Pourquoi il faut défendre l’identité (1/2) | Causeur

Pourquoi il faut défendre l’identité (1/2)

Le progressisme dogmatique ne passera pas

Auteur

Jean-Michel Castaing
est l'auteur de « 48 objections à la foi chrétienne et 48 réponses qui les réfutent » aux Editions Salvator.

Publié le 28 septembre 2016 / Médias Politique Société

Mots-clés : , , ,

Nicolas Sarkozy a scandalisé ses adversaires en mettant sur la table le sujet de l'identité. Quoi qu'en disent les tenants d'un économisme aveugle ou les partisans de la déconstruction, la défense de notre identité n'en est pas moins essentielle, y compris dans nos rapports avec l'Autre.
pimaire lr identite

Parisien célébrant une victoire de l'équipe de France durant l'euro 2016. Sipa. Numéro de reportage : 00763582_000032.

Le thème de l’identité s’est invité dans la campagne des primaires de la droite. Comme on pouvait s’y attendre, la résurgence de cette thématique a immédiatement suscité une levée de boucliers parmi le Saint-Office de la bien-pensance, qui s’arroge le droit de décider des sujets susceptibles de constituer l’ordre du jour des débats publics, et de recaler ceux qui doivent rester « tabous ». Des commentateurs de la vie politique ont cru déceler là une preuve flagrante de démagogie, ou de « populisme », de la part des candidats qui ramènent ce sujet, longtemps occulté, sur le tapis. Ces observateurs  seraient pourtant mieux avisés de discerner dans le retour en grâce de cette notion, le signe d’une inquiétude qui se fait jour dans l’opinion au sujet de l’avenir de notre pays. Car   l’identité regarde autant le futur que le passé et le présent.

Répliques de la déconstruction

Il est indéniable que la modernité a longtemps snobé cette thématique. Selon elle, l’identité, c’était la guerre, le repliement sur soi, le refus de l’ouverture à l’autre (ou l’Autre avec une majuscule). Cette suspicion, à laquelle l’école française de la déconstruction a essayé en son temps de donner des lettres de noblesse conceptuelle (Derrida, Foucault, Deleuze et leurs épigones), est passée dans l’idéologie dominante. Celle-ci, en se mettant en peine de vulgariser les thèses souvent abstruses des maîtres, a fait par contre-coup la part belle au cosmopolitisme, à l’antiracisme caricatural (antiracisme qui tient lieu à certains tout à la fois d’étendard idéologique, de système de pensée et de morale), au multiculturalisme. Il fallait désormais se méfier de tout ce qui gravitait autour des concepts de substance, d’identité, de ce qui évoquait, de près ou de loin, la permanence, la tradition. Bref, il s’agissait de liquider la métaphysique, et avec elle, ce qui relevait de la solidité de l’être.

Pour les petits-enfants de Michel Foucault, l’identité, c’est  trop solide, trop pérenne, trop historique, trop affirmé, pour une époque qui baigne dans le liquide, l’immédiateté, les échanges décousus sur les réseaux sociaux, les « AG » spontanées et les palabres inféconds de « Nuit debout ». Notre « moment historique », ou plutôt la partie médiatique émergée de celui-ci, qui croit avoir congédié l’histoire pour accoster sur les rivages d’un monde enfin réconcilié, un monde d’où toute raideur serait enfin bannie, associe toujours, en un indécrottable réflexe pavlovien, l’idée d’identité à l’extrémisme de droite.

Qu’est-ce qu’une personne attachée à l’identité, vue d’une métropole ultra-connectée, où se mélangent tous les modes de vie, toutes les cultures, au sein de laquelle toutes les religions, toutes les sectes se valent, sinon un zombie, un survivant d’une période glaciaire ? Si, en plus d’être attaché à l’identité de votre pays, vous êtes de surcroît rural et catholique, votre cas s’aggrave dans des proportions inquiétantes. Vous voilà désigné, dénoncé, comme le descendant des anciens maîtres de la France ! Et que dire si pour vous le mariage représente l’union d’un homme et d’une femme ! Votre cas est alors irrécupérable, votre dossier, définitivement non plaidable.

Un conservatisme à l’aise avec l’altérité

Malheureusement pour nos petits maîtres médiatiques, la majorité des Français continuent à en pincer pour l’identité. Pour la raison toute simple qu’ils désirent persévérer dans leur être, que leur culture, leurs mœurs, et tout ce qui constitue leur fierté, ne disparaissent pas. Sont-ils devenus pour autant plus obtus que leurs devanciers ? Encore faudrait-il faire la preuve que le conservatisme va de pair avec le raidissement et le refus des autres. Et si c’était tout le contraire ?

Est-ce si sûr en effet que rester attaché à son identité représente une source d’intolérance, de fermeture ? Ce serait plutôt l’inverse. Les personnes les plus ouvertes sont généralement celles qui sont à l’aise avec leur être propre. Je serai d’autant plus réceptif en échangeant avec celui qui pense différemment que moi, celui qui vient d’une autre culture que la mienne, que je serai fier de mon appartenance. Entre nous deux, il ne sera pas question de suprématie, ou de lutte pour la reconnaissance. Assumant tous les deux nos identités respectives, le respect sera tout de suite au rendez-vous, sans qu’il soit besoin de le formuler au préalable par des pétitions de principe.

