Hollande et le chômage: “pas de bol” toi-même! | Causeur

Hollande et le chômage: “pas de bol” toi-même!

Comme si la politique économique était une question de chance

Auteur

Jacques Sapir
économiste, spécialiste de la Russie.

Publié le 26 août 2016 / Économie Politique

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François Hollande visite le festival Futur en Seine en juin dernier (Photo : SIPA.00759636_000001)

Nous avons donc appris, au détour de « confidences » faites non pas sur l’oreiller mais au micro de deux journalistes triés sur le volet que François Hollande, ci-devant président de la République, avouait « ne pas avoir eu de bol » avec le chômage. Parce qu’il est bien connu que tout ceci, le chômage comme la politique économique, c’est une pure question de chance. Bref que l’on joue la vie de millions de Français à pile ou face.

Sauf que, depuis quelques jours, le joueur est tout ragaillardi. Pensez-vous, la chance vient donc de tourner. L’INSEE publie des données (au sens du BIT) du chômage qui sont favorables. Bien sûr, celles de Pôle emploi, la DARES, le sont un peu moins. Mais, on vous le dit, la chance vient de tourner ! Du moins, tel est le refrain que l’on entend en boucle sur les médias.

Alors regardons les chiffres, ceux de la DARES en particulier. On sait que la catégorie qu’il convient d’observer n’est pas la catégorie « A » mais l’agrégat « A + B + D » qui reflète plus honnêtement les évolutions.

Si la catégorie A diminue de juin à juillet (de 3,5257 millions à 3,5066 millions soit de 19 100 personnes), les deux autres catégories (B et D) elles augmentent de 16 700 pour la catégorie « B » et de 10 000 pour la catégorie « D », soit un total de 26 700, qui fait plus que compenser la diminution de 19 100 personnes de la catégorie « A ». Caramba, encore raté !

Mais il y a plus inquiétant encore. Les statistiques données de mois en mois ont peu d’intérêt, sauf quand on est en présence d’une rupture majeure. Il faut alors observer la tendance dans la durée.

 

Evolution depuis octobre 2012 des catégories « A+B+D » et « C+E » (quasi-chômage).

Données DARES
 

On constate que la courbe représentative du chômage (A+B+D) montre une stabilisation mais non une inversion du mouvement. Mais, on constate aussi que la courbe des catégories C+E, qui est représentative du « quasi-chômage » ou des emplois précaires, continue d’augmenter. Caramba, toujours raté !

Retrouvez cet article sur le blog de Jacques Sapir.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 31 Août 2016 à 17h33

      beornottobe dit

      qui ne dit mot, consent (est d’accord)……
      CQFD!

    • 31 Août 2016 à 4h30

      beornottobe dit

      alors ??????? “Mr moi je” vous avez eu les yeux plus gros que le ventre ? (ou pour être plus exact : la parole plus exagérée que vos possibilités ? )

    • 30 Août 2016 à 20h02

      beornottobe dit

      alors “Monsieur MOI JE”…… vous ne roulez plus des mécaniques????????
      Bah !….. c’est vrai que vous avez touché TOUS LES MOIS une somme rondelette pour ce que vous n’avez pas fait !

    • 30 Août 2016 à 20h00

      beornottobe dit

      c’est Martine Aubry, Ségolène Royal, Laurent Fabius (et tous les autres)….. qui doivent se marrer maintenant qu’ils avaient prévenu…..

      sauf qu’il en a mis un coup à la Gauche !….. je vous dis que ça!

    • 29 Août 2016 à 22h39

      lafronde dit

      Analyse pertinente des catégories, au moment où le Gouvernement lance un plan massif de formation des chômeurs. Même une stabilité de cette courbe A+b+D n’est pas un bon résultat, au regard des baisses du chômage chez nos voisins européens, et vu d’un niveau absolu du chômage, deux à trois fois inférieur en Europe anglo-germanique
      Ce chômage endémique chez nous est structurel. Aucun gouvernement n’a réussi à le faire baisser durablement, (hors fluctuation de la croissance mondiale).
      Sur les causes structurelles, les analyses divergent. Doctrines économiques et intérêts de classe. Grosso modo :
      1 La doxa mondialiste OMC, UE, BCE, Medef (libre-échangistes et banques centrales)pointe la rigidité du Droit français du Travail, et notre système social.
      2 nos gouvernements oscillent entre les positions des partenaires sociaux” : Medef pro flexibilité et CGT anti-délocalisation et anti-dumping.
      3 les libéraux établissent une causalité entre fiscalité, et entrepreneuriat et donc chômage.
      Les classes d’acteurs économiques sont en concurrence et parfois en rivalité entre elles. L’intérêt général est un mythe. Imaginé par JJ Rousseau et concrétisé par l’Assemblée Nationale unique de la Révolution française. Ce mythe nous gouverne toujours, et l’on voit bien que depuis quatre décennies notre pays a pris du retard sur les économies concurrentes. La raison est simple : le différentiel de fiscalité et de règlementation a évolué à notre détriment. Mais pourquoi ?
      Notre régime politique est l’un des plus centralisé. Il ne permet pas aux collectivités territoriales d’expérimenter des solutions alternatives à la norme édictée à Paris : fiscalité, prévoyance, enseignement, logement, Droit commercial et Droit du Travail. Domaines qui font l’objet de dévolutions régionales poussées dans les pays les plus compétitifs.
      La raison est que l’entrepreneur (ou la salarié) peut valider ou non un système juridico-fiscal en payant l’impôt ou en migrant vers un système moins gourmand.

    • 29 Août 2016 à 15h05

      Livio del Quenale dit

      Bib : “Je parie, je perds, je n’en fous, ce n’est pas avec mon pognon !”.

       les socialos derrière : “Oui, mais c’est le notre de pognon”

      Bib : “fallait pas prendre l’héritage”.

       les socialos derrière : -”on voulait virer sarko”

       Bib : “ben il est viré, ztes pas contents “.

       les socialos derrière : “t’avais dis que tu ferais mieux mieux”.

       Bib : -”Oui, mais j’ai pas dis que je savais”.

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