Houellebecq, artiste surexposé ? | Causeur

Houellebecq, artiste surexposé ?

Le n’importe quoi mégalomane au Palais de Tokyo

Auteur

Paulina Dalmayer

Paulina Dalmayer
est journaliste et travaille dans l'édition.

Publié le 13 août 2016 / Culture Société

Mots-clés : , ,

On retrouve au Palais de Tokyo toutes les figures imposées houellebecquiennes : clichés de parkings déserts, de supermarchés en faillite ou de pavillons glauques. Mais l'écrivain nous parle aussi d'amour, notamment pour son chien.

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Toute exégèse serait abusive et redondante. Michel Houellebecq a pris soin d’expliquer l’arrangement de l’exposition hors normes – un espace de près de 2 000 m2 auquel ne peuvent aspirer que les plus grandes stars de l’art contemporain – qui lui est dédiée au Palais de Tokyo jusqu’au 9 septembre. Avec une certaine dose d’insolence, l’écrivain a déclaré : « Ce n’est pas vraiment une synthèse de mes livres, mais j’emploie la même méthode, avec un démarrage très plombant, sinistre, avec une réalité indiscutablement réelle, une longue partie intermédiaire où ça part un peu dans tous les sens, ce que j’appelle le n’importe quoi mégalomane, et une fin très évanescente. » Le parcours démarre ainsi avec une succession de paysages houellebecquiens, parfaitement conformes aux attentes de la critique et des visiteurs. Encore que. À l’entrée, l’injonction « Il est temps de faire vos jeux », inscrite sur la photo d’un ciel à peine éclos de l’obscurité de la nuit, introduit une légère appréhension quant aux intentions du maître des lieux. Radicale et énigmatique à la fois, l’interpellation trouve son écho dans la salle voisine, où une autre photographie, rappelant à s’y méprendre une capture d’écran d’un jeu vidéo guerrier hyperréaliste, se trouve gratifiée d’une épigramme : « Vous n’avez aucune chance. Continuer ? »

[...]

« Michel Houellebecq – Rester vivant », Palais de Tokyo, Avenue du président Wilson, Paris 16ème, jusqu’au 11 septembre 2016.

  • Brexit : l'étrange victoire

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    publié dans le Magazine Causeur n° 96 - Juillet-aout 2016

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    Brexit : l'étrange victoire
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    • 17 Août 2016 à 7h33

      beornottobe dit

      qu’on critique Houellebecq ! soit ! (on ne peut plaire à tout le monde)

      n’empêche qu’il a été le seul à dénoncer ce qui nous attend !

      • 17 Août 2016 à 18h36

        beornottobe dit

        ….. et qui nous arrive !

    • 16 Août 2016 à 11h57

      ivounet dit

      surexposé ou surestimé ?
      Depuis les magnifiques Extension du domaine… et les Particules Elementaires, sa “lucidité” lui tient lieu de talent surtout lorsqu’il nous pond un roman formaté pour le Goncourt sur les conseils avisés de son agent. Il reste que son statut de star de l’intelligencia lui permet (encore) d’ouvrir sa gueule à bon escient sans se soucier plus que ça de l’avis de son fan club (Inrock, Canal+….etc)….rien que pour ça, respect !

    • 14 Août 2016 à 19h17

      Letchetchene dit

      @ vous 2

      C’est sur que sur la lucidité “L’oule” est il au point surtout sur notre société ,   le village de “Sisco” en Corse vient nous en donner la preuve….
      Nous s’y allons doucement mais sûrement  vers la catastrophe ce n’est qu’une question de temps!!!

    • 14 Août 2016 à 17h19

      kelenborn dit

      Voila un article intéressant!!!
      On peut simplement espérer qu’il y aura plus de visiteurs à l’exposition que de lecteurs à le commenter!!
      PS Moi je suis juste passé pour tirer la chasse!!!
      Qui sait, cela va peut être attirer Eugene ( la chasse, pas l’article ! of course)
      MK

    • 13 Août 2016 à 15h52

      QUIDAM II dit

      Le grand mérite littéraire de Houellebecq est d’avoir inventé une nouvelle forme d’humour : l’humour sinistre. (je suis sérieux)

      Avouons qu’il a également fait preuve, dans ses romans, d’une certaine lucidité sur notre temps et notre société.

      Quant à son style : bof…