Haïti: le repos du guerrier humanitaire | Causeur

Haïti: le repos du guerrier humanitaire

Expats, chair fraîche, misère et prostitution

Auteur

Anne-Sophie Faivre Le Cadre
Journaliste indépendante

Publié le 28 février 2017 / Monde

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Dans l'île sinistrée, les expats des ONG ou des ambassades cherchent de la chair pas chère. Et leur fiancée d'une heure ou d'un an rêvent de trouver un mari blanc et riche qui les sortira de là.

La route nationale n°1, qui relie Port-au-Prince à Cap-Haïtien, Haïti, novembre 2016.

Cassandra1 ôte tous ses vêtements. « Je vais faire une rencontre, chérie », dit-elle de sa voix flûtée en enfilant un string de dentelle blanche. Elle s’asperge d’un parfum capiteux aux accents sucrés. Un peu dans le cou, un peu dans le creux des seins, un peu sur le sexe, « pour que ça sente bon partout ». Elle profite des dernières lueurs du soleil pour brosser ses longs cheveux noirs. L’électricité a encore sauté. « Ça porte bonheur », dit-elle dans un éclat de rire.

Misère de l’humanitaire

Trois fois par semaine, la jeune Haïtienne rencontre des « amis » dans sa petite maison de Port-au-Prince. Des ambassadeurs, des humanitaires, des travailleurs de l’ONU. Des hommes blancs, quinquagénaires, sexagénaires, au volant de leurs Mercedes blindées. « Je ne suis pas une pute, je travaille pour une banque », répète-t-elle plusieurs fois, comme pour s’en convaincre. « Lui, je le connais depuis longtemps, c’est un ami », glisse-t-elle sur un ton de confidence. Un ami qui lui a offert un iPad, un ordinateur et un écran plat qui forment un étonnant contraste avec le mobilier sommaire de sa masure. Quelques ablutions dans un seau d’eau tirée du puits, une touche de gloss sur ses lèvres vermeilles, une dernière vaporisation de parfum, une robe qui dévoile bien plus qu’elle ne voile, et Cassandra est partie, descendant vers une Mercedes blanche d’un pas chaloupé. Une porte claque. Le bruit sourd de la cylindrée se mouvant au gré des coups de reins de ses occupants accompagne le chant d’une soirée haïtienne – où les aboiements des chiens galeux se mêlent aux ruissellements de la pluie et au reggaeton que crachote un poste de radio, au loin. Cassandra reste trois heures en compagnie de son vieux galant et rentre tout sourire, billets dans une main, iPod dans l’autre.

Accoudé au balcon, Antoine se remet de ses exploits automobiles en fumant une cigarette post-coïtale d’un air conquérant. Le quasi-septuagénaire à la lippe tremblante occupe un poste à responsabilités dans une ambassade

[...]

  1. Tous les prénoms ont été modifiés.

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    publié dans le Magazine Causeur n° 43 - Fevrier 2017

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    • 2 Mars 2017 à 12h02

      Ganzo dit

      Whoaw, on découvre le fil à couper le beurre ! Fichtre l’aide humanitaire ne serait qu’un paravent pour pistonnés inutiles abusant du soleil et des fruits. Vraiment, on se pose la question !

    • 1 Mars 2017 à 16h57

      jbtsr dit

      Pitoyable article sexiste qui, comme d’habitude, ne présente les choses que du point de vue masculin. Portant dans ce genre de mission les “expats” sont très majoritairement des femmes, qui souffrent elles aussi de la solitude et vivent sous stress permanent. Bien sûr le sexe est omniprésent (plus qu’à Paris ??) bien sûr l’alcool est un échappatoire aux horreurs que vivent les travailleurs humanitaires mais que deviendrait la population locale sans eux ? Lorsque j’étais humanitaire mes collègues femmes collectionnaient les amants, tenaient une comptabilité de leur “records” et se bousculaient aux soirées “chaudes” des ambassades… Et alors ? C’est un crime ? Le puritanisme est de retour ? La vraie question est font-ils/elles leur boulot avec courage et efficacité ? La réponse est oui !! Alors Mme Anne-Sophie, vous pouvez garder votre morale à la c.. Et vous concentrer sur les partie fines organisées dans les palais de la République par les merdeux de métropole. Quant à la misère sociale ce n’est pas la peine de vous payer un billet d’avion pour Haïti.. Il suffit de traverser la France pour la découvrir, encore faut-il en avoir le courage.

