Hollande : le catalogue qu’on redoute ?

Classes populaires, c’est pas gagné…

Publié le 26 janvier 2012 à 17:25 dans Politique

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La Crise.

C’est parti mon kiki pour le catalogue des propositions de François Hollande 2012. Autant le dire, je n’ai pas encore tout disséqué dans le détail. Je me suis contentée de lire dans Le Parisien de ce matin l’exclusivité du dévoilement du programme du candidat socialiste.

Première chose, voir ça en une du Parisien – quotidien autoproclamé populaire et de proximité – révèle une chose : la gauche souhaite vraiment renouer avec les classes populaires. Pas juste avec des slogans comme lors du discours du candidat au Bourget dimanche dernier.

Et puis j’ai regardé la liste, et une grande perplexité s’est saisie de moi au comptoir de mon bistrot habituel. A qui parle vraiment le programme socialiste ? A quels électeurs, pour dessiner quelle France ?

D’un côté, on parle revalorisation des allocations, sanction pour les villes qui n’ont pas assez de logements sociaux. De l’autre, on va taper sur les plus riches à coup de tranche d’impôts supplémentaires (je n’y vois pas d’inconvénients) ou sur les banques. On sanctuarise les PME, on achève les vilaines multinationales qui ne payent pas d’impôts sur les sociétés. C’est toujours séduisant.

Mais il y a comme un trou noir intersidéral entre les deux maillons de la chaîne. Un trou noir qu’on peut appeler les classes moyennes, ou populaires supérieures, enfin les Français moyens. Ceux qui gagnent entre une fois, deux fois le smic ou un peu plus, vivent en province et ne demandent rien. Ceux qui ne vont pas voir leur député quand ils ont un problème de maison de retraite pour leurs vieux parents, ni ne font jouer des hypothétiques pistons à l’inspection d’académie quand leur gosse déconne à l’école. On pourra m’opposer sans doute que ces gens-là n’existent que dans ma mémoire de française moyenne provinciale. Mais il se trouve que j’en connais – et beaucoup. Qui voteront peut-être à gauche, ou ne voteront pas. Parce que la rénovation urbaine, ou l’allocation rentrée scolaire, ils s’en foutent. Et que les banques, ils veulent bien qu’on les tape, mais que ça ne change pas le prix du caddie au Leclerc du coin le samedi.

Je ne sais pas si on peut leur parler pendant une campagne présidentielle. Je crois que Sarkozy avait réussi avec son « travailler plus pour gagner plus », qui ne veut plus rien dire quand on gagne 1200 euros et qu’on doit faire un plein d’essence à 78 euros toutes les semaines pour aller « gagner plus ». Je ne suis pas sûre que tout le monde ait voté à droite pour autant, mais ça donnait un élan, un signe qu’on soit d’accord ou pas.

Aujourd’hui, François Hollande peut avoir la main pour remettre un certain nombre de valeurs en balance et promettre à ces catégories qui font la France que ça devrait aller mieux demain. Moyennant quoi, on vend des allocs et de l’ISF. Les pauvres d’un côté, les bobos de l’autre… Et surtout qu’on ne touche pas à l’Europe de Jacques Delors. La Sainte Union Européenne qui va tout régler, assurer la prospérité et la sécurité de tous en cinq ans, là où elle n’a pas pu faire grand chose – restons polie – en plus de vingt-cinq années. Il suffira de négocier des nouveaux traités, des nouveaux accords avec l’Allemagne. Pas un mot non plus sur la mondialisation, qui se résume à une asymétrie du commerce mondial en défaveur de cette zone soi-disant favorisée qu’est l’Europe de l’Ouest.

Ce qui est somme toute assez paradoxal quand, dans le même temps, on envoie Montebourg parler réindustrialisation, fermetures d’usines, protectionnisme et made in France partout dans le pays. La démondialisation, cette arme électorale à destination du Français moyen se retrouve engloutie, dans le Blédina programmatique du candidat socialiste. Par charité, je ne reviens même pas sur le vote des étrangers aux élections locales, le mariage et l’adoption gay, ou la décentralisation avec une étape supplémentaire, qui pourraient être soutenables si par ailleurs le minimum syndical était assuré.

On me dira, tout s’amende, se corrige, se règle en fonction des circonstances et des mises en garde des uns ou des autres. Malheureusement, ou heureusement pour les socialistes, le bon air du sommet des sondages permet de dire des conneries à longueur de journée sans trop se poser de questions.

