Hollande, l’inversion au pouvoir | Causeur

Hollande, l’inversion au pouvoir

La gouvernance par les courbes

Auteur

Régis Soubrouillard
est journaliste.

Publié le 08 juin 2016 / Économie Politique

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(Photo : SIPA.00714852_000013)

« Ce sera une tendance, ce sera une ambiance. Plus une ambiance qu’une tendance d’ailleurs. Il y aura toujours des gens au chômage, mais il faut qu’ils aient le sentiment qu’ils ne le seront plus longtemps ». C’est la réponse formulée par François Hollande à deux journalistes1 venus l’interroger sur le niveau de baisse du chômage qui rendrait possible une nouvelle candidature de l’actuel titulaire du poste en 2017. Comme souvent, à gauche, on se berce d’illusions. Déjà en 2007, certains sociologues « spécialisés » dans la délinquance  expliquaient que l’insécurité n’était qu’un sentiment sans rapport avec l’insécurité « réelle » et que la priorité était de combattre cette impression. Hollande, charmant agent d’ambiance de la République française, se fout ainsi royalement de faire baisser massivement ou non le chômage pour se représenter à la prochaine présidentielle. Tout n’est, une fois encore, qu’une question de sentiment : « Tu le sens comment ton chômage, toi, en ce moment ? »

C’est justement la recherche de cette fameuse « ambiance » qui a justifié la mise en place de la loi El Khomri, selon le dogme néolibéral qui veut que moins de protection des salariés entraînerait quasi mécaniquement une baisse du chômage et que l’économie, voire la santé de nos entreprises, procèderaient presque entièrement du droit du travail.

Ces idées reprises par une gauche en panne d’inspiration ont été démontées par le juriste, spécialiste du droit du travail Alain Supiot dans son livre La gouvernance par les nombres2. Une évolution caractéristique de la loi El Khomri qui érige la loi en instrument économique dans une course au moins-disant social : « Se dessine ainsi un nouveau type de lien de droit qui, à la différence du contrat, n’a pas pour objet une quantité de travail mesurée en temps et en argent mais la personne même du travailleur. Sa réactivité et sa flexibilité étant incompatibles avec la force obligatoire du contrat : il est inévitable de le priver d’une partie de ses attributs de contractants. »

Ayant cédés tous les leviers, les politiques se raccrochent au droit du travail

Dans une interview récente à l’Humanité, il analysait cet entêtement à détricoter le droit du travail malgré l’absence de résultats produits par les multiples réformes déjà engagées telle que par exemple la suppression, en 1986, de l’autorisation administrative de licenciement, qui avait été présentée à l’époque comme le principal frein à l’embauche et qui n’a jamais entraîné les créations d’emplois promises. Une obstination qui s’explique par le fait que le droit du travail est un des rares leviers sur lequel les dirigeants politiques ont encore une possibilité d’action : « Les États, comme du reste bon nombre d’entreprises, ont perdu toute capacité d’action stratégique à long terme. Les États de la zone euro en particulier ne contrôlent plus ni leur politique des changes, ni la politique douanière, ni même leur politique budgétaire. La classe politique s’étant dépouillée des instruments d’une politique économique, la seule chose qui lui reste entre les mains, c’est le droit du travail ».

Comme la plupart des énarques des années 1980, déformé en plus par un passage par HEC, François Hollande, est atteint d’une fâcheuse tendance à réduire la politique à sa fonction économétrique, attribuant à l’économie des capacités de mobilisation du collectif qui ne relèvent en fait que de la politique. En hollandie, l’indice, la courbe et le pourcentage sont ainsi des données du réel. Dérive absurde du système politico-médiatique que d’avoir réduit l’idéal de justice sociale à un baromètre de l’emploi. François Rebsamen ne s’en est toujours pas remis…

Une confusion des genres qui masque mal une insuffisance politique et un véritable aveuglement de l’homme de pouvoir face au malaise social tel que décrit par Alain Supiot : « Par exemple, des courbes du chômage dont on attend l’inversion, confondant ainsi une évolution des faits avec sa représentation géométrique. Des confusions de ce genre illustrent la tendance plus générale de la gouvernance par les nombres à substituer la carte au territoire dans l’organisation et la conduite des affaires publiques et à perdre ainsi pied avec la réalité. »

Des économistes aidés de chercheurs en informatique ont souhaité mesurer les effets des nouveaux critères de licenciement introduits par la loi El Khomri. Utilisant un modèle informatique qui reproduit le marché du travail français à partir d’un échantillon, ils sont arrivés à la conclusion que celui-ci serait bouleversé en quatre ans !

