Suivre Causeur :     

Houellebecq, well but ?

On se lève tous pour Michel, mais pour quoi ?

Publié le 09 novembre 2010 à 6:00 dans Culture

Mots-clés : ,

Avec La Carte et le territoire, Michel Houellebecq écrit une "contre-utopie baroque".

Avec La Carte et le territoire, Michel Houellebecq écrit une contre-utopie baroque.

“Le monde est ennuyé de moy / Et moi pareillement de luy.” C’est sur cet exergue emprunté à Charles d’Orléans que s’ouvre La Carte et le territoire. A priori, ça sent furieusement sa posture. Le premier vers du prince, au moins, ne s’applique aucunement à Michel : loin d’en être “ennuyé”, le monde entier ou presque pâme devant luy.

C’est même ça, plus que la posture1, qui fait problème. Par quelle magie ce misanthrope pessimiste charme-t-il désormais tous azimuts, des blogueurs les plus rebelles aux critiques les mieux installés, de la gauche à la droite et jusques aux USA ?

Nabe, souvent lucide sur les autres, donnait en ces termes la recette du succès houellebecquien : “Roman à thèse + écriture plate + athéisme revendiqué + critique de son temps (mais pas trop) + défense du capitalisme + attaque des Arabes = succès garanti2.”

[...]

  1. Qui n’a pas ses petits défauts ?
  2. In Le Vingt-Septième Livre (cf. Dictionnaire des injures littéraires, de Pierre Chalmin).
  3. 3/9/10.
  4. Cf. Tintin et l’étoile mystérieuse.
  5. C’est moi qui cite.
  6. Note à mon éditeur Gilles Haéri (Flammarion) : Est-ce que je pourrais avoir la même ?
  7. A part les polars et les romans d’avant 1900, c’est-à-dire utiles.
  8. Voir notamment Les Îles élémentaires (Guide du routard, 2005), La Carte et le menu (Pudlowski, 2007), La Possibilité d’une particule (Héloïse d’Ormesson, 2009).
  9. Moi, si j’étais ses parents.
envoyer par email autre réseau social

La lecture de cet article est réservée aux abonnés

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 

Nos offres

A lire aussi

La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés

8

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 
  • 10 November 2010 à 17h00

    BvB09 dit

    La carte et le territoire est drole de la drolerie du desespoir voire du cynisme – ou de la réalité sans fard au choix- . Le livre se lit facilement et offre des digressions que seul Houelbeck peut entreprendre comme l’historique du bichon, le chien.
    Les critiques, sachant depuis longtemps qu ‘ il est un talent incontournable, se sont pr’ecipités sur ce livre, l’encensant pour ne pas paraitre ridicules, eux qui froncaient le nez depuis tant de temps. Pourtant ce livre n’est pas le plus marquant de Houelbeck, il est juste le moins dérangeant, comme taillé pour recevoir le Goncourt et probablement décevoir ses fans étrangers qui auront du mal à apprécier le regard de l’ auteur sur le micocosme francais du people.

  • 9 November 2010 à 20h28

    isa dit

    J’ai déjà dit ailleurs que je n’avais pas beaucoup aimé ce livre, à part quelques pages superbement écrites, de mon point de vue.
    Je ne comprends rien aux trois parties du bouquin, la première est ennuyeuse et la dernière n’a strictement aucun sens.
    en revanche, le bonhomme j’aime bien son côté très mal à l’aise dans les média, pas provocateur, on voit juste que ça le gonfle (il me fait penser aussi à Modiano ).
    En tous cas, naulleau continue inlassablement à l’esquinter, sans aucun arguments.
    Il devient très très fatigant ce critique de tout qui a dit qu’il aurait accordé le Goncourt à Sainte Ingrid (qui ne l’a pas écrit ce livre), je rêve .
    Et c’est lui qui anime “ça balance à Paris” sur paris première, et qu’on se revoit en deuxième partie de soirée chez Ruquier.
    C’est super la diversité du droit d’expression à la télé.

  • 9 November 2010 à 16h52

    hvb dit

    La vie est un tissus de coups de poignard qu’il faut boire goutte après goutte.Ainsi Agenor Fenouillard, natif de Saint Rémy sur Deule (somme inférieure) donne-t-il sa vision de l’existence….en 1893 sous la plume et le crayon de Christophe.

  • 9 November 2010 à 12h40

    Sophie dit

    Curieux, moi je l’avais dévoré “Les particules”. Pourtant, j’avais un a priori défavorable contre M.H., justement à cause de sa posture médiatique.

  • 9 November 2010 à 11h47

    livia dit

    Je n’ai pas fini non plus “Les particules élémentaires”, mais je privilégie la Littérature étrangère car je voyage avec elle dans mon lit.(et j’ai certainement tort)

    D’après ce que dit cet article, il me vient à l’idée que p-etre M.H a une sorte de sixième sens qu’il tenterait de nous faire parvenir.

  • 9 November 2010 à 9h43

    Dominique dit

    Un homme qui ose dire que de toutes les religions, l’islam est la plus c… ne peut pas être totalement mauvais.

  • 9 November 2010 à 9h20

    amedebout dit

    Michel Houellebecq est un informaticien qui a écrit la biographie d’un écrivain américain que j’aime beaucoup : Howard Philip Lovecraft, “le maître du matérialisme fantastique.” (Francis Lacassin)

    Après avoir lu “Extension du domaine de la lutte”, je me suis dit qu’il y avait peut-être-là le début d’une réflexion sur la misère du monde contemporain et que cela pourrait peut-être déboucher sur une oeuvre originale…

    J’avoue ne pas avoir lu le reste des productions littéraires de M. Houellebecq qui s’est révélé, au fil du temps, être tout sauf un écrivain, et encore moins un personnage “hors-norme”…

    “Il vaut mieux rêver sa vie que de la vivre, encore que la vivre ce soit encore la rêver”… écrivait Marcel Proust .

    “L’amour, c’est l’infini mis à la portée des caniches”… surenchérissait Louis-Ferdinand Céline.

    “Où est le bec?…”

    Relisons plutôt Proust et Céline!…

  • 9 November 2010 à 7h47

    L'Ours dit

    Le problème avec les gens célèbres pour se faire une opinion sur leur talent d’écrivain, c’est qu’il faudrait lire tout ce qu’ils ont produit pour donner une opinion honnête.
    Mais comme “les particules élémentaires” me sont tombées des mains après 150 pages laborieuses… Bon! je ne nie pas pas que c’était peut-être moi qui était un mauvais lecteur à ce moment précis, mais -et c’est peut-être injuste – il m’est maintenant difficile de vouloir porter une livre de Houellebecq… non! non!, j’ai bien dit une livre.