    • 1 Mars 2017 à 10h01

      Nolens dit

      Le problème avec ce genre d’article, c’est qu’on n’est pas sûr que ce soit le reflet de la vérité.
      Admettons cependant que ce soit majoritairement la vérité, le problème se situe avec les gens qui sont payés par les contribuables, qu’ils appartiennent à UNO ou à une quelconque ONG. Les filles de ce pays, un des plus pauvres du monde n’ont elles, pas le choix. C’est la misère ou la prostitution.
      Là où je vis, sous les tropiques asiatiques, je pense qu’il doit y avoir les mêmes personnes, moins nombreuses quoi que … payés grassement (quel que soit le salaire d’ailleurs) par les contribuables occidentaux.
      C’est par là qu’il faut commencer, supprimer UNO ou du moins une grande partie de ce machin, c’est incontrôlable et assez nuisible, cesser de subventionner les ONG, toutes, elles sont passé maître dans le compassionnel larmoyant.
      Mais l’homme est mauvais, c’est une constante universelle comme celle de Planck.
      Réfléchissez bien avant de donner votre fric aux ONG, sachez qu’elles font, quoi que les journalistes et autres disent, exclusivement le mal, l’argent sert surtout à les faire fonctionner et à abuser les bénévoles qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

    • 1 Mars 2017 à 8h23

      silco dit

      Mais on continue à nous faire pleurer sur Haîti pour entretenir les histoires de c…l des ONG…

    • 1 Mars 2017 à 3h38

      IMHO dit

      Cet article, c’est OSS 117 à Port-au-Prince, les passages émouvants .
      Anne-Sophie confirme ses dons de pulp-fictioniste .
      A part ça, faire boutique son cul est quasi respectable dans deux départements français, au moins .

      L’article ci-dessus est plus réel et plus propre à faire grincer des dents:
      lisez et soyez écoeurés, mes bien chers frères .

      http://www.telerama.fr/sortir/tourisme-humanitaire-l-humiliant-business-de-certaines-ong-installees-en-haiti,153257.php

      Moins

    • 28 Février 2017 à 22h09

      Pierre Jolibert dit

      Mademoiselle,

      c’est avec une joie difficile à contenir que je me permets enfin de vous dire à quel point la qualité de votre travail m’éblouit. L’article qui m’a le plus impressionné, et me donne encore plus de plaisir à la relecture, c’est celui qui concerne les HLM.
      C’est que le plaisir est encore plus grand, en ces temps où s’accumulent les diatribes tournées contre les élites, de voir si délicieusement croquer par vous les petites affaires de ce qui s’appelle le peuple.

      Bravo et merci, et poursuivez sur votre voie, Madame (si vous êtes passée devant l’autel depuis votre passage à Erbil) car c’est une bonne direction. Serviteur.

    • 28 Février 2017 à 20h27

      Mickey_Mouse dit

      L’oignon donne mauvaise haleine par tous les bouts, donc.

    • 28 Février 2017 à 18h00

      Syagrius dit

      So what ?
      On arrête ce cinéma humanitaire avec Haïti?
      N’êtes vous pas en train de jeter le bébé avec l’eau du bain ?

    • 28 Février 2017 à 17h42

      jeanpierremartin dit

      Le coup de l’oignon, ça m’a un peu fait gerber.

    • 28 Février 2017 à 17h26

      Matpoly dit

      Si Causeur se met à faire la morale…