« Si la loi El Khomri est votée, une PME de moins de 11 salariés pourra y recourir dès lors qu’elle aura subi une baisse de son chiffre d’affaires pendant un trimestre, une entreprise de 11 à 50 salariés pendant deux trimestres, celle de 50 à 300 salariés pendant trois trimestres et celle de plus de 300 salariés pendant quatre trimestres » explique ainsi l’économiste Gérard Ballot au magazine Challenges. Et les effets sur les embauches seront massifs : « La part des embauches en CDD va chuter en quatre ans de 78 % à 33 % et celle des CDI bondir de 22 % à 67 % ! Les conversions de CDD en CDI chez le même employeur grimperont de 17 % à 40 %. Au total, les CDD ne représenteront plus que 2,6 % de l’emploi total, contre 8,5 % actuellement. A l’inverse, les licenciements économiques seront beaucoup plus fréquents : leur part dans les fins de contrats explosera de 0,5 % à 20 %. La durée médiane d’un CDI tombera de cinq ans à moins de trois ans ». Soit le remplacement des CDD par des CDI en fait plus précaires.

La loi El Khomri ou l’escroquerie de la « flexisécurité » révélée

Un bouleversement social pour quel résultat concret : une quasi-stagnation, la loi El Khomri elle-même n’ayant que des effets mineurs sur le taux de chômage. Tout dépendra de la croissance économique. Des licenciements plus rapides en périodes difficiles et des embauches plus massives en phases de reprise. Un détail puisque, rappelons-le, tout est une question d’« ambiance ». D’autant que Hollande aura obtenu ce qu’il voulait : la mise en place d’un marché du travail plus flexible mais beaucoup moins sécurisé dans l’hypothèse — de plus en plus improbable — d’un second mandat qui le verrait tenir à partir de 2017 les promesses formulées en 2012. C’est bien là que réside l’escroquerie — on s’en doutait… — dans le concept fumeux de « flexisécurité ».

Un quinquennat pour se chauffer et la mise en œuvre d’une véritable « gouvernance par les nombres », voire plus précisément dans le cas de François Hollande « la gouvernance par les courbes » tant la promesse de l’inversion aura été le fait politique et graphique majeur de son quinquennat.

Mais la politique n’est-elle qu’une affaire de courbes ? C’est le drame et toute la médiocrité de François Hollande d’avoir pu penser que, par un effet de vases communicants, un changement d’ordre géométrique sur une courbe — celle du chômage — en entraînerait mécaniquement un autre, sur sa courbe de popularité, ignorant totalement la dimension proprement sociale du problème et sa traduction « réelle ».

« Le monde dominé par le Nombre est ignoble » avait prophétisé Bernanos dans La France contre les robots, inquiets de l’avènement d’une société ou le sujet n’est que quantité, peuplé d’êtres non plus égaux mais parfaitement identiques. Le rêve du politique au pouvoir qui n’aurait qu’à actionner des leviers économiques pour faire évoluer à sa convenance les nombres et les courbes. Celles qui donnent des résultats…

C’est sans doute là, la démonstration de l’incapacité politique de François Hollande, d’avoir totalement ignoré que derrière les courbes qui s’inversent plus ou moins et fascinent les éditorialistes, le nez collé sur la prochaine échéance électorale, se cachent encore des individus et que comme l’avait diagnostiqué Raymond Aron « ce peuple, apparemment tranquille, est encore dangereux ».

