Il a dit « Pédés » ! Carton rose pour Mourinho ?
Publié le 22 février 2012 à 10:55 dans Brèves
Mots-clés : homophobie, José Mourinho, Paris Foot Gay, Pascal Brethes
Le légendaire José Mourinho, entraineur du Real Madrid, s’est rendu coupable d’un délit puni par nos lois : l’homophobie.
Non, rassurez-vous, il ne s’est rendu coupable de rien du tout. Certes, il a bien qualifié de « maricones » les officiels de l’UEFA, mais il l’a fait lors d’une conversation privée, filmée à son insu par les reporters de la chaine de TV espagnole Cuatro, qui eux ont commis un délit, ou au moins une grave faute de goût en violant l’intimité d’une conversation privée à laquelle ils n’étaient pas conviés.
Mais que pèse le secret de la correspondance face à un crime aussi monstrueux que l’homophobie ? Après le scalp de Vanneste, les fondamentalistes LGBT réclament la tête de José Mourinho.
Ainsi Pascal Brethes, responsable du Paris Foot Gay, estime que les faits sont très graves, comme un témoigne ce best of issu de l’interview approfondie qu’il a donnée à nos confrères de France-Soir:
« Il est vraiment regrettable qu’un éducateur aussi important tienne des propos à caractère homophobe. Il est tout aussi navrant de constater qu’il n’y a aucune réaction, sur le plateau de la chaîne Cuatro, pour s’indigner de cette sortie. »
« Pédés, cela reste une insulte qu’on ne peut pas accepter (…) Si on laisse passer des propos homophobes, alors on laissera passer l’homophobie… »
« Seule la Ligue de football professionnel s’investit. C’est avec elle, d’ailleurs, que nous institutionnaliserons dès la saison prochaine une journée contre l’homophobie dans le football. »
Reste une question que France-Soir n’a pas posé à ce gay vigilant : quid des centaines de milliers de supporters qui à chaque soirée de Ligue 1 ou 2, de Coupe de France ou de la Ligue, de National, de CFA, et probablement même de foot féminin, accueillent immanquablement les joueurs adverses à leur entrée sur le stade aux cris répétés d’« enculés » ? On les emmène tous au poste illico ou bien on attend la fin du match ?
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L'auteur
Marc Cohen est rédacteur en chef brèves de Causeur.
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Pierre Jolibert dit
Décidément ma phrase sur l’absence d’échos était fausse et injuste. Je remercie Hathorique, Mangouste, Ferdibarda, Fiorino, Sausage et Tocqueville d’avoir aménagé cette petite chambre d’échos, plutôt cocasse.
En parlant de cocasse et de Belge, je constate que Maître Porc reprend ses publications, après deux semaines d’interruption, qui m’inquiétaient.
sausage dit
J’y suis passé il y a quelques jours, j’ai pu constater qu’il n’était pas avare d’attentions vis-à-vis de vous. Il vous suit. Comme nous tous :)
Dio Gêne dit
Associé football à gay…heuuuu….y’a comme un nom sens quelque part déja, ceci dis à l’image de ce Pascal Brethes, y’en à qu’on vraiment rien à faire de leurs journées. Mais voir les bons beaufs du Psg crier: A mort les homophobes, laissez les gays tranquilles, je me marre d ‘avance.
L'Ours dit
Fiorino,
je ne vois pas ce qui vous conduit à tirer de telles conclusions!
Je suis absolument contre les sanctions contre le blasphème.
De surcroît je ne suis pas contre le mariage homo, la seule chose qui me pose question en la matière sans que j’y réponde encore, c’est l’adoption.
Sur l’affaire en question, pour ce que j’en connais, c’est à dire très peu, je trouve cela dérisoire.
Fiorino dit
Je vous crois, mais la pluspart de gens qui se plaignent ici car on peut plus utiliser le mot pédé comme virgule, n’ont jamais levé leur petit doigt contre les loi anti-blasphème, que ce soit en Alsace ou dans d’autres pays européens.
Patrick dit
Firorino, pour vous l’Alsace est un pays européen ?
Sinon, je suis tout comme L’Ours et bien d’autres, contre des lois anti-blasphème. Mettre en place de telles lois ouvre les portes à touts les excès, chasse aux sorcières et autres.
