Hollande battu à Solferino
Avec les socialistes, c’est mal parti…
Publié le 15 décembre 2011 à 14:30 dans Politique
Mots-clés : François Hollande, Martine Aubry, PS

Photo : jmayrault
Ça commence à ressembler à un mauvais roman : en tête dans tous les sondages et pourtant à la ramasse dans sa famille politique. Je parle bien évidemment de François Hollande qui écraserait à plate couture le président sortant en cas de second tour avec 60% des voix, si l’on en croit les sondages et les augures autorisés.
Pourtant jour après jour, c’est le syndrome de la débâcle, au sens météorologique du terme, qui touche le candidat du PS. Ici, un baron râle sur toutes les antennes parce qu’on lui envoie dans les pattes un écolo hostile aux législatives (faut dire que Meirieu à Lyon et Duflot à Paris, y’a mieux comme cadeaux de Noël). Là c’est un autre éléphant – Jack Lang – qui refuse de se soumettre au vote des adhérents de son propre parti pour se représenter à l’Assemblée. Moyennant quoi, il risque de se voir offrir par Solferino une autre circo, en récompense de son inconduite. Bref, ça tangue. Comme un mauvais remake de 2007, quand la pauvre Madame Royal avait vaillamment fait campagne sans l’aide du parti (dirigé à l’époque, au cas où vous l’auriez oublié, par le père de ses enfants et futur candidat…)
Ne nous racontons pas d’histoires : ce qui cloche au PS et spécialement dans cette campagne prétendument gagnée d’avance, c’est que le parti et ses baronnies plombent le candidat. Qui a envie d’aller se cartonner frontalement à la droite pour la présidentielle alors qu’il règne sur une grande ville, un grand Conseil Général ou une Région ? La gauche règne sans partage sur la France girondine des strates intercommunales, de la clause générale de compétence, des dotations générales de fonctionnement et autres joyeusetés pour amateurs de droit public.
Une France pleine de chargés de mission, de chargés de com’ et d’experts appointés, d’élus locaux affidés – sans parler des associations voire des entreprises « amies ». Et franchement, tout le monde le sait : le risque est bien plus grand de perdre sa baronnie locale quand on est dans la majorité. Dans l’opposition, on gueule national (le méchant gouvernement qui veut du mal aux Français) mais on pense local (faisons-nous réélire sans interruption depuis 20 ans). Ces élus-là ne vivent pas pour le parti, se foutent de sa discipline, de son programme, ils pensent et agissent courant ou clan. Ils aiment sans doute bien Hollande mais n’iront pas se mettre les tripes à l’air pour ses beaux yeux.
Alors pourquoi Hollande ne remet-il pas à sa place tout ce beau monde qui rechigne à se bagarrer et au premier chef Martine Aubry qui, à la tête du PS, est censée diriger cette cohorte d’élus de terrain bordélogènes ? Parce que le même Hollande a été premier secrétaire du même parti pendant 11 ans sans toucher à ce même système. Vu de Solferino, ce gigantesque bazar ne doit pas avoir que des désavantages. Disons-le, un tel capharnaüm, ça assure même de se maintenir en place pendant longtemps alors que ses candidats à la présidentielle (Jospin, puis Royal) se vautrent en beauté. Une fois postulant à l’Elysée, on se rend compte que ça plombe un max. Mais sans doute aurait-il fallu y penser avant.
L’autre facteur qui tue un peu l’élan réformateur et victorieux de la campagne, c’est la présence, que dis-je, l’omniprésence des ténors de la gauche sociétale. Celle qui veut le vote des étrangers extra-communautaires aux élections locales, au point d’en faire un des premiers textes qu’elle soumet au vote du Sénat libéré de ses forces conservatrices.
Bon c’est la crise, les classes populaires qui bossent ou voudraient bosser trinquent, mais la question des questions, c’est l’octroi d’une citoyenneté de seconde zone à des résidents qui n’en veulent pas. Une urgence qui traîne depuis 1981, et dont Mitterrand s’était habilement servi pour valoriser le Front national. Là, pas de double ou de triple jeu. Les sénateurs Verts et PS en veulent tout de suite et maintenant. Un geste fort promis pour les 100 premiers jours de la présidence Hollande en attendant sans doute le mariage gay ou la dépénalisation du chichon. Bon courage.