  1. Le pari, Bastien Bonnefous, Charlotte Chaffanjon, Ed. Plon.
  2. La gouvernance par les nombres, Alain Supiot, Ed. Fayard

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 13 Juin 2016 à 10h39

      salaison dit

      comme il sait bien qu’il n’a plus rien à perdre (parce qu’il ne sera JAMAIS réélu, il en profite pour CONTINUER à matraquer les retraités….
      (son parti….. (socialiste) subira le même sort!)

    • 11 Juin 2016 à 8h55

      Hannibal-lecteur dit

      SouBROUILLARD, roi des enfumeurs, une seule de ses phrases suffit à montrer que sa logique est de la bouillie pour les chats : sa définition du ” dogme néolibéral ” . Selon lui  ” l’économie, voire la santé de nos entreprises procéderaient presque entièrement du droit du travail ” . Dogme de son invention.
      L’économie n’a RIEN à voir avec le droit du travail, c’est vraiment une aberration effrayante qu’une idée pareille puisse pénētrer un esprit qui se prétend intelligent. L’économie c’est l’offre et le demande. Point. Le droit du travail est une circonstance accessoire d’un des composants de l’économie, pour la part de l’économie qui dépend de l’entreprise, et pour la part du fonctionnement de l’entreprise qui dépend du droit du travail, c’est-à-dire peanuts dans son quotidien.
      Donc l’économie ne dépend pas du droit du travail. Quant à la santé de l’entreprise …elle n’en dépend pas non plus. Régis, vous êtes un enfumeur. La santé de l’entreprise ne dèpend QUE de l’économie. Par contre, un droit du travail mal foutu peut handicaper cette santé, c’est ce que la rigidité des avantages acquis procure avec la paralysie de l’embauche, c’est-à-dire un frein au dèveloppement.
      Régis SouBROUILLARD, vous étés un enfumeur. 

      • 11 Juin 2016 à 22h13

        arbrecentenaire dit

        Je ne sais si l’auteur de l’article est un enfumeur mais vous, vous êtes passablement nébuleux… et ne connaissez RIEN mais rien à l’économie.Allez réviser!

    • 8 Juin 2016 à 20h05

      thierryV dit

      Hollande fait partie de cette famille de clientélistes qui estime que toute chose créée , travaillée et façonnée , appartient a tous . Et cela au nom d’une égalité de pillage . Au nom de l’envie et de la possession pour les autres , on raye la possession des créateurs .
      Aussi sûr que le sentiment de possession et de création fait parti de l’homme , ces scélérats entendent distribuer le labeur des autres pour étouffer les instincts millénaires au profit du plus grand nombre. C’est a dire de ceux qui ne créent rien et profitent sans vergogne.
      Il viendra bien le temps ou , comme pour le régime communiste ,l’être humain finira par se révolter .

      • 8 Juin 2016 à 20h09

        thierryV dit

        comprendre CONTRE le régime communiste bien sur.Et plus largement contre tout ce qui est égalisateur par le bas.

    • 8 Juin 2016 à 16h48

      mogul dit

      Très bon article.
      Le détricotage du droit du travail, énième réforme mortifère, n’améliorera rien. Et certainement pas la situation de l’emploi, ce au nom de quoi elle nous est pourtant vendue.

    • 8 Juin 2016 à 15h23

      Ex Abrupto dit

      La détestation de l’auteur pour les courbes et tableaux de chiffres étale son inculture au grand jour. Les courbes sont une présentation agrégée de données qui est extrêmement parlante dès qu’on a suffisamment pratiqué le sport de leur interprétation. Pour cela un bon véhicule d’apprentissage est la physique (et il y en a bien d’autres). Ainsi, en évitant un sujet polémique comme la courbe du chômage (et sa très improprement nommée “inversion”), je prendrai l’exemple de la montée des eaux pendant les récentes inondations. S’agissant de Paris j’aurais imaginé  3 courbes de hauteur d’eau (en amont, au milieu, en aval: en un coup d’oeil vous aviez la hauteur, la vitesse de montée , l’accélération puis le tassement de la montée et le déplacement de la “vague”. Nous aurions évité l’achat de bottes à tous ces journaleux, qui pour faire “vrai” se sont crus obligés de se faire filmer les pieds dans l’eau!