Mais faîtes gaffe, néanmoins, mes chers amis experts socialistes qui avez fait l’ENA quand la culture générale n’était pas encore un gros mot à Sciences Po. Souvenez-vous de la roche Tarpéienne, du Capitole et toussa toussa…

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  • 29 January 2012 à 11h15

    Marie dit

    Voilà ce qu ‘est un réformateur socialiste
    http://entempsreel.com/sites/default/files/EnTempsReel-Cahier6.pdf

  • 28 January 2012 à 18h05

    laborie dit

    Un nouveau parti politique vient de naître issu du croisement improbable Dati-Lindon. C’est l’UMPS. Bravo…

  • 28 January 2012 à 18h01

    laborie dit

    Un nouve

  • 28 January 2012 à 14h07

    Marie dit

    Dans la catalogue il existe ceci qui n’est pas rien mais dont les médias ne parlent guère! on se demande bien pourquoi???
    http://www.atlantico.fr/decryptage/francois-hollande-programme-mariage-homosexuel-droit-vote-etrangers-bertrand-janicaud-276711.html?page=0,1
    de plus il est question de légaliser l’euthanasie, d’un comment peut on avoir supprimer la peine de mort et de l’autre vouloir légaliser la mort par injection? quel grand écart! L’équipe Hollande ferait bien de se rendre dans les services de soins palliatifs et d’en discuter avec les médecins dont le serment interdit cette pratique des soignants des psychologues etc… Qu’ils viennent donc à des sessions de formations sur ces soins et on en reparlera!

  • 27 January 2012 à 17h58

    JLN dit

    Le rituel des programmes auxquels les candidats se sentent obligés de se livrer est profondément angoissant en ces temps de crise. Dans cet exercice, on prend les électeurs pour des gosses à qui l’on doit promettre des sucettes. Cette attitude n’est pas la hauteur des événements actuels qui exigent de mettre à la tête de l’état des responsables ayant la hauteur de vue suffisante pour prendre les bonnes décisions au bon moment et capables de gérer au quotidien les fonds publiques avec rigueur.

    Le programme de François Hollande montre que les politiques à gauche, et j’ai bien peur qu’il en soit de même à droite, n’ont toujours pas pris conscience des enjeux qui nous attendent. Les socialistes en sont encore à l’état providence qui doit venir en aide au nom de la solidarité nationale à tous ceux qui ont des difficultés. Ils ne semblent pas se rendre compte, même si le programme du candidat est en net recul par rapport aux propositions utopistes du parti, qu’avec le niveau de la dette et les perspectives de croissance qui sont les nôtres, la marge de manœuvre est quasi nulle.

    Ce n’est pas à l’état de créer le travail qui manque, c’est-à-dire au contribuable d’employer un personnel qu’il n’a plus les moyens de payer et dont il n’a pas réellement besoin. Le rôle de l’état est de créer des conditions et un climat propice pour stimuler l’activité qui va elle-même créer des emplois. La création de 150 000 emplois aidés améliorera le chômage d’une manière dérisoire. Que représentent 150 000 emplois par rapport aux 10 millions de chômeurs qui nous attendent ? Est-ce vraiment une dépense intelligente alors que l’on ait budgétairement étranglé ? Est-ce réellement une mesure juste ? Pourquoi l’état devrait-il aider seulement 150 000 personnes alors qu’il y en a près de 10 millions qui en auraient besoin ?

    C’est, d’une manière générale, la légèreté avec laquelle les politiques utilisent l’argent des contribuables qui est profondément écœurante, et c’est malheureusement un peu la même chose à droite. On n’a vraiment l’impression qu’ils décident des dépenses non pas après avoir analysé si les avantages que peut en tirer l’ensemble des français en vaut la peine par rapport aux contraintes budgétaires qu’elles imposent, mais simplement pour essayer de gratter des voix à gauche et à droite en offrant des sucres d’orge à telle partie de la population.

    Tel est le cas par exemple des 60 000 nouveaux postes promis dans l’éducation nationale ? D’où sort ce chiffre de 60 000 ? Pourquoi pas 40 000 ? 80 000 ? Que va-t-on en faire ? C’est comme si vous alliez voir votre banquier en disant j’ai besoin de 60 000 euros et que vous lui répondiez lorsqu’il vous demande quel est votre projet, je ne sais pas trop, on verra.
    Mais, le plus navrant, c’est qu’on le voit depuis plus de 30 ans : le problème de l’éducation nationale n’est pas un problème de postes mais la poursuite d’une politique démagogue qui a déstructuré l’école peu à peu.