Enfin, Martine Aubry n’aide pas non plus. En dépit de ses proclamations de loyauté répétées, on peut douter de son engagement à faire gagner le candidat socialiste. Pour mémoire, elle et ses amis ont négocié des accords lamentables avec les Verts, elle a réussi à imposer, et sans douceur, des candidats aux législatives contre des favoris hollandistes, etc. Ce qui accrédite que François Hollande est faible (léger problème) ou qu’il ne veut pas s’en mêler (autre léger problème). D’autant que la première secrétaire s’appuie sur les baronnies et la gauche sociétale pour mener la vie dure à son candidat.
Il se murmure aussi que les amis d’Aubry pourraient jouer la défaite à la présidentielle et la gagne aux législatives, notamment en cas en cas de second tour Marine le Pen-Nicolas Sarkozy. Avec Aubry à Matignon natürlich. C’est pas mignon, ça ?
On pourrait trouver ce scénario fantasque voire déconnant, à ceci près qu’il tient la route. Et on peut se demander comment, à cinq mois de l’élection, un candidat pétrifié par les sondages et coincé contre le mur par les barons qu’il a fait émerger dans son propre parti peut se sentir pousser des ailes. La magie de la présidentielle, sans doute…
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L'auteur
Aimée Joubert est journaliste.
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Hersif dit
François Hollande ne s’est jamais bagarré publiquement pour faire triompher quoi que ce soit, idée, cause ou autre ; il n’a jamais prouvé qu’il était un battant en faisant gagner une cause contre vent et marée, bravant les obstacles, forçant son destin, imposant ses vues, gagnant contres les tièdes, les incrédules, les négatifs, les capitulards, les indifférents, les déclinistes, les méchants. C’est un passif, pas un proactif.
Du coup, on ne sait pas ce qu’il vaut, quelle est sa valeur réelle, non virtuelle ; on n’a que des idées, des opinions sur lui mais on ne peut pas avoir de jugement car un jugement part de faits que l’on analyse et dont on tire les conclusions. Avec F H, c’est l’ère du vide.
Du coup, Aimée Joubert ne peut faire que comme tout le monde : émettre des opinions sur F H, sans pouvoir jauger l’homme dans sa vérité, car il ne l’a pas dite par ses actes, il se contente de parler, il ne s’est pas révélé. La parole ment, pas l’action.
L’homme invisible ne sera donc pas élu à l’Elysée.
Serghei Litvin dit
Aimée Joubert écrit : “… en cas de second tour Marine le Pen-Nicolas Sarkozy. Avec Aubry à Matignon natürlich. C’est pas mignon, ça ? “.
Si, assez : Matimignon.
Alpheratz51 dit
Aimée Joubert est la fille cachée de Aimée Mortimer et Jacqueline Joubert.
kacyj dit
“Vraiment, il y a là quelque chose qui m’embarrasse, comme une malhonnêteté.”
Les chroniqueurs “pseudomysés” me gênent moins que les causeurs bidons.
Pour Joubert, je ne serais pas étonné que ce soit la face féminine de Marc Cohen. Proximité de style, d’idées, de sujets,….
Florence dit
Eclair
Vous vous appelez Elisabeth Lévy ? :-D
J’aimerais bien savoir comment ça marche parce que vraiment je ne vois pas de réalité concrète derrière Aimée Joubert, comme Martin Terrier.
Derrière quelqu’un comme Kaplan, on voit bien que c’est une vraie personne qui défend ses vraies idées.
Derrière Terrier et Joubert, je ne sens rien de réel. Juste comme une entourloupe.
J’aimerais juste le savoir. C’est tout.
Et il n’ y a que des rédacteurs sérieux de Causeurs qui puissent y répondre sincèrement.
Et s’ils ne veulent pas y répondre, ils en ont bien le droit.
Qu’ils comprennent et qu’Elisabeth Lévy comprennent que cela laisse un petit malaise.
Voilà tout.
eclair dit
@Florence
Un bon journaliste ne doit jamais laisser transpirer ce qu’il ressent dans ces articles sinon ils orientent ces lecteurs dans un sens ou dans l’autre.
Moi j’ai aimé le style d’aimée joubert et son article. Il y a juste ce qu’il faut et après c’est au lecteur de se faire sa propre opinion.
Florence dit
Ah bon ?
alors selon vos critères il n’y a pas beaucoup de bons journalistes à Causeur ! :-D
eclair dit
@florence
effectivement :)
C’est plus des donneurs d’opinions la plupart du temps.