    • 8 Juin 2016 à 15h18

      Fredbass dit

      Le principal problème de Hollande est qu’il n’est absolument pas légitime pour réformer le code du travail: ce n’était ni dans son programme, ni dans celui du parti dont il est issu, le PS.

      Nous sommes dans une période détestable pour la démocratie! La seule solution serait de retourner vers le peuple et donc de démissionner en bloc: Président, gouvernement et députés de la “majorité”.

      Malheureusement, il n’en sera rien: encore quelques mois de combines politiciennes lamentables à prévoir… 

      • 8 Juin 2016 à 16h18

        Aristote dit

        Assez d’accord. Je fais partie de ceux qui pensent qu’il faut réformer le droit du travail et pourtant je considère que Hollande a engagé cette réforme sans légitimité pour le faire, que sa gestion par Valls, dont l’objectif premier était de couper l’herbe sous les pieds de Macron, a été catastrophique, qu’au total on va finir par marcher à reculons.

        Autre enseignement : refuser d’organiser toutes les compétitions internationales qui servent de prétexte à chantage par les syndicats. Avec un peu de chance, le pantomime actuel a fusillé nos chances d’avoir les JO.Deo gratias. 

    • 8 Juin 2016 à 14h47

      golvan dit

      Les pays du nord de l’Europe sont ceux qui cotisent grosso modo comme nous.
      Ils ont un chômage inférieur, et ont, comme en Suède quitté le dogme de l’emploi à vie dans la fonction publique pour de simples Cdi, mais le simple fait de l’évoquer en France fait de vous un salaud. Ils ont également diminué drastiquement le nombre de mois de chômage indemnisés, et réclament des preuves d’une véritable recherche d’emploi, recherche toutefois favorisée par des dispositifs de formation, mais cette piste est elle aussi vue comme irréalisable en France.
      Le problème est donc de faire comprendre aux opposants à toute forme de réforme, même s’ils prétendent être ouverts à des solutions en général irréalisables, que l’ouverture des frontières, voire leur disparition (sauf en ce qui concerne les prélèvements obligatoires qui en épousent fidèlement le contour), vont balayer le droit du travail français.
      La notion de travailleur détaché a déjà fait exploser certains statuts et les nombreuses possibilités de l’informatique en détruiront d’autres comme le statut des taxis, ou introduisent de graves distorsions de concurrence comme dans l’hôtellerie, la démolition ne faisant que commencer.
      Dès lors, s’arc-bouter sur des contrats de travail dont la forme juridique date de 70 ans, alors même que les modèles vertueux enviés par les chantres socialistes de la social-démocratie nordique les ont déclarés obsolètes est un combat d’arrière garde.  

      • 8 Juin 2016 à 16h20

        thd o dit

        “Ils ont un chômage inférieur, et ont, comme en Suède quitté le dogme de l’emploi à vie dans la fonction publique pour de simples Cdi, mais le simple fait de l’évoquer en France fait de vous un salaud.”
        .
        .
        Cela ne fait pas seulement de ceux qui l’évoquent des salauds, mais aussi et surtout des idiots. En effet :
        1) statut ou pas, le poids des dépenses de fonction publique est plus important en Suède qu’en France ;
        2) La Suède n’est pas la France. Lorsque la France sera un pays basé sur l’harmonie, le consensus social et le respect des institutions, et lorsque les poules auront des dents, on pourra se poser la question de l’utilité de transposer telle ou telle manière de faire suédoise en France. Mais, d’ici là, il importe d’en rester à ce qui ce fait en France, parce que c’est adapté à la France.
        Pour prendre un seul exemple, dans l’éducation nationale les réformes néfastes de ces 40 dernière années auraient des effets encore plus graves si les professeurs, protégés par leur statut, n’en restaient pas à une manière de faire plus proche de ce qui se faisait avant.
        Bref, vous appelez de vos voeux une réforme qui ne sert à rien, et au contraire mettrait le bazar. Et vous serez tout surpris que les gens n’en veuillent pas, allant ridiculement vous lamenter dans votre coin sur “l’impossibilité de réformer” pourtant démentie par la quantité énorme de réformes nuisibles empilées ces 40 dernières années.
        .
        Le vrai combat d’arrière-garde, c’est celui de tous les cons qui continuent à vanter l’adaptation à la “mondialisation heureuse”.

