de l’éducation, plaque tournante grippée de notre société : il est temps d’interdire d’interdire d’interdire ….

    • 13 Octobre 2014 à 14h49

      cage dit

      la police est en ligne et fait le “sale boulot”

      les coupables sont aussi les responsables du travail de démobilisation-culpabilisation générale de toutes pensées critiques pdt des décennies. Les “louanges” de l’Autre, du Lévinas revisité en oubliant que ce dernier rappelle que “l’indulgence, il y a toujours un innocent qui la paie”. (in 5 lectures talmudiques)
       
      Hier à la manoeuvre, la gôôche de Cambadélis, Julien Dray, Harlem Désir, lèches bottes de Mitterrand, Plenel’s club, les grands constructeurs du mur des cons aujourd’hui. 
      Total écoeurement. 

      • 13 Octobre 2014 à 15h08

        Mouah dit

        כל שנעשה רחמן על האכזרים, לסוף נעשה אכזר על רחמנים
        “Quiconque fait preuve de miséricorde envers les cruels, finira par être cruel envers les miséricordieux”, Rabbi Eleazar in Midrash Tan’huma