Fiorino dit
Faut dire que votre victimisation est désinformation est très inefficace. J’ai même découvert que le mrap s’est porté partie civile à côté de l’Agrif pour racisme antiblanc. Alors sus au mrap (que je n’aime pas pour son antisionisme obessionnel) mais ce que vous raccontez sur ce soit-disant complot des associations antiracistes à ne pas voir le racisme anti-blancs n’est pas tout à fait exact.
Pierre Jolibert dit
Fiorino dit : “je suis contre le droit de vote aux immigrés, mais si les français sont favorables et bien je l’accepte”. C’est étrange : droit de vote des immigrés ne veut rien dire. Droit de vote des étrangers si, car étrangers est une catégorie juridique (cela signifie “personne n’ayant pas la nationalité d’un État”) alors qu’immigré est une notion géographique n’ayant rien à voir avec le langage du droit. Mais je ne dis ça que parce que l’erreur est commise couramment, par les journalistes n’en parlons pas, mais aussi… je me souviens d’une émission télévisée au cours de laquelle Straus-Kahn, alors candidat putatif (primaire de préparation des élections de 2007), l’avait faite.
Et justement, du poids des mots : «quid des centaines de milliers de supporters qui (…) accueillent immanquablement les joueurs adverses à leur entrée sur le stade aux cris répétés d’« enculés »» : si cela impliquait que la notion de sexualité ne les intéresse pas, qu’elle leur paraît vide de sens, et que ce qui les intéresse en revanche c’est la hiérarchisation des mâles babouins (cf les brillantes synthèses éthologiques d’Hathorique), ils risquent éventuellement d’être poursuivis par la Sorbonne, pour Nominalisme ou Relativisme, ou je ne sais quelle affreuse hérésie.
Car, Agatha et Mangouste, parmi les choses qu’il est, non pas interdit de dire, mais certain que, dites, elles sont assurées de ne rencontrer aucun écho, sur Causeur, se trouve par exemple toute critique un peu trop poussée de la façon dont les mécanismes figés de la langue commune empêche la perception exacte des choses. Sus au politiquement correct, ça oui, mais le sémantiquement commode, ah non, pas touche, c’est trop commode.
Fiorino dit
Bref faute d’arguments vous êtes sauté sur un erreur de sémantique.
hathorique dit
Foiorino
“être sauté” est rarement une erreur et plus souvent un choix qui n’est pas toujours sémantique, mais parfois stratégique, parfois acrobatique.
Pierre Jolibert dit
J’ose croire que le fait d’avoir été sauté assez régulièrement naguère (mais j’essaie d’y aller diminuendo, je manque d’endurance) me permet de sacrifier tous les arguments qui me paraissent manquer d’ancrage dans le réel ou disons dans la vie.
Maintenant je pense que j’ai été injuste ; j’aurais dû rappeler la tentative de la Patronne pour remettre en cause la distinction droite-gauche.
sausage dit
Ce mot avait un sens hier, il en a toujours un aujourd’hui. Concernant « mademoiselle », la question n’est pas d’ordre sémantique mais politique. Comprendre pourquoi un pouvoir en place supprime un mot comme jadis on brûlait les livres. On peut voir ici l’action d’un féminisme forcené et/ou une évolution naturelle pour l’émancipation de la femme. Cette réflexion prolongée, on observe surtout un rouleau compresseur égalitariste qui risque de causer, sinon notre perte, la fin de l’excellence humaine. Je pense moins à Orwell qu’à Tocqueville.
Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie. Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre? C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu a peu chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses: elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.
sausage dit
(à Ferdibarda)
Mangouste1 dit
Pierre,
Merci pour la précision. Et vous avez raison : les glissements sémantiques sont rarement anodins, comme les imprécisions ou généralisations historiques dont on parlait ici il y a quelques jours ; comme eux, en effet, ils sont souvent les fondement (j’ose à peine dire les causes) d’une réflexion tronquée.
ferdibarda dit
Tout à fait d’accord avec vous sur le sémantiquement commode. On voit un peu la même chose sur le fil concernant la disparition de la case “Mademoiselle”. Tout le monde hurle contre ces abruties d’”Osez le féminisme”, mais personne ne veut se poser la question : le terme “mademoiselle” est-il encore pertinent aujourd’hui, et que signifie-t-il ?