        • 8 Juin 2016 à 18h14

          golvan dit

          @ thdo
          Je sais que vous vous faites le chantre de la fonction publique française, que vous affectez d’assimiler au service public.
          Ca ne vous donne pas forcément le droit de traiter d’idiots ceux qui ne pensent pas comme vous.
          Si vous parlez d’enseignants, vous n’ignorez pas que la France a le plus d’enseignants par tête d’élève en UE. Et pour quel résultat ?
          L’EN est une institution irréformable, et c’est bien la raison pour laquelle on la démonte pièce par pièce. Mais c’est peut-être quelque chose qui vous plaît.
          Quant au marché du travail il en est de même. Puisqu’il est irréformable en raison d’acquis sociaux très anciens qui ne correspondent pas à la situation d’un pays membre de l’UE, votre opinion semble correspondre à celle de la CGT, c’est-à-dire qu’il ne faut surtout ne rien changer.
          Le résultat est ce que je constate dans mon post de 14h47, autrement dit un démantèlement du marché du travail en France qui ne tient même plus compte du droit du travail français, obèse et inadapté.
          Mais les fonctionnaires qui forment les bataillons de la CGT sont contents et s’imaginent vivre dans un monde à part et qui ne changera jamais.
          Je suis personnellement opposé à l’UE telle qu’elle se construit et opposé à ce qu’on appelle la mondialisation qui n’est pas le commerce mondial mais le démantèlement des règles nationales. 
          Mais il se trouve que même si la France redevenait indépendante, il faudrait alléger de façon drastique les effectifs de la fonction publique, tout comme les Suédois et les Danois l’ont fait.
          Et il faut reconnaître qu’une grande part des tares de l’économie française, dont une fonction publique pléthorique et un immobilisme outrancier, n’est pas due à l’UE.
          Et j’ai bien peur que ce soit vous qui meniez un combat d’arrière garde en défendant cette fonction publique pléthorique, même si je ne vous traite pas de con pour autant, parce que ce serait vraiment inutile.  

    • 8 Juin 2016 à 12h57

      Nolens dit

      Après De Gaulle (dont je ne suis pas un admirateur), il n’y a eu que des nazes, y compris Pompidou et son air faussement débonnaire.
      Giscard ENA, Mitterrand ancien ministre de Vichy, Chirac ENA, Sarkozy agité du bocal, Hollande ENA. Le prochain ne relèvera pas ce cortège de fossoyeurs du pays.
      Et ils appliquent tous la fameuse devise des Shadocks : quand il n’y a pas de solution c’est qu’il n’y a pas de problème.
      Et nous pompons !

    • 8 Juin 2016 à 12h27

      Aristote dit

      Encore un article qui défend avec une obstination coupable la préférence pour le chômage qui caractérise ce modèle social français que le monde entier nous envie mais se garde bien de copier.

      Certes, comme le dit l’auteur, la suppression de l’autorisation administrative du licenciement n’a pas apporté grand chose. Mais pour la raison bien simple que les tribunaux se sont emparés des conditions légales du licenciement pour en faire une lecture tellement rigide que les délais, les coûts et les incertitudes juridiques engendrés par l’état réel du droit du travail français r sont au moins aussi pénalisantes que l’ancienne autorisation administrative.

      Oui les CDIs disparaissent au profit des CDDs, mais cela n’aurait-il rien à voir avec la forteresse inexpugnable qu’en on fait les tribunaux.

      Oui, la croissance est importante. Mais la bonne question est la suivante : quand la conjoncture mondiale est plus porteuse, quels sont les pays dont les entreprises sont le mieux à même d’en profiter pour se développer, se renforcer et ainsi être en meilleure position pour résister quand la conjoncture se dégrade ? Probablement pas les pays dont la fiscalité élevée pèse sur les marges des entreprises et dont la rigidité du droit du travail rend les entreprises particulièrement frileuses même quand la conjoncture s’améliore.