Au contraire, une personne qui doute de ce qu’elle est, qui ne possède plus de culture spécifique, à laquelle on a omis de transmettre les richesses du passé de sa collectivité, sera dans l’obligation de se bâtir une identité de substitution. Pour ce faire, elle devra s’affirmer contre. Contre sa culture originelle, si mal connue, ou bien contre toute autre façon de penser que sa nouvelle secte lui aura désignée comme ce dont il faut se démarquer afin de rester dans le « droit chemin ». Ainsi, les thuriféraires de « la marche en avant » frénétique et de la tabula rasa, sont-ils souvent plus dogmatiques et butés que les tenants des traditions, qui respectent les cultures des autres, sans rougir de la leur.

Lisez la suite ici.

  • Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !

    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 3 Octobre 2016 à 3h37

      Luis.dealmeida dit

      Et NOTRE civilisation, bordel!

    • 2 Octobre 2016 à 20h26

      Made dit

      Bravo, tout est dit 

    • 29 Septembre 2016 à 20h00

      André Plougardel dit

      Alain Aquebar est français de souche.Un gaulois , un blanc de chez nous.Le problème est qu’Alain Aquebar est sujet à des flatulences.Oui, il pète,et il pète n’importe où,n’importe quand.Et quand il pète,Alain Aquebar,ce n’est pas des pets foireux qu’il envoie, non,c’est quasiment une rafale de kalachnikov.Il ne se gêne pas le saligot!

      Il lui arrive de péter dans un restaurant bondé.Je vous laisse imaginer la scène.D’autant plus qu’Alain Aquebar ressemble plus à un bougne qu’à un gaulois.Il est complexé d’ailleurs à ce niveau là.Et un pet de bougne ça fait mal, surtout pour l’olfactif.Le bruit et l’odeur, souvenirs ,souvenirs…Le souci c’est que notre flatulent impénitent n’a pas vraiment une tronche de gaulois.Le cheveu crépu,le visage halé et l’air patibulaire mais presque.

      La France a peur.Alain Aquebar a peur.La loi sur la déchéance de la nationalité concocté par nos amis socialistes en tête desquels Hollande,dont on comprend mieux maintenant pourquoi Mitterrand et Jospin l’ont allègement méprisé,notre ami Alain Aquebar limitera désormais ses virées culinaires à la recherche d’une gargote inoffensive où il pourra dégazer sans danger de déchéance de nationalité.

      Grâce à la déchéance de la nationalité concocté par notre aérophagique “un con pétant”,on pourra,pour un pet non convenu,extraire de la communauté nationale tout individu dont le pet excède un certain niveau de décibels au delà duquel le flatulent sera considéré comme terroriste .

      Merci les socialistes de merde.

      On dit que le diable est dans les détails.Prenez un portrait de Hollande et scrutez les détails.

      Vous verrez le diable en prada.

      André Plougardel militant FN chômeur SDF

    • 29 Septembre 2016 à 18h31

      beornottobe dit

      l’ “identité”??????? est toujours meilleure chez l’autre que chez soi! (disent les socialistes !!!!!! (sans rire)…………………..!!!!!!

    • 29 Septembre 2016 à 18h31

      beornottobe dit

      l’ “identité”??????? est toujours meilleure chez l’autre que chez soi! (disent les socialistes !!!!!! (sans rire)…………………..!!!!!!

    • 29 Septembre 2016 à 18h10

      beornottobe dit

      mais….. “ils” sont Démocrates !!!!!! (ENFIN CE SONT EUX QUI LE DISENT !)

    • 29 Septembre 2016 à 14h48

      persee dit

      Qu’est ce qui déplait souverainement aux pouvoirs totalitaires ? Des individus qui pensent par eux-mêmes et peuvent se ressourcer sur “des fondamentaux universels “: la famille ( lieu de névrose ,on la détruit), l’identité (puante , on la dilue ) la culture ( bourgeoise on la dénature , on la vole, on la vend ) le travail (une torture mais on le réserve aux potes ) . Tout est fait pour qu’un individu autarcique ne le soit plus , soit dépendant , interchangeable, déplaçable , et INUTILE : un homo-festivus , un homo-economicus, qui ont besoin de hochets( merci les médias) . même les idéaux sont des copies de bazar , vieillissantes et poussiéreuses des dogmatiques de tout poils.

    • 29 Septembre 2016 à 7h01

      thierryV dit

      Mais qu’ils aillent se faire voir les tenant d’une humanité obligatoire , d’une empathie doctrinaire , du partage certifié bobos premier cru, de la république des multitudes de plein droit. Ils commencent à nous courrir ces donneurs de leçon gratis bien incapables de fournir des solutions à des nations chauffées à blanc . 
      Laissez nous donc le loisir de nous rebiffer car c’est notre droit le plus souverain  , quitte à metttre dehors ces incapables qui continuent à penser que l’appartenance est un dangeureux signe de replis.
      Foutez nous la paix svp et allez prêcher ailleurs .