    • 27 January 2012 à 22h46

      JLN dit

      Erreur : Remplacer 10 millions chômeurs par 2,7 millions (10% de la population active)

  • 27 January 2012 à 14h33

    ACL dit

    Quelques mesures démagogiques et “sociétales” destinées à acheter les voix ne constituent pas un programme.
    En revanche cela permet aux manipulateurs d’enrichir leur discours.
    il ne faut surtout pas que les électeurs se rendent compte que les richesses produites par les entreprises françaises sont confisquées et gaspillées par la gentille caste bureaucrates-technocrates-cumulards
    Faisons leur croire que ce sont les méchants patrons qui créent les problèmes et qu’on va leur faire rendre gorge.

  • 27 January 2012 à 14h26

    livia dit

    …incomplète…

  • 27 January 2012 à 14h04

    red benjamin dit

    Ah qu’il est beau le programme Terra Nova©! Les minorités sexuelles, les multi-allocataires, les étrangers et les nantis urbains ont leur candidat. En face y a l’Union de Moutons de Panurge qui dit s’occuper des autres catégorie mais n’en fait rien.
    “Youpi” donc.

  • 27 January 2012 à 13h47

    morsang dit

    le projet de taxer la consommation d’eau des ménéges en fonction de la quantité utilisée dans un pays oû “personne ne se lave” (américains dixit )me rappelle facheusement le prix unique du livre dans un pays oû personne ne lit, (mais c’est du mauvais esprrit)
    Nonobstant,ça va,,puer encore plus dans le métro

  • 27 January 2012 à 13h31

    livia dit

    Bravo Laborie, mais votre liste est très très iincomplète.

  • 27 January 2012 à 13h25

    livia dit

    Comment avec toutes les infos dont nous sommes bombardés , une homme comme FH, peut-il encore etre en tete des sondages ?
    Mystère et boulles de gommes ?

    Euh.. les sondages des spécialistes des sondages , parce que sur ceux des radios, télés ect.. qui font appel au vote des auditeurs, il est minoritaire. ;-)

    • 28 January 2012 à 18h12

      laborie dit

      Les çondeurs jusqu’à l’écœurement. Il suffit d’entendre ces porte-voix d’eux même .

      “Avec le « sondophobe », les instituts de sondage se sont fabriqués l’adversaire rêvé : un être à la fois mal intentionné et faiblement cortiqué. Une bonne façon de faire passer toute critique pour le fruit de la bêtise et éviter de traiter des vraies questions. Il fallait y penser.

      Face aux attaques dont leur profession fait de plus en plus l’objet, trois grands noms des sondages ont décidé de réagir : Denis Pingaud dans « Secrets de sondages », Hugues Cazenave dans « La guerre des sondages » et Roland Cayrol dans « Opinion, sondages et démocratie ». Lassés d’être pris pour cibles, nos sondeurs sont bien décidés à défendre l’honneur de leur métier. Leur méthode ? Choisir les critiques les moins pertinentes pour mieux les démonter. Leur objectif ? Assimiler toute attaque contre les sondages au totalitarisme, à l’obscurantisme et à l’ignorance. Autant dire que messieurs Pingaud, Cazenave et Cayrol ne font pas vraiment dans la dentelle… ”

      http://lefilrougedelopinion.com/2011/11/23/presidentielles-2012-le-pauvre-institut-le-bon-sondage-et-le-mechant-sondophobe/

  • 27 January 2012 à 11h53

    Alain Briens dit

    J’ai la pénible impression en lisant Causeur que la mondialisation et l’Europe sont considérées comme les principaux maux, si ce n’est les seuls dont souffre notre pays. Muriel Gremillet parle du plein d’essence à 78 euros qui plombe ceux qui habitent loin de leur travail…il coûtera combien le plein, quand nous serons revenus au franc ? Et s’ils habitent loin de leur travail, c’est la faute de l’Europe ou de la Chine ?

    Si on sort de l’euro, ou de l’Europe, si on ferme nos frontières aux produits chinois (8% de nos importations) tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes ?
    Et chez nous en France, il n’y a vraiment rien à faire ?

    A mon sens, la vraie lacune sidérale du discours de Hollande, que l’on retrouve à l’identique dans celui de l’UMP, c’est l’absence totale d’allusion à la réduction des dépenses.
    Tout le débat actuel porte sur les recettes (aggravation de l’ISF, tranche supplémentaire d’impôts sur le revenu, hausse de la TVA, suppression du quotient familial, fusion IR/CSG, augmentation de l’IS pour les sociétés du CAC40) et rien ou presque sur le train de vie faramineux de l’Etat et des collectivités territoriales et le moyen de les endiguer !