      Cycle économique après cycle économique la position de la France se dégrade, elle perd les sièges sociaux de ses grands groupes, mais non, tout va très bien et c’est la faute à l’Europe… 

      • 8 Juin 2016 à 13h00

        Sancho Pensum dit

        Nous avons une fausse rigidité du marché du travail, puisque comme vous le reconnaissez, le recours important au CDD permet de contrebalancer un CDI perçu comme trop contraignant.
        La réforme envisagée n’aurait aucun impact sur l’emploi. Elle se limiterait à des transferts entre type de contrats de travail. Fiscalité, poids des normes, financement de l’économie, formation, soutien à l’innovation… seraient des pistes autrement plus convaincantes pour relancer notre economie.

        • 8 Juin 2016 à 15h57

          Aristote dit

          Les deux mon Général.

          Mais modifier le droit du travail est effectivement plus facile pour un gouvernement que d’engager la réduction des dépenses publiques qui permettrait de gérer la fiscalité autrement que dans l’objectif de boucher les trous. 

      • 8 Juin 2016 à 13h18

        thd o dit

        1) Les CDI ne disparaissent pas au profit des CDD : la proportion de CDI dans le “stock” d’emplois reste constante. Il y a une proportion élevée de CDD dans le “flux” car ils ont des durées plus courte, et leur proportion augmente parce que leur durée moyenne raccourcit.

        2) La croissance de la France comparée à celle d’autres pays de la zone euro :

        http://krugman.blogs.nytimes.com/2014/08/27/whats-the-matter-with-france/

        (” To an important extent, what ails France in 2014 is hypochondria, belief that it has illnesses it doesn’t – and this hypochondria is leading it to accept quack cures that are the real cause of its distress.”)

        cette croissance, donc, est plus importante que la moyenne de la zone euro.

        3) Et les rachats de grands groupes, très inquiétants, sont en effet le fait de l’UE, puisqu’elle interdit l’intervention du gouvernement et qu’elle a poussé aux privatisations.

        => Bref, vos trois affirmations sont fausses, ce qui montre que vous vous faites une idée inexacte de la situation. Mais ce que vous savez, c’est que vous voulez que ça morfle. Pour les autres, bien sûr…Vive la CGT.

        • 8 Juin 2016 à 16h11

          Aristote dit

          L’article de Krugman est un excellent exemple des raisons pourquoi Krugman a perdu le respect de beaucoup de ses collègues. Il sélectionne cyniquement les comparaisons qui l’arrangent. Ainsi on sait bien que le problème de l’emploi en France concerne d’abord les jeunes, avec un droit du travail qui décourage de donner sa chance à un jeune sans “références” et les seniors qui ont perdu un emploi. Donc Krugman compare le taux d’activité de la tranche d’âge 25-54 en France et aux US, éliminant de la comparaison les jeunes et les seniors ! Le déficit de la balance commerciale des US est depuis longtemps hors normes, en raison de la position particulière du dollar comme monnaie de réserve. Là encore, le prendre comme étalon de comparaison pour le déficit français est pour le moins tendancieux. Krugman ne parle pas de l’Allemagne, de la Suisse… Attribuer les problèmes de la France à de l’hypocondrie est juste pas sérieux.

        • 8 Juin 2016 à 16h31

          thd o dit

          Krugman a perdu le respect de ceux de ses collègues qui se sont trompés en 2006-2008 sur l’arrivée de la crise, et qui se sont trompés depuis sur sa gestion. Mais c’est mutuel, et plus justifié dans un cas que dans l’autre…

          Je répondais à votre assertion sur la croissance. Mais pour l’emploi des jeunes, vous n’avez pas la main plus heureuse :

          http://www.xerficanal-economie.com/emission/Olivier-Passet-L-imposture-du-plein-emploi-des-autres-pays_3425.html

          le taux d’emploi à temps plein des 15-25 ans étant supérieur en France à ce qu’il est au Danemark et aux Pays-Bas, et comparable à la Suède ou la Finlande (vers 2’55).