D’ailleurs on peut faire le même reproche aux journalistes télé et écrits, ils passent leur temps à donner leur opinion où ne donne qu’un son de cloche. Le lecteur ou le spectateur ne peut pas se forger librement une opinion.
Florence dit
J’aimerais beaucoup qu’Elisabeth Lévy nous explique comment fonctionne son site. Cela aurait le mérite de la clarté.
Par exemple, il est évident qu’Aimée Joubert n’existe pas. Ce serait honnête de le dire.La personne qui se cache derrière ce pseudonyme a peut-être de bonnes raisons de le faire, mais qu’on nous le dise.
Et il n’y a pas qu’Aimée Joubert qui n’existe pas. qui est Martin Terrier ?
Vraiment, il y a là quelque chose qui m’embarrasse, comme une malhonnêteté. Je pense qu’Elisabeth Lévy devrait s’expliquer là dessus car il est probable qu’elle ne se rend pas compte du malaise que cela peut provoquer.
Ces contributeurs bidon me mettent vraiment mal à l’aise. C’est une question de confiance.
eclair dit
@florence
C’est une pratique courante qu’un journaliste n’utilise pas son véritable nom. Soit qu’il utilise un pseudonyme tout le long de sa carrière soit qu’il utilise un pseudonyme pour faire des articles ne correspondant pas à sa ligne éditaoriale classique.
Sans parler du fait qu’aimée joubert est peut être tout simplement une jeune journaliste qui arrive pour la première fois à publier des articles sous son nom propre.
Marie dit
@éclair
pfouuuuuuuuuu!
isa dit
Pas une fôte, tiens, tiens …
eclair dit
@isa
pas une faute et “éditaoriale”?
eclair dit
Mauvais calcul de la gauche s’ils jouent les législatives.
Cela ne pardonneras pas .
Et cela pourrait être assez rigolo si ni l’UMP ni le PS n’avait une majorité relative à cause d’une arrivée d’élus FN.
Cela amenerais une obligation d’union avec la perspective qu’en cas d’échec au bout de 5 ans ces deux partis seraient laminés.
Cela pourrait être le scénario le plus drôle.
isa dit
On meurt de rire…
laborie dit
Mais de nombreux hommes politiques ne sont pas ce que l’on croit. Par exemple Hollande est un pseudo de Flamby, Captainpédalo, Lamimolette, on ne peut se fier à personne.
Marie dit
:)))
Marie dit
Tiens je compare sur le blog de Thréard il ya quelques jours:
“Comme si Aubry avait en tête le calcul suivant : la défaite de Hollande à la présidentielle, mais la victoire de la gauche aux législatives à l’issue desquelles elle pourrait devenir un premier ministre de cohabitation d’un Sarkozy réélu.”
et ci dessus
“Il se murmure aussi que les amis d’Aubry pourraient jouer la défaite à la présidentielle et la gagne aux législatives, notamment en cas en cas de second tour Marine le Pen-Nicolas Sarkozy. Avec Aubry à Matignon natürlich”
Patrick dit
Quelle horreur, rien que d’y penser.
Je m’étais déjà posé la question : et s’il y avait une nouvelle cohabitation ?
Marie dit
Ha non pas de ça!
eclair dit
@patrick
Plus drôle que la cohabitation, obligation pour le PS et l’UMP de faire un gouvernement commun si aucun n’avait la possibilité d’avoir la majorité.
Patrick dit
@ Eclair
Je ne trouve pas ça drôle du tout.
Florence dit
J’ai une question à 10 caramels :
Qui est Aimée Joubert ?
Quand on cherche sur Google, on ne trouve rien de rien sur Aimée Joubert sauf ça :
http://nuagesetvent.over-blog.com/article-20553066.html
Si Aimée Joubert est un pseudo, je pense que ce serait plus correct de la part de Causeur de nous le dire et de nous expliquer le pourquoi de la chose.
isa dit
Y a comme ça, pas mal de gens qui écrivent sur Causeur, qui ne nous sont pas présentés.
Etrange…
SPQR dit
Pour qu’Hollande vainquisse, il eut fallu que les pro vinssent unis!
borgoloff dit
Le mystère Joubert ! Qui est Joubert ! Demandez le mystère Joubert !
Ca aurait pu faire une belle manchette de feu France-Soir.