  • 27 January 2012 à 11h08

    agatha dit

    Marie,
    Si vous n’avez pas regardé l’émission d’hier soir, voici un florilège intéressant de réactions http://www.20minutes.fr/presidentielle/868156-engagements-hollande-france-merci-riches-croissance-selon-presse
    Celle d’Urvoy me paraît pertinente. Si la croissance sur laquelle compte Hollande n’est pas au rendez-vous, que devient-on? C’est quoi le plan B? Rejoindre la Grèce?

  • 27 January 2012 à 10h50

    Marie dit

    Les classes moyennes que Madame Batho a défini commes les français qui gagnent au dessus de 1500 euros sont très heureuse d’apprendre que la candiadt Hollande n’en veut pas à son portefeuille! il nous prend vraiment pour des idiots. je n’ai pas regardé sa prestation hier soir mais entendre les journalistes ce matin parler d’arrogance hollandaise ne m’étonne pas du tout!
    On fait un peu beaucoup silence sur ses propositions de donner le droit de vote aux étrangers , ce que les classes moyennes ne voient pas d’un bon oeil… le sociétal c’est bien beau mais quid de la dette et des problèmes quotidiens du français

  • 27 January 2012 à 8h44

    RotilBis dit

    Vraiment, j’aurais honte de voter pour quelqu’un qui fait campagne avec un clip aussi monstrueusement, crasseusement imbécile !

    • 27 January 2012 à 9h24

      agatha dit

      Et les participants sont tellement dans l’euphorie de la victoire annoncée et dans l’attente des places, qu’ils s’exhibent sans honte!

  • 27 January 2012 à 8h34

    L'Ours dit

    Programme Hollande:
    hausse d’impôts

  • 27 January 2012 à 0h32

    Hersif dit

    Le clip, avec ces mouvements de cisaillement des bras, indique que les socialistes font campagne au niveau du ventre et pas de la tête. En clair, la consommation, pas la production.
    Ces gestes ridicules, qui amuseront les lycéens sans cervelle, ne peuvent qu’avoir été inventés par des publicitaires, c’est-à-dire des vendeurs de salades qui méprisent souverainement les gens.
    Incarnation de l’idéologie de Terra Nova (le crétin fabriqué), le clip du PS montre ainsi sa déroute conceptuelle. Un parti peut-il gagner quand son cerveau est liquéfié ? Cela ne s’est jamais vu : celui qui gagne a réussi à être en phase avec l’évolution historique, a su analyser son époque et voir les bonnes pistes à prendre. Quand on ne porte rien de positif, on perd.
    Rien n’est donc joué pour F H.

    • 27 January 2012 à 13h11

      laborie dit

      Mais si justement pour des cerveaux liquéfiés il leur faut, à déguster à la paille, un programme Blédina+Arnica+Dany Boon+MichelEdouardLeclerc+TéléZ+Noa+Lefoot.

      Bon appétit…

  • 26 January 2012 à 18h09

    Guenièvre dit

    “Malheureusement, ou heureusement pour les socialistes, le bon air du sommet des sondages permet de dire des conneries à longueur de journée sans trop se poser de questions. ”

    Le catalogue c’est déjà une chose mais le clip….

    http://www.atlantico.fr/pepitesvideo/changement-c-est-maintenant-clip-francois-hollande-ps-elections-2012-274220.html

    • 26 January 2012 à 18h20

      RotilBis dit

      Mais quelle horreur, ce clip ! 

    • 26 January 2012 à 18h56

      isa dit

      On dirait Gad El Maleh qui nous fait le signe “concorde”.
      Mais ils sont graves ces abrutis!

      • 27 January 2012 à 11h02

        Marie dit

        Relevé dans les commentaires sur atlantico
        “Toute propagande doit être présentée sous une forme populaire et doit adapter son niveau intellectuel de manière a ne pas passer au dessus de la tête des individus les moins intelligents auxquels elle est destinée (…) Les capacités d’absorption des masses sont très limitées, et leur pouvoir de compréhension est faible. D’un autre côté, les masses oublient vite. De ce fait, toute propagande efficace doit se cantonner à quelques fondamentaux minimaux qui doivent être exprimés autant que possible par des formules stéréotypées. Ces slogans doivent être répétés sans relâche jusqu’à ce que le dernier individu comprenne enfin l’idée qui a été avancée.’
        Adolf Hitler, Mein Kampf.”

  • 26 January 2012 à 17h42

    Impat1 dit

    Je ne me permettrai pas de porter un jugement…mais quand même:
    Le texte est bon, et le titre est génial. 

    • 26 January 2012 à 18h53

      isa dit

      Pas d’accord sur tout le texte, surtout sur la partie européenne, mais le titre…Chapeau!
      Muriel Gremillet me charme toujours par la qualité de son écriture.