        • 8 Juin 2016 à 16h41

          thd o dit

          Quant à l’Allemagne ou à la Suisse, leur grande force est que leurs citoyens ne se donnent pas pour principal objectif de se faire la peau les uns des autres. La France gagnerait à s’en inspirer sur ce point et sur ce point seulement.

        • 8 Juin 2016 à 18h38

          Aristote dit

          @ thd o

          Je critique une comparaison faite par Krugman entre les US et la France, vous me répondez Danemark et Pays-Bas…

          J’ai vérifié les taux d’emploi dans la catégorie 15 à 24 ans en 2014 sur le site de l’INSEE. Moyenne européenne (à 28) : 32,5 %, France : 28,4 %, Allemagne : 46,1 %, Danemark : 53,7 %, Pay-Bas : 58,8 %,.. La France est au niveau de la Slovénie et de la Slovaquie. Votre Monsieur Passet est un fumiste.

    • 8 Juin 2016 à 12h17

      meylanville dit

      C’est là toute la différence entre les parleurs et les faiseurs .
      Se prétendre chef de l’Etat quand on est aussi peu efficace relève du gag .
      Avions nous vraiment mérité de tomber aussi bas ?
      Car en plus, il ne travaille pas .

    • 8 Juin 2016 à 11h10

      morsang dit

      Si un certain” assouplissement” du code du travail en matière de licenciement ne sert (même à terme) à rien on est mal partis .Comme disait Lénine “que faire,” l’auteur n’évoque d’ailleurs rien sur le fléau.
      Bernanos redoutait-on nous dit- une France” dominée par le nombre” on ne nous dit pas ce que l’auteur “des grands cimetières” pensait y substituer.Ne vit-on pas dans un bain de données économiques ‘chômeurs,impôts,déficits,revenus,classements internationaux,nombre d’illetrés,balance commerciale,compétitivité…après lesquelles courent les politiques avec des slogans creux. 

    • 8 Juin 2016 à 10h33

      Nanouche dit

      Dans le même style, souvenez-vous ses prévisions de croissance sur son quinquenaze, il avait dessiné sur le petit coin de son bureau une courbe montante…. il fallait être bien naïf pour le croire !

      • 8 Juin 2016 à 12h09

        Baudecle dit

        Très bon “quinquennaze”, note d’humour dans cette morosité !

    • 8 Juin 2016 à 10h28

      Sancho Pensum dit

      Un peu touffu, mais l’essentiel y est : ce n’est pas en modifiant le droit du travail qu’on diminuera le taux de chômage.
      Cela reviendrait à croire qu’en remplissant ou vidangeant plus vite son réservoir d’essence on améliorerait les performances d’une auto.

      • 8 Juin 2016 à 10h53

        Garmin dit

        Et bien si, comme l’écrit un prix Nobel français, et la comparaison avec le réservoir d’essence est farfelue.

        • 8 Juin 2016 à 12h45

          Sancho Pensum dit

          Tss tss, vous êtes bien naïf. Tyrolle n’a jamais promis une baisse du chômage mais pour les jeunes la possibilité de passer d’un CDD à un CDI “light”. Mais ce faisant, on fragilise le CDI pour tout le monde. C’est ce qu’a bien vu cet article.
           

    • 8 Juin 2016 à 9h27

      keg dit

      Une courbe cache toujours un piège (que ce soit sur les rails, les hunaudières, les tendances, les inversions qui deviennent aversion, …..).
      L’intelligence politique et conductrice est de savoir justement quel est le piège caché.
      On peut-être ENA et l’avoir près du bonnet. Lui c’est le pompom-girl.
      On peut dire qu’il dessert la France, mais et aussi (et c’est plus grave) l’ENA. Les futures promos risquent d’en souffrir

      http://wp.me/p4Im0Q-17V

    • 8 Juin 2016 à 8h41

      Cardinal dit

      Au lieu de laisser ce débat aux politiques, sociologues, journalistes, économistes, statisticiens et autres bavards il suffirait de le laisser aux entrepreneurs et syndicalistes.
      En d’autres termes le laisser aux Bosseurs et non pas aux Bavards.