    • 28 Septembre 2016 à 21h42

      Warboi dit

      On parle de quel Sarko ? Celui qui était sous l’influence de l’ancien dirigeant de Minute (tiens un pote à Causeur) ou la mari de Carlita ? C’est le même et jamais le même, alors faudrait savoir.

    • 28 Septembre 2016 à 21h40

      Warboi dit

      Quand Sens commun vient nous parler de cosmopolitisme on a tout de suite envie d’avoir quelques précisions, le cosmopolitisme il est judéo ou maçonnique ? C’est pour savoir sur quelle MPT danser.

    • 28 Septembre 2016 à 20h31

      C. Canse dit

      Sachant que l’identité, c’est la conscience de soi. Combien de mètres de crêpe de Chine vous faudra-t-il pour emburkiniaiser tous les habitants de Molenbeeck ?

      Vous avez 7 heures et ne copiez pas ! 

      • 28 Septembre 2016 à 20h38

        GigiLamourauzoo dit

        Moi,j’le sais,mais faudra me payer!

        • 28 Septembre 2016 à 20h44

          C. Canse dit

          Pas folle la guêpe.

          J’ai déjà refusé de payer pour voir qui sortirait du chapeau à 2 euros, c’est pas ici que je commencerai.
          Au piquet, le cancre. Heu, là. Gnarf, gnarf, gnarf. 

        • 28 Septembre 2016 à 21h02

          GigiLamourauzoo dit

          C;Canse,il peut y avoir d’autres choses qui peuvent sortir du chapeau:)

        • 28 Septembre 2016 à 21h06

          C. Canse dit

          Yes, mais ‘faut pas le dire.
          Allez, à +. 

    • 28 Septembre 2016 à 20h30

      bartolomee dit

      Article brillant et fort bien écrit.

      Pourquoi faut-il donc s’expliquer sur cette notion de base ? Pourquoi est-ce tabou de rechercher d’où l’on vient, qui sont nos pères et nos mères (au sens le plus large de ce terme) ? Pourquoi, en France, cette recherche sur nous-même est-elle empreinte d’une coloration politique ? Par quelle association singulière avoir répondu à ces questions de premier ordre serait-il synonyme du rejet d’autrui ?

      A lire certains commentaires sur d’autres forums, on en vient à voir la France sous l’angle de la déraison, du débat pour rien, ou plutôt…pour nier l’autre, en le traitant de tous les noms, avec une goujaterie qui va de pair avec une vulgarité inouïe.

      Oui, j’affirme être fier de mon identité. Je la revendique haut et fort et j’emm…tous ceux qui me dénient ce droit.

    • 28 Septembre 2016 à 20h03

      alain delon dit

      “Les personnes les plus ouvertes sont généralement celles qui sont à l’aise avec leur être propre”

      Pensez-vous aux prostituées en particulier?

      • 28 Septembre 2016 à 20h09

        C. Canse dit

        Non, il pense aux portes, aux fenêtres, et pis ferme-la ! :-)

        • 28 Septembre 2016 à 20h18

          alain delon dit

          +1 pour le double axel

    • 28 Septembre 2016 à 15h15

      Pom’ Potes dit

      Excellent dernier paragraphe. J’avais pas fait ces liens-là. Merci!

    • 28 Septembre 2016 à 14h28

      brindamour dit

      Rural, catho, mariage normal, malheureux concernant 200000 avortements par an quand la pilule est remboursée par la sécu, dubitatif devant l’arrivée annuelle de 300000 immigrés du sud:
      là c’est le stage de rééducation psychiatrique. 

      Un Algérien ou un Chinois est-il attaché à son identité? L’arrivée massive de Belges Blancs dans leur pays, de nature à changer l’apparence de leur physionomie, leurs moeurs et leur religion se passera-t-elle dans l’harmonie?

      L’homme “de gauche” est plus souvent dogmatique et buté que l’homme “de droite” puisque l’homme “de gauche” sait ce qui est bon pour toi et que si tu ne penses pas comme lui tu es un salaud.
       

      • 28 Septembre 2016 à 15h17

        thd o dit

        Ouais, pt’et bin. Mais en ce moment l’homme de droite sait aussi ce qui est bon pour toi : la concurrence libre et non faussée.

        Comme la majorité des gens, pas fous, n’en veulent pas, cela nous met dans la situation actuelle avec 3 gros blocs électoraux de différents partis.

        Et le bloc DLF, FN, Villiers…qui correspond sans doute à ce que veulent la majorité des Français est inéligible, car diabolisé. Diabolisé par la gauche, bien sûr, mais aussi, sournoisement, par la droite libéralo-mondialiste, qui y trouve le moyen d’imposer ses cochonneries.